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AVANT-PROPOS
En tête de la première brochure de l’école élémentaire édité au mois d’octobre 1944, nous donnions un certains nombres d’indications qui conservent toute leur valeur pour nos professeurs et élèves.
Voici les plus importantes de ces indications :
Les écoles élémentaires du Parti ne tendent nullement à l’enseignement dogmatique de quelques formules passe-partout : elles tendent à éclairer les problèmes français du présent à la lumière de notre théorie éprouvée.
………………..
C’est dire que les leçons de l’école élémentaire ne sauraient être considéré comme un exposé général de la théorie du Parti. Cet exposé, nos camarades le trouveront ultérieurement dans les ouvrages de Marx et d’Engels, de Lénine et de Staline, dans l’histoire du Parti Communiste de l’U.R.S.S., comme il trouverons dans les documents du Parti Communiste Français, dans les écrits de ses dirigeants des développements beaucoup plus complets de notre politique.
Le rôle de l’école élémentaire, c’est d’apporter à chaque membre du Parti les notions qui lui sont immédiatement indispensable pour bien accomplir sa tâche et c’est aussi de préparer chaque membre du Parti à une étude politique et théorique plus poussée.
Chacun des cours doit être étudié individuellement par tous les membre du Parti. Chacune des séances des écoles élémentaire qu’il faut dès à présent organiser en masse, d’après les instruction données aux camarades responsables, sera consacré au contenu d’une brochure, le rôle du professeur se bornant à interroger les élèves, à diriger la discussion et à conclure sur chaque question.
Il est évident que les cours élémentaires peuvent et doivent être diffusé parmi les sympathisants du Parti, qui trouveront en les lisant de nouvelles raisons d’aimer le Parti, de le soutenir ou d’y adhérer.
Enfin, nous mentionnons à la fin de chaque brochure une bibliographie très simple ; nos élèves seront ainsi en mesure, une fois l’école fini, d’approfondir l’étude des sujets traités dans les différents cours
Soucieux d’améliorer sans cesse l’éducation des membres du Parti, la direction du Parti présente aujourd’hui une nouvelle édition des cours élémentaires pour les écoles de sections.
Tenant compte de l’expérience des écoles antérieures et des suggestions formulées par les militants qui les ont dirigés et par les élèves qui les ont suivies, la direction du Parti a apporté des modifications importantes à cette nouvelles édition.
Une des difficulté les plus fréquemment signalées est la trop longue durée des écoles de section. Pour y pallier, le nombre de brochures a été réduite à quatre.
De plus, le contenu des brochures des éditions précédentes était généralement trop lourd et trop complexe pour la plupart des écoles de section.
C’est pour cette raison que les nouvelles brochures ont été, en même temps qu’actualisées, allégées et simplifiées.
Afin de rendre leur étude plus facile, ces nouvelles brochures sont illustrées au moyens de graphiques et de gravures (1) qui permettrons aux élèves de mieux retenir par l’image certaines démonstrations réduites dans le texte à leur plus simple expression.
Afin que les écoles de sections soient aussi vivantes et profitables que possible, l’enseignement sera désormais complété par des exercices pratiques pour lesquels les professeurs trouveront toutes indications utiles dans le numéro spécial du bulletin Apprendre, édité à cet effet par la Section Centrale d’Education.
Les quatre leçons de l’école élémentaire portent désormais sur les sujets suivants :
1 – La nation française et les classes sociales.
2 – L’idéal des communistes.
3 – La politique communiste.
4 – Le parti.
Les amélioration apportés au programme des écoles élémentaires, au contenu et à la présentation des cours seront plus efficaces encore si les professeurs relisent, afin de bien s’en pénétrer, les instructions et les conseils maintes fois donnés à ce sujet dans les numéros successifs d’ Apprendre.
En terminant, nous voudrions attirer l’attention des dirigeants de section sur l’une des conditions du succès des écoles élémentaires : la sélection des élèves. Il faut, nus l’avons dit souvent, que le plus grand nombres de membres du Parti passe par les écoles élémentaires. Mais ils ne doivent pas y passer au hasard. Doivent d’abord être sélectionnés les membres des bureaux et comités de section qui n’ont pas suivi d’école, les membres des bureaux de cellules et en général les adhérents les plus actifs. Pendant ce temps, les autres camardes, en participant aux réunions de cellule qui doivent comporter une partie éducative, s’éduque dans la vie et se préparent à suivre ultérieurement les cours dans de bonnes conditions.
La Section Centrale d’Education du Parti Communiste Français.
P.-S. – Voici, à titre d’exemple, comment une école de section devra se dérouler, à raison d’une séance par semaine :
Séance d’Ouverture :
- explication sur le fonctionnement de l’école ;
- remise aux élèves de la brochure N° 1 dans la semaine qui suit ;
- remise aux élèves du travail pratique N° 1 à rédiger dans la semaine qui suit.
2ème Séance :
- questions du professeur sur le travail de la brochures N° 1 (1 heure) ;
- remise au professeur du travail pratique N° 1 en vue de sa correction dans la semaine qui suit ;
- remise aux élèves de la brochures N° 2 et du travail pratique N° 2.
3ème Séance :
- questions du professeur sur la brochure N° 2 (1 heure) ;
- correction orale et critique du travail pratique N° 1 (1/2 Heure) ;
- remise au professeur du travail pratique N° 2 ;
- remise aux élèves de la brochure N° 3 et du travail pratique N° 3
4ème Séance :
- questions du professeur sur la brochure N° 3 (1 heure) :
- correction orale et critique du travail pratique N° 2 (1/2 heure) ;
- remise au professeur du travail pratique N° 3 ;
- remise aux élèves de la brochure N° 4.
5ème Séance :
- questions du professeur sur la brochure N° 4 (1 heure) ;
- correction orale et critique du travail pratique N° 3 (1/2 heure).
Séance de clôture :
Avec participation des dirigeants de la section. Il sera bon d’inviter à cette séance, autant que possible, la famille de chaque élève.
INTRODUCTION
Le Parti Communiste Français est le parti de la classe ouvrière ; il est en même temps le parti du peuple entier.
Le Parti Communiste Français s’est dressé le premier, avant 1940 pour assurer la sécurité de la France et barrer la route au fascisme ; puis pour la libération nationale ; aujourd’hui , il est à l’avant – garde de la lutte pour la renaissance et la sécurité de la nation.
Le Parti Communiste Français lutte pour que l’Etat en France soit une démocratie véritable, pour la rénovation de la démocratie.
Pour comprendre clairement ces problèmes, il est nécessaire d’avoir des idées justes sur les questions suivantes :
- La Nation française,
- Les Classes Sociales,
- La position des principales classes sociales dans la Nation.
- L’Etat
- La Démocratie
Tel est l’objet de ce premier cours.
I.-LA NATION FRANCAISE
La Nation française est une réalité. Les liens qui unissent les Français entre eux sont des liens réels.
Les Français constituent une nation, la nation française. C’est une réalité dont nul ne peut nier l’existence et dont le sort préoccupe au plus haut degré les communistes français.
C’est pour rendre à la nation française son indépendance que les communistes n’ont reculé devant aucun sacrifice quand l’envahisseur foulait le sol de la patrie.
C’est pour garantir à la nation française son indépendance que les communistes ont mené et mènent depuis la libération la bataille de la production et la lutte pour les réparations et la sécurité.
Ce n’est pas par hasard, ni par manœuvre que les communistes ont adopté et adopte une telle attitude.
C’est parce qu’ils sont communistes que les communistes français sont les plus sûrs garants de l’indépendance et de la grandeur française.
Qu’est-ce q’une nation ?
C’est une communauté d’hommes et de femmes constitué selon des conditions déterminées.
Première condition
Pour qu’il y ait nation, il faut que les individus qui la composent forme une communauté stable et historiquement constituée.
Il ne s’agit pas d’une question de race. Certains ont assimilé la race à la nation. Le racisme a été un instrument idéologique du fascisme. Il a servi de justification à maintes agressions contre telle ou telle nation.
Le fascisme a subi une défaite militaire, mais le racisme n’est point mort. Il sert souvent aujourd’hui d’instrument aux colonialistes qui visent à maintenir dans un état de sujétion les peuples des territoires d’outre-mer que l’on présente comme des races inférieures.
La France a vu converger vers son sol, dans le passé, les races les plus diverses qui , toutes , l’ont marquée de leur empreinte : Ligures, Ibères, Celtes, Romains, Germains, Arabes, Normands, etc.
Les français ont été unis, non par la race, mais par une histoire commune.
Il en est d’ailleurs de même des autres nations.
Mais pour être une Nation, cette communauté doit être également stable.
Par exemple, l’empire fondé par Napoléon, dépassant les frontière de la France et s’étendant sur l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, etc., ne formait pas une nation.
C’est seulement un " conglomérat de groupes accidentels et peu lié entre eux" (Staline). C’était un ensemble disparate lié au destin d’un conquérant, s’accroissant avec ses succès et s’évanouissant avec ses défaites.
Deuxième condition
Pour qu’il ait nation, il faut aussi qu’il ait communauté de langue.
Il faut que, d’un bout à l’autre du territoire, les hommes puissent se comprendre. En France, il peut y avoir des patois, des dialectes dans lesquels s’expriment les traditions populaires ; mais il y a une seule langue parlée par tous les Français.
La langue française est le produit de l’influence réciproque des parlers de diverses provinces auxquels se sont ajoutées des influences savantes et des influences étrangères.
Troisième condition
Pour qu’il y ait nation, il faut aussi qu’il y ait communauté de territoire ; la communauté de langue ne suffit pas.
L’histoire des Etats-Unis, est, à ce sujet, très caractéristique.
Les anglais, transplantés au nouveau continent, coupés de leur nation d’origine, vont se fondre avec d’autres hommes qui appartenaient à d’autres nations. Avec eux, sur un territoire nouveau, ils vont fonder une nouvelle nation : la nation nord-américaine.
De même les espagnols et les argentins bien qu’ils parlent la même langue, l’espagnol ne forment pas un même nation.
Pour qu’il ait nation il faut donc qu’il y ait également communauté de territoire.
C’est ainsi que la réunion sur un même territoire de peuples d’origines diverses (Berbères, Arabes, Israélites, Européens) est un des éléments constitutifs de la nation algérienne en formation.
Quatrième condition
Pour qu’il y ait naiton, il faut aussi qu’il y ait cohésion économique entre les différentes parties du territoire intéressé.
La France a réalisé sont unité économique. Les progrès du machinisme, le développement des moyens de transport ont permis une division du travail entre les différentes régions. Cette division du travail, qui crée la solidarité entre les diverses parties du territoire est un facteur essentiel d’unité.
En supprimant les douanes intérieures, la Révolution de 1789 resserra, du point de vue économique, les liens entre les provinces. Quand, en France, chaque région travaillait pour elle seule, produisant et fabriquant ce qu’il lui était nécessaire : son blé et son vin, sa toile, son drap et son cuir, quand il fallait payer des droits pour transporter les marchandises de Bourgogne en Champagne, du Berry en Normandie ou en Bretagne, quand les poids et mesures variaient d’un endroit à l’autre, l’unité nationale ne pouvait pas être considérée comme achevée. C’est la raison pour laquelle, si l’unité française a de lointaines origines, elle est cependant un fait moderne.
Cinquième condition
Il faut enfin, pour qu’il ait nation, une mentalité commune, un esprit commun qui s’expriment dans la culture nationale.
Par exemple, l’esprit français, dont les caractères de clarté, de logique, de combativité s’expliquent par notre développement historique, est différent de l’esprit britannique ou de l’esprit américain. Il s’exprime notamment dans un littérature originale, dans des formes d’art différentes de celles des autres nations.
Tels sont les traits caractéristiques de la réalité nationale. Il est bien évident que chacun ne saurait être considéré isolément. Il faut qu’ils soient réunis pour qu’on puisse parler de nation.
Naturellement, comme tout phénomène historique, la nation évolue. Certaines nations ont disparu. D’autres, au contraire se forment.
Staline, le plus grand théoricien de la question nationale, qui a su dans la pratique, résoudre le problème national dans le cadre gigantesque d’un Etat rassemblant cent peuples divers, donnait en 1913 cette définition :
" La nation est une communauté stable, historiquement constitué, de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique qui se traduit dans la communauté de culture. " (Staline, " Le Marxisme et la question nationale et coloniale ").
Il apparaît qu’aujourd’hui, les trusts sans patrie sont devenus les pires ennemis de la nation. Ils l’ont trahie. Ils font obstacle à sa renaissance. Pourquoi ? C’est ce que l’on comprendra en étudiant les classes sociales.
II.- Les CLASSES SOCIALES.
I. Qu’est-ce qu’une classe sociale ?
" Par classe sociale, on entend, un ensemble de gens qui, dans la production, jouent un rôle similaire, sont à l’égard d’autres hommes dans des rapports identiques. " (Lénine).
Exemple : Tous les ouvriers dans les usines (que ce soit des usines de métallurgie, de produit chimiques, etc.) jouent dans la production un rôle similaire : ils produisent des richesses et ils sont à l’égard d’autres hommes (les patrons propriétaires des usines), dans des rapports similaires : ceux d’ouvriers à patrons.
Ils constituent donc une classe sociale.
2. Les classes sociales en France.
En France, depuis l’abolition de la féodalité (révolution de 1789), les deux classes fondamentales, antagonistes, ont été la classe capitaliste et la classe ouvrière.
- La classe capitaliste est essentiellement composée par les propriétaires de moyens de productions (usines, mines, machines, etc), qui exploitent le travail salarié.
Il y a un demi-siècle, le développement de la concentration capitaliste a commencé à donner naissance, dans certaines branches de l’industrie, à des monopoles (groupements capitalistes géants résultant de l’entente entre plusieurs capitalistes et l’absorption de concurrents plus faibles).
Ces monopoles –cartels et trusts- dominent la branche de production dans laquelle ils sont nés.
Au lendemain de la guerre de 1914 – 1918, ils se développent et règnent sur les branches essentielles de la production française.
Dès lors, les maîtres des monopoles et ceux de quelques banques géantes, étroitement liés entre eux, constituent une caste qui domine toute l’économie française. C’est ce qu’on appelle en France les deux cents familles, les hommes des trusts.
Par exemple : l’influence du groupe Schneider s’étend sur plus de 200 société depuis l’Union européenne Industrielle et Financière et la Banque franco – polonaise, jusqu’à l’Alimentation en passant par la Métallurgie, le Charbonnage, les Constructions navales la Mécanique, et l’Optique, l’Electricité, les Ports et Affaires coloniales, sans compter les très importants intérêts étrangers.
Ainsi, la classe capitaliste à notre époque, comprend d’une part, les maîtres des trusts, d’autres part, les autres capitalistes.
- la classe ouvrière est composée par les hommes et les femmes dépourvus de tous moyens de production et obligés en conséquence de vendre leur force de travail aux capitalistes.
c ) Les autres classes :
l’existence de ces deux classes fondamentales ne doit pas faire perdre de vue les autres groupes sociaux, réunissant des millions de Français, notamment:
- Les diverses classes qui constitue la paysannerie ;
- Les artisans, petits et moyens commerçants ;
- Les fonctionnaires,
- Les intellectuels.
3. Le phénomène de l’exploitation capitaliste
- Les ouvriers, dépourvus de moyens de production, sont contraints de vendre leur force de travail aux capitalistes.
- Les capitalistes se servent de cette force de travail pour mettre en action les moyens de production qu’ils possèdent. Ainsi est créée une certaine quantité de marchandises qui sont le fruit du travail humain.
- Les capitalistes paient alors aux ouvriers un salaire qui ne correspond pas à la valeur des produits qu’ils ont crées par leur travail, mais qui correspond simplement à la valeur des produits nécessaires aux ouvriers pour vivre et entretenir leur famille.
- La différence qui existe entre la valeur des marchandises produite et le salaire payé reste la propriété des capitalistes. C’est la plus-value, source du profit capitaliste.
Telle est la base de l’exploitation de l’homme par l’homme en régime capitaliste.
- Les hommes des trusts ne se bornent pas à exploiter directement les ouvriers de leurs entreprises. Maîtres de la plupart des richesses de la nation, ils tiennent sous leur coupe les autres classes de la population (exemple : le trusts des engrais et les paysans) ; ils règnent même sur la plupart des capitalistes " indépendants " (exemple : par la fourniture ou le refus des matières premières).
Cette caste dispose d’une puissance considérable qui lui permet d’exercer sur l’Etat une pression très forte.
III. – LA POSITION DES PRINCIPALES CLASSES SOCIALES DANS LA NATION
Tout évolue dans le monde. Les classes sociales comme le reste. Nous venons de voir que la fonction d’une classe sociale est déterminé par la place qu’elle occupe dans la production. Les capitalistes détiennent les moyens de production qui sont leur propriété personnelle.
Or , le mode de production est devenue social (par exemple, il faut que de nombreux ouvriers travaillent en commun pour fabriquer une automobile). Il y a donc contradiction entre le mode de propriété resté individuel et le mode de production devenu social.
Parce qu’elle est sociale, collective, la production pourrait connaître un essor illimité. Mais parce que les principales richesses sont la propriété privée de quelques-uns, la majorité de la population est pauvre, ce qui fait obstacle à l’essor de la production.
La classe ouvrière pour satisfaire aux intérêts de tous, mettra fin à cette contradiction en mettant les moyens de production à la disposition de tous. C’est ce qu’on appelle le socialisme. Cela donnera un élan nouveau aux forces productives. Pour cette raison la classe ouvrière est une classe de progrès.
Il y a ainsi, à chaque moment de l’histoire, des classes montantes et des classes décadentes.
Or, l’étude scientifique de l’évolution des sociétés humaines a permis de dégager la loi suivante :
Quand une classe a achevé son rôle historique, elle devient un obstacle au développement de la société, elle se détache de la nation, tandis que les intérêts de la classe montante coïncident avec l’intérêts national.
EXEMPLES
- En 1789, la classe féodale a achevé son rôle et devient un obstacle au développement de la société, en maintenant la restriction à la liberté de déplacement, les entraves corporatives, les douanes provinciales, etc.
Pour défendre son régime contre les forces économiques nouvelles, la classe féodale se détache de la nation et cherche appui auprès de la réaction étrangère (Prusse, Autriche, etc.).
Par contre, à cette époque, la lutte de la bourgeoisie (alors classe montante) pour la destruction du régime féodal coïncide avec l’intérêts national (libération des masses paysannes de l’oppression féodale ; destruction des entraves qui gênent l’essor économique, ; extirpation des racines de la trahison ; unification de la nation).
- Aujourd’hui la classe capitaliste a achevé son rôle historique et devient un obstacle au développement de la société (crises économiques, parasitisme sabotage, etc.)
Pour défendre leurs privilèges contre les forces économiques et sociales nouvelles et en particulier contre la classe ouvrière, les hommes des trusts se détachent de la nation et cherche appui auprès de la réaction étrangère; avant la guerre, politique munichoise (encouragement à Hitler dès son accession au pouvoir en 1939 ; puis pendant la guerre, politique de trahison, continuée par la collaboration avec l’ennemi ; aujourd’hui politique de sabotage des intérêts français au profit des trusts anglais ou américains (renoncement au charbon de la Ruhr par exemple).
Par contre, la lutte de la classe ouvrière contre les trusts coïncide avec l’intérêts national (libération des paysans et des classes moyennes de l’oppression des trusts ; destruction des entraves qui gênent la renaissance économique ; destruction des racines de la trahison, perspective d’une France libre, démocratique et indépendante).
Les trusts, expression d’un régime social dépassé par l’histoire, trahissent systématiquement la Nation, tandis que la classe ouvrière est devenue la force nationale décisive.
IV.-LE PROBLEME DE L’ETAT
L’Etat ne peut pas être étudié en dehors des classes sociales.
- Les organes de l’Etat
Dans chaque pays, le pouvoir s’exerce au moyen d’un certain nombre d’organisme spéciaux dont l’ensemble constitue l’Etat.
Par exemple, en France, en 1947, l’Etat comprend l’Assemblée Nationale, le Gouvernement, le Président de la République, le Conseil de la République, à quoi il faut ajouter l’appareil de la justice : prisons, tribunaux ; les forces de polices, l’armée, les administrations diverses.
2.L’Etat n’a pas toujours existé
Il y a plusieurs milliers d’années, les hommes vivaient par petits groupes, en tribus primitives.
Les outils de pierre ne permettaient pas aux hommes de lutter isolément contre les forces de la nature. Les hommes, à cet époque très arriérée, étaient obligés de travailler tous, et en commun pour se procurer le minimum indispensable à la vie. La notion de la propriété privée n’existait pas encore.
Dans ces sociétés primitive, il n’y avait pas d’Etat, pas de pouvoir public spécial parce qu’il n’y avait ni exploitation de l’homme par l’homme, ni classes.
3.L’Etat naît avec la division de la société en classe
C’est le développement et le perfectionnement des outils, l’apparition de l’agriculture et de l’élevage qui, en augmentant les richesses, déterminèrent la division de la société primitive en classes.
L’accroissement des richesses permet en effet à certains hommes de vivre en parasites, du travail des autres. Dès lors, les prisonniers de guerre furent transformés en esclaves privés de toute propriété.
Ce fut la première division de la classe, en exploiteurs qui possèdent des instruments de production et en exploités (au début des esclaves).
Mais les exploités n’ont jamais accepté de plein gré leur exploitation. Il fallut la leur imposer par la force, les maintenir dans l’obéissance.
" C’est pourquoi, quand la société se divise en classes, apparaît un groupe spécial d’hommes occupés uniquement à gouverner et ayant besoin pour cela d’un appareil fait pour la contrainte : prisons, détachement spéciaux d’hommes armés, etc… " (Lénine).
C’est l ‘Etat.
4.L’Etat et les classes sociales
L’Etat est donc apparu comme l’instrument de domination de la classe des exploiteurs sur la classe des exploités.
Quand, avec la transformation du système de production, une nouvelle classe devient économiquement dominante, elle tend à exercer sa domination politique en remplaçant l’ancien Etat par un nouvel Etat. De nouveaux rapports de production exigent un Etat nouveau.
Après l’Etat esclavagiste, instrument des propriétaires d’esclaves, apparaît l’Etat féodal, force d’oppression des grands propriétaires terriens ou seigneurs féodaux qui exploitent les serfs.
Avec la révolution de 1789, a été créer en France l’Etat bourgeois, instrument de domination des capitalistes sur la masse des travailleurs salariés.
Donc l’Etat est inexplicable en dehors d’une étude des classes sociales
Quand on étudie un Etat, il ne faut pas considérer seulement sa forme (République ou monarchie, dictature ou démocratie), mais aussi et surtout son contenu social, son rôle à l’égard des diverses classes.
C’est de ce point de vue qu’il faut examiner en France le problème de la démocratie (forme actuelle de l’Etat dans notre pays).
V.-LA DEMOCRATIE
- Principes de la démocratie
Le mot démocratie signifie gouvernement par le peuple.
La " Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen " de 1789 a défini les principes essentiels de la démocratie :
a ) Souveraineté nationale.
Avant 1789, l’Etat en France était caractérisé par la souveraineté d’un homme, le pouvoir absolu du Roi. La déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen pose le principe de la souveraineté nationale.
C’est ce principe qui trouve son application dans la souveraineté des élus du peuple, rien de ce qui intéresse la vie de la Nation ne devant être décider sans son consentement.
Ce principe entraîne aussi la responsabilité du gouvernement devant les élus du peuple.
b ) Liberté
Avant 1789, il n’y avait ni liberté individuelle, ni liberté de pensée et d’expression, ni liberté de réunion ou d’association. la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen affirme que les hommes " naissent et demeurent libre ".
c ) Egalité des droits.
Avant 1789, les droits des Français étaient gradué suivant leur classe. Les pauvres n’avaient aucun droit. La déclaration des Droits de l’ Homme et du Citoyen pose en principe l’égalité des citoyens. Elle proclame que les hommes naissent et demeurent " égaux en droit ".
Tels sont donc les principes essentiels de la démocratie.
Notons qu’il ne s’agit là que de principes et qu’il peut y avoir loin entre les principes et leur application, entre ce qu’on appelle une démocratie formelle qui en reste au principes et une démocratie réelle qui crée les conditions matérielles d’application des principes.
2. La domination capitaliste, obstacle à une vraie démocratie
L’Etat en France était avant guerre, en principe, un Etat démocratique. Et cependant, cet Etat n’a pas épargné à notre peuple la défaite de 1940, les souffrances, les ruines et les humiliations de l’occupation hitlérienne. Pourquoi ?
Parce que la domination capitaliste s’oppose à l’application réelle des principes démocratiques.
1° On ne peut pas dire, par exemple, que le peuple dispose réellement de la liberté d’opinion quand une minorité d’exploiteurs peut posséder grâce à ses richesses la plupart des journaux, des postes de radiodiffusion, des maisons d’édition, des entreprises de cinéma, le théâtre, l’Art, les salles de réunions, etc.
2° On ne peut parler de souveraineté nationale garantie quand la même minorité peut, grâce à ses richesses, corrompre des députés et des ministres, provoquer le sabotage économique ou la panique financière en vue de renverser un gouvernement qui ne serviraient pas suffisamment ses intérêts.
3. Les trusts contre la démocratie
a ) La mainmise des puissances d’argent sur la démocratie devait devenir plus totale quand le capitalisme est passé au stade des monopoles, à l’époque des trusts.
Plus encore que celle des capitalistes d’avant les trusts, la domination des trusts, infime minorité, ne peut s’accommoder de la démocratie, même limitée.
b ) Les trusts se sont employés à fausser encore plus la démocratie, puis à la réduire pour, la remplacer par son contraire : le fascisme, dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires du grand capital, vendus à l’Allemagne hitlérienne (de Wendel, Péchinay et leurs hommes Pucheu, Laval, Pétain, Déat, etc.).
4. La classe ouvrière et la défense de la démocratie
Classe montante, la bourgeoisie française avait établi au 18ème siècle les principes d’un gouvernement démocratique.
Classe décadente, les hommes des trusts visent à détruire les libertés démocratiques parce qu’elles sont une arme entre les mains des forces de progrès et plus particulièrement de la classe ouvrière.
Si la démocratie est conforme à l’intérêt national est conforme aussi à l’intérêt particulier de la classe ouvrière et des masses populaires. Si les trusts ne peuvent s’accommoder de la démocratie, s’ils ont besoin du fascisme, du pouvoir personnel, pour maintenir leur domination, il est évident que la classe ouvrière, que le peuple ont un intérêt majeur au maintien et au développement de la démocratie.
La démocratie, même dans le cadre du régime capitaliste, a représenté dans l’histoire un progrès immense par rapport au système du pouvoir personnel auquel elle a succédé.
Dans tous les pays le suffrage universel a été une conquête des forces progressistes en lutte contre les forces réactionnaires. En France, il a été imposé en février 1848 par le peuple républicain de Paris, qui venait de renverser la monarchie de juillet.
Le suffrage universel a éveillé à l’action politique des masses profondes antérieurement exclues de toute vie publique ; il a facilité leur rassemblement, le développement de leur expérience et de leur conscience collective. Les libertés démocratiques ont permis à la classe ouvrière.
" La République bourgeoise – dit Lénine- le Parlement, le suffrage universel, tout, tout cela représente un énorme progrès du point de vue du développement de la société dans le monde entier "
CONCLUSION
La lutte pour la rénovation de la démocratie
Les explications précédentes permettent de comprendre pourquoi le Parti Communiste a constamment été à l’avant-garde de la lutte pour la défense de la démocratie, surtout depuis qu’en 1934, la menace du fascisme s’est profilé sur la France.
A cette époque, le Parti Communiste a été l’initiateur et le champion de l’unité d’action de la classe ouvrière et de son union avec les classes moyennes dans le Front Populaire, et le fascisme n’a pas pu passer.
Pendant la guerre, alors que la démocratie était provisoirement abattue par les munichois puis par les baïonnettes allemandes et par la trahison du grand capital, le Parti Communiste a pris la tête du combat pour la délivrance, et le peuple de France a été libéré de l’oppression étrangère ainsi que la dictature vichyste.
Depuis la libération, le Parti Communiste dénonce les entreprises du pouvoir personnel contre la démocratie et le sabotage organisé par les hommes des trusts pour favoriser ces entreprises. Pour y faire échec et accélérer la renaissance du pas, il travaille à l’unité des ouvriers et au rassemblement de tous les républicains.
Mais la " démocratie est une création continue " (M.Thorez).
Le problème n’est pas seulement de la défendre : il est de la rénover, pour qu’elle soit plus réelle, plus solide et plus efficace.
C’est pourquoi le Parti Communiste français lutte pour une démocratie nouvelle, débarrassée des trusts, où la classe ouvrière et le peuple joueront un rôle accru, pour une démocratie populaire.
Tandis que les forces de réaction, au service des trusts, luttent pour écarter la classe ouvrière et le peuple de la direction des affaires publiques, pour réduire les libertés démocratiques, pour instaurer le pouvoir personnel.
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En résumé, la lutte du Parti Communiste pour la défense et la rénovation de la démocratie contre les trusts et les forces de réaction est conforme :
1° aux intérêts de la nation dans laquelle les trusts sont un corps étranger.
2° aux intérêts immédiats de la classe ouvrière et du peuple.
3° à l’idéal d’avenir des communistes, car " …pour rendre le socialisme plus proche il n’y avoir aujourd’hui d’autre moyen q’une liberté politique, q’une République démocratique ". (Lénine, " Deux tactiques ").
BROCHURES A LIRE APRES L’ECOLE
M.Thorez : Une politique française, 10ème congrès du P.C.F. juin 45, page 36 à 42 et 48 à 51.
R.Garaudy : Les salaires et les prix.
BIBLIOGRAPHIE
Marx : Salaire, prix et profits.
Lénine : L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (Chap.1er ).
L’Etat et la Révolution.
Staline : Le marxisme et la question nationale.
QUESTIONS
I.- Qu’y a-t-il de commun entre tous les membres d’une même nation ?
II.- Pourquoi les ouvriers constituent-ils une classe sociale ?
III.- Qu’est-ce qu’un trust ?
IV.- Comment se réalise la plus-value ?
V.- En quoi consiste la contradiction fondamentale du mode de production capitaliste ?
VI.- Pourquoi la classe ouvrière est-elle une classe ascendante ?
VII.- En quoi les intérêts coïncident-ils avec l’intérêt national ?
VIII.- Quel rôle joue l’Etat dans la société ?
IX.- Quelle est l’attitude des trusts à l’égard de la démocratie ?
X.- Quelle est la position du Parti Communiste Français à l’égard de la démocratie.
NOTES :
(1) Les gravures de cette brochures ne pas disponible sur le site..