L’école élémentaire du Parti Communiste Français
LE PARTI
EDITION DE JANVIER 1947
COURS N° 4
Introduction
Dans une société divisée en classe sociale, chaque classe ou fraction de classe trouve son expression politique dans un Parti qui exprime ses aspirations et défend ses intérêts.
Un Parti groupe des hommes et des femmes pour la réalisation de certains objectifs politiques, autour d’un programme et de moyens d’action déterminés.
Cela ne veut pas dire que tous les adhérents d’un Parti appartiennent à la classe ou fraction de classe dont il défend les intérêts . En France, par exemple, les différends groupements capitalistes comptent dans leurs rangs des petites gens des classes moyennes, voire des ouvriers, ignorant les puissances économiques occultes qui tirent les fils de leur organisation. Il est donc faux de confondre, dans certains cas, un parti, son programme, sa direction, avec la masse de ses adhérents.
- LE PARTI COMMUNISTE, AVANT-GARDE DE LA CLASSE OUVRIERE
- Le Parti Communiste, héritier des traditions révolutionnaires de la classe ouvrière française. (*)
Au 19ème siècle, l’économie française a subi des profondes transformations, provoquées en particulier par l’invention et l’utilisation de la machine à vapeur. Il en est résulté le règne de la grande industrie et la croissance d’une classe ouvrière, nombreuse, durement exploitée, qui grandit et se concentre rapidement.
Les conditions de vie extrêmement pénibles de cette classe ouvrière provoque plusieurs révoltes isolées, dont les plus célèbres sont celles des " canuts " lyonnais (1831) et celles des ouvriers parisiens en 1832 (enterrement du général Lamarque) et e, 1834 (massacres de la rue Transnonain)
En juin 1848, c’est l’insurrection historique des ouvriers parisiens, caractérisée par Marx comme la première insurrection de la classe ouvrière dans le monde.
En 1871, la Commune de Paris fut surtout l’œuvre de la classe ouvrière parisienne prenant la tête du peuple de Paris dans son action contre la domination du grand capital et contre la trahison de ses hommes, devant l’invasion prussienne, par peur du peuple. Elle donne le premier exemple, encore embryonnaire, d’un Etat prolétarien : démocratie authentique.
C’est de ses grandes traditions de notre classe ouvrière que le Parti Communiste Français est l’héritier et le continuateur
b) Pourquoi le Parti Communiste est-il l’avant-garde de la classe ouvrière ,
De ces luttes s’est progressivement dégagée une avant-garde de la classe ouvrière composée des travailleurs les plus courageux, les plus clairvoyants et les plus expérimentés. Longtemps cette avant-garde ne dirigea que des actions localisées (revendicatives et politiques) sans perspectives. Il lui manquait, pour s’organiser et s’orienter, la connaissance des lois du développent de la société capitaliste.
C’est grâce à la découverte de ces lois par Marx et Engels que l’avant-garde de la classe ouvrière a pu prendre conscience du rôle historique de cette classe et des conditions de la libération de la société.
En 1847, dans le Manifeste Communiste , Marx et Engels ont montré que :
" pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui entraîne toutes les autres : théoriquement, ils ont, sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien "
Cette fécondation de l’avant garde de la classe ouvrière par la science du développement de la société (marxisme), a donné naissance au Parti de la Classe Ouvrière.
-En France, ce fut d’abord, en 1864, la section française de l’ Association Internationale des Travailleurs (1ère Internationale).
- En 1882, ce fut le Parti Ouvrier Français, de Jules GUESDE et de Paul LAFARGUE dont nous sommes les héritiers. Ce parti aida à la formation , en 1905, d’un Parti socialiste unifié (malheureusement dépourvu de principes fermes et qui glissa par la suite dans l’opportunisme)
c) Naissance du Parti Communiste Français.
La guerre de 1914-1918, guerre impérialiste, injuste, provoqua l’écroulement de la 2ème Internationale, pourrie par l’opportunisme. Les partis qui la composaient (y compris le Parti Socialiste Unifié) sombrèrent dans la collaboration de classe avec les impérialistes de leurs pays respectifs.
Les souffrances de la guerre et l’enrichissement scandaleux des grands capitalistes dressèrent contre la politique de la direction du Parti Socialiste, dès 1914 et de plus en plus, les ouvriers socialistes et les masses populaires
Ainsi , la victoire de la Révolution Socialiste en Russie, puis l’échec des grands mouvements prolétariens de 1917 à 1920 dans les autres pays firent comprendre aux éléments les plus conscients de la classe ouvrière la nécessité de bâtir un parti ouvrier d’un type nouveau,
De cette volonté des travailleurs de tous les pays naquit la 3ème Internationale, l’Internationale Communiste.
En France, le 18ème congrès du Parti Socialiste qui s’est tenu à Tours, en Décembre 1920, se prononça pour l’adhésion à la doctrine, aux principes et au méthodes d’organisations qui venaient de donner la victoire aux travailleurs de l’immense Russie.
La motion Marcel Cachin en faveur de l’adhésion à la 3ème Internationale, l’emporte par 3.208 mandats contre 1.022 .
La minorité, suivant Paul Faure et Léon Blum, refusa de se soumettre et décida de créer un nouveau parti, qui prit le nom de Parti Socialiste (S.F.I.O.). La majorité prit, peu après le nom de Parti Communiste Français.
d) Quelques étapes de l’histoire du Parti Communiste Français.
Depuis sa formation, le Parti Communiste Français a toujours indiqué à la classe ouvrière la voie juste dans la lutte contre les trusts.
Groupant en premier lieu l’élite de la classe ouvrière français, le Parti a prouvé dans les actes ses capacités de dirigeant de la classe ouvrière.
Voici quelques exemples du rôle d’avant garde joué par le Parti :
- Lors de la tentative fasciste du 6 février 1934, seul le Parti sut réagir immédiatement, lançant l’appel à la manifestation du 9 février, signal du grand mouvement qui devait aboutir au recul du fascisme dans notre pays, et, toujours sous l’impulsion du Parti, à l’unité d’action socialiste - communiste (juillet 1934), à l’unité syndicale et au Front Populaire (1935)
- Par contre, quand les grèves de 1936 eurent permis aux revendications essentielles de la classe ouvrière d’aboutir, le Parti eut seul le courage et l’autorité nécessaires pour lancer, par la voix de son Secrétaire Général, Maurice THOREZ, le mot d’ordre : " il faut savoir terminer une grève ", évitant ainsi l’isolement de la classe ouvrière.
Par ces deux exemples, que l’on pourrait multiplier, on voit que le Parti, au lieu de s’en tenir à un " suivisme " sans principe, c’est avéré le guide clairvoyant de la classe ouvrière et du peuple français.
Il a toujours lutté contre l’absurde " théorie de la spontanéité " du mouvement ouvrier, qui nie le rôle dirigeant du Parti et tend à laisser la classe ouvrière sans direction, sans état-major, dans sa lutte contre les forces gigantesques et intelligemment dirigées des trusts. Il n’y a pas plus de génération spontané en politique que dans la nature.
" Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire…Seul un parti, guidé par une théorie d’avant-garde, peut jouer le rôle de combattant d’avant-garde ". (Lénine).
2° LE PARTI COMMUNISTE, PARTI DE LA NATION.
Comme nous l’avons vu dans le cours N° 1 (**), à chaque époque de l’histoire, une classe décadente, devenue un obstacle au développement de la société, se détache de la nation, alors que les intérêts de la classe montante représentent l’intérêts national.
C’est ainsi, que face à la trahison des trusts, la classe ouvrière, classe montante, progressive, a pris la tête de la lutte nationale.
Ce n’est donc nullement par l’effet d’une tactique occasionnelle ou d’un calcul quelconque que le Parti Communiste, avant-garde de la classe ouvrière, est devenu le Parti de la Nation, atteignant ainsi une étape nouvelle de sa mission historique.
a) la clairvoyance nationale du Parti avant la guerre
devant la menace du fascisme hitlérien, aggravée par la haute trahison des hommes des trusts en France, le Parti préconisa, bien avant la guerre, les conditions de la sécurité française :
-Sur le plan intérieur, la lutte contre le sabotage des trusts, mise hors d’état de nuire de la " cinquième colonne ", une union de la Nation française.
-Sur le plan extérieur, organisation de la sécurité collective, de la coopération de tous les pays pacifiques contres les agresseurs fascistes.
Seul, en 1935, le Parti se prononce contre les accords Laval - Mussolini, qui furent, pour l’Italie fasciste, une prime à l’agression.
Seul, le Parti mène une lutte conséquente, dès juillet 1936, contre la " prétendue non-intervention " en Espagne, contre le reniement de la signature de la France (rupture du traité commercial franco-espagnol de 1935) qui favorise les entreprises germano-italiennes à la frontière des Pyrénées. André Marty et des milliers de nos militants, dans les brigades internationales, traduisent alors, dans les actes, la juste politique communiste.
Seul, en septembre 1938, le Parti dénonce la trahison de Munich, nouveau reniement de la signature de la France, qui livre à Hitler la puissante industrie de guerre de la Tchécoslovaquie, nous fait perdre une allié fidèle, ruine notre crédit dans le monde et encourage l’ennemi dans la voie de l’agression.
Seul, il dénonce ensuite la collusion du gouvernement munichois avec l’agresseur hitlérien (notamment l’accord Bonnet - Ribbentrop).
Seul enfin, durant la " drôle de guerre " de septembre 1939 à juin 1940, il se dresse contre la politique criminelle des Daladier et des Reynaud, qui au lieu de mener la guerre juste contre les agresseurs hitlériens font la guerre à la classe ouvrière, contre les agresseurs hitlériens font la guerre à la classe ouvrière, au peuple, aux forces antifascistes (dissolution du Parti, des syndicats ouvriers exclusion des députés communistes, peine de mort, etc…) , laissent le champ libre à la cinquième colonne, préparent la guerre contre l’U.R.S.S., notre allié naturelle (aide aux garde blancs finlandais, concentration en Syrie d’une armée sous les ordres de Weygand ).
Cette politique, qui fit passer l’intérêt de classe des trusts avant l’interêts national, devait aboutir à la capitulation de juin 1940.
b) Le Parti et la Libération de la France.
Dès le 6 juin 1940, le Parti propose vainement au gouvernement, devant l'invasion, la levé en masse et la lutte à mort contre l'envahisseur, pour la défense de Paris.
Pendant toute la durée de l’occupation, le Parti a joué un rôle dirigeant dans la résistance. Non seulement, il lui a fourni ses méthodes d’organisation et de combat, et les meilleurs de ses combattants, mais il a montré comment libérer la France, contre qui porter les coups, quelles forces mettre en jeu, et cela, de juin 1940, à l’Insurrection nationale d’août 1944.
-Appel historique du 10 juillet 1940, signé par Maurice Thorez et Jacques Duclos :
" …C’est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale. Et c’est autour de la classe ouvrière, ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage, que peut se constituer le front de la liberté de l’indépendance et de la renaissance de la France. "
-Organisation du sabotage et des grèves patriotiques ;
-Front National : Francs-Tireurs et Partisans Français ;
-Développement des luttes armées ;
-Dénonciation de l’ " attentisme " ;
-Insurrection nationale d’août 1944.
On peut affirmer que , sans le Parti Communiste, " Parti des Fusillés, il n’y aurait pas eu de véritable résistance française, et , par suite, la France, libérée seulement par l’extérieur, aurait perdu, en fait, son indépendance.
c) Le Parti et la renaissance française.
Ainsi que nous l’avons montré dans le cours N°3, le Parti Communiste a pris, dès la Libération, la tête de l’effort pour le relèvement de la France (1)
Dans la lutte pour la renaissance de la France, le Parti Communiste Français s’est avéré un parti de gouvernement, pas seulement par la présence et les réalisation des ministres communiste, mais par sa capacité d’apporter à tous les problèmes essentiels de la vie nationale une solution juste, conforme à l’intérêts identique du peuple et de la France.
Ainsi le Parti communiste, Parti de la classe ouvrière, est, en même le Parti de la clairvoyance nationale, le Parti de la libération française, le Parti de la Renaissance Française, en un mot le grand Parti de la Nation française.
LE PARTI COMMUNISTE,
PARTI DE TYPE NOUVEAU,
Si le Parti a pu et peur jouer son rôle d'avant-garde de la classe ouvrière et de force nationale décisive, c'est qu'il est un Parti de type nouveau.
- L’UNITE DE PENSEE.
L’unité de pensée dans le Parti a pour base l’accord des adhérents sur les principes du socialisme scientifique, du marxisme léninisme, comme l’unité de pensée des physiciens réside dans leur accord sur les lois de la physique.
La reconnaissance par chaque communiste des principes du marxisme-léninisme exclut évidemment toute division du Parti en " tendances " ou " fractions ".
Cette unité de pensée sur les principes n’est nullement contraire à la liberté de discussion. Notre Parti est un Parti démocratique. Il est le seul où tous est mis en œuvre pour que les adhérents participent, de la base au sommet
L’autocritique consiste à éduquer et améliorer le Parti et ses hommes, par l’expérience de leurs propres erreurs, par la recherches des causes de ces erreurs.
2. LES CONDITIONS D'ADMISSION AU PARTI.
Aux termes des statuts du Parti, ces conditions sont au nombre de trois :
- reconnaître le programme et les statuts du Parti ;
- payer régulièrement ses cotisations ;
- être adhérent d’une organisation de base et y militer activement .
En conséquence, le Parti doit s’efforcer d’entraîner au travail chacun de ses adhérents pour en faire un militant.
Le parti ouvre ses portes à tous les français honnêtes, ce qui n’exclut pas, mais au contraire implique la vigilance nécessaire pour faire échec aux tentatives des hommes des trusts, d’infiltrer leurs agents dans notre organisation.
3° La liaison avec les masses.
Le Parti doit être lié aux masses sous peine d’impuissance.
Chaque Parti de la 2ème Internationale était, comme dit Staline " un appareil électoral approprié aux élections et à la lutte parlementaire ", un Parti ayant une politique à courte vue, fondée sur des intrigues parlementaires ou l’intérêt personnel.
C’est pourquoi les membres du Parti milite dans les organisations de masses.
" On ne vient pas au Parti pour se servir mais pour servir. "
Le Parti fait un devoir à tous ses adhérents d’être, par leurs propositions, par leur dévouement actif, par leur exemple, les meilleurs militants dans les organisations de masses (syndicats ouvriers, syndicats d’agriculteurs ou de commerçants, organisations féminines, jeunes, sportives, etc.)
LA DISCIPLINE
Sur la base d’une théorie scientifique et d’une politique conséquente, une discipline consciente et librement consentie a pu s’instaurer dans le Parti. Cette discipline est fondée sur la compréhension par tous des conditions nécessaire de la lutte (article 32 à 35 des Statuts).
5° Contre l’opportunisme et le sectarisme
Dans sa lutte pour réaliser l’union de la classe ouvrière et pour renforcer l’alliance de celle-ci avec les classes moyennes, le Parti s’attache à éviter les déviations opportunistes ou sectaires qui représentent les survivances anciennes et la pression des éléments étranger et hostile à la classe ouvrière
III
PRINCIPES D’ORGANISATION
L’efficacité de l’action de notre Parti dans tous les domaines provient en premier lieu de la justesse de la ligne politique du Parti. Elle provient en deuxième lieu de son organisation :
" Après que la ligne politique juste est donnée, le travail d’organisation décide de tout, y compris du sort de la ligne politique elle-même, de sa réalisation ou de son échec "
(Staline , 1er Congrès du Parti Bolchévik ) (voir notes)
- LE CENTRALISME DEMOCRATIQUE.
La structure du Parti repose sur les principes du centralisme démocratique.
Les plus importants de ces principes sont :
- les assemblées générales, les conférences et les congrès élisent les organisme de direction aux différents échelons ;
- ces organismes élus doivent rendre compte périodiquement de leur activité devant leurs mandants
- selon une discipline consentie, les décisions prises après discussions doivent être appliquées par tous, la minorité, s’il y en à une, se soumettant à la majorité. De même, les organisme inférieurs doivent appliquer les décisions des organismes supérieurs, démocratiquement élu
La ligne du Parti ayant été librement fixé par le Congrès, où s’exprime démocratiquement la volonté des adhérents et le résultat des discussions, le succès dans l’action exige l’application de cette ligne par tous les communiste en bloc. L’activité de tous les organismes doit être dirigée par une volonté unique, centralisée, expression du rôle d’avant-garde et de l’unité de pensée du Parti.
Organisme élus du Parti à tous les échelons, groupe parlementaire, conseillers municipaux et généraux, presse du Parti, etc… tout doit agir dans le même sens.
Le centralisme, tel qu’il est réalisé dans le Parti Communiste, est inséparable de la démocratie ; il en est l’expression complète.
Le centralisme démocratique est le moyen de faire passer dans la vie la politique juste du Parti.
2° La structure du Parti.
L’organisation du Parti comporte de bas en haut : la cellule, la section, la fédération et le Comité Central.
" Les plus hautes instances de ces organismes sont respectivement l’Assemblée Générale, la Conférence de Section, la Conférence Fédérale, la Conférence Nationale du Parti ou le Congrès."
(article 9 des Statuts)
Chaque communiste doit étudier attentivement les articles des Statuts relatifs à la désignation des divers organismes du Parti, à leurs fonctionnement, à leurs attribution. Dans ce cours élémentaire, nous insisterons sur la cellule.
3° La cellule,base de l'organisation du Parti .
La cellule est l’organisme politique de base du Parti.
- Rôle de la cellule :
La cellule participe à l’élaboration de la politique du Parti, notamment par la discussion des rapports préparatoires à la Conférence de Section, à la Conférence Fédérale ou au Congrès du Parti ;
Les tâches générales de la cellule sont résumé dans l’article 13 des Statuts, qui est ainsi conçu :
" Les devoirs de la cellules sont : l’accomplissement du travail du Parti parmi la population laborieuse par une propagande et une agitation communiste systématiques, le recrutement, la diffusion de la littérature du Parti, la publication régulière de feuilles de propagande reflétant la vie et les revendications des travailleurs, l’éducation et la culture des membre du Parti et des ouvriers de l’entreprise, l’intervention dans tous les conflits politiques, dans toutes les revendications des travailleurs de l’endroit, l’étude de la défense de ces revendications en liaison avec l’action de classe et les buts d’émancipation sociale poursuivis par le Parti Communiste. "
- Cellules d’entreprises :
Constitution d’une cellule dans chaque entreprise où sont au minimum trois communistes (usine, atelier, bureau, magasin, entreprise agricole, etc). La Cellule d’entreprise est la forme d’organisation qui permet la meilleure liaison avec la masse des travailleurs, parce qu’elle fonctionne sur le lieu du travail et de l’exploitation.
De plus, la puissance des trusts réside essentiellement dans les entreprises ; c’est là qu’on peut lutter contre eux avec le maximum d’efficacité (par exemple aujourd’hui sur le terrain de la production et des prix).
Rappelons qu’il est contraire aux statuts de constituer des cellules corporatives (ex : facteurs travaillant dans des bureaux de postes différents, garçons de café employé dans des établissements différents), des cellules de femmes, des cellules d’intellectuels. De telles organisations aboutiraient à de véritables " groupes " détaché de l’action générale du Parti, d’où paralysie du travail et possibilité de pénétration de l’ennemi.
c. Cellules de maison, de rue, de quartier ou locales.
Elles groupent sur la base du lieu de l’habitations les adhérents ne pouvant militer dans les cellules d’entreprise( ménagères, commerçants, professions libérales, travailleurs isolés, etc…) .
Rappelons q’un communiste ne peut appartenir qu’a une cellule. Cela ne signifie pas que les camarades d’entreprise ne doivent pas participer à l’activité locale du Parti où ils habitent. Ils ont au contraire le devoir d’y participer en liaison avec la section intéressée. Exemple : activité dans les organisations qui fonctionnement sur la base locale, prisonniers, déportés, anciens combattants, comité de défense des intérêts du quartier, etc…) ; campagne électorales, etc…
d.Fonctionnement de la cellule :
La plus haute instance de la cellule est l’assemblée générale de ses membres.
Elle est responsable de son activité devant la section.
L’assemblée de la cellule élit un bureau et son secrétaire, le bureau doit faire des comptes rendus périodiques d’activité de la cellule.
L’article 14 des Statuts précise ainsi ses attributions :
" Ce bureau dirige le travail de la cellule et le répartit entre les membres. Le bureau de la cellule est responsable devant la cellule. Il est révocable à tous moments par la cellule. "
la réunion de cellule:
Bornons-nous à énumérer succinctement quelques-unes des conditions indispensables pour avoir de bonnes réunions de cellules avec la présence maximum des adhérents :
- Convocation écrite mentionnant l’ordre du jour de la réunion ;
- Contrôle régulier des présences et travail de conviction auprès des adhérents qui sont absents sans raisons valables ;
- Répartition des tâches entre tous les adhérents ; (3)
- Choix judicieux du lieu, du jour et de l’heure des réunions ;
- Réunion commençant à l’heure exacte ;
- Réunion courtes ( une heure et demie par exemple) ;
- Discussion démocratique, chaque camarade ayant le droit et le devoir de donner son opinion sur le sujet débattu (les décisions sont prises à la majorité, mais applicables par l’ensemble de la cellule, y compris éventuellement ceux qui avaient une position différente).
Nous rappelons brièvement que la réunion de cellule, pour être intéressante et efficace, doit comporter :
- La vérification de l’exécution des décisions prises ;
- La discussion politique des questions actuelles à l’ordre du jour de la réunion, cette discussion devant aboutir, pour chaque question, à des décisions pratiques de travail, dont l’exécution est répartie entre les adhérents ;
- Une partie éducative,
IV. LE PROBLEME DES CADRES
Une juste ligne politique ne peut être efficace que si elle est appliquée.
Il est donc nécessaire d’avoir des hommes et des femmes capables de bien comprendre cette ligne politique, de l’expliquer et d’en diriger la mise en pratique :
" Les cadres du Parti, c’est le corps de commandement du Parti. "
(Staline)
L’ennemi de classe ne désarme jamais. Dans la période actuelle il cherche et cherchera d’autant plus à nous frapper et à nous paralyser que nous sommes plus forts et que nous remportons des succès.
La présence de véritables cadres à tous les postes responsables du Parti et aux postes occupés hors du Parti par des communistes, est donc, plus que jamais, une question décisive.
La montée démocratique des cadres intéresse tout le Parti, toutes ses organisations, de la base au sommet.
La première condition pour résoudre le problème des cadres, c’est de se convaincre que le Parti possède en son sein tous les militants voulus.
" Les lamentations sur le manque de cadres sont une véritable hérésie ; elles doivent être condamnées avec la plus grande vigueur ."
(M.Thorez, "Une politique française ".)
1° Les qualités d’un militant responsable.
" Quelles considérations doivent nous guider dans le choix des responsables ?
" 1° Le dévouement le plus absolu à la cause des travailleurs, à la cause du peuple de France, la fidélité au Parti, dévouement et fidélité vérifiés dans le combat, dans les épreuves ;
" 2° La liaison la plus étroite avec les masses. Pas de doctrinaires pédant, mais des chefs populaires, connaissant bien les masses et connus d’elles ;
" 3° L’esprit d’initiative et de responsabilité, la capacité de s’orienter rapidement et de prendre soi-même une décision dans toutes les situations ;
" 4° L’esprit de discipline, la fermeté du communiste aussi bien dans la lutte contre les ennemis de toutes les déviations du marxisme-léninisme, et dans l’application résolue de toutes les décisions prises par les organismes réguliers du Parti. "
(M.Thorez, Xe Congrès du Parti.)
2° Comment choisir les responsables.
Nombreux sont les camarades susceptibles de devenir des militants solides.
Les organisation de base du Parti sont une magnifique réserve d’hommes (les actions de la période illégale, l’activité des communistes dans les Comités d’entreprises, leurs initiatives dans la production et la défense des revendications, les assemblées et conférences du Parti, les campagne électorales ; etc ;, le démontrent).
Mais il faut savoir découvrir les hommes capables et les placer au poste où ils peuvent le mieux servir le Parti.
- Pour découvrir de nouveaux militants capables , le meilleur moyen est le contrôle du travail de chacun. Le militant capable est celui qui réalise.
" Contrôler les militants, c’est les contrôler non d’après leurs promesses et déclarations, mais d’après le résultat de leur travail. Vérifier l’exécution des tâches, c’est la vérifier non seulement dans les bureaux, d’après des comptes rendus, mais avant tout, sur place, d’après les résultats effectifs de l’exécution. "
(Staline : Pour une formation bolchévik. Page 38.)
Ce contrôle des militants doit se faire par en haut, c’est-à-dire par les responsables de l’organisation supérieur, mais aussi par en bas, par la masse des adhérents qui connaissent les militants, les voient à l’œuvre, ont le devoir de les contrôler et d’élire les meilleurs aux postes responsables qui conviennent le mieux à leurs capacités particulières.
Dans le choix des responsables, il est particulièrement important de faire confiance aux jeunes, qui représentent l’avenir du Parti et qui, placés à des postes responsables acquerront vite l’expérience qui peut leur manquer au début.
Cela ne veut évidemment pas dire qu’il faut écarter les militants plus âgés qui accomplissement bien leurs tâches.
Ce qu’il faut, c’est rajeunir les directions de cellules et de sections en fondant l’expérience des anciens avec l’ardeur et l’enthousiasme des jeunes.
- Pour faciliter l’accès des meilleurs aux postes responsables, par exemple à la direction de la cellule ou au Comité de section, il faut en écarter démocratiquement, au cas où il s’y trouveraient, d’une part, ceux qui, se croyant supérieurs à tous les autres, veulent tout faire et découragent les bonnes volontés.
-D’autres part, les bavards, c’est-à-dire ceux qui font de longs et brillants discours mais ne réalisent pas dans la pratique la politique du Parti.
- L’éducation politique de chaque militant contribue à sa formation.
Cette éducation se fait dans la vie, dans la discussion politique au sein de la cellule, dans l’autocritique du travail réalisé, ou par les conseils des camarades responsables, ou encore en suivant les Assemblées d’information.
Elle se fait aussi par l ’étude.
A cet égard, chaque militant doit vaincre sa propre " paresse intellectuelle " ; il doit consacrer deux soirées par semaine au moins à son éducation par l’étude d’articles fondamentaux choisis dans l’Humanité ou France Nouvelle, par l ‘étude de la Vie du Parti, des Cahiers du Communisme, des discours des dirigeants du Parti, des textes essentiels de Marx, Engels, Lénine, Staline, en demandant conseil sur le choix à faire, au responsable à l’ éducation de la Section.
Bien entendu, le camarade désigné pour suivre une école doit y travailler avec persévérance pour en tirer le maximum de profit.
En apprenant sans cesse, tout au long de sa vie, le communiste s’arme pour la lutte.
Pour chaque camarade qui assume une responsabilité à quelque échelon que ce soit, signalons quelques défauts redoutables :
- La tendance à vouloir tout exécuter et tout résoudre soi-même, alors que le rôle du militant responsable est d’entraîner les autres au travail en les aidant et en les conseillant.
- La quiétude, l’insouciance, qui empêchent de voir le sérieux des situations et de prendre en conséquence les mesures indispensables.
- La bureaucratie, qui noie le travail le plus simple sous un fatras inextricable de détails, de paperasses et de difficultés d’exécution, et remplace par des lettres les cinq minutes de conversation qui régleraient la situation.
- La lenteur, qui freine le travail et empêche la réalisation des décisions du Parti.
Dans sa politique de cadres, le Parti s’inspire toujours de cette riche pensée de Staline :
" Il faut enfin comprendre que de tous les capitaux précieux existant dans le monde, le plus précieux et le plus décisif, ce sont les hommes, les cadres ".
(" L’homme le capital le plus précieux ".)
CONCLUSION
Notre Parti, Parti d’un type nouveau, a formé et forme des hommes d’un type nouveau. " L’homme communiste " a été magistralement défini dans le magnifique article de Jacques Duclos paru en France occupé dans les cahiers du communisme (1er trimestre 1944) :
" C’est l’honneur de notre Parti d’avoir formé des hommes devant qui l’on est obligé de s’incliner, des hommes dont on est obligé de reconnaître l’abnégation et le courage. Les hommes qui sont venus prendre place dans les rangs de notre Parti, qu’ils soient ouvriers, paysans ou intellectuels, ont vécu et vivent dans une ambiance d’honneur politique, de courage, d’action et d’émulation fraternelle qui les a marqués de son empreinte…
…Notre Parti, qui demande à ses membres de savoir prendre leurs responsabilités dans le développement et la conduite de l’action, doit faire de ses militants, non pas des robots, mais des hommes conscients de la fécondité de la lutte, des hommes pleins d’initiative, comprenant qu’il est préférable de se tromper en agissant que " de ne pas se tromper " en regardant se dérouler passivement les évènements. "
OUVRAGE A LIRE
APRES L’ECOLE
Staline : Des principes du léninisme, (chapitre VIII)
Pour une formation bolchévik (discours de clôture).
Maurice Thorez : Une politique française (rapport au 10ème Congrès ), page 5 à 27 et page 56 à 59.
Unité ouvrière et rassemblement des forces démocratiques (discours prononcé au C.C. des 15 et 16 juin 1946). Page 22 et 27.
BIBLIOGRAPHIE
MARX et ENGELS : Le manifeste du Parti Communiste.
STALINE : L’homme, le capital le plus précieux.
Pour une formation bolchevik.
Histoire du Parti Bolchevik.
Chapitre I , paragraphe 3,
II, paragraphe 2,3 et 4
IV, paragraphe 5
Et la conclusion.
QUESTION
I.- Pourquoi le Parti Communiste est-il l’avant-garde de la classe ouvrière ?
II.- Rappelez brièvement dans quelles conditions est né le Parti Communiste Français ?
III.- Montrez par un exemple comment le Parti Communiste Français jour son rôle de guide de la classe ouvrière.
IV.- Pourquoi le Parti Communiste peut-il être à la fois, le Parti de la classe ouvrière et le Parti de la Nation ?
V.- Rappelez les étapes essentielles de la politique nationale du Parti.
VI.- En quoi consiste l’unité de pensée dans le Parti ?
VII.- Quelles sont les conditions d’appartenance au Parti ?
VIII.- Quelles sont les tâches essentielles de la cellule ?
IX.- Enoncez les principes du Centralisme Démocratique.
X.- Quelles sont les qualités d’un bon militant communiste ?
XI.- Sur quelles bases les militants doivent-ils être choisis ?
NOTES
1 ) Se reporter au cours N°3, chapitre II, pour l’examen de cette étape de la politique du Parti
2 ) Sur l’opportunisme et le sectarisme, se reporter au cours N° 3 (pages 21 et 22)
3) Des indications plus détaillées sur certains points seront données pendant l’école élémentaire à l’occasion des exercices pratiques.
* Les photos ne sont pas représenter dans cette édition numérique.
** Dans l’édition de 1951 , il est indiqué ( Staline : 17ème congrès du Parti Bolchévik)