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L’école élémentaire du Parti Communiste Français

 

EDITION DE JANVIER 1947

 

COURS N° 2

 

L’IDEAL DES COMMUNISTES

 

Edité par la Section Centrale d’Education du Parti Communiste Français

 

44, Rue le Peletier, PARIS

 

INTRODUCTION

 

L’idéal des communistes est la plus nobles que puissent se proposer les hommes.

 

Le but des communistes, au delà des problèmes du présent, c’est d’aider à la transformation nécessaire de la société capitaliste en une société socialiste qui trouvera ensuite son épanouissement dans la société communiste.

 

Le rêve d’une société sans classe, ne connaissant plus la division en riches et pauvres, assurant le bien-être à tous, est aussi vieux que l’humanité.

 

Il s’est exprimé, notamment, dans la première moitié du 19ème siècle avec les socialistes utopistes (utopistes parce qu’ils ignoraient les moyens pratiques de faire passe leur rêve dans la réalité).

 

Après eux, MARX et ENGELS, il y a un siècle, ont pu découvrir les lois du développement de la société capitaliste. Ils ont établi scientifiquement que le socialisme n’étaient pas un rêve, mais le résultat inévitable du développement de la société capitaliste et de la lutte des classes qui se déroule en son sein.

 

MARX et ENGELS ont été ainsi les fondateurs de la théorie du socialisme scientifique dont le Parti Communiste Français est le continuateur (1).

 

La théorie de MARX n’est pas un catéchisme. C’est une science vivante qui a été développée et enrichie par les continuateur de MARX et d’ENGELS : LENINE et STALINE.

 

Nous allons étudier successivement :

 

I ) La société Socialiste.

 

2) L’état dans la société socialiste.

 

3) L’homme dans la société socialiste.

 

4 ) Le passage du socialisme au communisme.

 

I ) LA SOCIETE SOCIALISTE

 Le socialisme est une étape de l’histoire humaine caractérisée par deux éléments essentiels : la propriété sociale des moyens de production et la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme.

 Cette étape n’est, à l’heure actuelle, atteinte que dans un seul pays l’ U.R.S.S.

C’est pourquoi lorsque nous aurons besoin d’exemple pour illustrer notre étude du socialisme, nous prendrons parmi ceux de l’Union Soviétique.

 

  1. Propriété sociale des moyens de productions

 

  1. Nous avons montré, dans le cours N°1 que la contradiction fondamentale du régime capitaliste réside dans le fait que la production est sociale, alors que les moyens de production sont propriété individuelle.

     C’est cette contradiction que résoud le socialisme. Il est fondé sur la propriété sociale des moyens de productions essentiels.

     Dans le cas de l’U.R.S.S., la propriété revêt deux formes principales :

     

    1° propriété d’Etat (bien du peuple tout entier).

    L’article 6 de la Constitution soviétique est ainsi conçu :

     

    " La terre, le sous-sol, les eaux, les forêts, les usines, les fabriques, les mines de charbon et de minerai, les chemins de fer, les transports par eau et par air, les moyens de communications postales et électriques, les grands entreprises agricoles organisées par l’Etat (sovkhoz, stations de machines et de tracteurs, etc.), ainsi que la masse fondamentale des habitations dans les villes et les agglomérations industrielles sont la propriété de l’Etat, c’est-à-dire le bien du peuple tout entier ".

     

    2° Propriété coopérative ( dont le kolkhoz est le type).

    L’article 7 de la Constitution soviétique dit :

     

    " Les entreprises communes dans les kolkhoz et dans les organisations coopératives avec leur cheptel vif et mort, la production fournie par les kolkhoz et les organisations coopératives, ainsi que leurs bâtiments communs constituent la propriété sociale, socialiste des kolkhoz et des organisations coopératives. "

     

  2. Mais le socialisme n’abolit pas la propriété privé, fruit du travail personnel et de l’épargne.

 

En U.R.S.S., par exemple, la propriété privé est garantie par les articles 9 et 10 de la Constitution.

 

Art.9- " A côté du système socialiste d’économie est le forme dominante de l’économie en U.R.S.S, la loi admet les petites économies privées des paysans individuels et des artisans, fondées sur le travail personnel, et excluant l’exploitation du travail d’autrui ".

 

Art.10- " Le droit des citoyens à la propriété personnelle des revenus et épargnes provenant de leur travail, de leur maison d’habitation et de l’économie domestique auxiliaire, des objets d’usages et de commodités personnelles, de même que le droit d’héritage et de la propriété individuelles des citoyens sont protégés par la loi ".

 

Les communiste n’entendent nullement supprimer la petite propriété agraire, commercial ou industrielle. Dans la société socialiste, l’organisation de la vie économique dont les bases seront constitué par la socialisation des grands moyens de production, pourra se réaliser par une collaboration librement consentie des paysans et des petites gens de l’artisanat, de l’industrie et du commerce avec la classe ouvrière.

 

Les communiste déclarent expressément qu’ils entendent laisser au intéressés le choix des formes concrètes de cette collaboration.

 

(Maurice Thorez)

 

le principe de la libre adhésion des intéressés aux formes nouvelles de l’économie est un principe essentiel de la construction du socialisme. C’est ainsi qu’en U.R.S.S., la part des économies privées des paysans individuels et des artisans dans l ‘ensemble de l’économie est restée pendant une douzaine d’années très importante.

 

Après la révolution d’octobre 1917, les gros propriétaires fonciers oisifs furent expropriés sans indemnité ; les 164 millions d’hectares furent distribués aux paysans, et chaque famille reçut un lopin de terre. Les paysans exploitèrent leur domaine du mieux qu’ils purent avec leur bétail et leurs propres outils.

 

Cependant, après les années de reconstruction, l’industrie soviétique développe et peut bientôt offrir à l’agriculture un matériel moderne (machine agricole, tracteurs), mais le paysan petit propriétaire, ne peut utiliser ce matériel sur son champ de superficie trop limitée.

 

Les paysans se convainquent bientôt que l’isolement est suranné, qu’il gêne la production, qu’il freine la modernisation de l’agriculture, qu’il est un obstacle aux rendement élevés, qu’en somme, il est contraire à leur intérêts. Ils décident alors de s’associer, de mettre leurs terres en commun et de constituer ainsi par la coopération une entreprise rurale moderne, et un type nouveau de propriété. C’est le kolkhoz (exploitation coopérative). Ce passage de la petite production rurale à la collectivisation s’est fait volontairement. Il a été l’œuvre des paysans eux-mêmes.

 

En résumé, le socialisme garantit la propriété, fruit du travail personnel mais il supprime la propriété individuelle des moyens de production qui servent à l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

  1. Suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme .

 Dans la société capitaliste, grâce à sa mainmise sur les moyens de production, une minorité d’exploiteur s’enrichit au détriment des travailleurs (Voir 1er cours).

 

L’économie socialiste met fin à cette exploitation. Le parasitisme disparaît.

 

La classe ouvrière travaille pour son propre compte au lieu de travailler pour les capitalistes.

 

(Staline)

 

les produits du travaillent contribuent :

 

1° à l a création d’entreprises nouvelles et au perfectionnement de celles qui existent, à l’augmentation de la production, à la prospection des richesses minières nouvelles, etc.

 

2° à l’entretien et à la consolidation de l’Etat socialiste.

 

3° à la satisfaction des besoins sociaux collectifs.

 

  1. accroissement du bien-être (assurance sociale sans versements ouvriers, congés payés, sanatoria, maisons de repos, maisons d’enfants, etc.) ;

  2. élévation du niveau intellectuel et artistique des masses populaires, (club, bibliothèques, cours, etc.) ;

 

4° à une rétribution individuelle sans cesse croissante du travail de chacun.

 

Dans l’économie soustraite à l’exploitation capitaliste, le produit du travail national ira intégralement à la nation. Les travailleurs des usines socialistes bénéficieront du produit de leur travail, d’abord en tant qu’individus, ensuite en tant que membres de la collectivité nationale, la valeur de leur production leur retournant sous la forme de salaire et sous forme de dépenses économiques, sociales et culturelles.

 

(Maurice Thorez, Fils du peuple, page 197).

 3 ) Essor illimité des forces productives.

 

La propriété sociale des moyens de production et la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme créent les conditions d’un développement rapide et illimité des forces productives, et, par voie de conséquence, de la société socialiste tout entière.

 

C’est la raison fondamentale des progrès extraordinaires et incessants de la production en Union Soviétique (progrès qui ont été un des éléments de la victoire sur l’Allemagne hitlérienne). Sans doute l’U.R.S.S. possèdent-t-elle des richesses naturelles considérables. Mais elles existaient avant octobre 1917 et l’ancien régime n’avait pas su les exploiter.

 

Le développement des forces productives en régime socialiste est considérable :

 

  • a) parce que les obstacles d’origine capitaliste ont disparu.

  • b) parce que le socialisme établit une économie sans crises.

  • c) parce que le socialisme crée une émulation au travail sans précèdent.

  • d) parce que le socialisme permet de développer l’économie suivant un plan rationnel.

 

 

A) Tous les obstacles qui opposent au développement de la production en régime capitaliste ont disparu.

 Dans la société capitaliste de consommation des masses est limité en raison de la médiocrité de leurs salaires ou de la faiblesse de leurs revenus.

 

Au surplus, le seul stimulant de la production en régime capitaliste est, en règle générale, la recherche du profit, et les possesseurs de capitaux les investissent, non pas dans les branches essentielles pour le développement économique du pays, mais dans celles qui rapportent le maximum de profit.

 

A notre époque, les trusts restreignent la production pour faire monter (ou au moins maintenir), les prix. Les machines sont trop vieilles ou, plus exactement, le machinisme, n’est renouvelé que lorsque les trusts ont passagèrement intérêt à augmenter la production. Dès que cet intérêt disparaît, le progrès technique n’est plus encouragé, et telle machine qui, hier, était moderne, devient vétuste. Pas ou peu de bureaux d’études, pas ou peu de laboratoire à outillage moderne, pas de crédit pour la recherche. En d’autres termes, quand il y a accroissement de production, cet accroissement n’est pas continu ; il est volontairement temporaire ou limité à telle ou telle branche de l’économie.

 

Mieux encore, à l’époque actuelle, en France, les homme des trusts s’emploient à saboter, donc à réduire la production.

 

Le régime socialiste tend au contraire à accroître d’une manière illimité la production, afin de satisfaire les besoins des hommes. Les contradictions du régime capitaliste y sont inconnues. La technique est sans cesse perfectionnée. Savants et ingénieurs ont à leur disposition les laboratoires et les bureaux de recherches, tandis qu’il est fait appel à l’initiative de chaque producteur pour que s’améliorent en même temps les conditions de travail et les conditions générales de la production.

 

B) Parce que le socialisme établit une économie sans crise. 

Une caractéristique du régime capitaliste, c’est l’apparition de crises périodiques de plus en plus rapprochées et plus en plus profondes.

 F.ENGELS en a décrit le mécanisme de manière très vivante

 

Le commerce s’arrête, les marchés sont encombrés, les produits sont là, à la fois en masse et en souffrance ; l’argent comptant devient invisible, le crédit s’évanouit, les fabriques chôment, les masses ouvrières manquent, pour en avoir trop produit, de moyens d’existence ; les faillites succèdent aux faillites, les ventes forcées aux ventes forcées. L’engorgement dure des années entières ; forces productives et produits sont en masse gaspillés et détruits jusqu’à ce que les stocks de marchandises accumulées s’écoulent enfin avec une dépréciation plus au moins forte, jusqu’à ce que production et échange reprennent graduellement leur marche. Progressivement l’allure s’accélère , passe au trot ; le trot industriel devient galop et ce galop s’accélère de nouveau jusqu’au ventre à terre d’une chasse à courre générale de l’industrie, du commerce, du crédit, de la spéculation, pour finir, après les sauts les plus périlleux, par se retrouver dans le fossé du krach. Et toujours la même répétition…

 

Le régime socialiste ne connaît pas et ne peut pas connaître de telles crises. Rappelons-nous que , de 1929 à 1932, tandis que les pays capitalistes d’Europe et d’Amérique se débattent au sein d’une crise qui revêt parfis l’allure d’une catastrophe entreprises industrielles et commerciales, l’U.R.S.S. réalise triomphalement son premier plan quinquennal.

 Que se passe-t-il, en effet, en régime socialiste ? Les forces productives progressent sans limites, nous l’avons vu. Elles servent non pas à l’enrichissement d’une poignée d’individus, mais bien à la satisfaction des besoins de la Nation et des masses populaires. Ces besoins croissent sans cesse.

 

Chez nous, en U.R.S.S., l’accroissement de la consommation (pouvoir d’achat) des masses dépasse sans cesse l’accroissement de la production à laquelle il sert de stimulant…L’amélioration systématique de la situation des travailleurs et l’accroissement ininterrompu de leurs besoins constituent un stimulant de plus en plus fort à l’élargissement de la production préservant la classe ouvrière contre les crises de surproduction, l’extension du chômage.

(Staline)

 C) Le socialisme crée une émulation au travail sans précédent.

 

Il existent, en effet, en régime socialiste, une émulation au travail qui est ailleurs inconcevable.

 

Le travailleurs, quel qu’il soit, sait que toute augmentation de la production aboutit à une amélioration du bien-être. Il y a donc de son intérêt immédiat. De plus, un homme nouveau naît du régime socialiste, un homme animé d’une conscience socialiste. C’est ainsi qu’en U.R.S.S, les ouvriers, non contents d’exécuter les plans d’édification (qui sont d’ailleurs leur œuvres pour une large part), les ont dépassés.

 

Le plus remarquable dans l’émulation, c’est qu’elle révolutionne les idées des gens sur le travail, qu’elles le transforme, alors qu’il était naguère une charge lourde et pénible, une question d’honneur, de gloire, de vaillance et d’héroïsme.

(Staline)

 

1913

1940

1950

La Houille

29

166

250

Le Pétrole

9

31

35,4

L’Acier

4,2

18,3

25,4

La Fonte

4,2

15

19,5

Tableau du développement de la production de quelques matière premières essentielles (en millions de tonnes) en U.R.S.S de 1913 à 1950 (Fin des quatre plans quinquennaux)

 

Et l’on sait que, pendant les quatre années de la guerre contre l’Allemagne hitlérienne, l’effort de guerre, l’effort de production des travailleurs soviétique a atteint un rythme prodigieux.

 D ) Le socialisme permet de développer l’économie suivant un plan rational.

 En effet, il met fin aux contradictions entre la production et la capacité de consommation des masses. Il supprime les conflits d’intérêts entre les branches diverses de l’économie.

 

Rien ne s’oppose plus à la planification rationnelle de la production ainsi qu’on la vu par le succès des plans quinquennaux successifs en U.R.S.S.

 

En résumé, et en songeant plus particulièrement à notre pays :

 

La socialisation des grands moyens de production et la direction consciente des forces économiques donneront à la France une prospérité encore jamais atteinte. Ses richesses naturelles, si nombreuses, son heureuse constitution économique, seront, pour la première fois, utilisées d’une manière rationnelle ; le travail et l ‘intelligence admirable de ses habitants seront, pour la première fois, mis au service d’un plan conçu par la raison et exécuté en vue du bonheur des hommes.

(Maurice Thorez)

 II.- L’ETAT DANS LA SOCIETE SOCIALSITE .

 I ) Nécessité de l’Etat.

 

  1. Dans la période de construction du socialisme.

 L’Etat est nécessaire dans la période de construction du socialisme. En effet, cet Etat a trois taches principales à accomplir :

 

I ) Il doit briser la résistance des grands propriétaires fonciers et des capitalistes renversés et expropriés, liquider leurs tentatives de tout genre et de tout ordre. La minorité capitaliste dépossédée dispose encore de forces considérables. Elle peut s’appuyer sur les capitalistes de l’étranger avec lesquels elle pactise et sur leurs Etats.

 

2 ) Il doit encore organiser l’édification socialiste en rassemblant le peuple entier autour de la classe ouvrière éduquer les masses populaires et orienter ce travail de façon à préparer la liquidation, la suppression des masses.

 

3 ) Il doit organiser une puissante force armée pour la lutte contre les ennemis de l’extérieur et sauvegarder ainsi les conquêtes du socialisme.

 B ) Après l’achèvement de la construction du socialisme.

 

L’Etat reste une nécessité après l’achèvement de la construction du socialisme si le système capitaliste subsiste dans d’autres pays importants. 

Par exemple, en U.R.S.S, il n’a plus de classes sociales monopolisant la possession des moyens de productions, partant, plus d’exploitation de l’homme par l’homme. les groupes sociaux ont été transformés. La classe ouvrière " possède les moyens de production en commun avec le peuple entier ". (Staline).

La paysannerie est affranchie de l’exploitation. Quant aux intellectuels, " ils doivent servir le peuple parce qu’il n’existe plus de classes exploiteuses ".

 A ce stade cependant, l’Etat est nécessaire. Il existe encore dans le monde des pays où dominent les trusts décides à abattre le pays du socialisme, et, en attendant, décidés à préparer cette destruction par l’activité de leurs agents de diversions et provocateurs à l’intérieur du pays socialiste. (Exemple des derniers grands procès en U.R.S.S. avant la guerre).

 

Mais si, après le renversement du capitalisme, un Etat est nécessaire cet Etat nouveau est organisé de telle manière qu’il devient l’Etat le plus démocratique.

 C ) L’Etat socialiste crée les conditions d’une véritable démocratie.

 Les exploiteurs ayant été éliminés par la socialisation des moyens de productions, il n’y a plus désormais d’obstacles au développement d’une démocratie réelle dans laquelle l’application des droits de l’homme est garantie par les conquêtes du socialisme.

 

Les communistes sont démocrates. Ils sont, de tous les démocrates, les démocrates les plus conséquents, car il entendent subsister à une démocratie encore limitée en droit et en fait une démocratie sans entraves

(Maurice Thorez)

 2 L’expérience soviétique.

 L’Etat nouveau institué en Russie soviétique dès que fut renversée la domination du capitalisme et que fut brisé l’ancien appareil d’Etat, exprimait la dictature du prolétariat.

 

  1. La dictature du prolétariat.

     La dictature du prolétariat a été l’instrument qui a permis, en U.R.S.S. " d’écraser la résistance des exploiteurs renversés et de consolider les conquêtes de la Révolution et de l’amener jusqu’à la victoire complète du socialisme ." (Staline) .

     

    C’est ainsi par exemple qu’au lendemain de la Révolution, les anciens exploiteurs et leurs agents ont été privé du droit de vote accordé à l’ensemble de la population.

     

    Ces restrictions au droit de vote, qui furent inscrite dans la Constitution soviétique de 1924, étaient justifiées par les nécessités impérieuses de la lutte contre les classes exploiteuses vaincues par la Révolution.

     Elles ont été supprimé par la Constitution soviétique de 1936, les antagonismes de classe ayant disparu et la construction du socialisme étant victorieusement accomplie.

     

    La victoire du socialisme permettait de poursuivre la démocratisation du système électoral, d’instruire le suffrage universel égal et direct, avec scrutin secret.

    (Histoire du Parti Bolchevik, chapitre 12)

     

  2. La dictature du prolétariat instituait déjà une démocratie réelle, sans précédent pour le peuple.

     

    En effet, la dictature du prolétariat a aboli tout ce qui, en régime capitaliste, réduit et fausse l’application des principes démocratiques : monopole des principaux moyens de propagande par une minorité exploiteuses, puissance de corruption des capitalistes sur les élus du peuple, moyens de pression des exploiteurs sur la liberté d’opinion des exploités, moyens de pression des forces capitalistes sur le gouvernement, etc.

     

    Elle a appelé le peuple par le canal d’institution de masses très larges, les soviets (mot russe qui signifie Conseils), à participer effectivement aux affaires de l’Etat.

     

    La dictature du prolétariat est bas sur l’alliance étroite de la classe ouvrière avec les paysans et les masses laborieuses en général.

     

  3. L’épanouissement de la démocratie socialiste.

 

L’épanouissement de la démocratie socialiste a été le produit naturel à une certaine étape, de la dictature du prolétariat. Cet épanouissement s’exprime dans la Constitution soviétique actuelle, votée en 1936.

 

--La Constitution Soviétique s’appuie sur les fondements du socialisme.

--La Constitution Soviétique assure à tous les citoyens le droit au travail, droit qui ne peut s’exercer pleinement que dans une société socialiste éliminant les crises et le chômage.

 

Les citoyens de l’U.R.S.S. ont le droit au travail, c’est-à-dire le droit de recevoir un emploi garanti avec rémunération du travail selon sa quantité et sa qualité. Le droit au travail est assuré par l’organisation socialiste de l’économie nationale de la société soviétique, par la croissance continue des forces productives, par l’élimination de la possibilité des crises économiques et la liquidation du chômage.

 

--Le caractère réel de la démocratie soviétique s’exprime dans le fait qu’aucun droit, aucune liberté ne sont affirmés dans la Constitution sans que soient données les garanties de leurs application. C’est ce qui apparaît notamment dans l’article 125 de la Constitution :

 

conformément aux intérêts des travailleurs et afin d’affermir le régime socialiste, sont garantie aux citoyens de l’U.R.S.S. :

 

  1. La liberté de parole ;

  2. La liberté de la presse ;

  3. La liberté de réunions et de meetings ;

  4. La liberté des cortèges et démonstrations de rues.

 

Ces droits des citoyens sont assurés par la mise à la disposition des travailleurs et de leurs organisations, des imprimeries, des stocks de papiers, des édifices publics, des rues, des moyens de communications postales et électriques et autres conditions matérielles nécessaires à la réalisation de ces droits.

 

--La Constitution Soviétique garanti la liberté religieuse.

La liberté d’exercer des cultes religieux et la liberté de la propagande antireligieuse sont garanties à tous les citoyens.

(Article 124 de la Constitution Soviétique).

 

--La Constitution soviétique institue un véritable suffrage universel. Les femmes comme les hommes, les jeunes (à partir de 18 ans) comme les adultes, les soldats comme les civils ont le droit de prendre part aux élections des députés et d’être élus.

 

De plus, la Constitution Soviétique

 

…part du principe que la différence de couleur ou de langue, de niveau culturel ou de niveau de développement étatique ne peut servir à justifier l’inégalité de droit entre nations.

 

--La Constitution Soviétique institue le contrôle et la révocabilité des élus par les électeurs.

 

Article 142 :

 

Chaque député est tenu de rendre compte aux électeurs de son travail et du travail du soviet de député des travailleurs et peut être rappelé à tout moment par décision de la majorité des électeurs selon la procédure établie par la loi.

 

Enfin, la nouvelle Constitution Soviétique impose en même temps de sérieux devoirs à tous les citoyens de l’U.R.S.S. : exécuter les lois, observer la discipline du travail, remplir honnêtement le devoir social, respecter les règles de la vie en société socialiste, sauvegarder et affermir la propriété sociale, propriété socialiste, défendre la patrie. L’article 133 de la Constitution dit : " la défense de la patrie est une devoir sacré de tout citoyens de l’U.R.S.S.

(Histoire du Parti Bolchevik, chapitre 13).

 En résumé, l’Etat socialiste réalise donc- dans des conditions historiques déterminées scientifiquement – le vieux rêve d’un gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple que des générations de démocrates ont transmis l’une à l’autre. Mais cette démocratie socialiste n’est possible que lorsqu’à été réalisée la socialisation des grands moyens de production et la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

III.- L’HOMME DANS LA SOCIETE SOCIALISTE.

 Nous avons vue que la société socialiste libère l’ouvrier de l’exploitation capitaliste. Elle libère aussi le paysan, le petit commerçant et l’intellectuel qui sont les victimes indirectes de l’exploitation capitaliste.

 Elle assure le bien-être pour tous.

 

  1. La société socialiste crée les conditions pour un progrès indéfini du sort matériel de l’homme, qui est étroitement limité dans les conditions du capitalisme.

  2. La société socialiste assure, pour la première fois, la liberté individuelle réelle (car le travailleur qui, dans la société capitaliste, tremble pour son emploi, pour son pain, n’est pas réellement et totalement libre).

     

    La liberté véritable c’est la suppression de la domination de l’homme sur l’homme.

    (Maurice Thorez ).

     

  3. La société socialiste n’étouffe pas les originalités individuelles. Loin d’instaurer un égalitarisme grossier, elle met fin au contraire à l’inégalité sociale qui entrave le libre développement de la majorité des individus.

 

Elle donne à chacun la possibilité de développer pleinement sa personnalité, d’occuper la place qui correspond à son intelligence et à son travail et non à sa fortune.

 

L’inégalité des classes est la seule inégalité que les communistes veulent supprimer. Les communistes veulent supprimer non pas l’inégalité individuelle, mais l’inégalité sociale.

(Maurice Thorez).

 En résumé, pas d’égalitarisme, pas de nivellement, pas d’uniformisation des goûts et des talents, pas de sujétion d’une catégorie d’hommes. C’est dans la société socialiste et la société socialiste que l’individu sera libéré et que le maximum de développement sera assuré à sa personnalité.

 

IV.- LE PASSAGE DU SOCIALISME AU COMMUNISME.

 

  1. Développement de la production.

 

Dans la période du socialisme, quand la société nouvelle vient de sortir de la société socialiste, le développement des forces productives est encore insuffisant, les survivances morales de l’ancienne société n’ont pas disparu dans l’esprit des hommes. Dès lors, il n’est pas possible de rétribuer chaque travailleur indépendamment du travail fourni par lui. Chacun travaillant selon ses capacités, recevra selon son travail. 

Mais il arrive un moment où " les forces productives s’accroissent au point que toutes les sources de richesses collective jaillissent avec abondance ".

(Karl Marx).

 

Les progrès dans le domaine intellectuel sont du même ordre que dans le domaine matériel.

 

Alors surgit une nouvelle étape, et " la société peut inscrire sur ses drapeaux : de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ".

(Karl Marx)

 

cette dernière formule caractérise une nouvelle phase du développement de la société : la phase du Communisme.

 

  1. Les différences entre les travailleurs manuels et intellectuels entre la ville et la campagne tendant à s’effacer.

 

Parallèlement, sur la base des progrès matériels et culturels, non seulement les antagonisme de classe, mais les classes mêmes disparaissent. 

Déjà, par exemple, en Union Soviétique, où la construction du socialisme est achevée, les différences entre travailleurs manuels et intellectuels, entre la ville et la campagne, tendent à s’effacer.

 

Les intellectuels ne sont plus " ces intellectuels encroûtés qui prétendaient se placer au-dessous des classes ", mais des intellectuels absolument nouveaux liés par toutes leurs racines à la classe ouvrière et à la paysannerie ".

(Staline) .

 

Les ouvriers ne sont plus uniquement des manuels ; ils réfléchissent sur leurs conditions de travail, leurs inventions sont à l’origine de bouleversement important dans l’économie soviétique.

 

Le mouvement stakhanoviste contient le germe du futur essor culturel et technique de la classe ouvrière. Il ouvre devant nous la seule voie qui puisse nous permettre de passer du socialisme au communisme, et supprimer les contradictions entre travail intellectuels et travail manuel.

(Staline)

 

Dans le même temps, le paysan est devenu kolkhozien et, dès lors la paysannerie ne base plus son travail sur l’économie individuelle ni sur une technique arriéré, mais sur une production coopérative et sur une technique moderne.

 Ainsi s’achemine-t-on vers la société communiste sans classes.

 

3)Le dépérissement de l’Etat.

 

La société communiste est enfin caractérisée par le dépérissement de l’Etat (évidemment, quand n’existent plus à l’extérieur de grands pays capitalistes –voir ci dessus).

 

En effet, dans la société sans classes, quand toute domination d’une classe sur l’autre à disparu, l’Etat n’a plus de raison d’être : il " dépérit ". Ces idées ont été résumé par Engels dans un passage célèbre : " Nous marchons à présent à grands pas vers un développement de la production tel que l’existence des classes a non seulement cessé d’être une nécessité, mais devient un obstacle même à toute production. les classes disparaîtrons d’une façon aussi inévitable qu’elle se sont formées. En même temps que les classes disparaîtrons, disparaîtra inévitablement l’Etat. La société qui organise à nouveau la production sur le principe de l’association libre et égale des producteurs relèguera la machine gouvernementale à la place qui lui revient : au musée des antiquités, à coté du rouet et de la hache de bronze ".

 

CONCLUSION

 

Jusqu’ici, l’Union Soviétique est le seul pays qui ait effectuer le passage du capitalisme au socialisme. 

Pour passe au socialisme, les autres pays seront puissamment guidés par les riches enseignements de la Révolution d’Octobre, dont la portée est universelle.

 

Cela ne veut pas dire que chaque pays, et la France en particulier, ira au socialisme, exactement par les mêmes voies que l’Union Soviétique. Notre doctrine, le marxisme-léninisme, n’est pas un dogme, mais un guide pour l’action. A la lumière de cette doctrine, les communistes et les travailleurs russes ont fait leur révolution en tenant compte des particularités de leurs pays, des traditions de leur histoire et de l’ensemble des circonstance du moment.

 

Ce serait trahir le marxisme-léninisme que de vouloir copier servilement en d’autres temps et en d’autres lieux l’expérience soviétique.

 

Chaque pays passera au socialisme par sa propre voie

(Dimitrov)

 

Il serait vain de vouloir déterminer à l’avance le tracé exact du chemin du socialisme pour la France.

 

Les particularités dépendent et dépendront de plusieurs éléments :

 

  1. Les particularités économiques, sociales et politiques de la France, ainsi que les traditions de la classes ouvrières et du peuple français ;

  2. Les changements survenus dans le Monde et en France. C’est ainsi par exemple, que de 1917 à 1947, des changements importants se sont produits, par exemple :

 

  1. L’existence même de l’U.R.S.S. et le triomphe de l’édification du socialisme sur un sixième du globe, ce qui change le rapport des forces entre capitalisme et socialisme sur le plan international ;

  2. La victoire des peuples libres contre le fascisme, ce qui à provoqué à l’échelle internationale de profonde modifications au point de vue économique et social (liquidation de la grande propriété foncière et des trusts dans les pays de l’Europe centrale et orientale) et au point de vue politique (éclosion des nouvelles démocraties populaires, essor démocratique des peuples d’outre-mer, etc) ;

  3. Le rôle accru de la classe ouvrière et des autres forces démocratiques ainsi que les progrès sociaux qui en ont résulté dans de nombreux pays et en France en particulier ;

 

  1. La situation qui existera à chaque étape et que nous ne connaissons pas, parce qu’elle dépend des résultats successifs de la lutte des forces de démocratie contre les forces de la réaction.

 

De toute façon, le passage au socialisme, s’il s’accomplira par des chemins propres à notre pays et conformes aux circonstances dans lesquelles nous nous trouverons, ne se fera en aucun cas sans heurt et sans lutte.

 

Le passage de la démocratie au socialisme n’est pas une chose douce. Il ne suit pas une voie paisible, mais une voie abrupte, marquée par beaucoup d’obstacles. Sans lutte, il n’y aura pas de résultats.

(Dimitrov)

 

C’est d’autant plus vrai pour la France qu’elle " est le pays où plus que partout ailleurs la lutte historique des classes a toujours été menée résolument jusqu’au bout ".

(Engels)

 

Pour le reste, il n’y a pas de recette toute faite ; c’est la vie elle-même , c’est-à-dire la lutte, qui tranchera. 

En résumé, il importe avant tout de retenir que :

 1° Notre idéal est conforme à la science moderne ; il est fondé sur une théorie scientifique de l’évolution humaine.

 

Le Parti Communiste est le seul parti pour qui la politique soit comme la technique pour l’ingénieur, l’application de la science. C’est la raison pour laquelle le Parti Communiste sait distinguer l’idéal de demain des objectifs de l’action d’aujourd’hui.

(Maurice Thorez)

 2° Notre idéal est conforme aux intérêts de la classe ouvrière.

Sa réalisation fera des travailleurs des hommes libres, c’est-à-dire maîtres de leurs destinées.

 3° Notre idéal est conforme à l’intérêt national, puisque la réalisation de la société sans classe achèvera l’unification de la Nation.

 4° Notre idéal est conforme à la grande aspiration de l’humanité au progrès et au bonheur, puisque

 

le but des communistes est de permettre à l’humanité de réaliser dans son action sur les forces économiques le progrès qu’elles a déjà réalisé dans son action sur les forces de la nature.

(Maurice Thorez)

 5° Notre idéal ne pourrait être réalisé sans un parti de type nouveau :

 

Le Parti Communiste Français, unissant autour de la classe ouvrière, l’ensemble des masses populaires.

 

*****

OUVRAGES A LIRE

 Maurice Thorez :

Réponse à l’enquête de R.Millet (reproduite dans " France Nouvelle " N° 53 du 23 novembre 1946, sous le titre " l’idéal communiste, économique, social, politique).

 

Histoire du Parti Communiste (bolchevik) de l’U.R.S.S., chapitre, 9 à 12. (disponible sur le site)

 

Constitution de l’U.R.S.S. – Editions Sociales, Paris

 BIBLIOGRAPHIE

 

MARX et ENGELS : " Manifeste du Parti Communiste " (disponible sur le site)

 

ENGELS : " Socialisme utopique et Socialisme scientifique (disponible sur le site)

 

LENINE : L’Etat et la Révolution. (disponible sur le site)

 

STALINE : Les Principes du Léninisme chapitre 4. (disponible sur le site)

 

QUESTIONS

 

I.- Quels sont les deux traits essentiels d’une société socialiste ?

 

II.- Quelles sont les différentes formes de la propriété en U.R.S.S. ?

 

III .- Comment sont répartis les produits du travail dans une société socialiste ?

 

IV.- Pourquoi la production connaît-elle un développement rapide et illimité dans une société socialiste ?

 

V.- Quelles sont les principales tâches de l’Etat dans la période de construction du socialisme ?

 

VI.- Pourquoi l’Etat reste-il une nécessité en U.R.S.S. après l’achèvement de la construction du socialisme ?

 

VII.- Pourquoi la dictature du prolétariat constitue-t-elle un élargissement considérable de la démocratie ?

 

VIII.- Montrez pourquoi le socialisme libère l’homme dans tous les domaines ?

 

IX. – Expliquez le passage du socialisme au communisme, et donnez les principales caractéristiques de la société communiste.

 

X.- Expliquez pourquoi la France, comme chaque pays, passera au socialisme par sa voie propre.

 

NOTE

 

  1. Parmi les matériaux qui ont servi à l’élaboration de la théorie de Marx et d’Engels, il faut citer l’œuvre des grands philosophes du 18ème siècle. Il faut citer également les luttes révolutionnaires du peuple français pendant la grande révolution de 1789-1793, les journées de février, de juin 1848 et la Commune de Paris de 1871. Il faut citer aussi l’œuvre des socialistes utopistes eux-mêmes.

 

Les parties souligné sont en caractères gras dans l’édition " papier " originale.

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