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SOMMAIRE

I.- LA LUTTE DE CLASSE ET LA NECESSITE DE

L’UNITE OUVRIERE ………………………………….3

a ) La réalité de la lutte de classe……………………….4

b ) La division du monde en deux camps………………6

c ) La politique belliciste des impérialistes. …………..7

II.- LES DIRIGEANTS SOCIALISTES SONT LES SERVITEURS

DE L’IMPERIALISME………………………………..10

a ) Les responsabilités des dirigeants socialistes dans

la situation actuelle …………………………………….10

b ) Ce qu’est le social - démocratisme…………………12

c ) La politique de division des dirigeants socialiste….14

III.- EXPLIQUER FRATERNELLEMENT AUX

TRAVAILLEURS SOCIALISTES LE ROLE DE

LEURS DIRIGEANTS…………………………………17

a ) L’importance de la lutte pour l’unité

et l’activité des communistes……………………………17

b ) Les mensonges des dirigeants socialistes sur

la question de la liberté…………………………………21

c ) Les calomnies des dirigeants socialistes sur

le caractère national de notre parti……………………25

IV.- AU TRAVAIL POUR L’UNITE DANS L’ACTION… 29

LA LUTTE DE CLASSE ET LA NECESSITE DE L’UNITE OUVRIERE

Camarades,

Le Comité Central du Parti Communiste Français, en me chargeant de venir parler devant vous aujourd’hui, a tenu à souligner l’importance qu’il attache au problème capital de l’unité de la classe ouvrière.

Et en choisissant cette ville de Douai pour faire cette conférence, nous avons tenu compte du caractère particulièrement décisif que revêt les Fédérations du Nord et du Pas-de-Calais la question de nos rapports avec les travailleurs socialistes, nos frères à qui notre grand camarade Maurice Thorez s’est maintes fois adressé avec un élan de cœur et une force de conviction dont nous devons inspirer.

Le plan des exploiteurs capitalistes, de leurs gouvernants et des politiciens à leurs services que sont les dirigeants socialistes, est de dresser les travailleurs socialistes contre nous.

La division est l’arme classique des ennemis de la classe ouvrière. Ainsi devons-nous avoir à cœur de faire tomber cette arme de leurs mains sans jamais perdre de vue que les travailleurs socialistes, en dépit de ce qui peut les séparer de nous sont comme nous, exploiter, opprimés et menacés dans leurs existence par une politique de guerre dont ils perçoivent chaque jour davantage les douloureuses répercussions et les menaces grandissantes.

On voit dans la période actuelle des gens qui, remettant en circulation des sornettes vieilles d’un siècle, parlent de l’association capital-travail.

C’est ainsi que le fasciste de Gaulle reprend à son compte, comme s’il s’agissait d’une trouvaille, cette vieille formule éculée qu’un homme sérieux ayant tant soit peu étudié les problèmes politiques, économiques et sociaux du monde moderne, ne peut prendre au sérieux.

C’est pourquoi il est indispensable de rappeler les notions fondamentales de l’analyse de la société capitaliste qui a été faite, il y a plus d’un siècle, par les fondateur du socialisme scientifique, Karl Marx et Frédéric Engels.

a ) La réalité de la lutte de classe.

Dans leur immortel manifeste du Parti Communiste édité en 1848, ces deux maîtres de la pensée socialiste écrivaient :

" L’histoire de toute société jusqu'à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes. "

Poussant plus loin l’examen de ce problème, Marx et Engels ajoutaient :

" Le caractère distinctif de notre époque, d l’époque de la bourgeoisie, est d’avoir simplifié les antagonisme de classes. La société se divise de pus en plus en vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat. "

les faits témoignent de la profondeur et de la vérité de analyse marxiste. Et dans cette région où s’opposent en une contradiction prenant souvent des aspects tragiques, un patronat de combat cupide et rapace et une classe ouvrière férocement exploitée, la dure réalité de la lutte de classe ne peut être mise en doute par personne.

Les exploiteurs capitalistes sont les éléments dominants de l’actuelle société et de son Etat. Ils tiennent en main le gouvernement qui n’est en définitive que le conseil d’administration de la classe capitaliste, puisqu’aussi bien, comme nous l’a appris Marx, l’Etat est l’organe de la domination d’une classe, un organe d’asservissement d’une classe par une autre.

Cela permet de comprendre pourquoi les nationalisations effectuées dans le cadre d’un tel régime ne constituent pas et ne peuvent pas constituer une étape vers la socialisation. Elles sont devenues, au contraire,  avec les changements politiques qui se sont effectués en France, un facteur de concentration capitaliste faisant jouer au gouvernement – patron un rôle d’exploiteur direct des masses ouvrières et de distributeur de profits supplémentaires aux capitalistes.

Les ouvriers, et en particulier les mineurs férocement exploités par l’Etat – patron, savent par expérience que c’est là la stricte vérité.

La classe ouvrière est donc amenée, en raison même des conditions de son exploitation, à se dresser contre le capitalisme et, comme l’ont souligné Marx et Engels :

" De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres périclitent et périssent avec la grande industrie : le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. "

Le propre des dirigeants socialistes est de tenter de passer sous silence la réalité de la lutte de classe et d’enchaîner ainsi les ouvriers qu’ils influencent au char de la bourgeoisie.

Une telle politique est opposée aux intérêts de la classe ouvrière.

Ce qu’il faut, au contraire, c’est baser l’action du parti du prolétariat sur les principes du matérialisme dialectique dont Staline a dit : 

" S’il est vrai que le développement se fait par la mise à jour des contradictions internes, par le conflit des forces contraires sur la base de ces contradictions, conflit destiné à les surmonter, il est clair que la lutte de classe du prolétariat est un phénomène parfaitement naturel inévitable.

Par conséquent, pour ne pas se tromper  en politique, il faut suivre une politique prolétarienne de classe, intransigeante, et non une politique réformiste d’harmonie des intérêts du prolétariat et de la bourgeoisie, non une politique conciliatrice d’ " intégration " du capitalisme dans le socialisme "

Cela est bien différents de ce que disait Léon Blum qui demandait, en 1945, en même temps qu’il combattait l’unité de la classe ouvrière, l’abandon de l’expression " lutte de classe ".

Stigmatisant une telle attitude, Maurice Thorez disait au Congrès de Strasbourg :

" On doit rejeter – selon Léon Blum – non seulement l’expression " lutte de classe ", mais aussi, comme le propose Izard, la notion de " conscience de classe ".

Le socialisme, d’une science redevient un rêve. Les masses doivent, avant tout, compter sur la générosité, sur la charité de bonnes âmes qu’il s’agit de convaincre par les raisonnements sur la morale et les vérités éternelles. C’est en cela que réside " l’humanisme " de ce néo-socialisme. "

Il est clair qu’une politique révolutionnaire visant à renverser le régime capitaliste ne peut être fondée que sur la classe ouvrière.

Et la classe ouvrière a non seulement pour mission historique de se libérer elle-même de l’exploitation capitaliste, mais sa propre libération entraînera la libération de toute l’humanité. Comme nous l’a appris Lénine :

" Le prolétariat est seul capable d’être le guide de tous les travailleurs et de toutes les masses que souvent la bourgeoisie exploite, opprime et écrase non moins et même plus que les prolétaires, mais qui sont incapable d’une lutte indépendante pour leur émancipation ".

Ainsi se pose tout naturellement le problème de l’alliance indispensable entre les ouvriers et les classes moyennes des villes et des campagnes.

Combattant la tendance des socialistes allemands à considérer les classes moyennes comme une " masse réactionnaire ", Marx dans sa critique des programmes de Gotha et Erfurt écrivait en 1875 :

" C’est donc une absurdité de plus que de faire des classes moyennes conjointement avec la bourgeoisie et, par dessus le marché, avec les féodaux " une même masse réactionnaire " en face de la classe ouvrière. "

L’examen de la situation présente va nous montrer comment les masses paysannes et les classes moyennes des villes sont elles aussi exploitées par les capitalistes, ce qui fait un devoir à la classe ouvrière de bien comprendre la nécessité et la possibilité de combats communs contre l’ ennemi commun.

b ) Le division du monde en deux camps.

La situation présente est caractérisée par l’existence de deux camps : le camp de l’impérialisme et de la guerre qui a, à sa tête, l’impérialisme américain, et le camp de la paix avec, à sa tête, le grands pays du socialisme, l’Union Soviétique de Lénine et de Staline.

L’Union Soviétique, dont les efforts héroïques et les sacrifices inégalés ont été l’éléments déterminant de l’écrasement militaire du fascisme, veut la paix. Elle relève les ruines accumulées sur son sol par les agresseurs nazis ; elle entreprend de gigantesques travaux destinés à arracher de nouvelles victoires à la nature pour le bonheur des homes ; elle construit le communisme fondé sur le principe : " De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. ".

Les démocratie populaires, de leur côté, marchant d’un pas assuré vers le socialisme, tandis que l’immense Chine, avec à sa tête le Parti de Mao Tsé Toung, a porté un coup terrible aux impérialiste en se libérant et a montrer avec un éclat extraordinaire aux peuples coloniaux et dépendants le chemin de la lutte et de la délivrance.

Nous assistons à l’aggravation des contradictions qui minent le système impérialiste et qui ont été résumé par Staline dans les " Question du Léninisme ". (disponible sur ce site).

La première de ces contradictions est celle qui existe entre capital et le travail, et qui, dans les conditions actuelles d’exploitation forcenée résultant de la politique de guerre, ne cesse de développer.

La deuxième des contradictions est celle qui existe entre les puissances impérialistes et qui s’aggrave elle aussi du fait des succès remportés par le camp de la paix.

La troisième contradiction est celle qui existe entre les nations impérialistes et les peuples coloniaux et dépendants dont la volonté de libération s’affirme avec une force grandissante.

L’U.R.S.S. ne cesse de proclamer sa volonté de coexistence pacifique entre le système capitaliste et le système socialiste.

Le pays du socialisme ne redoute nullement la compétition pacifique de son système économique, politique et social avec le système capitaliste. Il ne craint pas le jugement de l’Histoire.

Par contre les impérialistes, en proie à de profondes contradictions, et qui, pour retarder la crise économique, s’enfoncent dans l’économie de guerre, voient une solution à leurs difficultés dans la guerre.

c) La politique belliciste des impérialistes.

Les impérialistes ont déjà commencé la guerre en Corée où Mac Arthur commet les pires crimes. Truman, ses inspirateurs et ses complices montrent leur volonté de s’opposer au règlement pacifique du problème coréen ; ils occupent Formose, ils réarment le Japon et ils transforme le Viêt-Nam en base d’agression, montrant ainsi leur volonté d’attaquer la Chine Populaire et l’Union Soviétique.

Les gouvernants français totalement asservis aux impérialistes américains participent à la guerre d’agression contre le peuple coréen, en même temps qu’ils poursuivent une guerre criminelle contre le peuple du Viêt-Nam en lutte pour sa liberté et son indépendance.

Les impérialistes américains veulent étendre la guerre qu’ils ont déjà commencée à l’Europe. A cet effet, ils ont depuis plus de trois ans imposé le plan Marshall qui a préparé la pacte Atlantique et ouvert la voie à la création d’une armée atlantique ayant Eisenhower, le " Mac Arthur de l’Europe ", à sa tête.

Cette armée doit comprendre la nouvelle Wehrmacht en voie de constitution dans l’Allemagne de l’Ouest, sous l’égide du gouvernement Adenauer et des généraux nazis.

Elle doit comprendre aussi des divisions françaises que le ministre socialiste Jules Moch à pour mission de livrer à Eisenhower et qui prendront place aux côtés des divisions allemandes.

Une telle politique de poursuite de la guerre au Viêt-Nam, de participation à l’agression contre la Corée et de préparation à la guerre en Europe coûte terriblement cher.

Des impôts écrasants, directs et indirects, pèsent sur la classe ouvrière, sur les paysans et sur les classes moyennes.

Les profits capitalistes augmentent considérablement, mais les conditions de vie des travailleurs s’aggravent et les salaires représentent un pouvoir d’achat qui n’est que la moitié de celui d’avant-guerre.

Un écart grandissant entre l’indice des prix des produits industriels et l’indice des produits agricoles aggrave les difficultés des petits et moyens paysans.

La réduction du pouvoir d’achat des masses se traduit aussi par l’avilissement des conditions d’existence des commerçants et des artisans.

Les conséquences de la politique de guerre se répercutent donc que l’ensemble des masses laborieuses.

Et c’est en raison de l’hostilité de plus en plus grande des masses à cette politique que le gouvernement, auquel participent des dirigeants socialistes de droites, viole cyniquement les libertés démocratiques, développe une politique de répression et prépare un scandaleux truquage de la loi électorale avec l’aide des fascistes du R.P.F.

Mais l’action unie des masses inflige des défaites aux ennemis de la classe ouvrière, aux fourriers de la répression, aux fauteurs de guerre.

De nombreuses actions revendicatives menées sous le signe de l’union ont été victorieuses. La lutte des masses a fait reculer la répression, comme en ont témoigné les acquittements des inculpés de Roanne, de " France d’Abord " et de Saint-Brieuc.

Enfin, le développement de la campagne pour le succès de la Consultation nationale contre le réarmement allemand lancée par le Mouvement de la Paix, souligne la volonté de notre peuple de sauvegarder la paix.

On sait que l’action des masses, en collectant des centaines de millions de signatures pour l’Appel de Stockholm interdisant l’arme atomique (15 millions pour la France) a fait reculer Truman devant l’utilisation criminelle de cette arme.

Mais les victoires du camp de la paix accroissent la fureur des fauteurs de guerre. Aussi est-il nécessaire d’intensifier la lutte pour empêcher les chercheurs d’aventures de nous précipiter dans la catastrophe.

Et, en présence d’une telle situation, la question qui se pose est la suivante :

Pourquoi en somme nous là ?

II.-LES DIRIGEANTS SOCIALISTES SONT LES SERVITEURS DE L’IMPERIALISME

a ) Les responsabilités des dirigeants socialistes dans la situation actuelle.

Les dirigeants socialistes, avec à leur tête Léon Blum et Paul Faure, en acceptant le diktat de Munich imposé par Hitler en septembre 1918, en brisant l’unité d’action, en liquidant le Front Populaire, préparèrent la répression anticommuniste, antiouvrière, antifrançaise de 1939 .

Cette répression était organisée par Daladier et Paul Reynaud avec la participation de dirigeants socialistes comme Albert Sérol qui, en tant que ministre de la Justice, décréta la peine de mort contre les communistes, comme François Chasseigne qui, après avoir réclamé " la balle dans la nuque pour les communistes ", devait devenir ministre de Pétain.

Sans la politique anticommuniste des dirigeants socialistes, Daladier n’aurait pas pu faire la " drôle de guerre ". Notre pays n’aura pas connu l’invasion avec la trahison de Pétain qui en fut le complément.

Cette politique avait été préparée de longue date puisqu’aussi bien sans la " non-intervention " de Léon Blum, la République Espagnole n’aurait pas été écrasée et la lise à l’exécution des plans hitlériens de domination mondiale, dont s’inspirent actuellement les plans américains, aurait été fortement compromise.

Daladier, Blum, Paul Faure et consorts pensaient que la répression liquiderait le Parti Communiste Français, mais de dépit de tout ce qui a été fait contre lui par ces hommes, par Hitler et par Pétain, notre Parti, qui a versé le sang de 75.000 des siens pour la libération de la France, pour le Communisme, est sorti de la bataille pour la libération plus fort qu’il n’était auparavant.

Au sortir de la Libération, en décembre 1944, un comité d’entente entre le Comité Central du Parti Communiste Français et le Comité Directeur du Parti Socialiste S.F.I.O. fut constitué.

Ce comité d’entente était chargé notamment de préparer et de poursuivre les discussions relative à la réalisation de l’unité organique entre les deux partis, proposé par le Parti Communiste.

Mais, en mai 1945, les dirigeants socialistes suspendaient leur participation aux travaux de la commission d’unité organique laquelle ne s’était d’ailleurs jamais réunie.

Le dirigeants socialistes, au lieu de combattre comme les communistes la Constitution Provisoire de. De Gaulle, qui visait à limiter les pouvoirs de l’Assemblée Constituante firent passer les pouvoirs du général-dictateur avant les droits du suffrage universel.

Et, le 3 septembre 1946, le Parti S.F.I.O. sur proposition d’Augustin Laurent – au Comité d’Entente entre le Parti Communiste et le Parti socialiste. Ce Comité était d’ailleurs en sommeil, depuis plusieurs mois, les dirigeants socialistes refusant de la faire fonctionner.

Avant d’en arriver à la rupture brutale, au sommet, le Parti socialiste, renouvelant ses méthodes d’avant-guerre, avait sapé l’organisation du Front Unique à la base en interdisant la constitution de comité d’entente entre fédérations et sections. Et il avait interdit aux militants du Parti socialiste de constituer ou d’être membres des Amicales du Parti Ouvrier Français.

A la première Assemblée Constituante élue en 1945, communistes et socialistes détenaient la majorité absolue. Il était donc possible de faire une politique qui aurait pu ouvrir le chemin à de profonds changements conformes aux aspirations des masses populaires.

Mais les dirigeants socialistes n’entendaient nullement participer à la participation d’un acheminement vers le socialisme.

Leur préoccupation était de conserver le régime existant, le régime capitaliste fondé sur l’exploitation de l’homme par l’homme.

Les dirigeants socialistes entendaient être, selon l’expression de Blum " les gérants loyaux du capitalisme ".

Cette formule souligne que de tels dirigeants ne songent nullement à faire triompher le socialisme ; ils ne sont pas socialistes. On ne peut pas ne pas évoquer, en examinant leur comportement, cette définition de Lénine : " L’abus des paroles est le phénomènes le plus ordinaire en politique. Les partisans du libéralisme bourgeois anglais, les partisans de Bismarck et les amis du pape Léon XIII se sont maintes fis dits " socialistes ".

Enfin, il faut rappeler aussi que Ramadier élimina les communistes du gouvernement le 4 mai 1947 pour pouvoir vendre la France aux impérialistes américains en acceptant le plan Marshall qui portait en germe l’acceptation du pacte atlantique.

Pour livrer la France à l’étranger, il fallait se débarrasser d’abord des communistes, les écarter du gouvernement.

C’est dans le même esprit que Guy Mollet a mis au point un projet de loi électorale destiné à écarter les communistes de l’Assemblée Nationale et à donner la majorité aux gaullistes.

On veut ainsi livrer la France au fascisme, empêcher que la cause du pain, de la liberté et de la pais puisse trouver des défenseurs dans l’enceinte du Palais Bourbon. On veut ainsi préparer l’Assemblé de la guerre composée de valets des impérialistes américains.

La responsabilité des dirigeants socialistes est donc nettement engagée. Ils portent la responsabilité de la situation douloureuse que connaît notre pays avec la misère, la réaction et les dangers de guerre qu’elle comporte.

Cela, nous devons le dire, le répéter fraternellement aux travailleurs socialistes victimes, comme nous, de la politique de leurs dirigeants.

Et il faut bien voir que si ces dirigeants ont eu une telle attitude, ce n’est nullement par hasard.

C’est la conséquence directe des conceptions contre lesquelles nous avons lutté sous le drapeau de Lénine, il y a trente ans, pour constituer un Parti de type nouveau. Ces conceptions découlent du social-démocratisme dont il convient dont il convient d’examiner les caractéristique et la nocivité.

b) Ce qu’est le social-démocratisme.

Quand, il y a plus de trente ans, le problème se posa en France de constituer un véritable parti de la classe ouvrière, la guerre avait montré comment les dirigeants socialistes d’alors avaient violé les principes dont ils se réclamaient.

Les principes de l’internationalisme prolétarien, fermement défendus par Lénine, avaient été délibérément abandonnés par les dirigeants socialistes. Ils avaient oubliés les décisions de l’Internationale que Jaurès avaient commentées de la manière suivante :

" L’internationale nous dit que le droit, que le devoir des prolétaires, c’est de ne pas gaspiller leur énergie au service d’un gouvernement de crime, c’est de retenir le fusil dont les gouvernements d’aventure auront armé le peuple et de s’en servir non pas pour aller fusiller de l’autre côté de la frontière, des ouvriers, des prolétaires, mais pour abattre révolutionnairement le gouvernement de crime. "

ce qui se dégageait nettement de l’attitude du Parti Socialiste, c’est que les dirigeants qui ne cessaient de parler de socialisme reculaient devant les exigences du combat pour le triomphe du socialisme.

Ils liaient le prolétariat au char de la bourgeoisie et le détournaient de son objectif de classe qui ne peut être que l’avènement du socialisme.

Le Parti Socialiste donnait le spectacle permanent du divorce entre les paroles et les actes.

Ce Parti avait approuvé la résolution de l’Internationale précisant " qu’au cas où la guerre éclaterait néanmoins…le devoir est de s’entremettre pour la faire cesser promptement et d’utiliser…la crise économique et politique crée par la guerre pour agiter les couches populaires et précipiter la chute de la domination capitaliste ".

L’oubli de directives aussi précise durant la guerre de 1914-1918 avait nettement souligné qu'on ne pouvait compter pour assurer la victoire du socialisme sur un Parti se consacrant pour ainsi dire exclusivement à l’action parlementaires et négligeant complètement l’action de la classe ouvrière et des masses populaires.

L’expérience de la Révolution d’octobre 1917 avait souligné avec l’éclat la nécessité impérieuse de donner à la classe ouvrière française un parti ouvrier de type nouveau, un parti dont Staline a dit qu’il doit être " un nouveau parti, un parti combatif, un parti révolutionnaire assez courageux pour mener les prolétaires à la lutte pour le pouvoir, assez expérimenté pour se reconnaître dans les conditions complexes d’une situation révolutionnaire et assez souple pour contourner les écueils de toutes sortes sur le chemin conduisant au but.

Sans un tel parti, on ne saurait même songer à renverser l’impérialisme, à conquérir la dictature du prolétariat.

Ce nouveau parti, c’est le Parti du léninisme. "

Notre Parti Communiste Français est un parti de ce type et nous pouvons considérer, à la lumière des faits, que nous avons en pleinement raison, il y a trente ans, de répondre à l’appel de Lénine et du Staline.

Et nous avons eu raison de travailler, depuis, sous la direction de Maurice Thorez, à faire de notre Parti un Parti capable de conduire la classe ouvrière et le peuple de France à la lutte et à la victoire.

Mais il reste encore des travailleurs qui sont influencés par la social-démocratie dont Lénine a dit qu’elle est le principal soutien social de la bourgeoisie.

Et Staline nous a nettement indiqué qu’ " il est impossible d’en finir avec le capitalisme sans en finir avec le social-démocratisme dans le mouvement ouvrier " .

Au cours de la session du Comité Central du 29 septembre 1950, Maurice Thorez donna une définition du social-démocratisme que je me permets de rappeler :

" Le social-démocratisme est une idéologie de renoncement et de capitulation qui tend à émousser, à pervertir le sens de classes des prolétaires, à ravaler, à étouffer en eux la dignité, la fierté de combattant de la juste cause socialiste et communiste. Parce que le social-démocratisme tend à répondre l’esprit de larbinisme au profit des maîtres capitalistes. Parce qu’il voudrait les travailleurs à douter de leurs propres forces, de leurs capacités, de leur avenir. Parce qu’au mot d’ordre de lutte : " l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ", il substitue l’ idée et la pratique de la " collaboration " entre les travailleurs et les exploiteurs, à seule fin de prolonger la domination du capitalisme.

C’est à la même besogne de confusion et de perversion, à la même besogne de diversion et de désagrégation des forces ouvrières que s’emploient les groupuscules trotskistes et titistes, simple agences de mouchardages et de provocation au service des impérialistes.

Ne pas mener le combat idéologique et politique contre tous ces ennemis de l’unité, c’est renoncer à l’unité ."

Il suffit de voir ce qu’est l’activité des dirigeants socialistes à la Guy Mollet et à la Jules Moch dans la période actuelle pour comprendre l’importance, la nécessité de la lutte contre le social-démocratisme.

c) La politique de division des dirigeants socialistes.

La politique de guerre imposée par les impérialistes américains et poursuivie par les gouvernants français détermine une opposition grandissante des masses.

C’est cette opposition qui a été à l’origine de la chute du cabinet Pleven et provoque les divergences électorales d’ordre subalterne qui existent entre les partis qui, cependant, sont d’accord pour enlever tous les sièges au Parti Communiste.

La peur du peuple qui motive le truquage électoral explique les manœuvres de division de la classe ouvrière et des masses exploitées auxquelles se sont livré et se livrent les ennemis du peuple.

La scission syndicale faite par Jouhaux au début de 1948 par ordre des américains s’inscrit dans cette politique de division, mais beaucoup d’ouvriers qui, à l’époque, furent trompés, ont rejoint la CGT et très nombreux sont ceux qui, maintenant, pour défendre leurs revendications réalisent l’unité d’action avec leurs camarades de la CGT et remportent de nombreuses victoires.

Mais il est évident que la division ouvrière ne pourrait subsister sans la politique de division des dirigeants socialistes.

Ces serviteurs du capital font tout pour dresser les travailleurs socialistes contres leurs frères communistes. Leur prétendue lutte sur les deux fronts, ne sert en réalité qu’à donner un semblant de justification à leur politique anticommuniste forcenée.

L’organe central du Parti socialiste, " Le Populaire ", contient tous les jours les pires calomnies qu’on puisse imaginer contre les communistes.

Les dossiers de police fournis par le sous-ministre socialiste de la Police, Eugène Thomas, sont utilisé par les dirigeants socialistes qui n’hésitent pas à se faire les fourriers de la répression.

Le député socialiste André Philipp n’a pas hésité à se comporter comme un vulgaire mouchard. Dans " Le Populaire " du 1er janvier 1951, après avoir déploré la mollesse de la magistrature dans sa besogne de répression, ce personnage a écrit : " Je connais personnellement un professeur d’histoire qui, dans un lycée, fait depuis deux ans un cours de marxisme-léninisme. "

La vérité est que les dirigeants socialistes soutiennent pratiquement, idéologiquement et au moyen de la répression une politique se caractérisant par :

  • la continuation de la guerre faite par les américains au peuple du Viêt-Nam pour les besoins stratégiques des Américains ;

  • La guerre faite par les fauteurs de guerre yankees au peuple coréen ;

  • La constitution d’une nouvelle Wehrmacht destinée à faire une guerre d’agression contre l’Union Soviétique et contre les Démocraties Populaires ;

  • La libération de Krupp imposé par ses congénères les impérialistes américains ;

  • La reconnaissance de Franco ;

  • La collaboration avec le traite Tito, valet des impérialistes américains.

Les dirigeants socialistes de droite sont les propagandistes zélée du " mode de vie américain ", c’est à dire du capitalisme le plus abject, avec la bestialité et le racisme qui le caractérisent, comme vient d’en témoigner l’assassinat légal des nègres de Martinsville.

Ils sont les fourriers de la répression contre les ouvriers et contre les défenseurs de la paix.

Le camarade Togliatti, dans son rapport sur l’unité ouvrière à la conférence du Bureau d’Information des Partis Communistes et Ouvriers, a caractérisé comme suit les dirigeants socialistes du genre de ceux qui sont à la tête de la S.F.I.O./

" Engagés de plus en plus dans la voie de la trahison des intérêts de la classe ouvrière, de la démocratie et du socialisme, ayant complètement renié la doctrine marxiste, les socialistes de droite se font maintenant les défenseurs et les propagandistes de l’idéologie de brigandage de l’impérialisme américain. Leurs théories de " socialisme démocratique ", de " troisième force ", leurs divagations empreintes de cosmopolitisme sur la nécessité de renoncer à la souveraineté nationale ne sont rien d’autre q’un camouflage idéologique de l’agression de l’impérialisme américain et anglais. ".

Et au cours de la même session du Bureau Information, le camarade Souslov indiquait :

" L’unité de la classe ouvrière ne peut s’obtenir que par une lutte résolue contre les socialistes de droite, diviseurs et désorganisateurs du mouvement ouvrier. " .

Mais l’obligation impérieuse dans laquelle nous sommes de dénoncer les chefs socialistes de droite ne doit jamais nous faire oublier qu’il ne faut pas juger les travailleurs socialistes trompés, comme nous jugeons ceux qui les trompent.

Les travailleurs socialistes sont nos frères, nous devons les considérer comme tels et ne reculer devant aucun effort pour leur faire comprendre le rôle néfaste joué par leurs dirigeants.

III.- EXPLIQUER FRATERNELLEMENT AUX TRAVAILLEURS SOCIALSTES LE ROLE DE LEURS DIRIGEANTS.

  1. L’importance de la lutte pour l’unité et l’activité des communistes.

Bien souvent, des camarades qui ne luttent pas comme ils devraient le faire pour gagner des travailleurs socialistes à la cause de l’unité tendent à justifié leur attitude en prétendant que le Parti socialiste ne représente plus grand chose, que ses adhérents sont peu nombreux.

Il est exact que le Parti socialiste a perdu beaucoup d’adhérents et que son influence est plus réduite qu’auparavant, mais quand nous parlons d’ouvriers socialistes, nous pensons non seulement à ceux qui appartiennent au Parti socialiste, mais aussi ceux qui subissent son influence, qui sont sous la pression de son idéologie.

D’ailleurs, il faut se garder de jugements sommaires qui sont loin de correspondre à la réalité.

Dans le tome premier des " Œuvres de Maurice Thorez ", on trouve des explications donnés par notre grand camarade sur la tactique de Front unique. Il s’agit d’un article publié en septembre 1930 dans lequel on peut lire :

" Il n’y a aucune contradiction dans le fait de combattre d’une façon plus systématique, plus intelligente, et plus cohérente, la politique de trahison des chefs et de l’organisation social –fasciste, et de développer simultanément et avec constance un travail de front unique auprès des ouvriers socialistes, au contraire.

La condition première, c’est d’établir la distinction nécessaire entre les chefs social-démocrates qui commencent par nier la présence d’ouvriers dans le Parti socialiste (notamment dans la région parisienne, où il se trouve cependant des ouvriers socialistes). D’autres, comme dans le Nord, sont bien obligés de convenir que le Parti socialiste compte encore des ouvriers dans ces rangs, mais ils estiment que ces ouvriers sont aussi " corrompus " que leurs chefs ; ils en donnent pour preuve l’acharnement de quelques malheureux fanatiques toujours prêts à la bagarre ".

Sans doute peut-on me dire que le Parti socialiste ne compte plus à Lille que 3 ou 400 adhérents. Mais il n’empêche que les candidats socialistes ont recueilli aux élections une vingtaine de milliers de voix .

Et leur journal, " Nord-Matin " , tire à 155.000 exemplaires.

Au surplus, il ne faut pas perdre de vue que les dirigeants socialistes du Nord, se préoccupent des organisations de masse et suivent le travail des militants socialistes au sein de ces organisations.

Cela est vrai pour F.O., pour les coopératives dirigées par les socialistes (280.000 adhérents), pour la F.SG.T., pour les Interné et Déportés dont le président est socialiste, pour les Amicales laïques qui groupent 150.000 adhérents et sont dirigées par des socialistes. Cela est vrai pour les groupements de Prisonniers de guerre. Et la Société des jardins ouvriers de Valenciennes, dirigée par des socialistes, qui compte 100.000 adhérents.

Dans le Pas – de Calais, le Parti socialiste a vue également ses effectifs diminuer, ainsi que son influence. Mais il n’en conserve pas moins des bases non négligeables et il dispose de positions dirigeantes dans des organisations dont l’activités touche diverses couches de la population, sans oublier bien entendu F.O.

Les faits montrent que là où les militants communistes appliquent la politique de notre Parti, nous allons de l’avant.

C’est ce qui a été constaté à Hondschoote où nous sommes passés de 55 à 88 voix, à Manières et à Faches-Thumesnil où nous avons gagné des voix socialistes.

A Iwuy, où notre Parti a augmenté ses voix de 65 %, des électeurs socialistes se sont détournés de la condition socialo-réactionnaire et se sont prononcés pour nos candidats.

Mais, à côté de ces résultats, on pourrait citer de nombreux cas sectarisme.

A Tourcoing, un camarade du Parti participant à la campagne du vote pour la paix a montré à quel point il a peu confiance dans sa puissance de conviction en déclarant : " Ce n’est pas la peine d’allez là, c’est un socialiste ".

N’aurait-il pas dû aller, au contraire, chez ce socialiste parler avec lui, l’écouter, répondre à ses arguments et revenir si nécessaire pour le gagner à la lutte active en faveur de la paix ?

Il est plus commode de traiter les travailleurs socialistes de haut. Mais au lieu de jeter un pont entre eux et nous, on creuse un fossé, ce qui ne peut que réjouir nos ennemis.

Et que dire de ce secrétaire de cellule de Dunkerque qui, d’un ton triomphant, proclame : " je ne cause pas avec les socialistes " ?

Je veux d’abord tirer de ce rapide examen de la situation une première conclusion.

De toute évidence, il est indispensable de militer dans les organisations de masses au lieu de les abandonner à d’autres.

Quand, à Haumont, nos camarades démissionnent de la direction des Combattant prisonniers de guerre pour ne pas être en contact avec des R.T.F., des M.R.P. et des socialistes, ils ne tiennent aucun compte des enseignements de Lénine qui sont pourtant très clair et très précis.

 

Lénine combattait les conceptions des communistes de gauche qui refusait de militer dans les syndicats réactionnaires. Ses critiques sont valables aujourd’hui pour ceux qui refusent de militer dans telle ou telle organisation de masse dont les dirigeants sont réactionnaires.

" Ne pas travailler dans les syndicats réactionnaires, disait Lénine, c’est abandonner les masses ouvrières insuffisamment développés ou arriérées à l’influence des leaders réactionnaires, des agents de la bourgeoisie, des aristocrates ouvriers ou des " ouvriers embourgeoisés "

la " théorie " saugrenue de la non-participation des communistes dans les syndicats réactionnaires montre, de toute évidence, avec quelle légèreté ces communistes "  de gauche " envisagent la question de l’influence sur les " masses " et quel abus ils font dans leurs clameurs du mot " masse ". Pour savoir aider la " masse " et gagner sa sympathie, son adhésion et son appui, il faut ne pas craindre les difficultés, les chicanes, les pièges, les outrages, les persécutions de la part des " leaders " (qui, opportunistes et social-chauvins, sont dans la plupart des cas liés – directement ou indirectement – à la bourgeoisie et à la police) et travailler absolument là où est la masse. Il faut savoir consentir toute sorte de sacrifices, surmonter les plus grands obstacles, afin de mener une propagande et une agitation systématiques, persévérantes, opiniâtres et patientes, justement dans les institutions, sociétés, organisations – même tout ce qu’il y a de plus réactionnaires – partout où il y a des masses prolétariennes ou semi-prolétariennes.

Or, les syndicats et les coopératives ouvrières (celle-ci dans certains cas, tout au moins) sont justement des organisations où se trouve la masse ".

Il faut que nos camarades travaillent dans les organisations de masse. Et nous ne manquons pas d’arguments pour combattre la politique des dirigeants socialistes dans les diverses organisations de masse.

Cela est vrai pour les Internés et Déportés dont le gouvernement à participation socialiste a cyniquement bafoué les revendications.

Cela est vrai pour la laïcité qui est mise en cause et directement menacée par la commission que préside le socialiste Paul Boncour, tandis que notre Parti, qui pratique la politique de la main tendue aux catholiques, ne perd pas de vue que l’école laïque qui, sans doute, est elle aussi l’école de la classe au pouvoir, constitue un progrès par rapport à l’école confessionnelle et doit, de ce fait, être défendue.

Il faut être avec les masses, ne pas se laissez rebuter par les incompréhensions savamment entretenues qui peuvent se manifester.

A ceux qui chaque fois essayent de nous combattre dans les organisations de masse en disant que nous y introduisons la politique, nous devons riposter en mettant en avant les revendications sensibles à la masse des adhérents, en expliquant les causes réelles de la situation contre laquelle ils protestent.

Comme nous l’a appris Lénine, " l’apolitisme " est le mot d’ordre de la bourgeoisie " pour combattre le mouvement ouvrier, pour empêcher les travailleurs de voir par delà leurs difficultés quotidiennes la perspective de leur libération.

Mais cela exige du courage et de l’esprit politique pour discerner à chaque moment, dans chaque organisation quels sont les mots d’ordre qui peuvent rassembler, entraîner à l’action et élever le niveau politique.

Les communistes ne doivent donc pas craindre de se trouver au contact de travailleurs ne partageant pas leurs opinions et reprenant parfois à leur compte, parce que trompés, les attaques des pires ennemis de la classe ouvrière.

Pour détourner les travailleurs socialistes de la politique criminelle de leurs dirigeants, il faut se battre, répondre à tous les arguments, convaincre avec un esprit fraternel et une fermeté de conviction à toute épreuve.

Nous n’avons pas à être surpris si le patriotisme de Parti anime les militants socialistes, nous devons nous efforcer de les comprendre sans traiter à la légère le déchirement intérieur que comporte pour eux la révélation de la nocivité de la politique de leurs dirigeants.

La fidélité de ces militants à leur Parti est utilisé à des fins réactionnaires par les dirigeants socialistes de droite que nous devons dénoncer implacablement en tendant une main fraternelle aux militants qu’ils abusent.

  1. Les mensonges des dirigeants socialistes sur la question de la liberté.

    Les dirigeants socialistes de droite s’emploient par tous les moyens à tromper les travailleurs socialistes.

    Ils les trompent sur la politique de paix de l’U.R.S.S. dont ils présentent la politique pacifique comme une politique d’agression, en même temps qu’ils présentent leur politique d’agression comme une politique défensive.

    C’est ce que, dans sa récente interview, le camarade Staline a déclaré à propos d’Attlee :

    " Le premier Attlee a besoin de mentir au sujet de l’U.R.S.S. Il a besoin de présenter la politique de paix de l’U.R.S.S. comme une politique agressive et la politique agressive du gouvernement anglais comme une politique de paix pour induire en erreur le peuple anglais, pour donner cours auprès de lui à ce mensonge concernant l’U.R.S.S. et pour l’entraîner ainsi, par ces mensonges, dans une nouvelle guerre mondiale organisée par les milieux dirigeants des Etats-Unis.

    Le premier Attlee se pose en partisan de la paix. Mais s’il est vraiment partisan de la paix, pourquoi a-t-il rejeté la proposition de l’U.R.S.S. à l’O.N.U. tendant à la conclusion immédiate d’un pacte de paix entre l’U.R.S.S. , L’Angleterre, les Etats-Unis, la Chine et la France ? "

    A ce sujet, je veux rappeler que le Conseil Mondial de la Paix vient d’adopter un appel relatif à la conclusion d’un pacte de paix entre les grandes puissances.

    Cet appel est ainsi conçu :

    " En vue de répondre aux aspirations de millions d’hommes du monde entier, quel que soit le jugement porté par eux sur les causes qui engendrent les dangers de guerre mondiale ;

    Pour que la paix soit affermie et que soit assurée la sécurité internationale ;

    Nous réclamons la conclusion d’un pacte de la paix entre les cinq puissances : Etats-Unis d’Amérique, Union Soviétique, République Populaire Chinoise, Grande-Bretagne, France.

    Nous considérions le refus de se rencontrer à cet effet comme la preuve des desseins agressifs du gouvernement de n’importe laquelle de ces grandes puissances qui s’en rendrait responsable.

    Nous appelons toutes les nations attachés à la paix à soutenir la revendication d’un pacte de paix ouvert à tous les Etats.

    Nous apposons nos signatures sous cet appel et nous invitons à signer tous les hommes et toutes les femmes de bonnes volonté, toutes les organisations qui aspirent à la consolidation de la paix "

     

    L’U.R.S.S., dont la politique de paix ne s’est jamais démentie, ne craint pas d’être mise au pied du mur, mais on va voir ce que vont répondre les gouvernements impérialistes qui font tout pour pousser le monde à la guerre.

    Il trompent les travailleurs socialistes sur la réalité de la démocratie au pays du socialisme.

    Ils veulent faire oublier qu’il ne peut y avoir de véritable liberté là où l’ouvrier est exploité par les capitalistes.

    Il veulent faire oublier qu’ils préparent une loi électorale destinée à privé les travailleurs hostiles au gouvernement de toute représentation, ce qui donne toute sa signification à leur " démocratie ".

    Les dirigeants socialistes parlent sans cesse de liberté, tout comme Truman qui précise qu’il s’agit de la " liberté d’entreprise ", c’est à dire la liberté d’exploiter les travailleurs.

    Comme nous l’a appris Lénine " la liberté est un grand mot, mais c’est sous le drapeau de la liberté de l’industrie qu’ont été menées les guerres les plus spoliatrices ; c’est sous le drapeau de la liberté du travail qu’on a dépouillé les travailleurs ".

    Nous savons par expérience comment les gouvernants et, parmi eux, le sous-ministre socialiste Eugène Thomas, ont cyniquement violé le droit de réunion, le droit de manifestation, la liberté de la presse (saisie de l’Humanité).

    C’est malgré eux que les Parisiens ont manifesté contre Eisenhower, que les déportés ont fait une démonstration en plein Paris contre les officiers nazis venus, sur invitation du gouvernement français, participer à une conférence pour le réarmement allemand.

    En Union Soviétique, le peuple bénéficie de la liberté de réunion et de toutes les autres libertés garanties par la Constitution stalinienne.

    Et à ceux qui attaquent la notion du Parti unique au pays du socialisme, je veux répondre en montrant comment le camarade Jdanov dénonce la propagande faite par les impérialistes sur ce point précis.

    " Le pivot de cette propagande fourbe, a dit Jdanov , réside dans l’affirmation que l’existence de plusieurs partis et d’une minorité oppositionnelle organisée serait l’indice d’une démocratie véritable. Sur cette base, les " travaillistes " anglais, ne ménageant pas leurs forces pour lutter contre le communisme, aurait voulu déceler qu’il y a, en U.R.S.S. des classes antagonistes et une lutte de partis correspondante.

    Ignorants en politique, ils ne peuvent pas arriver à comprendre que, depuis longtemps déjà, il n’a plus, en U.R.S.S., de capitalistes et propriétaires fonciers, qu’il n’y a plus de classes antagonistes et partant qu’il ne pourrait exister plusieurs partis. Ils auraient voulu avoir en U.R.S.S. des partis chers à leurs cœurs, des partis bourgeois, y compris des partis pseudo-socialistes, en tant qu’agence impérialiste. Mais, pour leur malheur, l’histoire a condamnés ces partis bourgeois exploiteurs à disparaître.

    Ne ménageant pas les mots pour monter des calomnies contre le régime soviétique, les " travaillistes " et autres avocats de la  bourgeoise trouvent en même temps tout à fait normal la dictature sanglante de la minorité fasciste sur le peuple de Grèce et en Turquie ; ils ferment les yeux sur les nombreuses infractions révoltantes aux normes même de la démocratie formelle dans les pays bourgeois ; ils passent sous le joug national et racial, la corruption, l’usurpation sans cérémonie des droits démocratiques aux Etats-Unis. "

    En U.R.S.S., les ennemis du peuple ont été éliminés du fait de la disparition des classes antagonistes.

    Et j’imagine qu’autrefois, quand Jules Guesde se battait contre Motte, aucun travailleur socialiste ne concevait un socialisme comportant la liberté pour Motte de continuer sa besogne d’ennemi de la classe ouvrière.

    C’est à ce propos que Lénine a écrit ces lignes que je livre à vos méditations :

    " Tout ouvrier conscient qui n’a pas rompu avec sa classe comprendra du premier coup qu’il serait insensé de permettre la liberté de réunion aux exploiteurs, dans un temps et dans les circonstances où des exploiteurs s’opposent à leur déchéance et défendent leurs privilèges.

    La bourgeoisie, quand elle était révolutionnaire, soit en Angleterre en 1649, soit en France en 1793, n’a jamais accordé " la liberté de réunion " aux monarchistes ni aux nobles qui appelaient les troupes étrangères et "  se réunissaient " pour organiser des tentatives de restauration. Si la bourgeoisie d’aujourd’hui, qui depuis longtemps est devenue réactionnaires, réclame du prolétariat qu’il garantisse à l’avance, malgré toute la résistance que feront les capitalistes à leur expropriation, " la liberté de réunion " pour les exploiteurs, les ouvriers ne pourront que rire de l’hypocrisie de cette bourgeoisie. "

    Voilà qui, je crois, éclaire le problème de façon décisive.

    L’Union Soviétique est d’autant plus calomniée que son influence ne cesse de croître.

    C’est ainsi qu’avant d’être devenus de plats valets des impérialismes américains, des dirigeants socialistes faisaient des aveux qui ne sont pas sans intérêt.

    Le 13 août 1945, au 37e Congrès National du Parti Socialiste à Paris, Daniel Mayer disait :

    " Il y a vingt, une grande espérance est née dans le monde : la Révolution d’Octobre, et je crois que le Parti Communiste et tous ces militants ont raison de vouloir défendre de toutes leurs forces les tentatives de réalisation socialiste de la Russie Soviétique.

    Je crois que les ouvriers du monde entier doivent, sans distinctions de parti, d’organisation ni d’obédience, se considérer comme des enfants auprès de leur mère de l’Etat soviétique, qui est le seul prolétarien du monde. "

    Aujourd’hui, Daniel Mayer dit le contraire tout simplement parce qu’il est passé ouvertement au service des fauteurs de guerre américains.

    Quand à Guy Mollet, spécialiste du truquage électoral, il déclarait à Hénin-Létard, le 19 juin 1949.

    " Du côté de la Russie, il est incontestable d’admettre le peuple de l’U.R.S.S. puisse souhaiter la guerre. On oublie trop souvent que c’est, de tous les peuples du monde, celui qui a payé les plus lourds sacrifices à la cause de l’antifascisme pendant la dernière guerre.

    La Russie d’Europe a été presque entièrement ravagée et sa population décimée. Un tel pays et sa population ont plus besoin, à l’heure actuelle, de songer à panser leurs plaies que de prévoir des conflits mondiaux. "

    L’U.R.S.S est calomnié par les capitalistes parce qu’elle est le pays du socialisme. C’est pour cela que Hitler la haïssait. C’est pour cela que Truman la haït .

    Mais la haine de ces gens-là ne peut pas ne pas avoir comme contre-partie l’affection des travailleurs socialistes.

  2. Les calomnies des dirigeants socialistes sur le caractère national de notre Parti.

Léon Blum, dont on ne dira jamais assez mal qu’il a fait à la cause du socialisme, a eu le cynisme de qualifier le Parti Communiste Français de " parti nationaliste étranger ".

Quand Blum écrivit cela le Parti Communiste sacrifiait des milliers de ses meilleurs militants pour libérer la France que la politique de non-intervention et celle de Munich avaient livrée aux hitlériens.

Il s’agissait, en lançant cette calomnie, de mettre en cause le caractère national de notre Parti et de nous présenter comme des agents à l’étranger.

On reprenait ainsi contre nous les accusations lancés contre Jaurès, traité d’agent de l’Allemagne, et contre Jules Guesde que son adversaire direct, le grand patron Eugène Motte, traitait de Prussien.

Notre Parti qui plonge profondément ses racines dans notre peuple, exprime les intérêts présents et à venir de la France livrée à l’étranger par les capitalistes en qui les sentiments nationaux ont fait place au cosmopolitisme le plus répugnant.

Jaurès se dressait autrefois avec force contre les attaques dont les socialistes étaient l’objet et qui ressemblaient à celles qui sont dirigées, aujourd’hui, contre les communiste.

" On nous dénonce comme des sans-patrie, ou tout au moins comme des hommes en qui la fibre de la fierté nationale est amoindrie. Et, pendant ce temps les grands bourgeois et capitalistes de France, tout en délirants de patriotisme, tout frémissants d’une indignation sacrée contre la brutalité germanique, multiplient avec les capitalistes allemands les syndicats d’exploitation : consortium franco-allemand pour l’exploitation des mines de Meurthe-et-Moselle, consortium franco-allemand pour l’exploitation du Maroc, et encore pour l’exploitation de Ouenza, et encore pour l’exploitation de l’Afrique australe.

Et voici que les grands patrons du bâtiment , en France et en Allemagne, vienne de fonder une organisation commune pour lutter contre leurs ouvriers. Chaque jour, le voile des hypocrisies se déchires : le masque du nationalisme bourgeois se crevasse et par la fente élargie laisse apparaître la figure cosmopolite du capital. "

A la vérité, les calomnies lancées par les impérialistes et par leurs agents, les dirigeants socialiste de droite, ne font que reprendre les vieilles canailleries de Goebbels qui écrivait : " Les partis communistes sont une légion étrangère de Russie .".

Acheson plagie tout simplement Goebbels quand il déclare :

" Les communistes de France et d’Italie sont une cinquième colonne qui menace le monde .".

Notre Parti, avec ses 75.000 fusillés, avec ses héros comme Charles Debarge, Julien Camphin, les frères Martel, est le Parti de la France.

Notre Parti est le seul qui soit resté à la France trahie en même temps qu’il a été et sera toujours fidèle au pays du socialisme.

C’est cette fidélité qu’exprimait Julien Hapiot en écrivant dans sa dernière lettre :

Vive le grand Parti Communiste !

Vive l’U.R.S.S. !

Vive la France libre et indépendante !

Les communistes sont des patriotes. Ils savent, comme l’a souligné Lénine, que " Le patriotisme est l’un des sentiments les plus profonds, fortifié par des siècles et des millénaires de vie des patries séparées ".

Les communistes sont en même temps des internationalistes et ils n’oublient pas, comme l’a indiqué Jdanov, que " …si, à la base de l’internationalisme, il y a le respect des autres peuples, on ne peut pas être un internationaliste sans respecter et sans aimer son propre peuple ".

Les communistes sont solidaire de l’Union Soviétique, le grand pays où le socialisme est devenu une réalité vivante et où l’édification du communisme avance à grand pas.

Cette solidarité est toute naturelle.

En 1920, un travailliste anglais, Landsbury, déclarait :

" En Angleterre, nous sommes d’ais que ce qui doit servir de critérium pour juger d’un socialiste c’est son attitude vis-à-vis de la révolution russe. Wilson a dit que la révolution russe servirait de pierre de touche aux Alliés. Nous, nous prétendons qu’elle est, dans chaque pays, la pierre de touche du mouvement socialiste. ".

Le patriotisme des communistes n’est nullement opposé, au contraire, à la conception de l’internationalisme prolétarien qui est à la base des rapports entre travailleurs des divers pays.

Et, en ce moment, tandis que nous luttons contre le réarmement allemand, que nous ne séparons pas de la lutte contre le surarmement de la France, nous sommes heureux de voir qu’en Allemagne les travailleurs et de nombreux partisans de la paix mènent le même combat contre le réarmement de leur pays.

Les impérialistes américains et les gouvernants français à leurs ordres, parmi lesquels les dirigeants socialistes de droite, ont des amitiés en Allemagne. Ce ne sont pas les même que les nôtres.

Ils ont libéré Krupp. Ils ont comme partenaire à Strasbourg le social-démocrate Carlo Schmidt, ancien adjoint du général Niehof à Lille.

Nous sommes les amis aux côtés des travailleurs allemands qui se placent à la pointe du combat pour la défense de la paix, et nous souhaitons plein succès à la conférence ouvrière européenne qui se prépare avec la participation de délégués français et allemands.

Qu’il me soit permis de rappeler que, parlant à Calais devant 3.000 personnes, à la fin du siècle dernier, Jules Guesde, répondant à M.Charles Simon, fils du ministre Jules Guesde, qui lui avait porté la contradiction, s’écriait :

" Quoi ! nous sommes des antipatriotes parce que nous avons mis notre main dans la main des socialistes allemands ? Oui, nous avons fraternisé avec les Bebel et les Liebknecht et nous nous en faisons gloire…

…Oh ! ne parlez jamais de Patrie, M.Charles Simon ! Ou vous nous obligeriez à vous renvoyer aux agissement de votre classe aux heures les plus douloureuses de notre histoire.

Ce sont les vôtres qui, en 1870-1871, spéculaient sur les fusils hors d’usage dont on armait nos mobiles ; qui " s’emmillionnaient " avec les souliers en carton dont on les chassait, qui pêchaient des fortunes dans le tripotage de l’emprunt Morgan et, comme Rothschild, escomptaient l’invasion sous prétexte d’aider, à coup d’emprunts, à la libération du territoire ! ".

Comme on peut le voir les pires canailleries utilisées autrefois contre les militants ouvriers par les sans-patrie du capitalisme cosmopolite sont reprises aujourd’hui contre nous par les dirigeants socialistes passés ouvertement au service des ennemis de la classe ouvrière, des ennemis du socialisme.

Il n’est pas possible, si nous savons expliquer ces choses, que cela n’amène pas les travailleurs socialistes à faire de salutaires réflexions.

IV.-AU TRAVAIL POUR L’UNITE DANS L’ACTION 

Il est possible, il est indispensable que travailleurs communistes et socialistes s’unissent dans un même combat pour défendre leur pain, pour défendre la liberté, pour sauvegarder la paix et pour préparer leur avenir.

Reprenons à l’adresse des travailleurs socialistes l’appel que leur lança à Drocourt, le 24 mars 1949, notre camarade Maurice Thorez :

" N’est –il pas vrai, camarades socialistes qui êtes venus à notre réunion, n’est-il pas vrai que la politique de vos dirigeants est loin de vous combler d’aise ? Vous savez bien que ce n’est pas une politique conforme aux intérêts du peuple. On ne peut pas défendre le pain des travailleurs aux côtés des représentants direct du grand capital. On ne pas défendre à la fois les pauvres et les riches, les exploités et les exploiteurs.

Je sais, camarades socialistes, que vous n’approuvez pas cette politique de démission nationale et de capitulation devant les forces de la réaction capitalistes et vichystes. Je sais qu’au fond de votre cœur, vous approuvez vos frères communistes dont le seul tort, une fois de plus, est d’avoir raison avant tout le monde…

…Je vous en conjure, camardes socialistes, n’attendez plus, cette fois, que l’orage ait éclaté sur notre pays, sur nos foyers, pour crier tout haut ce que, comme nous, vous croyez, en conscience, être la vérité. "

A la Conférence Nationale de notre Parti siégeant à Montreuil en avril 1949, notre secrétaire général, intervenant à nouveau sur le problème capital de l’unité ouvrière, disait :

" Un ouvrier socialiste ne peut pas être un ennemi. Nous devons lui parler comme à un frère, en des termes qui ne le heurtent pas, qui ne le blessent pas. Nous devons lui expliquer comment ses dirigeants le trompent, comment ils mènent une politique contraire aux intérêts de la classe ouvrière et du pays, contraire aux intérêts de son propre parti.

L’ouvrier socialiste n’est-il pas amené à déplorer le recul de son parti à chaque consultation électorale ? Nous devons faire un gros effort pour vaincre toutes les manifestations de sectarisme qui se confondent fréquemment avec la passivité opportuniste.

Au fond, le mépris des masses rejoint le manque de confiance dans les masses. Et la phrase de " gauche dissimule mal l’inaptitude au travail de masse, à l’effort méthodique d’explication, et d’organisation des luttes revendicatives et politique.

Plus que jamais, la lutte doit être menée sur les deux fronts, contre toute déviation –de droite ou de gauche- de la ligne juste du Parti. "

Et qu’on ne nous parle pas des difficultés qu’il y aurait à comprendre un travailleur socialiste. A ce sujet, Maurice Thorez a dit :

" Lorsqu’on n’est pas capable de comprendre un ouvrier socialiste, on n’est pas loin de ne pas comprendre un ouvrier communiste. "

Les luttes que nous avons à mener dans les circonstances actuelles sont d’une importance décisive.

C’est pourquoi le problème de l’unité ouvrière se pose avec une force d’autant plus grande.

C’est de l’unité de la classe ouvrière, avec ce qu’elle comporte de possibilité de rassemblement plus large autour d’elle, que dépend l’issue de la bataille engagée.

Nous devons sauver la paix, nous devons sauver notre pays de la catastrophe qui ne ménagerait pas davantage les socialistes que les communistes ou les catholiques.

Aussi devons-nous aller hardiment aux travailleurs socialistes.

Le Bureau d’Information des Partis Communistes et Ouvriers nous a nettement indiqué que :

" …Tout en menant une lutte implacable et conséquente en théorie et en pratique, contre les socialistes de droites et les dirigeants syndicaux réactionnaires, tout en les dénonçant sans pitié et en les isolant des masses, les communiste doivent, expliquer avec patience et persévérance aux ouvriers sociaux-démocrates de la base toute l’importance de l’unité de la classe ouvrière dans la lutte active pour la paix, le pain et les libertés démocratiques, faire une politique d’action communes pour atteindre ces buts ".

Comme on peut le constater, le passage que je viens de citer met en avant le problème des actions communes, car il ne faut jamais l’oublier, le front unique c’est l’action et c’est l’action de rapprocher durablement les travailleurs communistes et socialistes.

Je veux rappeler aussi que le Bureau d’Information poussant plus à fond l’examen de l’unité ouvrière a précisé que :

" Dans la lutte pour l’unité de la classe ouvrière, il faut accorder une attention particulière aux masses d’ouvriers et de travailleurs catholiques et à leurs organisations, en ne perdant pas de vue que les croyances religieuses ne sont pas un obstacles à l’unité des travailleurs, surtout quand cette unité est indispensable au salut de la paix. "

Et maintenant, camarades, je veux terminé en vous demandant de vous adresser fraternellement aux travailleurs socialistes, de leur montrer patiemment combien est néfaste la politique de leurs dirigeants.

Les travailleurs socialistes ne peuvent pas ne pas comprendre que leurs dirigeants les trompent quand ils leur parlent de lutte sur les deux fronts.

De ce point de vue, la lettre d’Eugène Thomas à Machut est hautement significative. Il e’est déclaré, quand au fond, d’accord avec Machut lorsqu’il a écrit :

" Je ne veux pas aborder le fond de la question. Tu sais que je suis bien près d’être d’accord avec toi, estimant que le seul ennemi dangereux et mortel de l’heure, pour la démocratie, pour le socialisme et la France, c’est le P.C., mais tu dois comprendre que les gestes individuels n’ont guère de valeur et que les camarades qui pensent de la même façon doivent rester groupés en vue des évènements futurs ."

La vérité est que les dirigeants socialistes de droite, dont les actes sont commandés par l’anticommunisme le plus forcené, font délibérément le jeu des fascistes du R.P.F. , ce contre quoi ne peuvent pas ne pas se dresser les travailleurs socialistes.

C’est pourquoi en ce moment où la marche des événements met à nu les agissement anti-ouvriers, antidémocratiques et antifrançais des dirigeants socialistes, il nous est possible de faire un pas décisif pour modifier nos rapports avec les travailleurs socialistes.

Nous devons entreprendre résolument cette tâche avec la volonté de la mener à bien.

Nous mènerons victorieusement la lutte pour l’unité ouvrière et contre le social-démocratisme si nous agissons dans l’esprit de Maurice Thorez, en faisant preuve d’une fermeté intransigeante dans la défense des principes de notre Parti, en nous montrant fraternels et compréhensifs vis-à-vis des travailleurs socialistes et en faisant passer avant tout une indomptable volonté de lutte pour faire triompher la cause du pain, de la liberté et de la paix et pour préparer ainsi la victoire du socialisme.

 

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