VISAGE DE L’ALBANIE
Edition électronique réalisée par Vincent Gouysse à partir de l’ouvrage publié en 1978 aux Editions " 8 NËNTORI ", Tirana.
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Sommaire : |
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Notice (p. 5)
En guise de préface (p. 6)
Première partie : NOTIONS GENERALES GEOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES
Chapitre I — Devant la carte de l'Albanie (p. 9)
Situation géographique (p. 9)
Les frontières (p. 9)
Superficie (p. 9)
Relief (p. 9)
Eaux intérieures (p. 10)
Climat (p. 11)
La flore et la faune (p. 11)
Richesse du sous-sol (p. 12)
Chapitre II — La population de la R.P.S. d'Albanie (p. 14)
Origine du peuple albanais (p. 15)
L'appellation nationale des Albanais (p. 16)
Chapitre III — La division administrative et les villes principales du pays (p. 18)
Ancienneté des villes albanaises (p. 18)
Les principales villes de l'Albanie (p. 19)
Chapitre IV — Le peuple albanais a conquis sa liberté et son indépendance au prix du sang versé (p. 24)
L'épée à la main sur le chemin de l'histoire (p. 24)
L'épopée légendaire du peuple albanais sous la conduite de Georges Kastriote Skanderbeg (p. 26)
La figure de Skanderbeg, vivante à travers les siècles (p. 28)
La lutte séculaire du peuple albanais pour sa liberté et son indépendance (p. 30)
L'épopée de la Lutte de libération nationale (p. 35)
La contribution du peuple albanais à la grande victoire sur le fascisme (p. 41)
Deuxième partie : LE SYSTEME SOCIAL ET ETATIQUE DE LA REPUBLIQUE POPULAIRE SOCIALISTE D'ALBANIE.
Chapitre I — Le Parti du Travail d'Albanie (p. 44)
L'unité Parti-peuple (p. 45)
Pilote irremplaçable (p. 47)
A l'avant-garde de la Lutte contre l'impérialisme et le révisionnisme moderne (p. 49)
Chapitre II — L'Etat albanais, Etat de dictature du prolétariat (p. 54)
La renaissance de l'Etat albanais (p. 54)
La destruction de l'ancien appareil d'Etat et l'érection du pouvoir populaire (p. 55)
Les fonctions essentielles de l'Etat socialiste albanais (p. 56)
L'Assemblée populaire (p. 67)
Le Conseil des ministres (p. 69)
Les conseils populaires (p. 70)
Les tribunaux populaires (p. 71)
Chapitre III — Les organisations de masse (p. 74)
Le Front démocratique d'Albanie (p. 74)
Les Unions professionnelles d'Albanie (p. 77)
L'Union de la Jeunesse du Travail d'Albanie (p. 81)
L'Union des Femmes d'Albanie (p. 83)
Chapitre IV — La composition de classe de la société (p. 87)
La classe ouvrière (p. 87)
Le contrôle de la classe ouvrière (p. 89)
La paysannerie coopératrice (p. 91)
L'alliance indestructible de la classe ouvrière et de la paysannerie (p. 93)
Intelligentsia populaire (p. 95)
Dans le creuset du travail (p. 95)
Chapitre V — Les traits de la morale nouvelle (p. 97)
Troisième partie : LE SYSTEME ECONOMIQUE DE LA R.P.S. D'ALBANIE
Chapitre I — Entre deux époques (p. 104)
La propriété (p. 104)
Les premières transformations (p. 104)
La réforme agraire (p. 106)
La transformation socialiste des campagnes (p. 107)
Le peuple, maître du pays (p. 109)
La propriété socialiste (p. 109)
Le développement de la propriété socialiste (p. 111)
Principales caractéristiques de l'industrialisation socialiste en Albanie (p. 111)
La voie du développement de la propriété coopérative (p. 113)
Les coopératives de type supérieur - nouvelle étape dans le processus de socialisation de la propriété de groupe (p. 115)
Chapitre II — Caractéristiques essentielles du système économique de la R.P.S. d'Albanie (p. 118)
Le centralisme démocratique, principe fondamental de l'organisation et de la gestion de l'économie nationale (p. 118)
L'appui sur nos propres forces, voie principale de l'édification du socialisme dans notre pays (p. 120)
La gestion planifiée de l'économie nationale (p. 123)
D'un plan quinquennal à l'autre (p. 124)
Avantages de la gestion planifiée de l'économie (p. 138)
Le développement harmonieux de l'économie nationale (p. 139)
La coopération socialiste (p. 142)
L'élévation du potentiel économique des ressources naturelles (p. 143)
Le développement planifié de la technique nouvelle (p. 145)
La concentration de la production et ses avantages (p. 148)
La productivité du travail (p. 149)
Chapitre III — L'essor de l'industrie (p. 151)
Les fruits du travail créateur (p. 151)
L'Albanie, mosaïque de lumières (p. 152)
Le développement de l'industrie des combustibles (p. 153)
Le développement de l'industrie minière (p. 155)
L'industrie chimique, la plus jeune branche de l'industrie albanaise (p. 156)
L'industrie mécanique (p. 157)
L'industrie des matériaux de construction (p. 157)
L'industrie du verre et de la porcelaine (p. 158)
L'industrie du bois et du papier (p. 158)
L'industrie légère (p. 159)
L'industrie alimentaire (p. 159)
Chapitre IV — Le développement de l'agriculture socialiste (p. 163)
Les entreprises agricoles d'Etat (p. 163)
Les stations de machines et de tracteurs (p. 163)
Les coopératives agricoles (p. 165)
Les avantages du système coopératif (p. 166)
La mécanisation de l'agriculture (p. 169)
Le défrichement de terres nouvelles (p. 170)
La bonification et l'irrigation des terres (p. 171)
La chimisation de l'agriculture (p. 172)
L'élevage (p. 174)
La science au service de l'agriculture (p. 175)
Le crédit agricole (p. 176)
Chapitre V — L'Albanie, chantier de construction (p. 179)
Chapitre VI — Les artères de la République (p. 181)
Quatrième partie : LA REPARTITION SOCIALISTE
Chapitre I — La répartition du revenu national (p. 182)
Accroissement et répartition du revenu national (p. 182)
Le budget d'Etat, instrument de répartition du revenu national (p. 188)
L'Albanie, premier pays au monde sans impôts (p. 190)
Chapitre II — Le commerce au service du peuple (p. 192)
Le commerce socialiste (p. 192)
Le développement du commerce (p. 192)
Le système unique des prix (p. 193)
Chapitre III — Tout pour l'homme (p. 196)
En Albanie le chômage a été supprimé (p. 196)
Le travailleur albanais ne peut pas être licencié arbitrairement (p. 197)
La durée de la journée du travail (p. 198)
Les congés payés des travailleurs et de leurs familles (p. 199)
La protection du travail (p. 200)
La répartition selon le travail (p. 201)
Pour un rapport plus juste entre les hauts et les moyens salaires des travailleurs (p. 203)
Chapitre IV — Le système de sécurité sociale (p. 207)
Tous les travailleurs sont assurés (p. 207)
Les travailleurs bénéficient des assurances sociales sans devoir verser de cotisation (p. 207)
Avantages procurés aux travailleurs par les assurances sociales (p. 208)
La sécurité sociale est gérée par les travailleurs eux-mêmes (p. 208)
Indemnités d'incapacité temporaire de travail (p. 209)
Le système des pensions (p. 210)
Les pensions de vieillesse (p. 210)
Les pensions d'invalidité (p. 211)
Les pensions familiales (p. 212)
Les pensions pour services méritoires (p. 213)
L'extension du système des pensions et de la sécurité sociale aux campagnes (p. 213)
Chapitre V — L'école pour tous (p. 215)
L'analphabétisme, éliminé en Albanie (p. 215)
L'offensive de propagation de l'instruction et de la lumière (p. 216)
Le nouveau système d'enseignement, système complet et avancé (p. 220)
Le caractère populaire du système d'enseignement en R.P.S. d'Albanie (p. 226)
Le caractère de masse de l'école (p. 228)
Conditions d'études favorables (p. 231)
Le développement de la démocratie socialiste dans les écoles albanaises (p. 232)
Chapitre VI — La culture (p. 235)
Les antiques traditions culturelles du peuple albanais (p. 237)
Les découvertes archéologiques (p. 238)
Figures éminentes (p. 239)
Les monuments culturels (p. 246)
Le folklore (p. 248)
Le patrimoine ethnographique (p. 251)
La voie du développement de la littérature albanais (p. 255)
Le livre, compagnon de tout Albanais (p. 258)
Le théâtre (p. 260)
Le cinéma (p. 262)
La renaissance des arts figuratifs (p. 263)
L'essor de la musique (p. 265)
La radio et la télévision (p. 266)
La culture, patrimoine du peuple tout entier (p. 267)
La voie de la science albanaise (p. 269)
L'Académie des Sciences de la R.P.S. d'Albanie (p. 270)
Vers les cimes radieuses de la science (p. 271)
Chapitre VII — La santé publique (p. 275)
La lutte pour la santé du peuple (p. 275)
L'extension des services sanitaires dans les campagnes albanaises (p. 277)
La prophylaxie, caractéristique fondamentale des services de la santé publique en Albanie (p. 278)
La science médicale au service de la protection de la santé du peuple (p. 279)
La santé publique, affaire du peuple tout entier (p. 280)
Diminution et élimination des maladies endémiques (p. 281)
Régression de la tuberculose (p. 283)
La protection de la santé de la mère (p. 284)
La sollicitude pour l'enfance (p. 285)
La pharmacie au service du peuple (p. 286)
Le sport de masse (p. 287)
Chapitre VIII — Le logement, problème d'intérêt général (p. 290)
Chapitre IX — La campagne et la ville, toujours plus proches (p. 293)
Cinquième partie : L'Albanie dans l'arène internationale
La politique extérieure de la R.P.S. d'Albanie, politique révolutionnaire conséquente et conforme aux principes (p. 298)
En guise de conclusion (p. 307) |
NOTICE
En publiant ce volume en langue française, le propos des Editions "8 Nëntori" a été d'aller au-devant des désirs des lecteurs étrangers et de leur offrir un panorama général de l'Albanie, des aspects et particularités de notre pays, non sans dégager des conclusions et découvrir les jalons de nos perspectives d'avenir. Cet ouvrage, qui paraît après le VIIe Congrès du Parti du Travail d'Albanie tenu du 1er au 7 novembre 1976, permettra au lecteur étranger de prendre connaissance des grandes lignes de l'histoire ancienne et présente de l'Albanie, de cette histoire, à travers laquelle le peuple albanais, comme l'a dit le camarade Enver Hoxha, s'est frayé son chemin, l'épée à la main. Nos amis étrangers y trouveront aussi une description sommaire de la géographie si variée de l'Albanie, de sa culture depuis l'époque illyrienne jusqu'à nos jours, des glorieux monuments de cette culture, des traditions combattantes et révolutionnaires du peuple. Ce texte offre en outre un tableau brossé à grands traits de la politique économique et sociale du pays et des mesures de révolutionnarisation qui y sont prises de façon continue. Il fournit également des indications sur le système étatique et social de notre République, que la nouvelle Constitution définit comme un Etat de dictature du prolétariat et République Populaire Socialiste d'Albanie. Cet ouvrage traite du rôle dirigeant du Parti du Travail d'Albanie dans la vie du pays, du rôle des organisations de masse dans le système de dictature du prolétariat. Il ne manque pas naturellement d'évoquer la politique extérieure du nouvel Etat albanais, les visées des ennemis à son encontre, les fermes positions prises par notre peuple pour défendre son indépendance, la lutte que le Parti du Travail d'Albanie, et le peuple albanais tout entier, sous la direction du celui-ci, ont menée et continuent de mener pour la défense du marxisme-léninisme, contre le révisionnisme moderne, contre les deux superpuissances, contre l'opportunisme, la réaction et pour la cause du socialisme et de la révolution.
Dans la préparation de cet ouvrage, la rédaction s'est fondée sur des documents, des données et des études de nos auteurs des secteurs les plus divers: histoire, géographie, géologie, politique intérieure et extérieure, économie, enseignement, culture, science, santé, etc.
En offrant ce livre aux lecteurs, la rédaction espère que ce tableau général de l'Albanie les aidera à mieux connaître ce petit pays, riverain de la mer Adriatique et de la mer Ionienne, dont le peuple construit le socialisme en tenant d'une main la pioche et de l'autre le fusil.
L'ALBANIE FRANCHIT LES SIECLES
— EN GUISE DE PREFACE —
"Une expression géographique", c'est ainsi que Bismarck, en son temps, avait qualifié l'Albanie. Cette appréciation dédaigneuse et cynique reflétait bien l'attitude de l'Europe bourgeoise à l'égard de l'Albanie opprimée, qui n'en était pas moins l'objet de ses féroces convoitises coloniales. Qui se souvenait alors que la patrie de Georges Kastriote Skanderbeg, s'était dressée contre les envahisseurs ottomans et, au prix du sang versé par ses meilleurs fils, avait contribué de façon si éminente au salut de la civilisation occidentale? Pour les plumitifs bourgeois, qui ne l’avaient même pas visitée, l'Albanie était un pays sauvage.
Ces temps-là sont aujourd’hui révolus à jamais. Le peuple albanais, sous la conduite du Parti du Travail d'Albanie, a libéré son pays par la force des armes et, déjouant les louches machinations des puissances impérialistes et des révisionnistes, l'a porté aux sommets du progrès. L'Albanie n'est plus une monnaie d'échange dans les marchandages de la diplomatie secrète, mais un Etat capable d'assurer lui-même sa propre destinée, pourvu d'une base économique solide, d'un potentiel défensif invulnérable à tout ennemi ou coalition d'ennemis, un pays qui s'est créé toutes les conditions pour marcher constamment de l'avant dans la voie du socialisme et du communisme.
Aujourd'hui non seulement les nombreux amis de l'Albanie aux quatre coins du monde, mais même beaucoup de ceux qui n'avaient jamais ressenti de sympathie à son égard, parlent des succès du peuple albanais qui "franchit les siècles".
Nos amis, qui ont visité notre pays naguère et qui le revoient aujourd'hui, y retrouvent un monde entièrement nouveau. Ceux qui ont grandi en Albanie durant ces 25 années de liberté, écrivait il y a dix ans Madame V. Pfenniger, qui séjourna en Albanie avant la dernière guerre mondiale, peuvent difficilement imaginer l'Albanie d'alors. Permettez à une vieille amie d'en évoquer pour vous certains aspects. Voici ce que je disais, entre autres, à un auditoire suisse au cours d'une conférence que je tenais en 1931: "[...] Certes, on voit bien, çà et là, quelques écoles en construction, mais elles sont très rares, et partout règne l'analphabétisme, compagnon de la pauvreté — qui favorisent l'un et l'autre les desseins des exploiteurs du peuple [...] A Shkodër, entre autres, nous avons rencontré des femmes qui nous ont semblé des spectres sombres, pitoyables, des musulmanes fanatiques, le visage voilé d'un "tchartchaf" noir [...] D'autres à la figure presque entièrement enveloppée ne découvraient qu'un oeil!"
"L'Albanie actuelle [...] me paraît extraordinaire. On croit chez nous que les pays méridionaux sont en général industriellement sous-développés. L'Albanie, telle que je la vois aujourd'hui, est non seulement un pays avancé sur le plan culturel, mais un pays agricole et industriel évolué."
"Vous êtes partis de zéro. Cette volonté de vous élever de rien aux plus hautes cimes, je l'ai sentie et vue chez vous, et je comprends toute l'ampleur de votre effort, car je me souviens de votre situation passée."
Un journaliste australien, dans un article intitulé "le régime monarchique de Zogu y aurait mis 722 ans" écrit: "Lorsqu'on se rappelle la situation de l'Albanie, naguère l'un des pays les plus arriérés d'Europe, il est difficile de nier ses progrès. En 1938, par exemple, la durée moyenne de la vie des Albanais était de 38 ans, et elle s'est élevée aujourd'hui à 66 ans. [En 1976 la durée moyenne de la vie s'est élevée à 69 ans.] Avant le second conflit mondial, on y comptait 83 pour cent d'analphabètes; aujourd'hui l'analphabétisme y a été entièrement liquidé. L'Albanie était avec l'Islande le seul pays d'Europe dépourvu de chemins de fer; le premier train y a roulé en 1947, et cette voie ferrée a été construite avec le concours de 150.000 jeunes volontaires. Aujourd'hui, les jeunes gens et les jeunes filles d'Albanie consacrent leur période de vacances à construire, dans les montagnes, une voie ferrée [Aujourd'hui achevée.] qui reliera les gisements de ferronickel à un combinat métallurgique que l'on bâtit actuellement à Elbasan".
"En 1938, poursuit l'auteur, le port de Durrës n'avait que 200 mètres de quai avec une seule grue d'une capacité de deux quintaux. Aujourd'hui, des navires marchands relient Durrës aux continents les plus lointains. Il aurait fallu au régime monarchique de Zogu, au rythme de développement qui était le sien, 722 ans pour construire ce que l'Albanie populaire d'Enver Hoxha a réalisé en 25 ans."
Faisant part de ses impressions à la suite d'une visite de trois semaines effectuée en Albanie, un journaliste égyptien écrit: "Le peuple albanais a accompli une véritable révolution dans les domaines économique, social, culturel, militaire et autres. Je n'exagérerai pas en affirmant que, au cours de ce dernier quart de siècle, depuis que les révolutionnaires authentiques ont assumé la direction du pouvoir, le peuple albanais a connu une véritable résurrection et qu'il mérite le plus grand respect. Les usines, les centrales hydro-électriques, les palais de la culture, les grands ouvrages de bonification, les constructions de tous genres et les villes nouvelles qui ont vu le jour et que j'ai eu la chance de visiter, sont un vivant témoignage des grands progrès réalisés par l'Albanie durant ces dernières années".
"Tous les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs, écrit un autre journaliste égyptien. Les cadres dirigeants sont issus des rangs des ouvriers, des paysans et des masses laborieuses. Il n'existe pas de fortes différences entre les salaires. L'Etat veille avec le plus grand soin aux enfants durant toute leur croissance. Il a en charge leur instruction, leur éducation et leur culture. Les masses discutent sans aucune restriction de la politique intérieure et extérieure du Parti, elles font leurs suggestions, puis appuient avec détermination et enthousiasme la politique adoptée. Tous les citoyens sont entraînés militairement et prêts à se mobiliser à tout moment, l'arme à la main, pour défendre leur patrie et les conquêtes réalisées. Les Albanais ne font aucune concession en ce domaine."
"[...] Les succès obtenus par le peuple albanais dans l'agriculture, a déclaré un ami japonais, à la suite d'une visite qu'il effectua en Albanie, m'ont laissé une impression particulièrement profonde. Toutes les terres cultivables, jusque dans les montagnes, ont été mises en culture. Partout ont été construits des canaux d'irrigation et de drainage, les anciens marais et marécages ont été asséchés. La construction d'un bon nombre d'établissements industriels modernes, telles les usines d'engrais chimiques et de pièces de rechanges pour tracteurs, est coordonnée de manière à servir l'essor ultérieur de l'agriculture. Mais ce qui est le plus important, c'est que le moral des travailleurs ruraux, comme celui du peuple albanais tout entier, est des plus élevés".
Une revue ouest-allemande qualifie l'Albanie de "Paradis fiscal". "L'Etat albanais, écrit la revue, a supprimé tous les types d'impôts sur les revenus pour tous les citoyens, il a abaissé les prix des produits alimentaires et exonéré les coopératives agricoles de l'obligation de restituer les emprunts contractés. Ces mesures épargneront aux deux millions d'Albanais une dépense de 10 millions de marks par an".
"Résultats impressionnants" c'est ainsi que le journaliste français de renom, André Fontaine, qualifie dans un article les succès remportés par le peuple albanais. "Huit ans de scolarité obligatoire dans un pays qui, avant la guerre, comptait 85% d'analphabètes, l'espérance de la vie doublée, un réseau ferré reliant entre elles les principales villes, presque tous les grands axes routiers asphaltés, le pain quotidien, le travail, les services sociaux assurés à chacun, les marais asséchés, la malaria éliminée, l'électrification sur le point d'être achevée avec dix ans d'avance sur les prévisions initiales, les usines qui se multiplient, ce sont là des résultats impressionnants pour ce pays qui, avant l'invasion italienne, était plus un fragment de Proche-Orient, qu'une terre d'Europe. Bien des nations dites en voie de développement pourraient les lui envier."
"D'autres traits ne sont pas moins frappants: l'exceptionnelle propreté des villes et des villages, le bon aspect des cultures, la vivacité du regard des jeunes auxquels le régime a confié des tâches souvent importantes, la présence de femmes à des postes de responsabilité, d'une fréquence sans égale dans un pays de tradition islamique, enfin et surtout peut-être la simplicité des dirigeants qui ont visiblement à coeur, pour la plupart, d'être non seulement avec le peuple, mais du peuple."
"L'Albanie socialiste, écrivait Gilbert Mury, ancien maître assistant à l'Université de Bordeaux, et ancien Secrétaire général des Amitiés franco-albanaises, achève en ce moment ce qu'aucun autre pays socialiste n'a pu faire — et ce qu'un vieux pays industriel comme la France n'a pas encore réalisé: l'électrification du moindre village, du plus petit hameau jusqu'au fond des montagnes les plus escarpées. C'est là un changement brusque, le franchissement d'un seuil, d'une nouvelle étape dans la marche en avant de la révolution."
Dans le journal "Ulus" d'Ankara, un professeur turc apprécie hautement les réalisations accomplies en Albanie dans les années qui ont suivi la Libération. "L'Albanie, écrit-il notamment, devient un pays industriel avancé dans les Balkans. Qu'il nous suffise de citer un seul exemple: l'électrification. Chaque village d'Albanie est alimenté en électricité apporte le progrès et la culture. L'Albanie a depuis longtemps éliminé l'analphabétisme, en un temps où en Turquie en compte encore 50% d'illettrés".
Et les témoignages dans ce sens ne se comptent pas.
La fondation du Parti communiste d'Albanie (aujourd'hui Parti du Travail d'Albanie) huile de Sh. Hysa.
Première partie : NOTIONS GENERALES GEOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES
Chapitre I — Devant la carte de l'Albanie
Situation géographique
La République Populaire Socialiste d'Albanie est l'un des plus petits pays du continent européen. Elle est située à l'ouest de la péninsule des Balkans et comprise entre les 39°38' (Konispol) et 42°39' (Vermosh) de latitude nord et les 19°16' (Sazan) et 21°4' (Vernik, Korçë) de longitude est.
Les frontières
Les frontières actuelles de l'Albanie furent fixées à l'issue de la guerre balkanique, à la Conférence de Londres en 1913. Les puissances impérialistes, en opposition à la lutte, à la volonté et aux justes aspirations du peuple albanais, laissèrent en dehors de ses frontières une grande partie des terres peuplées de ses fils.
L'Albanie confine au nord et à l'est à la Yougoslavie, au sud-est et au sud à la Grèce. La longueur totale de ses frontières est de 1204 km, dont 476 avec la Yougoslavie et 256 avec la Grèce, le littoral maritime s'étendant sur 472 kilomètres. Ainsi près des 3/5 de la ligne de frontière sont terrestres et 2/5 maritimes.
Superficie
L'Albanie a une superficie de 28.748 km2. Elle s'étend du nord au sud sur une longueur maximale de 340 km. Sa largeur, de l'ouest à l'est, varie de 75 à 150 km avec une moyenne de quelque 100 kilomètres.
Relief
L'Albanie, en dépit de l'exiguïté de son territoire, possède une morphologie variée aux multiples contrastes. Son sol est géologiquement récent. Aussi le relief du pays est-il essentiellement montagneux.
L'altitude moyenne du pays est de 700 mètres, soit le double de la moyenne européenne. Sur près de 1/3 (29.5%) de la superficie elle ne dépasse pas 300 mètres, alors que dans le reste (70,5%) de l'Albanie, l'altitude va de 300 à 2700 mètres.
Le relief albanais est particulièrement varié et, sous cet aspect, le pays peut se diviser sommairement en trois zones géophysiques: les Alpes de l'Albanie septentrionale, l'Albanie intérieur et l'Albanie côtière.
Les Alpes couvrent une partie du nord du pays et leur altitude varie entre 2.000 et 2.700 mètres. Elles s'étendent en longueur, de l'ouest à l'est sur 50 km environ et, en largeur, du nord au sud, sur 20 km. Les plus hautes cimes des Alpes albanaises sont le mont Jezerca qui culmine à 2.694 m. le pic dit Maja e Hekurave (la Cime de fer) avec la Cuka e Paqes (le Sommet de la paix) (2.600 m), le mont de Radohime (2.570 m) etc.
Les Alpes d'Albanie, avec leurs cimes couvertes de neiges éternelles sont coupées de cours d'eau qui y creusent des vallées d'une rare beauté où affluent les eaux limpides et glacées de torrents impétueux.
L'Albanie intérieure, c'est-à-dire l'Albanie orientale, est située au sud des Alpes albanaises et à l'est de l'Albanie côtière. Elle s'étend depuis le Drin blanc et le Drin jusqu'au mont d'Ostrovice, à Leskovik et à la frontière grecque. Les montagnes de cette zone diffèrent de celles de l'Albanie du Nord. La direction des chaînes de montagne de l'Albanie intérieure est la même que celle des monts dinariques, soit du nord-ouest au sud-est. Une seule exception, les montagnes de l'est de l'Albanie intérieure, dont l'axe est orienté dans la direction nord-sud.
L'Albanie intérieure est l'une des grandes zones montagneuses du pays. Les montagnes n'y forment pas de longues chaînes, mais les cols de haute altitude, les lits des torrents et des fleuves, ainsi que les nombreuses vallées qui les coupent, leur confèrent les particularités d'un groupe distinct.
Les forêts qui couvrent les versants des monts, et les riches pâturages qui en couronnent les sommets, donnent à toute l'Albanie intérieure un aspect majestueux.
Les sommets les plus élevés de l'Albanie intérieure sont le mont Korab (2751 m), le plus haut d'Albanie et le troisième des Balkans, Gjalica e Lumës (2484 m), et le Mali i Dejës (2,264 m).
L'Albanie côtière se situe au sud-ouest des Alpes albanaises et à l'ouest de l'Albanie intérieure, dont elle est séparée par une ligne oblique, allant, dans le sens nord-ouest — sud-est, de Shkodër à Leskovik. Borné au nord par la Yougoslavie, et au sud-est par la Grèce, le littoral est baigné sur sa plus grande longueur par l'Adriatique, et, au sud. par la mer Ionienne.
L'Albanie occidentale diffère sensiblement des autres zones, principalement montagneuses. C'est en effet une zone en majeure partie plate. Sa portion montueuse est traversée par de larges vallées. Cette zone comprend les plaines fertiles du Mati, de Thumanë et celle de la Myzeqe, la plus vaste d'Albanie. Autrefois submergées d'étangs et de marécages, ces plaines, aujourd'hui bonifiées et aménagées, sont devenues de remarquables productrices de céréales panifiables et de plantes industrielles.
La nature de la côte montagneuse de Vlore à proximité de Sarande, est d'une particulière beauté. C'est la renommée "riviera albanaise", une région pittoresque, au climat doux, baignée par la mer Ionienne.
Les plus hautes montagnes de l'Albanie côtière sont le mont Nemercka (2.485 m) et le Tomorri qui culmine à la cime Partizani à 2.417 mètres.
Sur toute sa longueur, du nord au sud, le littoral albanais est jalonné de plages réputées. Les eaux pures, le sable fin à haute teneur en iode, la beauté de la nature environnante, les maisons de repos, les hôtels et les restaurants qui y ont été mis sur pied, en ont fait des centres de villégiature très appréciés par des milliers de travailleurs et par les touristes.
Eaux intérieures
L'Albanie est riche en cours d'eau, en lacs et en étangs. Ils y couvrent une superficie d'environ 64.000 hectares.
L'ensemble du territoire est sillonné d'un dense réseau de cours d'eau, généralement courts, le territoire albanais étant partout de largeur réduite et entouré, au nord comme à l'est et au sud, de montagnes relativement peu distantes de la mer. Les principaux fleuves sont le Drin (281 km) ; le Seman (252 km), le Shkumbin (146 km), la Vjosa (238 km), le Mati (104 km), l'Erzen (91 km), l'Ishëm (70 km).
La configuration montagneuse du pays influe considérablement sur le cours des fleuves. En raison de la forte dénivellation, le courant des fleuves dans leur cours supérieur est très rapide. Le contraire se produit dans leur cours inférieur où l'inclinaison est très faible. Presque tous les fleuves orientent leur cours dans la même direction, de l'est à l'ouest. Aucun d'eux n'est navigable, sauf la Buna qui prend sa source dans le lac de Shkodër et se jette dans l'Adriatique.
Cours d'eau et lacs albanais recèlent des ressources hydro-énergétiques qui atteignent quelque 1,5 million de kilowatts, alors que la production annuelle de ces ressources d'énergie pourrait atteindre 5 milliards de kilowatts-heure.
La variété du paysage albanais est complétée par les lacs et les étangs qui le parsèment et dont le nombre dépasse 150. Ils sont situés pour la plupart au sud-est du pays et tout le long du littoral. D'origine diverse, ils peuvent être classés en: 1) lacs tectoniques comme ceux de Shkodër, de Pogradec et de Prespa; 2) lacs élastiques comme les lacs de Belsh; 3) lacs d'origine glaciaire comme ceux de Lure, d'Allaman, etc; 4) lacs artificiels qui sont l'oeuvre de la main de l'homme — comme le lac d'Ulze, celui de Vau i Dejës, sans parler du vaste lac qui sera bientôt créé par le barrage de la grande centrale hydroélectrique de Fierze, etc. La plupart d'entre eux sont de dimensions réduites et situés à de hautes altitudes, les plus étendus étant ceux des zones frontalières, de Shkodër, de Pogradec et de Prespë, qui couvrent respectivement en territoire albanais une superficie de 370, 367 et 285 kilomètres carrés.
Par leurs eaux cristallines et la nature majestueuse qui les environne, tous ces lacs sont d'une grande beauté.
Climat
L'Albanie est située à une égale distance de l'équateur et du pôle Nord. Du fait même de la situation géographique du pays le climat y est tempéré. Néanmoins, certains facteurs, tels que la, proximité de l'Adriatique et surtout de la mer Ionienne, la grande diversité du relief, la direction des chaînes de montagnes les masses d'air chaud qui soufflent de l'Atlantiques ainsi que des profondeurs de l'Europe centrale et de la péninsule des Balkans, font que l'on peut y distinguer trois zones climatiques diverses. Le long du littoral s'étire, comme un étroit ruban, la zone méditerranéenne-atlantique, qui présente tous les traits du climat méditerranéen. L'est et le sud-est du pays subissent l'influence du climat continental. L'air continental y prédomine à toutes les saisons de l'année, et, les précipitations, températures et autres éléments présentent les mêmes caractéristiques. La zone climatique transitoire, qui couvre tout le reste de l'Albanie, est située entre les deux premières. Elles s'en distingue par le fait que l'air maritime y prédomine durant la moitié chaude de l'année et l'air continental durant la moitié froide.
La température annuelle moyenne au nord-est du pays est de 14°, au sud-ouest de 18°. Le mois le plus froid de l'année est le mois de janvier, au cours duquel la température moyenne, suivant les régions, oscille entre 3° et 10°, alors que le mois le plus chaud est juillet, avec une température moyenne de 25°-26°.
Ces données attestent que l'Albanie est un des pays les plus chauds des Balkans. Pour l'ensemble des saisons de l'année la température est relativement élevée, et le total des températures quotidiennes varie, d'une région à l'autre, entre 2.000 et 5.000° centigrades. La côte de Himare avec un total annuel de 5.000° est l'une des zones les plus chaudes.
Le niveau des précipitations annuelles dépasse 1.000 mm avec une répartition des pluies fort inégale selon les saisons. La période estivale est particulièrement sèche dans les régions du sud et du littoral. Les périodes de sécheresse, fréquentes, se prolongent parfois pendant plus d'un mois. L'automne et l'hiver sont marqués par de fortes pluies.
La flore et la faune
Peu de pays au monde, proportionnellement a leur superficie, possèdent une si grande variété de plantes, voire d'espèces, d'origine si diverse, que l'Albanie. La diversité du climat, la structure géologique et la géographie physique de l'Albanie sont les causes de cette grande richesse et de la variété de la flore et de la faune albanaises. L'Albanie voit croître sur son sol quelque 3.500 espèces de plantes qui représentent non seulement la majeure partie de la flore balkanique, mais qui comprennent aussi des plantes des régions les plus lointaines.
On peut distinguer en Albanie quatre zones de végétation. La plus basse est celle des maquis ou des arbustes, typiquement méditerranéenne. Les cultures prédominantes sont généralement celles de l'olivier, de la vigne et d'arbres fruitiers, notamment figuiers, orangers, citronniers etc. Parmi les arbres non fruitiers de cette zone citons la bruyère, le chêne égilops, le genêt, le cyprès, etc. On y cultive aussi dans d'excellentes conditions des céréales et des plantes industrielles, telles que le coton et le tabac. La seconde zone, celle du chêne, est la plus étendue. On y trouve les plantes qui résistent à la sécheresse relative propre à la zone méditerranéenne.
Des arbres fruitiers comme le noyer, le pommier, le poirier, le cognassier, le prunier, la vigne, etc., sont également fort répandus dans cette région.
La troisième zone, essentiellement humide, est celle des forêts. L'arbre caractéristique de cette zone est le hêtre; les hêtraies constituent en Albanie l'extrême limite supérieure de boisement, mais on y trouve également des pins. La quatrième zone, la plus élevée, est celle des pâturages alpestres.
La flore d'Albanie comprend également, pour une grande part, des plantes médicinales des plus variées. On en compte plus de 300. Tels sont notamment le sureau, le romarin, la sauge, la camomille.
Dans le passé, la riche flore de l'Albanie a été un objet d'étude pour de nombreux savants, étrangers, alors que les régimes antérieurs ne lui attachaient pas le moindre intérêt A cette époque, non seulement aucune étude n'avait été faite dans ce domaine, mais on n'avait pas rassemblé une collection, fût-ce sommaire, de notre flore. Le pouvoir populaire, conscient de l'importance de l'étude de la végétation du point de vue tant scientifique qu'économique, a arrêté une série de mesures visant à promouvoir le collectage et l'étude de la flore du pays. Aujourd'hui, 90% des études et des publications ayant paru et paraissant dans ce domaine, sont l'oeuvre des travailleurs scientifiques albanais. L'ensemble de ces recherches a pour centre Tirana.
La douceur du climat, l'abondance des forêts, l'hydrographie et l'orographie du pays ainsi que le caractère montagneux de son relief sont autant de facteurs qui ont concouru à donner à la faune albanaise une richesse et une variété remarquables. Le monde animal en Albanie, de même que la végétation est fort analogue à celui des pays méditerranéens et de l'Europe centrale. Outre les animaux domestiques, on y rencontre de nombreuses espèces d'animaux sauvages, loups, ours, renards, ainsi que des lièvres, chevreuils, chèvres sauvages, etc.
L'Albanie possède également de grandes richesses ornithologiques. En plus de toutes les espèces d'oiseaux domestiques, elle est peuplée de nombreux oiseaux sauvages, rapaces et non rapaces.
Les eaux albanaises abritent les poissons les plus divers. On y trouve environ 110 familles de toutes les espèces de poissons de la Méditerranée. Citons notamment le mulet, le bar, le rouget, etc.
Au lendemain de la Libération, le pouvoir populaire, conscient de la grande richesse que représentent la flore et la faune, a pris des mesures afin d'en assurer la préservation et l'exploitation rationnelle au profit du peuple tout entier.
Dans les lacs de montagne de Lurë.
Panorama des Alpes albanaises.
Le cours supérieur de Valbone.
Richesses du sous-sol
En dépit de sa faible superficie, l'Albanie renferme d'importantes ressources dans son sous-sol. Les études géologiques ont révélé que celui-ci renferme plus de 30 sortes de minéraux, (minéraux combustibles, bitumeux et métalliques), matériaux de construction et autres.
Du point de vue des richesses de son sous-sol, l'Albanie peut être divisée en deux zones principales: le Sud-Ouest, riche en hydrocarbures et en combustibles, et le Nord-Est, qui recèle des réserves de minéraux métalliques. Parmi les hydrocarbures viennent en tête le pétrole et le bitume naturel. Parmi les combustibles, il faut surtout citer le charbon de terre.
L'Albanie possède des réserves de minerais métalliques tels que chrome, cuivre, ferronickel etc. Par ses réserves en minerai de chrome, elle se range parmi les premiers pays du monde.
Le cuivre a été connu et exploité en Albanie depuis les temps les plus anciens. Il se situe dans les roches éruptives basiques et se présente sous forme de colonnes et d'agglomérats.
Parmi les minéraux non métalliques il convient de mentionner le soufre, l'amiante, l'arsenic, le sable, le gypse, l'argile, etc.
On y trouve des roches donnant des matériaux de construction et d'ornementation. Citons le marbre blanc du Korab, le marbre rose de Burgayet et celui de Korçë.
Les sources d'eaux minérales ont été exploitées dès les temps antiques. Les Romains avaient aménagé une station aux thermes d'Elbasan, dont les eaux ont un grand pouvoir curatif. Les plus importantes de ces sources sont celles d'Elbasan, Peshkopi, Selenicë, Leskovik et Glinë.
Sous les régimes du passé, les grandes richesses du sous-sol albanais n'ont jamais été mises au service du développement de l'économie nationale, mais exploitées au profit des sociétés monopoleuses étrangères. Le pouvoir populaire a mis fin une fois pour toutes, à cet état de choses. Toutes les sociétés et entreprises, propriété du capital étranger et local, ont été nationalisées. Ainsi les possibilités ont été créées pour que les richesses du sous-sol soient exploitées au profit du développement et de l'épanouissement du pays.
Chapitre II — La population de la R.P.S. d'Albanie
L'Albanie est l'un des pays du monde où le taux d'accroissement naturel de la population est le plus élevé. Alors que de 1923 à 1938, le taux moyen annuel d'accroissement de la population a été de 1,7%, de 1945 à 1973 ce taux moyen est monté à 2,4%.
Le fort accroissement de la population après la Libération est dû aux mesures prises par le pouvoir populaire dans le domaine de l'économie, de la culture et de la santé publique. Le visage actuel, socialiste, de la petite Albanie, présente une immense différence par rapport à sa physionomie passée.
L'Albanie connaît des réalisations imposantes auxquelles peu de pays dans le monde ont accédé. Elle se range parmi les premiers pays totalement électrifiés. Elle est le premier pays au monde qui a complètement supprimé les impôts et les taxes. En ce qui concerne le nombre des étudiants par rapport à la population, elle se classe parmi les pays les plus avancés et, d'autre part, le niveau des dépenses pour les besoins de la consommation sociale est relativement élevé, à quoi il convient d'ajouter que beaucoup de services, notamment l'assistance médicale, sont gratuits. Au cours des deux dernières décennies le fonds de la consommation individuelle s'est accru d'environ 4 fois.
Les travailleurs d'Albanie sont certains de la valeur de leurs revenus. Cette certitude a pour fondement réel et inébranlable la nature même socialiste de l'économie. Celle-ci, se développe de manière planifiée et proportionnée. En éliminant les contradictions antagonistes entre la production et la consommation, et en assurant un budget d'Etat constamment excédentaire, elle a créé toutes les conditions pour que les deux termes qui déterminent la valeur de ces revenus, les salaires et les prix, ne varient qu'en sens contraire, les premiers dans le sens de la hausse, les seconds dans le sens de la baisse, entraînant ainsi la hausse incessante des revenus réels de la population, accompagnée d'un accroissement continu des biens matériels et culturels. La croissance naturelle est le facteur principal de l'accroissement effectif de la population albanaise, l'émigration et l'immigration n'y jouant à présent aucun rôle.
Avec la Libération du pays, les conditions politiques et économiques d'autrefois, qui contraignaient les Albanais à prendre le chemin de l'émigration, furent supprimées.
En 1975, l'Albanie comptait environ 2.430.000 habitants, soit plus du double de la population de 1938. Mais le nombre des Albanais est bien plus élevé si l'on compte ceux qui vivent en dehors des frontières politiques actuelles de l'Etat albanais.
De 1938 à 1975, la densité de la population est montée de 36 à 84 habitants par km2. Bien entendu, cette densité varie d'une région à l'autre. Généralement, les régions montagneuses ont une population clairsemée, alors que les contrées basses de l'Albanie occidentale ainsi que le sud-est (région de Korçë) sont plus peuplés.
Après la Libération, la densité de la population s'est sensiblement modifiée, à la suite du fougueux essor de l'industrie, de la création de nouveaux centres industriels et agricoles, de l'assainissement des marais, du défrichement de terres nouvelles, etc. Durant cette période, on a assisté à un vaste mouvement de migration de la population des contrées montagneuses vers les plats pays et en particulier vers les nouveaux centres industriels. Avant la Libération, 15% seulement de la population vivaient dans les villes alors que ce pourcentage a maintenant atteint 33,9%.
De façon générale, les hommes sont plus nombreux que les femmes. Les hommes représentent 51,5% de la population. En 1970, les personnes en âge de travailler constituaient 49,2% du total de la population, les jeunes n'ayant pas atteint cet âge, 42,2% et ceux qui l'avaient dépassé 8,6%.
L'Albanie est l'un des pays d'Europe qui a le taux de mortalité le plus bas, le taux de natalité le plus haut et la durée moyenne de vie la plus élevée. De pays à taux de mortalité élevé qu'elle était avant la Libération (17,7% en 1938), l'Albanie a accédé au rang, de pays à faible taux de mortalité (7,9% en 1973). Ce taux est fonction directe des conditions de vie matérielles, culturelles et sanitaires de la population. La sollicitude que témoigne le pouvoir populaire pour l'homme, qui est à ses yeux le capital le plus précieux, a pour résultat direct l'allongement de la durée moyenne de la vie. De 38 ans qu'elle était en 1938, la durée moyenne de la vie était passée en 1950 à 53 ans et elle a dépassé aujourd'hui 69 ans.
Origine du peuple albanais
Le processus de formation du peuple albanais remonte à une époque si reculée qu'il se perd dans la nuit des temps. La question de l'origine du peuple albanais fut soulevée pour la première fois par les humanistes du XVe siècle, et notamment par les Albanais Marin Barleti et Marin Becichemi.
Partant d'arguments historiques, ils considéraient les Albanais à juste titre comme les descendants des anciennes populations établies en Albanie dans les temps antiques, autrement dit des Illyriens. Cette thèse fut scientifiquement étayée par l'historien I.G. Thunmann en 1774. Des arguments essentiellement linguistiques furent apportés en faveur de cette explication par les philologues G. Meyer, P. Kretschmer, N. Jokl, V. Cimochovsky et beaucoup d'autres. Ils ont démontré qu'un bon nombre de données recueillies de l'illyrien, entre autres les noms de lieu, de personne et certains termes isolés que nous fournissent les inscriptions ou les auteurs antiques, ne peuvent s'expliquer qu'avec l'aide des vocables albanais. Les observations anthropologiques renforcent également cette thèse. Elle révèlent en effet que le caractère brachycéphale des Albanais actuels correspond à celui de la plupart des crânes retrouvés dans les métropoles illyriennes.
Selon les résultats recueillis par les fouilles systématiques effectuées surtout après la libération, on peut dire que les premières traces de l'homme découvertes à ce jour sur le territoire d'Albanie remontent au paléolithique moyen et récent.
Les Illyriens ne sont cependant pas le maillon initial dans le processus de formation du peuple albanais actuel. La science archéologique et linguistique s'emploie à rechercher plus en arrière dans le temps les prédécesseurs des Illyriens, autrement dit les tout premiers ancêtres des Albanais actuels. S'appuyant sur un bon nombre de très anciens vestiges subsistant dans la langue albanaise ainsi que dans la culture matérielle du pays, certains hommes de science étrangers, notamment I.G. Hahn, G. Stier, L. Bülow, ont, dès le siècle dernier, avancé la thèse selon laquelle le peuple albanais descendrait directement des Pélasges, que l'on considérait comme les plus anciens habitants de la péninsule balkanique et du bassin méditerranéen. De nos jours également, certains chercheurs se sont attachés à démontrer l'existence de ces vestiges linguistiques et culturels dans l'albanais, qu'ils estiment être la langue d'un peuple très ancien. C'est ce que viennent confirmer aussi les résultats des récentes fouilles et recherches des archéologues albanais. Ces travaux ont en effet montré que l'ancienne thèse d'après laquelle les Illyriens se seraient transplantés dans les régions de l'Albanie actuelle au début du premier millénaire avant notre ère, autrement dit au début de l'époque du fer, ne peut plus être soutenue. Les archéologues albanais pensent que la présence des Illyriens et de leur culture dans les régions d'Albanie remonte au moins à l'âge du bronze, sinon à une époque antérieure. Comme on le voit, on a lieu de rechercher les ancêtres des Albanais en des époques encore plus reculées de l'histoire.
L'opinion selon laquelle le peuple albanais se serait établi très anciennement dans les régions qu'il habite aujourd'hui s'est vue ainsi étayée de plus en plus solidement. Tout en assimilant dans les périodes postérieures de nouveaux éléments ethniques et culturels, notamment sous la domination romaine et byzantine comme durant la colonisation slave, la population illyrienne a préservé dans le fond son propre caractère ethnique ainsi que sa langue et sa culture, et formé ainsi, à la faveur de nouvelles circonstances historiques, sociales et économiques, la nationalité albanaise actuelle.
Fouilles à Pojan.
Maison-musée de l'ancienne province de Gjirokastër.
Au musée de Pojan.
L'appellation nationale des Albanais
Notre peuple, aujourd'hui se dénomme lui-même "Shqiptar" et il appelle son pays "Shqipëri", mais les étrangers, eux, nous appellent Albanian, Albanais, Albaner, Albanese, et ils désignent notre patrie sous le nom d'Albania. Albanie. Albanien. De ces deux noms, le second est le plus ancien et il a été, jusqu'aux XVIIe et XVIIIe siècles le seul nom national de notre peuple.
Quelle est l'origine historique de ce nom?
Au IIe siècle de notre ère, le géographe Ptolémée, qui vécut à Alexandrie d'Egypte, fait figurer dans sa carte du monde une tribu qu'il dénomme Albanoi et une ville d'Albanopolis dans une zone qui correspond à l'Albanie centrale actuelle entre Durrës et Dibër. On a tout lieu de croire que la ville d'Albanopolis se situait sur l'emplacement du village de Zgërdhesh, (non loin de la ville de Krujë, à proximité de laquelle on distingue encore les ruines d'une ancienne cité illyrienne). C'est du nom de cette tribu que le peuple albanais a hérité son ancien nom national, sous lequel tous les autres, peuples du monde le désignent aujourd'hui. Aux XIe siècle, les Albanais sont cités pour la deuxième fois par les chroniqueurs byzantins comme Albanoi, Albanitai, et l'Albanie comme Albanon. On retrouve ces noms dans tous les documents historiques des siècles postérieurs du Moyen Age.
On sait qu'au cours du XIVe siècle et surtout du XVe siècle, à la suite de l'invasion turque, des milliers d'Albanais émigrèrent en Grèce et en Italie, où ils fondèrent des villages albanais, préservant opiniâtrement jusqu'à ce jour leur ancienne langue maternelle. Ces colons se nommèrent eux-mêmes "Arberèches" et ils appelaient leur patrie Arbër.
Les noms de Shqiptar et Shqipëri leur étaient totalement inconnus. On peut en déduire que ces noms, pour le moins jusqu'au XVe siècle, n'étaient pas encore en usage. Même les anciens auteurs albanais des XVIe et XVIIe siècles citent uniquement le nom d'Arbër. Cette dénomination survit encore de nos jours sur le territoire même de l'Albanie, en particulier dans la région comprise entre Vlorë et Delvinë. Non loin de Tirana, dans la zone où devait se trouver l'antique Albanopolis, se situe aujourd'hui le village d'Arbanë, dont le nom, comme il est facile de le voir, n'est qu'une autre forme de celui d'Arbën. Jusqu'au XVIIIe siècle, les Albanais qui se transplantaient dans des contrées étrangères baptisaient de ce nom leurs nouveaux villages. Le premier nom des Albanais et de l'Albanie est donc Arbër.
Les formes en Alb- usitées par les étrangers sont dues, suivant la plupart des savants qui se sont occupés de cette question, à une altération de Arb- en alb-.
Les nouvelles appellations de "Shqiptar", "Shqipëri", "Shqipni" sont apparues ces derniers siècles. Gjon Buzuku (1555), le plus ancien écrivain albanais connu jusqu'à ce jour, est le premier à avoir employé le mot "shqip", mais pour désigner la langue, cependant qu'il dénomme le pays "Arbën". De même, les autres auteurs du XVIIe siècle utilisent le mot "shqip" uniquement pour la langue. A partir de ce terme, qui désignait le parler, se créèrent postérieurement les noms de "shqiptar" et de "Shqipëri", qui se substituèrent progressivement aux anciens noms d'Arbër, et d'Arbëri.
Quant à l'étymologie du mot "shqip", beaucoup d'explications ont été avancées à ce sujet, sans qu'on soit parvenu à une conclusion pleinement acceptable. L'opinion la plus répandue retient que le nom de Shqiptar a son origine dans le mot "shqipe" (aigle), qui est particulièrement en honneur chez les Albanais.
Chapitre III — La division administrative et les villes principales du pays
La République Populaire Socialiste d'Albanie est divisée en 26 unités administratives, ou districts, qui relèvent directement de l'appareil central de l'Etat. Quelques districts se divisent à leur tour en un certain nombre de localités. La localité est une subdivision administrative qui se compose d'un certain nombre de villages constituant une unité territoriale. Le village regroupé occupe, dans la hiérarchie administrative, le même rang que la localité; il se compose de plusieurs villages qui, eux aussi, présentent une unité territoriale et économique, laquelle conduit à la création de coopératives regroupées. L'unité de base de la division administrative est, dans les régions rurales, le village. Aujourd'hui la carte d'Albanie comprend 62 villes, et agglomérations importantes assimilées administrativement aux villes. L'unité de base de la division administrative dans les zones urbaines est le quartier. Les grandes villes sont divisées en quartiers.
Les organes du pouvoir dans les districts, localités, villages regroupés, villages, villes et quartiers, sont les conseils populaires.
Cette division administrative de la République Populaire Socialiste d'Albanie a pour but de porter le pouvoir le plus près possible du peuple, de donner aux masses travailleuses la possibilité de participer activement au gouvernement de tout le pays et de concourir à l'heureux règlement des diverses questions d'ordre étatique, économique, culturel, etc.
Ancienneté des villes albanaises
Selon les époques historiques qui les virent naître, les villes d'Albanie se divisent en plusieurs catégories: les anciennes cités illyriennes, Scodrinon (Shkodër actuelle), Epidamnos ou Dyrrachium (Durrës), Antipatrea (Berat), Apollonie (aujourd'hui le village de Pojan dans la région de Fier), Buthroton (Butrint actuel); les villes qui ont vu le jour à l'époque de la colonisation hellène: Lissus (Lezhë actuelle), Nymphaîon (Shëngjin), Orikon (proche de Pasha Liman, dans le district de Vlorë), Phoinike (Finiqi actuel, village de Delvinë), Aneksimas (Sarandë); les villes qui furent fondées à l'époque des Etats illyriens: Byllis (lieu aujourd'hui non habité: Gradishte); Olympe (aujourd'hui le village de Margëlliç) etc.; les villes fondées à l'époque de l'occupation romaine: Aulon (Vlorë actuelle), Hadrianopolis (ville proche de Gjirokastër), Albanopolis (ville située à l'intérieur du triangle Durrës — Elbasan — Krujë), Skampa (sur l'emplacement de la Vile actuelle d'Elbasan), Claudiana (Peqin), Epicaria (Pukë actuelle); les villes apparues durant l'occupation byzantine: Krujë et Petrelë; les villes enfin qui ont été bâties au cours de l'occupation turque: Fier, Lushnjë, Kavajë, Tirana, Pogradec, Korçë, Voskopojë, Vithkuq, Leskovik, Përmet, Elbasan (sur les ruines de l'antique Skampa).
Berat.
Les principales villes de l'Albanie
L'Albanie a pour capitale Tirana, ville qui s'est vu décerner le titre Héros. C'est le principal centre économique, administratif et culturel de la République Populaire Socialiste d'Albanie. Elle est située au centre du pays et presque à égale distance des frontières du nord et du sud, de l'est et de l'ouest. La ville est environnée de toutes parts de molles collines.
Tirana est une ville relativement jeune. Il n'en est pas fait état dans des documents historiques avant le XVe siècle, époque des guerres de Skanderbeg. Jouissant d'une situation favorable, elle connut durant le XVIIe siècle un rapide essor et, bien que n'étant pas encore un centre administratif, elle joue à partir de 1614 un rôle important dans l'histoire du pays.
En 1920, Tirana devient la capitale de l'Albanie. Sa population, de 10.845 qu'elle était en 1923, était montée, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, à 25.079 habitants. Aujourd'hui la ville de Tirana compte 190.000 habitants.
Durant l'occupation nazi-fasciste, elle devint le centre de la Lutte de libération nationale. C'est là que fut fondé, le S novembre 1941, le Parti communiste d'Albanie, qui guida le peuple dans la Lutte de libération nationale. Des centaines d'actions y furent accomplies contre les occupants.
La bataille pour la libération de Tirana qui dura trois semaines (du 27 octobre au 17 novembre 1944), fut l'une des plus violentes et des plus glorieuses de la Lutte de libération nationale. Le 28 novembre 1944, le premier gouvernement démocratique présidé par le camarade Enver Hoxha faisait son entrée dans la capitale. [Le Conseil antifasciste de libération nationale dans sa deuxième réunion, tenue du 20 au 23 octobre dans Berat libéré, décida de constituer le Comité antifasciste de libération nationale en Gouvernement démocratique d'Albanie.]
Dehors les envahisseurs ! (Monument consacré à la victoire de Mushqeta sur les nazis, à la veille de la libération de Tirana).
Au cours des 30 années qui se sont écoulées depuis la Libération, la capitale de la R.P.S. d'Albanie a complètement changé d'aspect. Elle a revêtu les traits d'une ville moderne. En même temps que de grands ouvrages industriels et à destination socio-culturelle on y a construit des milliers de logements, des parcs et des jardins, des centaines de locaux modernes, qui assurent les services de la population.
Tirana est aussi aujourd'hui la première ville du pays quant à la production industrielle globale. Par rapport à 1938, la production industrielle de Tirana a augmenté de plus de 75 fois et elle représente aujourd'hui 21% de la production industrielle totale du pays. Les entreprises industrielles de la capitale satisfont aux besoins de l'économie en moteurs et électro-moteurs, en grues et excavatrices, en turbines, tubes d'acier et transformateurs, ainsi qu'à ceux de la population en tissus, vêtements, chaussures, articles alimentaires, meubles et articles ménagers, produits de verre et de porcelaine, ustensiles de cuisine, médicaments, cosmétiques et des centaines d'autres produits.
Aujourd'hui le combinat des textiles "Staline" à Tirana, produit 80 fois plus de cotonnades et de lainages que n'en produisait tout le pays en 1938.
Tirana est le plus important centre éducatif et culturel du pays. Le nombre des écoles et des établissements éducatifs et culturels s'y est accru d'année en année. A Tirana ont leur siège l'Académie des Sciences de la R.P.S.A., l'Université, l'Ecole supérieure du P.T.A. "V.I. Lénine", plusieurs instituts de recherche scientifique, l'Institut supérieur d'agronomie, l'Ecole supérieure des arts, de nombreux établissements d'enseignement secondaire, des polytechnicums et des technicums, le Théâtre de l'Opéra et du ballet, le Théâtre populaire (dramatique), le théâtre des marionnettes, les studios cinématographiques "Albanie nouvelle", les musées archéologiques ethnographiques, de la Lutte de libération nationale, des sciences naturelles, le musée "Lénine-Staline", la maison-musée du Parti du Travail, la Galerie des arts, le palais de la culture, le palais des pionniers, et l'on y dénombre de nombreux stades et terrains de sports. Dans le district de Tirana, un habitant sur trois va à l'école.
Le nombre des médecins dans les établissements sanitaires de la capitale est aujourd'hui supérieur au total du personnel sanitaire de l'Albanie en 1938. Aujourd'hui Tirana compte 31 établissements hospitaliers modernes, outre 16 polycliniques diverses, en regard d'un seul hôpital de 300 lits qui existait en 1938.
Si en 1938, il n'y avait dans tout Tirana qu'un seul jardin d'enfants avec 45 enfants et 2 éducatrices, on en comptait en 1972 72 avec 7.601 enfants et 429 éducatrices. En 1938, Tirana ne possédait pas une seule crèche. Elle en a aujourd'hui 44, avec 3.890 berceaux.
A l'ouest de Tirana se situe la ville de Durrës, l'une des plus antiques cités d'Europe, fondée en 627 avant notre ère. Epidamnos ou Dyrrachium, comme on l'appelait dans les temps antiques, ville importante et principal port de la côte orientale de l'Adriatique, a joué dans l'Antiquité un rôle très important. Le grand nombre de monuments qui y ont été découverts témoignent du haut degré de civilisation de la ville. Durrës, maintes fois dévasté par les tremblements de terre et les invasions étrangères, a été libéré le 14 novembre 1944 par l'Armée de libération nationale.
Durrës compte aujourd'hui plus de 60.000 habitants. Le district de Durrës occupe la deuxième place dans la République pour la production industrielle globale.
Les industries mécanique, alimentaire et légère y sont particulièrement développées.
Aujourd'hui, dans ce district, fonctionnent 211 institutions culturelles et éducatives, 12 établissements d'enseignement secondaire général, 83 écoles de huit ans, un grand nombre d'écoles professionnelles inférieures. Il possède en outre un large réseau d'établissements d'éducation pré-scolaire, des filiales de l'Université de Tirana, qui préparent des ingénieurs mécaniciens et des économistes, ainsi que de l'Institut supérieur d'agronomie et de l'Institut pédagogique.
La plage, qui s'étend au sud de la ville, est l'une des plus vastes et des plus salubres de l'Adriatique. Elle est bordée d'hôtels, de villas et de bungalows à l'usage des travailleurs et des touristes. Le sable y est très fin, le taux d'iode et l'ensoleillement très élevés.
Au nord-ouest du pays s'étend l'ancienne ville de Shkodër, baignée par son lac et la Buna, et dominée par la citadelle de Rozafat. Il en est fait mention dix siècles avant notre ère comme une cité de la tribu illyrienne des Labéates, puis comme la capitale du grand Etat illyrien des Ardiéens, qui livra de longues guerres à Rome. Elle a conservé son importance au long des âges. Shkodër est la dernière ville du pays, d'où l'Armée de libération nationale albanaise chassa, le 29 novembre 1944, les occupants fascistes. Ce jour est célébré comme la Fête nationale de la libération de l'Albanie. Aujourd'hui la ville, grâce à la sollicitude du pouvoir populaire, a changé de visage. Elle s'enorgueillit de sa zone industrielle qui s'étend d'année en année, et qui comprend notamment une puissante centrale hydro-électrique, une importante tréfilerie, une cimenterie, une briqueterie, une fabrique de fermentation du tabac et une manufacture de cigarettes. L'industrie alimentaire, qui fournit 40% de la production totale du district, occupe une place importante dans l'activité économique du district. Citons, entre autres, une importante minoterie, une fabrique de pâtes alimentaires, une grande laiterie industrielle, etc.
Au cours des deux dernières décennies, l'industrie du district de Shkodër s'est accrue de plus de 30 fois. Elle fournissait en 1974 8,4% de la production industrielle globale du pays. La part du district de Shkodër dans la production agricole globale était de 7,9%.
A Shkodër, autrefois, la lutte et la division religieuse étaient particulièrement marquées, les femmes y vivaient quasiment cloîtrées. Aujourd'hui, par contre, elle est devenue un important centre culturel. Elle possède un Institut supérieur pédagogique, de nombreux établissements d'enseignement secondaire et de huit ans. En outre, dans le district de Shkodër fonctionnent 138 établissements culturels et artistiques.
Des dizaines de femmes y occupent des postes de responsabilité et y exercent des professions diverses.
La plus grande ville de l'est de l'Albanie est Korçë, l'un des principaux centres économiques et culturels du pays. Libérée par l'Armée de libération nationale albanaise le 24 octobre 1944, la ville possède une industrie moderne et un artisanat développé, renommé surtout pour ses tapis d'art. A l'échelle du district, Korçë se situe au troisième rang dans le pays pour la production industrielle, cependant que la production agricole, considérable, représente plus de 1/10 de la production globale du pays. Korçë se classe au premier rang pour la superficie de terres arables, pour la production des céréales panifiables, de la pomme de terre, de l'avoine et de la luzerne, ainsi que pour le nombre de vaches, de porcs, d'équidés, etc.
La région de Korçë est également réputée pour ses cultures fruitières. Rien que sur les terres pauvres autrefois abandonnées de Dvoran et de Kamenicë ont été aménagés des centaines d'hectares de grands vergers, où ont été plantés plus de 107.000 pommiers, poiriers, cerisiers, pruniers, etc., qui donnent des fruits de haute qualité.
Outre Tirana, il existe en R.P.S. d'Albanie deux autres villes qui ont reçu le titre de Héros du peuple: Krujë et Vlorë.
Les visiteurs étrangers ont appelé Krujë, l'ancienne capitale de Georges Kastriote-Skanderbeg, le "balcon de l'Adriatique", et ce non seulement parce que de cette ville le regard se porte au loin sur cette mer, mais aussi parce que, à l'époque de Skanderbeg, c'était le lieu vers lequel tous les peuples des Balkans et d'Europe dirigeaient leurs regards, comme un lieu inexpugnable, comme le centre des invincibles Albans. Après la mort de Skanderbeg, le flot dévastateur des expéditions ottomanes ruina, en même temps que les villes, les plus beaux ouvrages d'architecture, châteaux, cathédrales, palais de la noblesse et édifices publics hérités des siècles passés. En même temps, les peintures et sculptures, de précieux documents et manuscrits furent brûlés ou dégradés. Mais la citadelle de Krujë, bien que sérieusement endommagée par les guerres et l'usure du temps, se dresse encore sévère et majestueuse, sur une colline rocheuse solitaire, à quelque 600 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Aujourd'hui, Krujë est le centre de toute la région du même nom, qui a été transformée en un importante zone industrielle et agricole. Les courbes de croissance et de développement de ce district sont particulièrement brillantes. La production industrielle en 1973 avait crû de 72,8 fois par rapport à 1930 grâce à la mise sur pied d'un combinat d'engrais chimiques phosphatés, d'une importante cimenterie et autres. La superficie des terres arables a augmenté de 4 fois par rapport à 1938, et on en recueille, rien qu'en blé, une quantité 54 fois supérieure à celle qu'on en obtenait en 1938, grâce surtout aux grands travaux de bonification effectués après la libération du pays.
La ville de Vlorë, elle aussi honorée du titre de Héros, se situe au sud-ouest du pays. Ptolémée, le géographe alexandrin du IIe siècle de l'ère nouvelle, la cite sous le nom d'Aulona. C'est dans cette ville que fut proclamée, le 28 novembre 1912, l'indépendance nationale de l'Albanie après le long joug ottoman, et instauré le gouvernement albanais ayant à sa tête Ismail Qemal. Vlorë est devenue aujourd'hui un important port et un centre industriel et culturel en plein essor. La production qu'on y obtient actuellement en 12 jours égale celle de l'ensemble de l'année 1938. En 1938 on ne comptait dans la région que 13 établissements, ateliers et petites fabriques, alors qu'on y dénombre à présent plus de 60 entreprises, dont une usine de soude caustique et une autre de chlorure de polyvinyle une fabrique d'ampoules électriques, une cimenterie, des fabriques de produits alimentaires etc. Vlorë possède aujourd'hui plus de 100 écoles de diverses catégories et 112 institutions culturelles et artistiques.
Vlorë et le district du même nom se sont transformés en un jardin fleuri. La superficie des terres en culture a doublé par rapport à l'avant-guerre. La ville est entourée de plantations d'oliviers et d'agrumes.
Vlorë fut libérée par les forces de notre Armée de libération nationale le 25 octobre 1944. Si notre peuple honore Vlorë du point de vue historique ce n'est pas seulement parce qu'il y fut proclamé l'indépendance le 28 novembre 1912, mais aussi parce que c'est précisément à Vlorë, en 1920, que les forces des envahisseurs italiens furent rejetées à la mer par les patriotes albanais. Vlorë est aussi le port dont les révisionnistes khrouchtchéviens s'efforcèrent de faire la base de leur agression social-impérialiste en Méditerranée. On connaît la ferme attitude de notre Parti et de notre peuple à cet égard. Le lecteur étranger trouvera cette position clairement illustrée dans le tome XIX des Oeuvres du camarade Enver Hoxha et dans le tome III de ses Oeuvres choisies, d'ores et déjà traduites en plusieurs langues.
Les deux villes-musées, Berat et Gjirokastër, présentent, par leur pittoresque, un intérêt particulier.
Berat, ou, comme on l'appelle encore, la ville aux mille fenêtres, a été fondé aux IVe-IIIe siècles avant l'ère nouvelle. Il a été plusieurs fois détruit et reconstruit. Dans l'état actuel de la ville, il y subsiste des ensembles architecturaux de réelle valeur qui appartiennent à la période comprise entre le milieu du XVIIIe s. et la fin du XIXe s. C'est aux maisons d'habitation que Berat doit son attrait sur le plan de l'architecture. La maison type de Berat à galerie intérieure, qui se généralise sous cette forme au milieu du XVIIIe siècle, est une bâtisse volumineuse de deux étages aux murs de pierre. Le rez-de-chaussée est occupé par les pièces de service; un escalier extérieur soutenu par une voûte conduit à la galerie du premier étage, sur laquelle donnent toutes les pièces d'habitation. Ce type de maison que l'on retrouve aussi dans d'autres villes de notre pays, s'est développé sur la base des habitations paysannes, les populations qui peuplèrent la ville au long des siècles de son essor étant venues des campagnes.
L'habitation bératoise offre de riches éléments de travail du bois. L'attention est surtout attirée par les pièces de réception où les maîtres albanais ont fait preuve d'une grande habileté technique et d'une réelle finesse de goût. Citons parmi ces travaux les plafonds, les placards, les "mafils" sculptés, qui sont de véritables oeuvres d'art. On trouve, entre autres, des sculptures d'une grande beauté à l'iconostase de la cathédrale de Berat.
Berat offre de grands ensembles pittoresques de constructions, tel celui de Mangalem, qui par son unité architecturale et son' caractère massif, produit l'impression d'une gigantesque construction unitaire. L'architecture de Berat se caractérise par l'équilibre, la composition horizontale, et une très adroite utilisation du terrain. Elle charme le regard et ses ensembles harmonieux, créés avec goût par la main sensible des maîtres populaires, éveillant un sentiment de sérénité. Le développement actuel de la ville a pour souci de préserver l'harmonie des constructions nouvelles avec la partie de la ville considérée comme musée, soit les quartiers de Kala, Mangalem et Goricë. On y effectue chaque année de nombreux travaux de conservation et de restauration, qui mettent de mieux en mieux en lumière leurs valeurs esthétiques.
L'industrie, dans le district de Berat, a connu un grand essor. Il comprend, entre autres, le centre pétrolier de Qytet-Stalin et le Combinat textile. C'est en outre un très important centre agricole dont les principaux produits sont les céréales, le coton, le tabac, les fruits, les olives. Une grande plantation de plus de 200.000 figuiers couvre une partie des collines environnant la ville.
Gjirokastër, située dans le sud du pays, constitue dans son ensemble un majestueux musée. La conception de la ville, sous l'aspect de l'urbanisme, est particulièrement intéressante et l'architecture médiévale d'une réelle originalité. Après avoir visité cette ville-musée, le publiciste français G. Chantepleure a dit: "Gjirokastër m'émerveille. Elle ne me rappelle aucune ville que je connaisse ni même que j'aie vue en rêve... De quelque côté que je me tourne, m'apparaît la cité argentée, capricieusement massée autour de sa citadelle... Je la regarde et la regarde encore sans me lasser..."
L'architecture originale de cette cité de pierre, construite sur le roc, enchante par sa force, son rythme dynamique, sa sveltesse et sa liaison organique avec l'environnement. Gjirokastër paraît avoir surgi des rochers sur lesquels elle se dresse. Dans son état actuel, la ville conserve des ensembles de constructions et des quartiers complets, qui appartiennent à la période allant de la fin du XVIIIe siècle à la fin du XIXe. Elle s'étage sur le versant du Mali i Gjerë, sur un terrain rocheux dénudé. La citadelle, construite sur une colline au centre de la ville et entourée de toutes parts de quartiers habités, domine la cité de toute sa masse imposante et monumentale. Les divers quartiers, fort pittoresques, couvrent le versant du Mali i Gjerë ou les sommets des collines. L'habitation de Gjirokastër, dont la fonction de défense apparaît manifestement, est une création typiquement albanaise. Elle s'est développée à partir des formes les plus simples jusqu'à sa forme achevée, à travers un long processus, qui s'est étendu sur quelque trois siècles, en répondant continûment aux besoins du temps.
L'intérieur d'un grand nombre des maisons reflète l'esprit créateur et le goût très fin des maîtres populaires: plafonds, portes, armoires, etc., en bois sculpté, cheminées tr