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INTRODUCTION

 

Le présent cous se propose d’explique les principaux aspects de la politique nationale et démocratique du Parti Communiste.

 

La politique du Parti Communiste ignore les calculs ou les manœuvres subalternes qui visent à satisfaire un égoïsme intérêt de parti. Elle est déterminé exclusivement par les intérêts identiques de la classe ouvrière et de la Nation française.

 

Elle n’est pas une politique improvisé. Elle est basée sur la connaissance scientifique des lois qui régissent l’évolution sociale. Elle tient compte des conditions toujours changeantes du développement historique.

 

Par suite, les formes de la politique communiste changent ; mais les principes qui l’inspirent sont toujours valables.

 

Le cours n°3 explique la politique communiste telle qu’elle a été démocratiquement fixée par la session du Comité Central de janvier 1945, par le 10ème Congrès du Parti ( juin 1945) et par les différentes sessions du Comité Central qui ont suivi ( notamment par le Comité Central de Puteaux du 27 novembre 1946).

 

Il fait connaître enfin les principes généraux de la stratégie et de la tactique dont s’inspire en permanence l’action du Parti Communiste

 

  1. – LA SITUATION DE LA FRANCE A LA LIBERATION.

 

L’écrasement militaire du fascisme dans le monde a été une grande victoire des forces de démocratie et de progrès sur la réaction internationale.

 

La libération de la France de l’occupation hitlérienne a été une grande victoire du peuple français sur les hommes des trusts, traîtres à la France.

 

I°) L’état de l’économie.

 

  1. Les difficultés de l’économie française s’expliquent, en premier lieu, par la politique des trusts avant la guerre de 1939 – 1945. Parce qu’ils sacrifiaient l’intérêt national à leurs intérêts de classe, parce que, d’autre part, ils misaient sur le triomphe du fascisme hitlérien, pour protéger leurs privilèges contre le peuple, les trusts, qui possédaient dans une large mesure le monopole de la production française, ont saboté sciemment l’économie française et limité systématiquement la production. le mot d’ordre des trusts était : produire peu pour vendre cher.

     

  2. Pour maintenir les prix élevés, les trusts qui détiennent le monopole de la production dans une branche déterminées de l’industrie, ont fait obstacle à tout progrès. (exemple : le retard dans l’électrification du pays, alors que la seule électrification des voies ferrées nous permettrait d’économiser annuellement dix millions de tonnes de charbon, c’est-à-dire la moitié de ce nous devons acheter à l’étranger. )

     

  3. En outre, après voir, avant la guerre saboté l’économie française, et en particulier l’industrie de guerre, les trusts ont mis, pendant la guerre, l’essentiel des richesses du pays au service de Hitler.

     

  4. Enfin l’état de l’économie française a été aggravé du fait de la guerre et de l’occupation (destructions, pillages, usures des machines, terre mal cultivées fautes de moyens, paiement de lourdes indemnités aux troupes d’occupation, etc…) .

 

2°) L’essor démocratique.

 

Au lendemain de la Libération, il y a en France un désir profond de changement vers plus de démocratie.

 

La dure expérience historique que vient de vivre le peuple français a mis en lumière les faits suivants :

 

  1. L’insuffisance de la démocratie avant la guerre (en particulier la pratique des décrets-lois) a été un des éléments de la défaite en 1940 ;

     

  2. Après la défaite, la destruction complète de la démocratie et l’instauration de la dictature fasciste ont été le moyen pour les trusts de mener à bien leur haute trahison et de livrer à l’ennemi les richesses de la France et l’indépendance nationale ;

     

  3. La libération a été essentiellement l’œuvre du peuple (action des F.T.P.F. et des F.F.I.). La classe ouvrière a pris une part déterminante dans la résistance contre l’occupant, dans la préparation et le déroulement de l’Insurrection nationale.

 

Ainsi la classe ouvrière et le peuple ont conquis une place plus grande dans la nation et sont devenus les artisans essentiels de sa renaissance.

 

Il en est résulté au moment de la Libération un essor démocratique qui s’est manifesté entre autre par l’activité des comités de Libération, par un certain nombre de nationalisations, par la constitution des comité de gestion dans les usines mise sous séquestre, par le rôle des comités d’entreprises, etc.

 

3°) Le prestige du Parti Communiste Français.

 

Au lendemain de la Libération le Parti Communiste est apparu comme jouissant d’un prestige considérable, d’une autorité accrue sur les larges masses du peuple.

 

cette autorité, cette influence, il les doit avant tout à sa clairvoyance et à la justesse de sa politique ;

 

C’est lui qui, avant la guerre et pendant le guerre, a montré le caractère antinational et la haute trahison des trusts ; c’est lui qui a alerté le peuple sur le péril que le fascisme, l’accession de Hitler au pouvoir, la prétendue non-intervention en Espagne, etc., représentaient pour la France, pour la démocratie et pour la paix ; c’est lui qui à dénoncé la trahison de Munich.

 

Dès septembre 1939, et pendant la " drôle de guerre ", le Parti Communiste, malgré la répression, a dénoncé les hommes du capital financier et de la réaction qui ne faisaient pas la guerre à Hitler, mais à la classe ouvrière française et qui préparaient à engager des opérations contre l’Union Soviétique. Au 6 juin 1940, il a proposer solennellement mais en vain, d’organiser la défense de Paris. Après la capitulation il a préconisé la formation autour de la classe ouvrière " d’un front de la liberté, de l’indépendance et de la renaissance de la France ". Passant aux actes il à organiser le premier la lutte contre l’envahisseur et ses complices (1)

 

C’est lui qui avait vu juste, c’est lui qui avait eu raison, c’est lui qui avait eu au plus haut degré, le sens national.

 

Au surplus, c’est le Parti Communiste et ses militants qui ont fait les sacrifices les plus grands dans la lutte pour la libération nationale, ce qui a valu au Parti Communiste le glorieux titre de Parti des fusillés.

 

En bref, au lendemain de la Libération, la situation en France était caractérisée :

 

  • par la volonté des masses populaires de travailler à la renaissance de la France,

 

  • par le développement de la poussée démocratique,

 

  • par le prestige et le rôle accrus du Parti Communiste Français dans le pays.

 

4°) La réaction contre la renaissance et l’indépendance nationales.

 

Dans le développement des forces de démocratie, avec à leur tête un Parti Communiste puissant, jouissant d’une grande influence non seulement parmi la classe ouvrière mais encore dans les classes moyennes et notamment chez les paysans, les hommes des trusts voient une menace pour leurs privilèges.

 

Ils organisent la lutte contre la démocratie et accumulent les obstacles sur sa route.

 

Privés d’appui dans le peuple, ne pouvant plus compter sur les fascisme hitlérien, militairement écrasé, il vont chercher de nouveaux appuis auprès des trusts étrangers quine voient pas sans inquiétude se constituer une France démocratique et indépendante cherchant à se libérer des oligarchies financières qui l’ont conduite à la catastrophe.

 

Continuant à obéir à leurs égoïstes intérêts de classe qu’ils placent avant l’intérêts national, les trusts vont organiser la lutte contre la renaissance et l’indépendance nationales

 

La réaction au service des trusts relève la tête. Quelles sont les principales formes de son action anti-démocratique et anti-nationale ?

 

I ) Elle tente d’abord de faire obstacle au développent de la production .

 

" Partout incurie, malveillance, sabotage. Le péril est extrême. Il semble que l’on se trouve en présence d’un plan concerté. Un bon plan de ruine, mis à exécution par les mêmes gens et les mêmes groupements qui avaient conduit le pays à la défaite et à l’invasion " (Maurice Thorez : " Une Politique de grandeur française, " page 329.)

 

2 ) La réaction s’efforce par tous les moyens à désorganiser la vie économique.

 

Elle pousse à la hausse des prix. Elle cherche à opposer les paysans aux travailleurs des villes. En pratiquant le stockage, les grands capitalistes aggravent la pénurie, les difficultés du ravitaillement et la cherté de la vie. La réaction pousse à l’inflation qui, aboutissant à une crise financière , détermineraient l’effondrement du franc et favoriserait l’appel aux puissances financières de l’étranger.

 

3 ) La réaction cherche à diminuer l’autorité des institutions nouvelles.

 

Elle a, par ses manœuvres, essayé d’empêcher le vote de la Constitution et réussi à prolonger le régime provisoire jusqu’à la fin de l’année 1946 dans le but de créer l’instabilité politique et de faciliter les entreprises du pouvoir personne.

 

Elle est parvenue à empêcher une épuration rapide et sérieuse et, en conséquence, elle a réussi à maintenir en place l’essentiel du vieil appareil d’Etat capitaliste, malgré la compromission éclatante dans la politique de collaboration avec l’ennemi d’un certain nombre d’hommes placés à la tête des administrations.

 

Elle a, avec le concours de Capitan, ministre gaulliste de l’Education national, réussi à retarder le retour aux lois laïques.

 

Elle a, avec Diethelm d’abord, et le M.R.P. Michelet ensuite, ministres gaullistes de la Guerre, favorisé la formation d’une armée de métier et fait obstacle à la formation d’une armée nationale et démocratique.

 

4 ) La réaction a lutté contre les nationalisations après avoir tenté vainement de les éviter.

 

Elle essaie aujourd’hui de les discréditer. Elle s’est efforcée d’empêcher l’application du plan de sécurité sociale établi par le ministre communiste Ambroise Croizat. Elle lutte contre l’attribution aux ouvriers et aux fonctionnaires de salaires et de traitement leurs assurant une vie normale.

 

5 ) La réaction cherche à empêcher l’union des forces ouvrières et démocratiques.

 

Par exemple, pour empêcher l’établissement de rapports fraternels entre travailleurs communistes et travailleurs socialistes, elle a tenté, de créer un parti travailliste associant le M.R.P. et le Parti Socialiste ;

 

Elle a recours aux provocations au sein de la classe ouvrières en poussant à des mouvements de grève inconsidérés et en utilisant les groupuscules hitléro –trotskistes.

 

Elle s’efforce encore de nuire à l’union des forces ouvrières et démocratiques dans le pays, par exemple en utilisant dans des groupements comme le " Rassemblement des Gauches " de hommes à sa dévotion comme Daladier et les éléments gaullistes de l’U.D.S.R.

 

6 ) La réaction s’emploie à organiser des fractions à caractères nettement fasciste dans la plupart des partis.

 

Entres autres dans le P.R.L. et dans le M.R.P., où elle essaie de faire prévaloir les méthodes chères aux fascistes, en particulier la mystique du chef, la démagogie sociale, etc.

 

7 ) La réaction pousse enfin à une politique d’aventure dans les territoires d’outre-mer.

 

En particulier au Viêt-Nam, cette politique visant non seulement à sauvegarder les privilèges de quelques colonialistes, mais aussi à donner prétexte aux interventions étrangères et à la dislocation de l’Union Française.

 

II.- LE PARTI COMMUNISTE A LA TÊTE DE L’EFFORT DE RENAISSANCE FRANCAISE

 

Le Parti Communiste s’emploie à faire échec à la politique des trusts et de la réaction qui met en péril l’effort de renaissance française et l’indépendance de notre pays.

 

Les travailleurs, les républicains font confiance au Parti Communiste Français parce qu’il entend faire échoue les plans antidémocratiques et antinationaux de la réaction et assurer par des voies démocratique le salut du pays.

 

1° ) La lutte pour la production.

 

  1. Avant même que le territoire français soit entièrement libéré les communistes engageaient la bataille de la production :

     

    En janvier 1945, à Ivry devant le Comité Central, Maurice Thorez, lançait d’ardents appels à la production :

     

    " Et maintenant, où est le péril pour notre pays ? Il est sur le terrain de la production où les mêmes éléments qui provoquèrent la défaite, l’invasion de notre pays, poursuivent sciemment un plan de désagrégation, de désorganisation de notre pays. "

     

    Ces appels ont été développés au 10ème Congrès National du Parti, puis à Waziers le 21 juillet 1945, à Valenciennes, à Montceau-les-Mines, et repris par le Parti tout entier à travers le pays, en même temps que les ouvriers communistes prêchaient partout l’exemple.

     

    Sous l’impulsion du Parti Communiste Français, grâce à l’effort persévérant des travailleurs, des progrès considérables ont été réalisés.

     

  2. Cette lutte n’est point terminée. Poursuivre l’effort de production, telle une des idées maîtresses du programme d’action gouvernementale établi par le Comité Central du Parti Communiste Français le 27 novembre 1946, à Puteaux.

 

L’effort de production est en effet plus nécessaire que jamais :

 

1 ) Une production accrue est la condition même du relèvement du pays, l’accroissement de la richesse nationale permettant d’assurer l’indépendance de la France à l’égard de l’étranger.

 

2 ) Développer la production c’est sauvegarder le franc. Si la production est intensifiée, il est beaucoup plus facile par une action vigoureuse de faire baisser les prix et ainsi d’empêcher l’inflation .

 

3 ) Le développement de la production est la condition nécessaire pour obtenir un ravitaillement abondant et à des prix normaux, pour la réalisation d’une politique de progrès social et la satisfaction des légitimes revendications des travailleurs.

 

Par surcroît, le développement de la production met fin au marasme et au désordre  économique qui favorise les menées du fascisme et du pouvoir personnel.

 

c ) Pour être victorieuse la bataille de la production doit réaliser les conditions suivantes : 

 

Il faut mettre hors d’état de nuire tous ceux qui font obstacle à la renaissance économique, par une politique d’épuration conséquente, consolider et parfaire les nationalisations. Le problème de la production n’est pas seulement un problème technique, c’est aussi et surtout un problème politique.

 

 

 

Il faut que l’effort productif soit lié aux revendications. On ne peut pas considérer à part le progrès social, il marche avec la production.

 

Le développement de la production rend possible une amélioration des moyens d’existence des masses laborieuses et une telle amélioration garantit un nouveau développement de la production ;

 

Il est faux, à cet égard, de dire que toute augmentation des salaires doit se traduire par une augmentation des prix. On peut augmenter les salaires sans qu’il ait montée des prix, à condition que l’augmentation des salaires soit compensée par une diminution du taux du profit. Il n’y a pas de cycle infernal.

 

Il faut améliorer la technique qui est aujourd’hui un facteur décisif du développement de la production. Il importe d’accroître et d’aménager les ressources énergétiques, de développer les industries de base et la fabrication de machines-outils, de perfectionner nos industries de transformation.

 

 

d ) L’effort de production est fécond parce qu’il est impulsé par tous les communistes et non pas seulement par la direction du Parti. Il y a, d’une part, les initiatives des ministres communistes et, d’autres part, l’activité des communistes dans les usines, les syndicats et les comités d’entreprise.

 

Les ministres du Parti ne sont que les représentants d’autant plus écoutés dans le Conseil du Gouvernement que le Parti est actif et étroitement lié aux masses. "

(Maurice Thorez, Comité Central des 15 et 16 juin 1946.)

 

e ) De plus, l’effort de production est impossible en dehors de la confiance et de l’effort des masses populaires. Il implique un gouvernement qui s’appuie sur le peuple, donc un gouvernement constitué avec la participation des communistes qui représentent, la partie la plus nombreuse et la plus active de la classe ouvrière, classe essentiellement productrice.

 

 

C’est pourquoi l’exclusion des communistes du gouvernement est contraire à l’intérêt national. Toutes les tentatives faites par la réaction pour empêcher les communistes d’accéder à la direction du gouvernement ou même d’en faire partie et d’y occuper des postes importants ont été dictées par de sordides préoccupations d’intérêts de classe. Après avoir admis la présence des communistes au gouvernement, parce qu’elle les croyait incapables de faire face avec honneur à leurs responsabilités, la réaction a changé d’attitude lorsqu’elle a constaté l’efficacité de leur action. Mais , au mois de janvier 1947, elle a échoué dans sa tentative d’obtenir la reconduction du gouvernement homogène socialiste dont le principal mérité à ses yeux était de ne pas comprendre dans son sein des communistes.

 

 

2° ) Elargissement et rénovation de la démocratie.

 

 

a ) Tout en poursuivant son effort de renaissance française le Parti Communiste a lutté pour l ‘élargissement et la rénovation de la démocratie.

 

Fidèle à l’esprit de la Renaissance il n’a cessé de mener le combat pour l’application des mesures démocratiques inscrites dans le programme du Conseil National de la Résistance.

 

Au sein de l’Assemblée consultative, ses élus ont lutté systématiquement pour le retour aux lois laïques, pour la liquidation du système de Vichy et pour qu’il soit tenu compte des avis exprimés à l’époque par cette assemblée.

 

Après avoir élaboré un projet de Constitution profondément démocratique et lutté pour le faire accepter, le Parti Communiste s’est efforcé, dans la deuxième Assemblée Constituante, d’introduire le maximum de principes démocratiques dans la Constitution du 13 octobre 1946, après le rejet de celle du 5 mai 1946.

 

Les communistes, au sein de cette Assemblée Constituante, ont combattu avec succès pour que soient respectés dans la Constitution définitivement adoptée, les principes démocratiques fondamentaux : reconnaissance des droits économiques et sociaux des travailleurs, souveraineté de l’Assemblée élue au suffrage universel, laïcité.

 

b ) Les communiste ont contribué pour une large part aux nationalisations nécessaires car les nationalisations placent entre les mains d’un gouvernement démocratique des moyens appréciable de redressement économiques et social du pays. (Maurice Thorez)

 

Les communistes ont entrepris la démocratisation de nos administrations publiques par l’institution du statut de la fonction publique. En travaillant au développement des comités d’entreprise et à l’organisation de la sécurité sociale, ils ont accru le rôle de la classe ouvrière et de ses organisations sociales dans la nation.

 

c ) Le programme d’action gouvernemental établi au Comité Central de Puteaux le 27 novembre 1946 tend à poursuivre la consolidation et la rénovation des institutions démocratiques. Nous nous contenterons d’en donner ci-dessous les lignes essentielles, en ce qui concerne la démocratie :

 

- Maintien des droits économiques, politiques et sociaux, assurant le respect de la personne humaine et de la liberté individuelle, ainsi que la défense de la propriété, fruit du travail et de l’épargne.

 

  • Entière laïcité de l’Etat et de l’Ecole Publique.

 

  • Décentralisation et déconcentration des administrations publiques, par l’élimination de tous les organismes parasitaires.

 

  • Développement de l’enseignement à tous les degrés par l’accession de l’enfant à toutes les écoles sans que puisse jouer le privilège de la fortune, et par la revalorisation de la fonction enseignante.

 

  • Liquidation de toutes les séquelles du vychisme par l’épuration et le châtiment des traites, la confiscation de leurs biens au profits de la Nation.

 

  • Répression sévère des trafiquants du marché noir et confiscation de leurs fortunes accumulées sur la misère du peuple.

3° ) Sécurité française, indépendance nationale, paix solide et durable.

 

Les communiste agissent toujours en défenseurs vigilants des intérêts français, de la sécurité nationale, de la paix.

 

A l’heure présente, cette politique de défense des intérêts français exige :

 

  1. Une collaboration confiante et fraternelle entre la France et les peuple d’outre-mer dans le cadre de l’Union Française.

 

2 ) Une réforme démocratique de l’armée.

 

3 ) L’application d’une politique extérieure qui vise à assurer la sécurité de la France :

 

  • liquidation des survivances du fascisme, notamment en Allemagne ; contrôle interallié la plus sévère du bassin de la Ruhr et rattachement économique de la Sarre à la France, régime spécial pour la Rhénanie ;

 

  • reconnaissance du gouvernement républicain espagnol et rupture totale avec Franco.

 

4 ) Refus de participation à tout bloc particulier visant à diviser les Alliés ; politique d’amitié avec tous les pays alliés , et d’abord avec les trois grands pays vainqueurs (Etats-Unis, Angleterre, U.R.S.S.) ; application loyale du pacte franco-soviétique ; traité d’alliance avec l’Angleterre sous réserve toutefois de régler les différents qui existent entre la France et l’Angleterre, notamment au sujet du problème allemand ; rétablissement des liens traditionnels d’amitiés avec les pays d’Europe centrale et orientale où la démocratie remporte de grande victoire ; participation sur le plan international à une entente générale des Alliés tendant à assurer le désarmement progressif et l’interdiction des armes atomiques.

 

4° ) Les conditions du succès d’une politique démocratique et française : l’union des forces ouvrières et démocratiques.

 

Renaissance du pays : consolidation et rénovation de la démocratie sur le plan économique, social et politique ; sécurité française, voilà les trois principaux objectifs actuels du Parti Communiste Française. ils seront atteints dans la mesure où se réalisera l’union des forces ouvrières et démocratiques. L’expérience de toutes les luttes du passé, y compris les plus récentes, montre que la classe ouvrière ne peut vaincre si elle est divisée ; en outre, si elle est isolée, " son solo devient un chant funèbre ", selon la belle formule de Marx.

 

L’unité de la classe ouvrière, l’union de la classe ouvrière avec les classes moyennes et notamment avec les paysans, telles sont les conditions du succès.

 

La classe ouvrière a déjà réalisé pratiquement son unité syndicale, l’essentiel de ses forces étant groupées dans la C.G.T. (il existe cependant des syndicats " chrétiens " , ce qui pose le problème de l’achèvement de l’unité syndicale). La classe ouvrière est unie à l’usine, à la mine, dans les comités d’entreprise. mais les efforts en faveurs de l’unité des forces ouvrières doivent être poursuivis en vue d’aboutir à l’action commune des socialistes et des communistes, à leur rencontre dans les amicales du Parti Ouvrier Français, et enfin à la constitution du Parti Ouvrier Français, qui seraient le guide de notre démocratie nouvelle et populaire. (Maurice Thorez : interview au " Times " du 18 novembre 1946)

 

Par surcroît , le Parti Communiste travaille sans relâche à rapprocher et ç unir les forces ouvrières avec toutes les forces démocratiques, c’est-à-dire toute la France attachée à la république démocratique, laïque et sociale, sans en excepter la masse des travailleurs catholiques, ennemis de la réaction et des trusts, et à qui les communistes tendent une main fraternelle ;

 

Cette politique d’union exige des efforts persévérants. C’est seulement dans l’action concrète contre la réaction que peut se réaliser le rassemblement des forces ouvrières et démocratiques, indispensables au salut national. Le devoir des communistes c’est d’être les meilleurs dans cette action.

 

 

III.- QUELQUES PRINCIPES DE STRATEGIE ET DE TACTIQUE

 

Dans la lutte incessante qu’il livre aux forces de réaction le Parti Communiste a besoin, comme dans toute lutte, d’une stratégie et d’une tactique.

 

Les principes généraux de notre stratégie et de notre tactique découlent de la théorie marxiste-léniniste et de la riche expérience des luttes passées.

 

Pour faire comprendre d’une manière très simple la différence qui existe entre la stratégie et la tactique, nous emprunterons une brève formule à l’ouvrage du grand historien Tarlé sur Napoléon :

 

"  La stratégie, écrit-il , est l’art de gagner la guerre ; la tactique est l’art de gagner les batailles ".

 

Cette formule est applicable, non seulement à la lutte militaire, mais aussi à la lutte politique. Elle permet de comprendre pourquoi la stratégie reste souvent la même pendant une longue période, alors que la tactique est essentiellement changeante.

 

I° ) La stratégie.

 

La tactique avons-nous dit est essentiellement changeante ;

 

" La tactique est une partie de la stratégie, subordonnée à celle-ci et destinée à la servir. " (Staline).

 

Par exemple, dans la période de 1933 à mai 1945 où le but stratégique était le même, (battre le fascisme hitlérien, isoler ses agents munichois, par l’union des forces nationales et démocratiques), la tactique change.

 

Exemple :

 

De février 1934 à mai 1936, l’action de la classe ouvrière revêt fréquemment la forme gréviste (grève générale du 12 février 1934, grève revendicative du printemps 1936, etc.).

 

En juin 1936, soucieux d’éviter l’isolement de la classe ouvrière qui aurait favorisé un retour offensif du fascisme, le Parti Communiste lance par la voix de son secrétaire général, Maurice Thorez, le mot d’ordre :

 

" Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue, dès que les revendications les plus importantes et les plus essentielles sont admises. ".

 

Autre exemple :

 

Sous l’occupation allemande, la lutte de la classe ouvrière s’exprime essentiellement par des actions armées et l’organisation du sabotage contre l’occupant et ses agents.

 

En été 1944 cette lutte se traduit par l’organisation et le déroulement de l’Insurrection nationale, avec la classe ouvrière à sa tête.

 

En janvier 1945, le Comité Central du Parti Communiste appelle à la dissolution des milices patriotiques et préconise une série de mesures en vue d’éviter la rupture entre la classe ouvrière et les classes moyennes de la ville et de la campagne, en vue de créer les conditions indispensables au rassemblement de toutes les forces ouvrières et démocratiques et à l’isolement des éléments aventuriers qui préparent le pouvoir personnel.

 

3° ) Les règles permanentes d’action.

 

Dans la détermination de sa stratégie et de sa tactique le Parti Communiste tient compte d’un certain nombres de règles d’action permanente dont les principales sont les suivantes :

 

  1. On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule.

     

    En juin 1848 les ouvriers parisiens furent vaincus parce qu’ils étaient isolés. En 1871 la Commune fut écrasée parce que les Versaillais réussirent à l’isoler des couches essentielles de la paysannerie. En octobre 1917 la Révolution russe triomphe grâce à l’alliance du prolétariat et de la paysannerie.

     

  2. Il importe de bien déterminer l’ennemi principal et le coup principal à porter.

     

    Actuellement, ce sont les trusts et les forces politiques de la réaction qui sont l’ennemi principal et c’est contre eux que doit être porté le coup principal.

     

  3. Il faut discerner ce qui est réalisable dans une période donnée.

     

    A ce propos, Etienne Fajon déclarait au 10ème Congrès du Parti :

     

    " Les bavardages sur l’instauration du socialisme en France à l’époque actuelle n’ont aucun sens ou sont le fait de provocateurs chargées de diviser les forces démocratiques car les conditions indispensables à cette instauration ne sont pas données. Ce qui est réalisable présentement ce sont les trois grandes tâches clairement fixées par Maurice Thorez : la renaissance économique par l’augmentation de la production, le renouvellement de la démocratie, l’unité de la classe ouvrière. ".

     

  4. On doit savoir saisir la préoccupation sensible du peuple au moment donné.

     

    Au moment où est écrit ce cours il est clair que la préoccupation la plus sensible du peuple c’est la baisse des prix, la lutte contre la vie chère. Par suite, c’est en partant essentiellement de cette question que les communistes doivent entraîner les masses populaires.

     

  5. Les masses d’éduquent par leurs propres expériences.

 

Il est certains que les quatre années de lutte pour la libération nationale ont fait plus que des dizaines d’années " normales " pour la maturité politique de la classe ouvrière et du peuple français.

 

Cela veut dire que le Parti ne saurait considérer la propagande comme sa seule activité, mais qu'il doit au contraire s’employer à orienter et à développer la lutte des masses elle-même pour le relèvement national, le progrès social, le renouvellement de la démocratie et la paix.

 

4° ) Les déformations de notre stratégie et de notre tactique.

 

Mais la stratégie et la tactique communistes risquent à tout instant d’être déformées sous la pression des forces hostiles ou étrangères à la classe ouvrière.

 

De la même manière que le pilote du navire ballotté par les flots connaît ce qu’on appelle la " perte de direction ", de même les communistes risquent de perdre la perspective et de se laisser " déporter " à droite ou gauche de la ligne juste.

 

On peut distinguer deux sortes de déformations :

 

  • des déformations de droites ou opportunistes,

  • des déformations gauchistes ou sectaires.

 

On peut ranger parmi les déviations opportunistes, celles qui consistent à voir dans le caractère profondément national de la politique du parti communiste la preuve que nous "  aurions dépassé le stade de la lute des classes ". Au contraire, l’examen attentif de la situation actuelle montre que la lutte entre les forces réactionnaires du grand capital et la classe ouvrière à la tête des forces de démocratie tend à devenir de plus en plus aiguë.

 

Est aussi opportuniste l’opinion selon laquelle on peut parvenir au socialisme sans lutte. " L’histoire montre qu’il n’y a pas de progrès sans lutte…c’est le sens même de la vie. " (Maurice Thorez au " Times " le 18 novembre 1946.)

 

On peut ranger les déformations sectaires, celles qui consistent à ne pas voir les changements survenus par rapport à la période d’avant-garde, à remplacer en conséquence l’action actuellement nécessaire par une phraséologie qui ne correspond qui ne correspond pas à la situation présente. Une autre déformation sectaire, c’est la résistance à la situation présente. Une autre déformation sectaire, c’est la résistance à la politique d’unité de la classe ouvrière et au rassemblement de toutes les forces hostiles à la dictatures et à l’activité des trusts.

 

Les sectaires et les opportunistes se rejoignent dans un même mépris des masses, dans une même crainte de l’action des masses.

 

En bref, pour bien comprendre et bien appliquer la stratégie et la tactique du Parti, il importe d’une part de connaître au moins dans l’essentiel les éléments de la théorie marxiste-léniniste ; mais, il importe d’autre part de se souvenir que " la théorie marxiste-léniniste n’est pas un dogme, mais un guide pour l’action ".

 

CONCLUSION

 

La politique du Parti es tune politique parce qu’elle est une politique scientifique, éclairée par la théorie marxiste-léniniste comme la technique  de l’ingénieur s’appuie sur la science du physicien.

 

C’est une politique juste parce qu’elle s’appuie en premier lieu sur la force sociale qui se développe, sur la classe progressive, sur la classe ouvrière.

 

La politique du Parti est rigoureusement conforme à l’intérêt national parce que –l’histoire nous l’apprend – les intérêts de la nation s’identifient toujours avec les intérêts de la classe montante (voir cours N°1 * ) .

 

La politique du Parti est conforme à la fois aux intérêts actuels des travailleurs et à leurs intérêts à venir.

 

" Les communistes combattent pour les intérêts et les buts immédiats de la classe ouvrière ; mais dans le moment présent, ils défendent et représentent en même temps l’avenir du mouvement. ".

(Marx et Engels, " Manifeste du Parti Communiste ").

 

La politique du Parti est élaborée et décidée démocratiquement par les Congrès du Parti ( et entre deux Congrès par le Comité Central élu par le Congrès du Parti), ce qui veut dire que tout membre du Parti contribue et doit contribuer à son élaboration.

 

Chaque communiste doit aussi travailler où qu’il se trouve à la faire triompher.

 

OUVRAGE A LIRE

 

J.STALINE : Principes du Léninisme, chap. VII

 

M.THOREZ :Une politique française, rapport au 10ème Congrès du P.C.F.

Interview au " Times ", France Nouvelle du 23 .11.1946 .

 

F.BILLOUX : Deux ans après Ivry (Cahiers du Communisme, janvier 1947)

 

*** Le programme d’action gouvernementale adopté par le Comité Central de Puteaux (27.11.1946).

 

BIBLIOGRAPHIE

 

LENINE : La maladie infantile du communisme, chap.VI ,VII et VIII

 

Histoire du PC. De l’U.R.S.S., chap.VII

 

A.MARTY : Vaincre et Vivre.

 

E.FAJON : Le Marxisme léninisme, notre boussole.

L’insurrection parisienne

 

QUESTIONS

 

I.- Qu’est-ce qui caractérisait la situation économique de la France au lendemain de la Libération ?

 

II.- Comment se manifeste l’activité de la réaction contre la renaissance et l’indépendance nationales ?

 

III.- Expliquez comment le Parti Communiste Français à engagé et comment il poursuit la lutte pour la production ?

 

IV.- Quelles sont les conditions qui doivent être réalisées pour gagner la bataille de la production ?

 

V.- Montrez le rôle essentiel du Parti Communiste Français pour l’élargissement et la rénovation de la Démocratie ?

 

VI.- Quelles sont les principales conditions de la sécurité française, de l’indépendance nationale et d’une paix solide et durable ?

 

VII. – Expliquez en quoi la tactique se différencie de la stratégie .

 

VIII.- Citez quelques règles permanentes d’action du Parti.

 

IX.- Quelles sont les déformations essentielles de notre stratégie et notre tactique ? Citez des exemples.

 GRAPHISME

 

La progression communiste aux élections successives du Parti Communiste Français, premier parti de France

 

Depuis Waziers, nous avons enregister une augmentation de 60% atteignant 117 % de la production de 1938

La production de l'acier atteint 92 % de celle de 1938

(M.THOREZ à Toulon, le 23.02.1947) 


NOTES DE L’EDITION ORIGINAL

(1) Nous reviendrons sous une forme plus développée dans le cours n°4 sur les aspects de la politique du Parti.

 

NOTES DU CDRM

Les mots souligner sont en caractères gras dans l’édition " papier ".

Les photos et leurs légendes ne sont pas reproduites, dans cette édition.

Le cours N° 1 n’est pas numériser actuellement

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