
Numérisation réaliser par Stéphane Dubois
Pour le CDRM
Lyon France
LA DOCTRINE COMMUNISTE
DE
MARX-ENGELS-LENINE-STALINE
EN SIX COURS
DEUXIÈME COURS
SOMMAIRE
INTRODUCTION
Vers la réalisation du communisme.
Le cadre historique : la Russie et l'Europe.
CHAPITRE PREMIER
De la lutte pour la création du Parti á la première révolution russe.
La lutte pour la fondation du Parti. - Lénine.
La Révolution de 190 et la tactique révolutionnaire de Lénine.
Les causes de la défaite de la première Révolution russe.
CHAPITRE II
De la réaction stolypinienne à la guerre impérialiste de I914-18.
La réaction stolypinienne. - « Matérialisme et empirio-criticisme » de Lénine.
Les Bolcheviks se constituent en un Parti marxiste indépendant.
Les Bolcheviks pendant la guerre impérialiste.
CHAPITRE III
La deuxième Révolution russe.
Défaite de l'Armée tsariste sur le front. - Ruine économique.
La Révolution de Février.
Les Soviets. Les menchéviks et les socialistes révolutionnaires remettent le pouvoir à la bourgeoisie.
CHAPITRE IV
Le Parti bolchevik prépare et accomplit la Révolution socialiste d'Octobre.
Les «Thèses d'avril de Lénine et la Conférence d'avril ».
La crise du Gouvernement provisoire bourgeois.
En son 7e Congrès, le Parti bolchevik s'oriente vers la préparation de l'insurrection armée.
Le Parti bolchevik déclenche l'insurrection.
Les raisons qui ont déterminé la victoire d'Octobre.
Le pouvoir des Soviets.
La paix de Brest-Litovsk et la lutte du Parti pour la consolidation du pouvoir soviétique.
CHAPITRE V
La victoire sur les forces de la contre révolution et l'intervention étrangère (1919-1920).
Les trusts étrangers soudoient les gardes-blancs.
Les raisons des victoires de l'Armée rouge.
CHAPITRE VI
Le rétablissement de l'économie nationale (1921-1925).
Le « N. E. P. ».
Vers la construction du socialisme. - La mort de Lénine.
Le plan d'industrialisation du XIVe Congrès.
CHAPITRE VII
La lutte du Parti bolchevik pour l'industrialisation socialiste (1925-1929).
Le financement de l'industrialisation.
L'offensive contre les koulaks.
La lutte contre les contre-révolutionnaires trotskistes et les saboteurs.
Le premier Plan quinquennal.
CHAPITRE VIII
La lutte du Parti bolchevik contre la collectivisation de l’Agriculture (1930-34).
Le succès du premier Plan quinquennal. - Le deuxième Plan.
L'encerclement capitaliste de l'U. R. S. S. et l'activité des agents de l'impérialisme.
CHAPITRE IX
L'achèvement de la construction du stalinienne (1935-1937).
La constitution stalinienne
La liquidation des espions et traîtres trotskistes et boukhariniens.
L'unité morale et politique.
CHAPITRE X
L'U. R. S. S. champion de la liberté du monde (1938--1944).
Les prodiges de l'Armée rouge dans la guerre contre l'envahisseur fasciste.
Les sources de la puissance soviétique.
CONCLUSION
Qu'apercevons-nous dans l'histoire du Parti bolchevik ?
Tableau chronologique
Lectures
Sujets de travaux personnels
INTRODUCTION
VERS LA REALISATION DU COMMUNISME
Marx et Engels avaient prouvé par la science que la société capitaliste devait disparaître nécessairement, pour céder la place à un régime social nouveau, qui ne serait plus basé sur l'exploitation de homme par l'homme.
Ce régime nouveau comporte, au cours de son développement, eux phases :
1° le socia1isne ; 2° le communisme.
« Du capitalisme, l'humanité ne peut passer directement qu'au socialisme, c'est-à-dire á la possession en commun des moyens de production et à la répartition des produits selon le travail de chacun. Le socialisme doit inévitablement se transformer peu à peu pour devenir, communisme, sur le drapeau duquel on lit : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. »
(Histoire du Parti bolchevik de l’U.R. S. S.)
Ainsi donc, deux étapes successives : Sous régime socialiste, les grands moyens de production, ceux qui sont mis en oeuvre collectivement, appartiennent à la collectivité, mais la rémunération de chacun est proportionnelle à la quantité et à la qualité de son travail. Sous le régime communiste, la productivité est assez élevée et l’homme assez débarrassé des tares anciennes pour que la répartition des produits du travail socialiste fasse sans limite selon les besoins de chacun. Nous aurons l'occasion de revenir sur cette distinction dans la suite de nos cours.
Marx et Engels avaient montré également que cette transformation de la société serait accomplie par la classe ouvrière, lorsque celle-ci, à la tête des masses laborieuses de l'ensemble de la nation, aurait mis terme au règne de l'oligarchie.
Les prévisions scientifiques de Marx et Engels se sont transformées en réalités historiques. L'Histoire s'est prononcée pour le marxisme contre les perroquets des deux cents familles qui avaient qualifié d’utopie le renversement du pouvoir des trusts, la construction socialisme, la réalisation du communisme.
Le régime capitaliste a cessé de dominer la totalité du globe depuis le triomphe de la révolution prolétarienne dans l'ancienne Russie tsariste, en octobre 1917. A cette date a commencé une ère nouvelles de l'histoire de l'humanité, celle du - remplacement du capitalisme par le socialisme. Depuis cette date, l'humanité tout entière est entrée dans une nouvelle étape de son histoire, qui s'achèvera inéluctablement par le renversement du capitalisme dans le monde entier.
A la veille de la guerre actuelle, le régime socialiste était réalisé sur la sixième partie du globe, en Unioń Soviétique où en même temps la marche triomphante du socialisme au communisme était déjà à l’ordre du jour.
Aujourd’hui, l’URSS marche en tête de l’humanité dans la guerre contre la barbarie hitlérienne. C'est elle qui a sauvé l’Europe du cauchemar de l’oppression fasciste, après avoir tout tenté aux jours de la paix, pour organiser les nations en vue d'empêcher l’agression. Tout le monde reconnaît que l’URSS a un secret jeunesse, de vigueur, de supériorité : ce secret, c'est le socialisme.
Comment le prolétariat ďe l'ancienne Russie tsariste et, sous direction sa direction, l’ensemble de la population laborieuse, ont-ils réussi à se débarrasser de tous les exploiteurs et à construire le socialisme ?
Comment le socialisme, réalisé en Union Soviétique, a-ti1 prouvé sa supériorité sur le régime capítaliste ?
Telles sont les deux questions que nous étudierons dans cours et dans le suivant, (nous de disposont pas du texte en question: note du CDRM )
La réponse à la première est fournie par le célèbre Précis d'histoire du Parti Communiste (Bolchevik) de l'U. R. S. S., rédigé par commission du Comité central ; cet ouvrage fait désormais partie plus grands chefs-d'œuvre de la littérature marxiste-léniniste. Il est en même temps le plus beau monument de la science historique du XXe siècle.
Le Précis d'Histoire, qui avait connu en France, dès sa parut une diffusion de masse sans précédent, fut interdit, au dèbut de guerre, par les hommes de la cinquième colonne : il est traqué depuis avec un zèle tout partícuier, une preuve de plus de son immense utilité pour les travailleurs.
Nous nous servirons du Précis d'Histoire dans le résumé sommaire qui constitue le présent cours.
LE CADRE HISTORIQUE : LA RUSSIE ET L'EUROPE
Toutefois, avant d'aborder le sulet même du présent cours, c'est-a-dire l’Histoire du Partí bolchevik et de sa lutte pour le renversement des oligarchies de l'ancienne Russie tsariste, puis pour la construction du socialisme et la défense de la Patrie soviétique contre l'agression fasciste, il nous faut dire quelques ,mots de la Russie elle-même.
Le prestige du Partí bolchevik et celui de l'Union Soviétique sont si grands que les hitlériens et leur valets ne savent plus à quel saint se vouer, ni quelle calomnie inventer. L'une des fables mises en circulation par eux est celle de 1a Russie « asiatique »„ avec laquelle l’Europe ne saurait jamais avoir de destinée ni de pensées commune. Cette a été fournie aux nazis par les DUMOULIN, Paul FAURE, et autres traîtres à la classe ouvrière et au pays, qui répétaient der 1917 que la Russíe est un pays arriéré, incapable de batir le socialisme !
Même M. CHAMBERLAIN, alors premier ministre de Grande-Bretagne et protagandiste de la politique de Munich, n'a pas rougi un jour déclarer à la Chambre des Communes, en y faisant le décompte grandes puissances européennes, qu'il n'avait pas à ranger la Russie: parmi elles parce qu'il fallait la considérer essentiellement comme une puissance asiatique ! Cette légende a toujours servi à isoler l'U. R.S.S pour faciliter les plans de Hitler.
Car iL s'agit bien d'une légende. jamais aucun historien sérieux n’a accordé le moindre crédit à cette affirmation impudente. Comme les Tchèques ou les Polonais, les Russes, Biélorusses et Ukrainiens appartiennent la vieille civilisation européenne.
Les Slaves de l'Est ont été convertis au christianisme dès le Xe siècle. Ils avaient, dès le IX siècle, une civilisation urbaine florissante, à Kiev et Novgorod, ces villes dont le babare envahisseur allemand a impitoyablement détruit les trésors d'art et d'histoire, Iaroslav le Sage (1015-1054) fut le Charelmagne de Russíe.
Le parallélisme des événements de Russie avec ceux de l’Europe occidentale est frappant : en France, c'est sous le règne de Louis VI le Gros mort en 1137, que commencent le mouvement des Communes, les efforts, et souvent les révoltes des marchands des bourgeois des villes pour obtenir des seigneurs une charte, c'est-à-dire une certaine autonomie, en Russie, c'est en 1106 que les habitants de Novgorod se soulèvent contre 1e Prince, limitent son pouvoir, obtiennent le droit de se réunir en Assemblée générale et d'élire une administration communale. On voit combien est ridicule la légende d'une Russie évoluant à l'écart des grands courants européens.
Moscou apparaît pour la 1ere fois dams l'histoire en 1147 alors que Berlin n'était qu'une bourgade misérable jusqu'à l'arrivée des protestants français réfugiés, arrivée qui eut lieu après 1685.
Pendant plus de deux cents ans, la Russie a,payé tribut aux Tartares Mongols : elle a subi leur joug jusqu'en -1480 et c'est-à-dire, ce que les amis des nazis rappellent volontiers, en exaltant comiquement comme type de pays de civilisation « européenne » selon leur coeur le pays de Franco, l’Espagne, qui a porté le joug des Maures pendant près de huit siècles, depuis 711 jusqu'en 1492.
Qui arrêta le flot des Mongols, sinon les Russes, au cours d'une lutte d'une grandeur et d'une continuité admirables ? Tandis que le sage roi de France, saint Louis, tremblait devant la menace des hordes de Gengis Khan, comprenant le danger qui pesait alors sur la civilisation occidentale, que faisaient les Allemands ? Ils tiraient bénéfice des luttes soutenues par les Moscovites contre les Tartares au nom de la civilisation de notre continent pour accentuer la marche vers l'Est, prêtant secours, par ce moyen, aux terribles ravageurs de l'Europe et de l'Asie.
De l'Elbe à la Volga. Le bloc des Slaves, avec en tête les Moscovites et les Tchèques, tenait bon devant les nomades des steppes; les Germains, dans le même temps, attaquaient, sans relâche, les Slaves d'Europe et profitaient de la terrible lutte engagée pour la sauvegarde de l'Europe, en s'infiltrant vers l'Oder, la Vistule, les Pays Baltes. Si le monde occidental avait pu, dès le Moyen-âge, développer une civilisation propre, celle dont témoignent les beffrois. De nos hôtels-de-ville et les tours de nos cathédrales, c'est à l'abri de cette résistance moscovite qui, après des siècles d'efforts, devait triompher définitivement de l'assaut tartare-mongol.
La Russie, état tardivement constitué ?
A 1a fin du XVIIe siècle, la Russie, après la réunion volontaire de l'Ukraine, après la conquête de la Sibérie, était un immense et puissant état qu'allaient affermir les réformes de Pierre I er. A la même époque, la Prusse n'était pas encore un royaume, et les domaines Hohenzollern, noyaux de la future Allemagne, restaient distants, les uns des autres et sans unité, pauvres et mal peuplés.
« Nous autres, Allemands, nous datons d'hier. C'est une parole de Gothe. L'aîné de Goethe d'une génération, fut le grand écrivain et savant russe Lomonissoy (1711-1765).
Aux idées des philosophes et des hommes les plus éclairés de la France du XVIII siècle correspondaient, en Russie, les aspirations progressives et les demandes de réformes d'un Naditchev. C'est contre ancien régime que les décabristes se sont les premiers dressés, les armes à la main, contre l'autocratie en 1825. Ainsi, toute l’histoire de Russie se rattache intimement à celle de l’Europe, et qui, plus est, pas sans contacts et rapports particuliers avec celle de notre pays.
Au 19eme siècle, les grands poètes, les grands musiciens, les grands peintres et les grands savants illustrent la Russie; la floraison de l'Intelligence russe brille d'un éclat avec lequel il n'est pas sûr que L'Allemagne de ce temp-là supporte la comparaison. Les révolutionnlaires démocrates éminents comme TcherncIhevaki luttent contre l'absolutime pour la libération des paysans et des peuples opprimés
A la fin du XIX siècle, on comptait déja en Russie près de trois millions d'ouvriers industriels. Ce prolétariat industriel moderne se caractérisait tant par la concentration dans les grandes entreprises capitalistes que par sa combativité révolutionnaire.
(Histoire du PC (b.) (le l'U. R. S. S., page 7.)
Au point de vue èconomique aussi, la Russie suivait donc bien, quoiqu'avec un certain retard, l'évolution générale de l'Europe.
CHAPITRE 1
DE LA LUTTE POUR LA CREATION DU PARTI
A LA PREMIERE REVOLUTION RUSSE
La lutte pour 1a fondation du parti Lénine.
Marx et Engels ont enseigné a la classe ouvrière qu'elle ne pourrait vaincre 1e capitalisme si elle ne possède pas son propre art révolutionnaire.
Des partis ouvriers se réclamant du marxisme se sont développés durant la deuxième moitié du XIX siècle. Ils ont pris, sauf en France, le nom de « Partí ouvrier social démocrate ».
A la fin du XIX siècle ces partis, constituant la IIe Internationale, n'étaient plus de véritables partis de combat contre l'oligarchie. Au point de vue théorique, ils n'avaient su développer ni même conserver les enseignements révolutionnaires du marxisme.
Au point de vue pralique. ils étaient orientés surtout vers l'action électorale, le parti devenant l'appendice du groupe parlementaire. Depuis 1a mort d'Fngels (1895), ces partis tombaient de plus en plus dans l'opportunisme, c'est-à-dire la conciliation à l'égard des exploiteurs, l'oubli des nuts propres du mouvement ouvríer.
C'est la classe ouvrière de Iussie qui, la première, devait avoir son parti de combat, d’un type nouveau. Précisément. parce que l'industrie était de création plus récente en Russie que dans d'autres pays, elle y était trés souvent concentrée. De grandes grèves se produisaient. Le mouvement ouvrier gagnait en ampleur et en vigueur dès les années 1880 et suivantes. Il était réservé Lénine d’unir la science marxiste et lemouvement ouvrier, de fonder le Parti Bolchévik et de conduire la classe ouvrière, les paysans, et tout le Peuple opprimé à la victoire sur le tsarisme et les exploiteurs.
Lénine (Vladimir hitch Oulianov) est né à Simbirsk (aujourd'hui Oulianovsk), en 1870. A 17 ans, il est arrêté pour avoir participé au mouvement révolutionnaire des étudiants. Depuis sa vie se confond avec le mouvement révolutionnaire du prolétariat, avec la vie du Parti qu'il a créé, organisé et éduqué.
Lénine a voulu créer pour le prolétariat un parti qui fût un parti révolutionnaire de combat. C'est l'union de luttes pour la libération de la classe ouvrière, fondée en 1893 á Pétersbourg pour unifier les cercles marxistes et pour les unir pratiquement avec le mouvement ouvrier qui devint l'embryon d'un tel partí.
D'autres unions furent créées. Elles se réunissent en congrès à , Linsk, 1898, mais c'est le deuxième congrès, tenue en 1903, á Bruxelles, puis, par suite des persécutions de la police belge, à Londres, qui fonde le Parti, en adoptant un programme, des statuts.
Comme les partis ouvriers des pays occidentaux, le Parti qui venait d'être fondé s'appela social-démocrate. Il prit 1e nom de Parti ouvrier social-démocrate de Russie. Mais Lénine travaillait à faire un parti différent des partis social-démocrates d'occident qui sombraient de plus en plus dans l'opportunisme. Il travaillait à en faire un parti d'un type nouveau, « un véritable parti marxiste qui se montre irréconciliable á l'égard des opportunistes et révolutionnaires, à l'égard de la bourgeoisie, qui soit de Parti de la révolution sociale, un parti de la dictature du prolétariat » (page 133).
Il s'agissait donc de faire triompher le socialisme. Mais, pour accomplir cette tâche essentiel le programme disait que le Parti devait, en premier lieu, s'acquitter d'une tâche immédiate, savoir renverser l'autocratie tsariste, créer une république démocratique, instituer pour l'ouvrier la journée de 8 heures, supprimer à la campagne tous les vestiges du servage, augmenter les lots de terre des paysans.
Afin d'accomplir (Cette grande oeuvre à laquelle le peuple entier aspirait, Lénine ne voulait admettre dans le Parti que des combattants fermés, que des hommes décidés à participer personnellement á l'action du Parti. Trotskí entendait, au contraire, ouvrir le Parti à tous ceux qui désiraient y- entrer, même s'ils ne voulaient pas se soumettre à sa discipline et payer de leur personne ; si Trotski l'avait emporté, l’histoire n'aurait pas connu les Partis communistes d'un type nouveau, vrais étals-majors du combat pour la liberté, troupes de choc des peuples en lutte aujourd’hui contre l'envahisseur hitlérien.
Staline, qui militait depuis 1898 en Transcaucasie, ne se trouvait pas au congrés pour seconder celui dont il était le meilleur disciple : il était en prison.
Léniné réussit réfuter les idées répandus par les amis russes des opportunistes d'Occident, qui ne voulaient pas d'un parti fortement organisé, discipliné, et capable de diriger réellement la lutte des masses travailleuses, Lénine et ses disciples obtinrent la majorité au IIe congrès lors des élections aux organisme dirigeants, d’où le nom de « bolchevik », du mot russe signifiant « majorité ». Les adversaires de Lénine furent appelés « menchéviks », du mot russe «minorité ».
Dès Bolcheviks el les Mencheviks se révèlent comme deux groupes politiques distincts. Les Menchevils, qui demeurent à l'intérieur du Parti, ne cessent d'y déployer une activité scissionniste.
Durant cette période, les ouvrages de Lénine posent les fondements idéologiques et les principes d'organisation du futurl Parti bolchevik.
LA REVOLUTION DE 1905
ET LA TACTIQUE REVOLUTIONNAIRE DE LENINE
De 1901 au mois de mai 1905, le mouvement ouvrier prend en Russie un essor considérable. Les ouvriers organisent des grèves et des manifestations grandioses, entraînant la paysannerie, laquelle, en plusieurs endroits, s'empare des terres des grands propriétaires. En 1904, éclate la guerre russo-japonaise, provoquée par les convoitises du Japon en Extrême-Orient, et les calculs politiques du tsar. Le Gouvernement tsariste pensait que 1a guerre arrêterait la révolution, Mais la guerre impopulaire, au cours de laquelle l'armée tsariste, mal nourrie, mal instruite, conduite par des généraux vendus; et inecapables, subit défaite sur défaite, hâta la révolution.
De grandes grèves, des manifestations sanglantes de la classe ouvrière marquèrent le premier semestre de 1905. En même temps, les paysans occupaient les terres, à travers tout le pays, depuis la Géorgie jusqu'à la Lettonie et l’'Esthonie, où ils expulsaient des campagnes, mains armées, les propriétaires fonciers : des barons allemands. A l'automne, le mouvement, déferla sur tout le pays, dirigé dans les villes par des Soviets (conseils) de députés ouvriers, soutenu par les détachements de combat les usines englobant, avec les ouvriers et les paysans. La marine de guerre, les instituteurs et les médecins, les professeurs et les étudiants; etc.
Lénine rentra de l'étranger en novembre. Staline disait aux ouvriers de Tblissi (Tifus) : « Que nous faut-il pour vaincre Trois choses 1° Nous armer ; 2° Nous armer ; 3° Encore et encore une fois nous armer. » Le 7 décembre, éclatait à Moscou la grève générale politique qui se transforme rapidement en insurrection armée.
C'est en grande partie parce que Trotski et les Mencheviks, maîtres de la situation à Pétersbourg (Leningrad) empêchèrent le développement de la grève générale de cette ville en insurrection armée que les ouvriers de Moscou furent écrasés.
Tous les peuples de la Russie tsariste avaient participé au mouvement. En Ukraine, les ouvriers insurgés de Louganks étaient dirigés par l'ajusteur Clément Vorochilov. En Finlande les ouvriers avaient formé une garde armée qui désarmait la police et faisait fuir hors du pays les fonctionnaires tsaristes ; le peuple finlandais élut son propre gouvernement, mais les riches de Finlande, effrayés du rôle que la classe ouvrière allait jouer dans la nation libérée et rénovée, trahirent le mouvement et s'entendirent avec le tsar pour organiser une répression sauvage.
C'est au cours de cette période que Lénine a jeté les bases de la tactique révolutionnaire à l'aide de laquelle le Parti Bolchevik , put conduire, plus tard, en 1917 le prolétariat de Russie à la victoire sur le capitalisme.
La révolution de 1905 était une révolution démocratique bourgeoise. Elle était dirigée contre le tsarisme pour les libertés démocratiques sans sortir des cadres du capitalisme.
Loin que les Bolcheviks fassent fi de la question de la démocratie, on voit comment ils jetaient toutes les forces dans la balance pour lutter en sa faveur. Il suffit donc de songer à la Révolution de 1905 pour faire justice des misérables calomnies de ceux qui essaient de nier que le Parti communiste est essentiellement un parti de démocratie, un parti qui entend assurer au peuple lui-même et à lui seul la libre décision sur son gouvernement, le libre choix de ses institutions. La question des libertés politiques n'a jamais été et ne sera jamais indifférente au Parti communiste.
Lénine a montré que le prolétariat devait intervenir dans une telle révolution pour la pousser jusqu'au bout, jusqu'au renversement du tsarisme et à l'anéantissement des vestiges de la féodalisation ; que le prolétariat devait, dans ce but, acquérir le rôle dirigeant dans la révolution, l'hégémonie, et s'allier avec 1a paysannerie pour éviter la confiscation de la direction du mouvement par les grands bourgeois en quête de constitutions truquées et d'arrangements avec le tsar, par les ouvriers de la onzième heure, par les éléments conciliateurs et hésitants, en un mot, pour garantir la conduite de la révolution jusqu’au plein achèvement. Pour renverser l'oppresseur, Lénine préconisait l'insurrection armée du peuple.
Lénine a montré, en outre, qu'après l'achèvement de la révolution démocratique, il fallait s'engager tout de suite sur la voie de la révolution socialiste; transformer la révolution démocratique bourgeoise en révolution socialiste, en passant du renversement du tsarisme, au renversement de la bourgeoisie capitaliste qui, déjà avant la révolution, avait commencé à se grouper en trusts puissants et qui sacrifiait honteusement les intérêts de la Patrie à ses intérêts de classe; on sait, en effet, que les capitalistes russes, en échange du soutien que les banques franises, anglaises, belges, etc., leur accordaient pour payer la police du Tsar, batir les usines, construire des chemins de fer, non seulement partageaient avec les oligarchies étrangères les dépouilles du peuple, mais, pour favoriser les importations, n'avaient donné à la 'Russie ni industie des machines, ni industrie chimique, ni industrie suffisante des armements. D'où une cause grave de faiblesse pour le pays.
C'est ainsi que Lénine et les Bolcheviks représentaient les intérêts profonds de la Russie, travaillaient pour sa sûreté, son indépendance sa grandeur, quand ils voulaient renverser le tsarisme et renverser bourgeoisie capitaliste.
Les menchevi'ks ne voulaient rien de tout cela : ils voulaient freiner la révolution, s'allier avcc la boungeoísíe et se borner à « améliorer » le tsarisme.
LES CAUSES DE LA DEFAITE
DE LA PREMIERE REVOLUTION RUSSE
La révolution fut vaincue malgré l'héroïsme des ouvriers. Le tsarisme subsista, quoique le mouvement révolutionnaire se fût prolongé qu’en 1907.
La révolution de 19O5 fut vaincue principalement parce que :
1° L'alliance: entre la classe ouvrière et la paysannerie n'était pas encore solide, une partie considérable des paysans avait encore foi dans le tsar ;
2° Ce fait entraîna aussi la troupe, composé en maijeure partie de de fils de paysans, à ne pas passer aux côtés des ouvríers, malgré plusieurs cas de révolte (insurrection à bord du cuirassé Potemkine) ;
3° Les ouvriers n'agissaient pas, eux non plus, avec assez de cohésion : dans les régions les moins avancées, ils entrèrent en lutte seulement en 1906;
4° Les mencheviks divisaient la classe ouvrière avec leur tactique deconciliation;
5° Les impérialistes de l'Europe occidentale ont aidé le tsar à écraser la révolution (emprunt français) ;
6° La paix signée avec le Japon, en septembre 1905, raffermit la situation du tsar.
Cependant, au cours des années révolutionnaires, les masses populaires ont acquis une riche expérience politique qui préparaît le triomphe de la révolution socialiste d'octobre 1917. La révolution de 1905 a montré également que les Bolcheviks savaient à la fois conduire l'offensive et se replier en bon ordre ;qu'ils étaient mûrs pour assumer le rôle de dirigeants révolutíonnaires de la classe ouvrière et du peuple entier.
CHAPITRE II
DE LA REACTION STOLYPINIENNE
A LA GUERRE IMPERIALISTE DE 1914-1918
La Réaction stolypinienne
«Matérialisme et Empirio-Criticisme » de Lénine.
Durant les dures années de répression qui suivirent la défaite de la révolution de 19O8 à 1912, les Bolchevik passèrent, en bon ordre et sans le moindre découragement, de 1a lutte directe contre le tsarisme. à des voies détournées. Ils travaillaient á rassembler les masses en vue d'une nouvelle offensive, en utilisant toutes les possibilités légales, en combinant toujours l’action légale avec l'action illégale. Ils donnaient des exemples les plus brillants d'utilisation des syndicats, des caisses d'assurances, des coopératives, etc., reconnues par le pouvoir, pour continuer leur action de rassemblement des forces en vue du combat : admirable leçon que le mouvement ouvrier d'aucun pays ne doit jamais oublier.
Parallèlement à l'offensive réactionnaire contre le mouvement ouvrier, se développe, en cette période, l'offensive contre le marxisme. Certains intellectuels détachés du Parti s'en font l'écho et tentent de falsifier le marxisme au moyen de théories d'origine bourgeoise.
Lénine leur infligea, à eux et leurs maîtres occidentaux, une défaite décisive en publiant, en 1909, son ouvrage génial : Matérialisme et Empior-Critiscisime. Dans cet ouvrage, Lénine défendit victorieusement la théorie marxiste, en la développant à la lumière des nouvelles découvertes faites par la science depuis la mort d'Engels.
Les Bolcheviks se constituent en un Parti marxiste indépendant.
En 1912, se réunit, à Prague la VIem Conférence des Bolcheviks. Elle chassa les Mencheviks des rangs du Parti. Les Bolcheviks cessent d'être un simple groupe politique; ils se constituent en parti indépendant : Le Parti ouvrier social démocrate (bolchévik) de Russie. C'est le Parti de type nouveau, le Parli révolutionnaire de combat, le Parti bolchévik préparé au cours de toutes les luttes que nous venons de rappeler.
On peut dire en toute certitude que jamais encore, dans l'histoire, un groupe politique n'avait été anssi bien préparé pour se constituer en parti, que c'était le cas du groupe bolchevik (p. 133).
Ce n'est pas sans raison qu'on à dit de nous : «fermes comme le roc », déclarait Lénine en parlant des Bolchéviks. Au contraire, les mencheviks avaient abandonné de plus en plus la voie de la lutte : ils exigeaient que le parti illégal soit supprimé, liquidé, et c'est pourquoi on les appela les liquidateurs. Ils répudiaient de plus en plus ouvertement le programme du Partí, ses objectifs et ses mots d'ordre de combat. Trotski les soutenait tant qu'il pouvait, en se réclamant phrasisaïquement de l'unité.
La conférence de Prague eut une signification historique immense.
Sí les Bolcheviks n'avaient pas chassé du Parti les mencheviks conciliateurs, traîtres à 1a cause ouvrière, le partí prolétarien n'aurait pas pu, en 1917, soulever les masses pour la conquête de la dictature du pro1étariaV (p. 137). Il n'aurait pas pu fournir le modèle de notre Parti communiste français, intransigeant vis-à-vis des capitulards, école d'abnégation, d'endurance et d'héroïsme.
La Guerre impérialiste de 1914_1918
Quand la guerre impérialiste a éciliaté en 1914, le mouvement ouvrier russe était de nouveau en plein essor et les Bolcheviks luttaient à la tête des masses sous le mot d'ordre « pour une nouvelle révolution ». En juillet 1914 les ouvriers dressaient des barricades à Pétersbourg. C'est durant ce même mois que l'Allemagne a déclaré a guerre à la Russie, et le tsar en profita pour écraser les organisaions des Bolcheviks qu'avaient conquís les syndicats et toutes les organisations légales de la classe ouvrière.
Les Bolcheviks pendant la Guerre impérialiste.
Quelle était l'attitude des Bolcheviks devant la guerre ?
Les Bolcheviks n'étaient Pas contre toute guerre. Ils étaient seulement contre la guerre de conquête, contre la guerre impérialiste. Les Bolcheviks estimaient qu'il y a deux genres de guerre.
a) La guerre juste, non annexionniste, émancipatrice, ayant pour but soit de défendre le neuple contre une agression du dehors et contre les tentatives de l'asservir, soit d'affranchir le peuple de l'esclavage capitaliste; soit enfin de libérer les colonies et les pays dépendants du joug, des impérialistes;
b) La guerre injuste, annexionniste, ayant pour but de conquérir et d'asservir les autres pays, les autres peuples.
Les Bolcheviks soutenaient la guerre du premier genre. En ce qui concerne l'autre guerre, les Bolcheviks estimaient qu'on devait diriger contre elle une lutte résolue, allant jusqu’á la révolution, au renversement de son gouvernement impérialiste (page 158).
Pénétrés de tels principes , les Bolcheviks expliquaient à la classe ouvrière et au peuple russes qu’ils n'avaient pas d'intérêt dans une guerre qui était celle des trusts, avides de conquérir des marchés en Turquie ou ailleurs, et que le tsar entendait exploiter pour étouffer le mouvement ouvrier. Ils dénonçaient la trahison de da IIeme internationale qui voyait avant tout la guerre comme une occasion sans pareille de renoncer completemcnt ; à la lutte contre l'oligarchie capitaliste au lieu de dénoncer celle-ici plus vigoureusement que jamais en raison de ses responsabilités dans le déclanchement du terrible conflit. Ils ne fléchirent pas, même dcvant une répression sauvage, accompagnée de l'arrestation et de la déportation de leurs députés.
Les Bolcheviks faisaent leur travail en Russie en se basant sur les enseignements dévoloppés par Léníne dans ses ouvrages composés dans la guerre, avant tout, dans son impréialisme ,stade suprême du capitalisme (1916). Comme nous l'avons vu dans le :premier cours, Lénine y donne l'analyse de la nouvelle période du capitalisme, l'impérialisme, il y établit une nouvelle méthode de la révolution prolétarienne, en montrant la possibilité d’une victoire du socialisme dans pris à part.
Dans la période précédente, les marxistes avaient estimé que la victoire du socialisme triompherait simultanément dans tous les pays civilisés. C'est en partant des données relatives a capitalisme des trusts, telles qu'elles étaient exposées dans son remarquable ouvrage que Léníne renversa cette conception comme périmée : « Il formulait une nouvelle conception théorique d'après laquelle la victoire simultanée du socialisme dans tous les pays était jugée impossible, tandis que la victoire du socialisme dans un seul pays cajpitaliste pris à part était reconnue possible » (p 160).
Léníne se fondait, pour arriver à cette conclusion, sur la constatation que le « développement du capitalisme se fait d'un façon extrêmement inégale dans les différents pays ». Cette loi d'inégalité dans l'évolution, d'irrégularité dans la façon dont se développent les différents pays soumis aux trusts s'est constamment vérifiés, jusqu nos jours.
CHAPITRE III
LA DEUXIEME REVOLUTION RUSSE
Défaite de l'Armée tsariste sur le Front. - Ruine économique.
L'armée tsariste essuyait défaite sur défaite, par suite de l’insuffisance du matériel et de la trahison de ses chefs. Le Ministré de la Guerre lui-même était aux ordres du service d'espionnage allemand. Les généraux vendaient les secrets militaires aux Allemands avec lesquels la tsarine était de connivence.
La ruine économique s'aggravait dans le pays et un mécontentement immense se développait au front et à l'arrière.
L'oligarchie impérialiste était mécontente, elle aussi, parce qu'elle voyait que le tsar était incapable de gagner la guerre. Pour sa part, elle voulait simplement déposer Nicolas II pour le remplacer par un tsar lié à la bourgeoisie le grand duc Michel, frère de l'empereur.
Mais le peuple en décida autrement.
La Révolution de Février.
C'est dans les journées de janvier-février, 1917 que la crise des denrées alimentaires, des matières premières et, du combustible, atteignit son point culminant, sa plus grande acuité. Il y eut arrêt presque complet des transports de vivres sur Pétrográd et sur Moscou. Les entreprises fermaient l'une après l'autre, augmentant le chômage. La situation des ouvriers était devenue particulièrement intenable. Des masses populaires de plus en plus profondes arrivaient à la concviction qu'il n'y avait qu'une seule issue à cette situation intolérable : renverser l'autocratie tsariste (p 164).
Les Bolchevik travaillaient partout au développement de la révolution. Par contre, les mencheviks, et les socialistes-révolutionnaires essayaient de canaliser lc mouvement des masses dans des voies voulues par la bourgeoisie libérale.
En janvier 1917, des grèves, qui si transforment en manifestations, se déroulent à Pétrolgrad, à Moscou et dans plusieurs centres industriels. A Pétrograd, les soldats font cause commune avec les manifestants.
Le 18 février, éclate à Pétrograd la grève de l'usine Poutilov (aujourd'hui usine Kirov). Le 22 février, les ouvriers de la plupart des grandes usines se joignent au mouvement. Le 23 (8 mars de notre calendrier), journée internationale des femmes - à l'appel du Comité bolchevik de Péłrograd, les ouvrières descendent dans la rue pour manifester contre la guerre, la famine et le tsarisme. Le 24 février, la manifestation redouble de force; le 25, elle s'étend à tous les ouvriers de Pétrograd : les gréves politiques des différents quartiers se transforment en grève générale politique de toute la ville. Le 26, la grève générale politique et les manifestations se transforment en insurection. Les ouvriers désarment la police et la gendarmerie, s'arment eux-mêmes.
Le bureau du Comité central du Parti, qui se trouvait alors à Pétrograd, sous la direction de Molotov, appela les masses dans un manifeste à poursuivre la lutte armée contre le tsarisme et y créer un gouvernement révolutionnaire provisoire.
Le 27 février (12 mars) les troupes refusent à Pétrograd de tirer sur les ouvriers et passent aux côtés du peuple insurgé ; Les soldats insurgés, qui n'étaient que 10.000 le matin, sont 60.000 le soir. Ouvriers et soldats insurgés arrêtent les ministres et les généraux tsaristes, libèrent les révolutionnaires emprisonnés, qui s'incorporent immédiatement dans la lutte.
Le tsarisme était renversé. La révolution démocratique bourgeoise de février triomphait. Elle avait triomphé parce que sa promotrice avait été la classe ouvrière qui s'était mise à la tête du mouvement des millions de paysans en capote de solidat « pour le pain, pour la paix, pour la liberté». L'hégémonie du prolétariat avait « déterminé le succès de la révolution (p 166).
La première révolution de 1905 avait préparé la victoire rapide de la deuxième révolution de 1917.
Les Soviets, les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires remettent le pouvoir à la bourgeoisie.
Dés le début de la Révolution, réapparurent les Soviets dans tout 1e pays. A la différence des Soviets de 1905, qui étaient des Soviets de députés ouvriers, c'étaient des Soviets de députés ouvriers et soldats. Le peuple considérait les Soviets comme l'organe du nouveau pouvoir. Effectivement, la majorité écrasante de la population y était représentée, puisque, l'armée étant formée de paysans, les députés soldats étaient en fait des députés paysans.
Pendant que les Bolvhéviks étaient á la tête des masses dans les combats de rue. Les Mencheviks et les socialistes-révolutionnaires manoeuvraient pour acquérir la majorité dans les Soviets. Les chefs des Bolcheviks étaient en exil, comme Lénine, ou déportés en Sibérie comme Staline. Les chefs mencheviks et socialistes-révolutionnaires se promenaient librement à Pétrograd. Par des promesses, ils réussirent à gagner 1a confiance de larges couches populaires, notamment dans 1a paysannerie. Grisés par les premiers succès, les masses envoyèrent dans les Soviets en en majorité des menchevíks et des socialistes-révolutionnaires, croyant que, par eux, elles allaient avoir la paix, la terre, le pain et la liberté.
Mais les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires ne voulaient rien de tout cela. Avant, tout, ils voulaient comme l'oligarchie impérialiste, continuer la guerre. Le 27 février, à l'insu des Bolcheviis, ils s'entendirent avec les chefs de la grande bourgeoisie et remirent le pouvoir entre les mains d'un, gouvernement provisoire bourgeois, présidé par le prince Ivov comprenant les représentants notoires de la classe capitaliste, les hommes des trusts.
CAPITRE IV
Le parti bolchévik prepare et accomplit la Révolution d’Octobre
Les « Thèses d'Avril » de Lénine et la Conférence d'avril.
Dès 1905, Lénine avait montré qu'après le renversement du tsarisme, 1e prolétariat procèderait, à la révolution socialiste. Au lendemain de son retour à Pétrograd (3 avril 1917), il donna au Parti un plan concret pour s'engager dans la voie de la révolution socialiste.~C'étaient les célèbres « Théses d'Avril» qui dressaient un plan génial de lutte, du Parti pour passer de la révolution démocratique bourgeoise à la révolution socialiste, pour passer de la première étape de la révolution à la seconde étape, celle de la révolution socialiste (p 174).
Dans le domaine économique, Lénine préconisait comme mesures de transition. : la nationalisation de toutes les terres du pays, celles des grands propriétaires fonciers devant être confisquées ; la fusion de toutes les banques en une seule banque nationale et le contrôle des Soviets sur cette banque ; le contrôle de la production sociale (la grande production et de la répartition des produits).
Dans 1e domaine politique, Lénine préconisait le passage de la République parlementaire à la République des Soviets, celle-ci étant la création originale des masses, le produit authentique de 1'actualité révolutionnaire, donc la forme d’organisation politique la plus indiquée dans la période de transition du capitalisme au socalialisme.
Lénine condamnait tout soutient au gouverneirnent provisoire bourgeois, mais ne préconisait pas son renversement immédiat, parce que ce gouvernement bénéficiait de la confiance des Soviets et les mencheviks et les socialistcs-révolulionnnires étaient en majorité. Lénine montrait que les Bolcheviks devaient d'abord conquérir 1a majorité dans les Soviets par un immense travail d’éclaircissement auprès des masses, et alors changer la politique des Soviets et la composition du gouvernement ainsi que sa politique.
On s'orientait vers le développement pacifique de la révolution.
Rien de plus étranger à la pensée de Lénine, par conséquent que l'idée que l'insurretion se recommande de tout temps. Ceux qui attribuent cette conception au communisme présentent une caricature.
Lénine et les Bolcheviks proposaient démocratiquement au peuple leur solution et comptaient pour l'emporter sur la maturité du peuple instruit par la lutte, sur l'ardeur des Bolcheviks dans la propagande - et sur l'autorité acquise par eux grâce à leur dévouement dans le combat contre la réaction.
Lénine demandait également que le Partí se débarrassât du « linge sale », qu'il renonçât à, l’appellation de « social-démocrate » déshonorée par les opportunistes et prît, le nom de « communiste », nom que donnaient Marx et Engels a leur Parti et qui est scientifiquement exact puisque le but final du Parti est le communisme.
Lénine demandait également que soit fondée la IIIeme Internationale, à la place de la IIeme, devenue inexistante par suite de la trathison de Ia sociale-démocratie.
A l'exception de quelques individus, dont on retrouvera le nom par la suite, comme Kamenev et Piatakov - tout le Parti suivit Lénine avec enthousiasme.
La VIIe Conférence bolchevique, première conférence légale, lança le mot d'ordre glorieux : « Tout 1e pouvoir aux Soviets !»
La crise du gouvernement provisoire bourgeois.
Le gouvernement provisoire bourgeois voulait continuer la guerre impérialiste, malgré l'épuisement total de l'armée et du pays et « arrêter » la révolution. Il avait odieusement trompé le peuple. Mais le peuple guidé par les Bolcheviks ne se laissa pas faire.
Le premier gouvernement provisoire bourgeois dut être remplacé par un gouvernement provisoire de coalition, à la suite des manifestatjons de masses provoquées à Pétrograd par la note dans laquelle le Ministre des Affaires étrangères (Lilioulkov) promettait de continuer la guerre; Les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires (Kérenśki) entrèrent dans le gouvernemeut de coalition avec les dix ministres représentant des millionnaires, des banques et de la grosse industrie ; ils rejoignaient ainsi la contre-révolution.
Ce second gouvernement provisoire, trompant le peuple comme le premier, déclencha, le 18 juin 1917, une offensive qui ne pouvait, qu’échouer et qui échoua effectivement. Une indignation sans bornes s'empara des soldais et des ouvriers. Le 3 juillet, des manifestations spontanées éclatent à Pétrogradet se transforment en manifestations armées, sous le mot d’ordre: « Tout le pouvoir aux Soviets !».
Le partí bolchevique estimait que le moment de l'insurrection n'était pas encore venu, etant donné que l'armée et la province n'étaien pas encore prête à soutenir activement les ouvriers de la capitale. Il voulut donner et réussit à donner à la manifestation un caractère pacifique. Mais le gouvernement provisoire fit tirer sur les ouvriers par des détachements spéciaux composés d'élèves-officiers et de réactionnaires. Il fit revenir du front les unités les plus incultes, les plus contre-révolutionaires.
En son VI° Congrès, le Parti bolchevik s'oriente vers la préparation de l'insurrection armée.
Une nouvelle période de persécutions organisées par le gouvernement provisoire s'ouvrit pour le parti bolchevique dont l'influence augmentait rapidement. Les journaux furent interdits, leurs imprimeries saccagées, les militants furent arrêtés, traqués. Le Parti rentra dans l'illégalité et cacha soigneusement son chef, Lénine, contre qui un mandat d’arrêt avaot été lancé.
Le Parti, néanmoins, à tenu, en ce mois de juillet, son VIe Congrès clandestinement. Staline y a montré le changement survenu dans la situation politique. Il a montré que la période de la révolution a pris fin, la periode non-pacifique est venue, celle des engagement et des explosions.
Le Parti, s'orienterait vers la conquête du pouvoir par l’insurection armée. En présence d’une situation modifiée, le Parti modifiait aussi sa tactique.
L'oligarchie, qui détenait le pouvoir, voulait s'en servir pour écraser les Soviets où l’infulence des Bolchéviks augmentait rapidement, grâce au travail d’éclaircissement incessant. Elle voulait achever d'instaurer sa dictature contre-révolutionnaire. Le général Korlinov fut chargé d'exécuter l'opération à Pétrograd, mais grâce à la mobilisation des masses, réalisée par le Parti bolchevique, cette révolte fut écrasée. En mobilisant les masses contre Kornilov, les Bolcheviks n'abandonnaient nullement la lutte contre le gouvernement provisoire qu'ils dénonçaient, au contraire, comme ayant favorisé le coup de force par sa politique. La rebélion de Kornilov avait montré aux masses le danger de la contre-révolution et elle aida puissamment au succes du travail d'éclaircissement auquel les Bolcheviks se livraient auprès des Soviets.
Le 31 août lendemain de l'écrasement de Kornilov, le. Soviet de Pétrograd se rallie à la politique bolchévik, suivi le 5, septembre par le Soviet de Moscou. La bolcheuisation des Soviets s'accomplit rapidement: partout, les ouvriers et les soldats renouvellent les Soviets en y envoyant des Bolcheviks.
Les conditions essentielles d'une insurrection victorieuse étaient venues à maturité : la révolution montait dans les usines, en même temps que dans l'armée et à la campagne, le soutien de l'insurrection des ouvriers de la capitale par les soldots et la province était certain. Lénine dit :« La majorité du peuplt est pour nous.
C'est ainsi que, dans l'action, dans La lutte contre Le ;général factieux, contre l'ennemi du peuple Kornilov, le Partí bolchevique s'était affirmé comme la véritable force de la démocratie, commes le partí capable de gouverner, de conduire au succès les ouvriers, les paysans et, tout le peuple. C'est ainsi qu'il avait fait ses preuves au feu du combat.
Le peuple se tournait d'autant plus vers lui que les Kérenski et Cie préparaient une nouvelle aventure Kornilov et même formaient, même formaient les bons patriotes ! le prajet de livrer Pétrograd aux Allemands !
Le Partí bolchevik déclenche l'insurrection.
Le 7 octobre 1917, Lénine rentre illégalement à Pétrograd. Le 10 octobre, se tient la séance historique du Comité central qui décide de déclencher prohainement l'insurrection armée.
Deux memlbres du Comité central ont voté contre cette décision historique : Kamenev Zinoviev qui trouvaient que la classe ouvrière n'était pas mûre pour gouverner sans l'oligarchie. Quant à Trotski, il proposaìt un amendemenl pour faire échouer l'insurrection, en faisant connaître sa date à l’avance au gouvernement provisoire! Des délégués du Comité central bolchevique furent expédiés dans tous les grands centres ; à Pétrograd, un Comité militaire révolutionnoire fut créé. Le 16 octohre, une session élargie du Comité central élut un un centre du parti, avec à sa tête, Staline pour diriger l'insurrection.
Les bolchéviks envoyèrent des commissaires du comité militaires dans toutes les armées révoltuoinnaires de l’armée et de la flottte. Unsine, fabriques, unités militaires se préparèrent à l’insurection. Des tâches précises furent fixés aux cuirassés révolutionnaires.
Mais Kamnenev et Zinoviev révèlèrent dans une journal menchévik le plan de de l’insurection. Averti par les traîtres, le gouvernement fit
revenir du front des troupes sur pour prévenir l'insurrection et écraser le Parti bolchevik. De même Trotki, par vantardise, avait livré en séance du Soviet de Pétrograd la date, fixée pour le déclenchement d l'insurrection. Pour prévenir l'action du gouvernement provisoire, le Comité central décida d'avancer l'insurrection.
Le 24 octobre (6 novembre), le journal bolchevik, « La Vooix Ouvrière » paraît malgré l'interdiction de Kerenski, dant les autos blindées sont refoulées de l'imprimerie par les gardes rouges et les soldats prévenus par Staline. Le journal appelle au renversement du gouvernement provisoire. Dans la nuit, Lénine arrive à 1'Institut Smolny ou était installé le centre dirigeant du Parti Bolchévik et prend en mains la directiotion de l'insurrection.
Le 25 Ocotbre (7 Novembre) la garde rouge et les troupes révolutionnaires occupent les points stratégiques de Pétrograd: les gares, la poste, le télégraphe, les ministères, la banque d'Etat; Le cuirassé « Aurora » bombarde le Palais d’Hiver où s'était retranché le gouvernement provisoire, sous la protection des batailons de choc et d'élèves- officiers. Enfin, dans la nuit dlu 25 au 26, le Palais d’Hiver est pris d'assaut par les ouvriers, soldats et matelots révolutionnaires. Le gouvernement provisoire est arrêté.
L'insurrection armée de Pétrograd avait triomphé. La dictature du gouvernement provisoire était condamnée par le pays.
Les raisons qui ont déterminé la victoire d'octobre.
Parmi les raisons qui ont déterminé la victoire relativement facile de la révolution socialiste en Russie les principales sont les suivantes :
1° La faiblesse de la bourgeoisie russe.
L'oligarchie capitaliste russe était relativement faible, mal organisée; et peu expérinientéc au point de vue politique. Arrivée au pouvoir, elle ne sut que continuer, dans ses grandes lignes, la politique du tsar. Dès lors, le peuple reporta sa haine du tsar sur le gouvernement provisoire de la bourgeoisie
2° L'hégémonie de la classe ouvrière d'ans la révolution.
A la têtq de la révoliilioiì d'octobre, se trouvait la classe ouvrière de Russie, « trempée dans les combats, qui avait traversé, dans un cours laps de temps, deux révolutions et qui, à la veille de la troisième, avait acquis l'autorité de du chef peuple dans la lutte pour la paixs, la terre et la liberté, le socialisme (p. 200). La classe ouvrière était investie de la confiance du peuple entier ;
3° L'alliance du prolétairiat et des paysans pauvres et moyens.
La classe ouvrièr de Russie avait pour alliée la paysannerie pauvre, qui formait l’immense majorité de la population paysanne et qui avait compris que seul le Parti bolchevik était prêt à écraser les gros propriétaires fonciers pour donner la terre aux paysans. Cette alliance entre la classes ouvrière et la paysannerie pauvre finit pár entraîner les paysans moyens ;
4° Le Parti bolchévik..
« Al a tête de la classe ouvrière se trouvait ce parti rompu á la lutte politique qu'est le Parti bolchevik. Seul, um parti comme le Parti bolchevik suffisament hardi pour mener le peuple à l'assaut décisif, et suffisiamment circonspect pour éviter les écueils de tout genre sur le chemin du succès, seeul un tel parti pouvait fondre d'une façon aussi judicieuse; en un seul flot révolutionnaire, des mouvements révolutionnaires aussi divers qu’étaient le mouvement démocratique général pour la paix, le mouvement démocratique paysan pour la mainmise sur les terres seigneuriales. Le mouvement socialiste pour la libération nationale des peuples opprimés en lutte pour l’égalíté nationale et le mouvement socialiste du prolétariat pour le renversement de aa bourgeoisie pour l'instauratian de la dictature du prolétariat (p, 201); C'est «la fusion de ces divers courants révolutionnaires en un seul flot révolutionnaire unique et puissant, qui a décidé du sort du capitalisme en Russie » (p. 201).
La guerre impérialiste.
Les principaux états du monde étant occupés à se faire la guerre et à s'affaiblir les uns les autre les hommes des trusts à 'l'étranger ne pouvaient se dresser activement contre la révolution d'octobre.
Le pouvoir des Soviets.
Au II° Congrès des Soviets, (ouvert le 25 octobre au soir; en pleine insurrection, les Bolcheviks avaient une immense maorité.
Le Congrès proclama qu'il prenait en mains tout le pouvoir. Le 26 octobre, il adopta le décret sur la paix, en invitant les pays belligérants à conclure un armistice d'au moins trois mois pour engager les pourparler de paix, en invitant en même temps les ouwriers d'Angleterre, de France et d'Allemagne à, agir « pour faire aboutir l'oeuvre de paix et du même coup, l'oeuvre l'affranchissement des masses travailleuses et exploitées, de tout esclavage, et de toute exploitation.
La même nuit, le 1Congrés adopta un décret sur la terre qui abolissait sans indemnité et sans délai le droit de propriété des grands propriétaires fonciers sur la terre et donna aux paysans 164 millions d'hectares de terres nouvelles.
Enfin, le Congrès constitua le premier gouvernement des Soviets, Le Conseil des commissaires du peuple, formé entièrement de Bolchéviks. Lénine fut élu président.
Ce n'est pas du premier coup, ni partout que le pouvoir passe aux Soviets. C'est au prix d'une lutte acharnée que le pouvoir fut conquis á Moscou; dans certains quartiers de Pétrograd, le pouvoir soviétique dut écraser des tentatives contre-révoluíonnaires, notamment celle du général Krásnov, associé avec Kérenski. Néanmoins, d'octobre 1917 à janvier 1918, la révolution soviétique s'étend au pays entier et triomphe partout.
La paix de Brest-Lítovsk et la lutte du Parti pour la consolidation,du pouvoir soviétique.
Le Parti entreprend aussitôt la consolidation du pouvoir soviétique. L'appareil de l'ancien Etat bourgeois, fait pour écraser les Ouvriers et les payasans, est détruit partout. Il est remplacé par des organes du nouveau pouvoir d'Etat, ceux du pouvoir soviétique.
En même temps, le gouvernement soviétique engage les négociations en vue de la paix avec le gouvernement allemand.
Tous les contre-révoluionnaires, depuis les mencheviks jusqu'aux gardes blancs, étaient contre la signature de la paix, non par patriotisme, mais au contraire, parce qu'ils spéculaient sur une défaite et comptaient sur les Allemands pour ecraser le pouvoir soviétique. Ils avaient pour alliés, dans celte infame besogne, Trotski et son sous-ordre Boukharine qui, avec Radek et Piatakov, dirigeaient un groupe hostlile au Parti. Pour se camoufler, ces gens gens s'intitulaient « communistes de gauche ». Ils lullaient contre Lénine pour la continuation de la guerre. Le 16 février 1918 , Troski, qui avait reçu du Comité central la mission de signer la paix, refusa de le faire, malgré l'insistance de Lénine et de Staline. Attitude de provocation au service de l'impérialisme: les allemands, aussitôt, déclanchèrent l'offensive et la paix dut être signée après, que la jeune garde rouge eut réussi à arrêter l'avance allemande sur Pétrograd, à des conditons beaucoup plus dure.
La paix apporta une trêve que le Parti bolchevik utilisa pour consolider ie pouvoir soviétique. Il commença à réorganiser l’économie.
Enfin, le V° Congrès des Soviets adopta la premirère constitution soviétique.
Malgré, les tentatives contrerévolutionnaires, putsch, soputsch socialiste révolutionnaire de de juillet 1918 soutenu secrètement par Trotsky et Boukharine, le Parti bolchevik préparait victorieusement l’avenir.
CHAPITRE Y
LA VICTOIRE SUR LES FORCES CONTRE-REVOLUTIONNAIRES
ET L'INTERVENTION ETRANGERE 1918-1920
La paix de Brest-Litovsk s'étendait à l'ensemble du territoire de l'Efat Soviétique, y compris l'Ukraine. Mais les Allemands se servireni d'une poignée de traitres ulkrainiens pour intervenir dans ce pays contre les Soviets. Ils envahirent l'Ukraine, puis le Don et la Géorgie, massacrant les bolcheviks, interdisant les organisations ouvrières, restituant la terre aux gros propriétaires. Le piIlage du pays était organisé méthodiquement à destination de l'Allemagne et de l'Autriche. Les détachements ouvriers du Donetz, commandés par Vorothilov, et la jeune Armée rouge, vainquirent les envahisseurs.
Les trusts étrangers soudoient les gardes-blancs.
L'occasion était magnifique pour l'Entente de reconstituer un front contre l’allemagne ~ l'Est. Déja, elle avait une dette considérable de reconnaissance envers les Soviets, du fait de l'affaiblissement du moral de l'Armée allemande, consécutif à la fraternisation qui avait été méthodiqueuent organisée sur le front par les bolcheviks depuis le début de 1917. Aucun hislorien ne conteste plus aujourd'hui que la propagande soviétique a, dans une mesure considérable, précipité l'effondrement du moral allemand en 1918, M. Churchill la reconnu dans son livre sur la crise mondiale. Mais, à cette époque-là les hommes des trusts, qui dirigeaent la politique de l'Entente, avaient bien d'autres préoccupations que l'alliance avec le pouvoir soviétique;
Le patriotisme dont ils faisait profession était en – réalité, le cadet de leurs soucis. Leurs desseins ténébreux sont consignés dans la convention franco-anglaise du 23 décembre 1917, acte diplomatique capital, qui partageait les régions les plus riches de la Russie en deux protectorat : les trusk anglais recevaient pour champ d'opérations la Tnanscaucasie, les territoires cosaques, les Pays baltes et l'Arctique. Les trusts français exploitaient l'Ukraine et la Bessarabie.
Dès le début de 1918, c’est-à-dire alors que l'Armée rouge nouvellement constituée reprenait la lutte contre les Allemands, les éléments militaires français et anglais soutenaient l'aile droite de l'Armée Blanche Alexev, tandis que son aile gauche, le corps Krasnov, était renforcée sur le Don par des unités allemandes. Spectacle édifiant ! Inoubliable démonstralim du patriotisme des trust !
Ainsi commençait, sans aucune déclaration de guerre, la période de l'intervention étrangère avec participation de l'Angleterre, de la France, du Japon, etc.
« Battus par la révolution d’octobre, les grands propriétaires fonciers et les capitalistes, de concert avec les généraux blancs, s'abouchent, au préjudice de leurs patrie, avec les gouvernements des pays de l'Entente, pour déclencher en commun une agression militaire de l'Entente - et les rébellions des gardes blancs, et en renverser le pouvoir. C'est sur cette base que s’organise l'intrevention militaire de l'Entente et les rébellions de gardes blancs à la périphérie de la Russie, ce qui fait que la Russiese trouve coupée de ses bases de ravitaillement en subsistances et en matières premires» (pp. 232-233).
Les envahisseurs firent régner la terreur blanche sur les territoires occupés, fusillant les militants bolcheviks, les ouvriers, les paysans. Les troupes anglaises, p. ex., pénètrent dans Bakou, soi-disant pour préserver l'Azerbaïdjan contre les Turcs, en assassinèrent les vingt-six commissaires. Peu après, les interventionnistes proclamèrent le blocus de la Russie, coupant ses communications avec le monde extérieur.
En même temps, l'Entente équipait des armées pour les lancer, sous la direction de généraux blancs, contre le pouvoir des Soviets.
En 1919, ce sont Koltchak, Youdénitch, Dénikine; 192O c'est Wrangel. Elle aussi, la Pologne des hobereaux, convoitant l'Ukraine, déclenche l'agression antisoviétique.
Les raisons des victoires de l'Armée rouge.
Mais le Parti, bochevik alerta les ouvriers et les paysans pour la guerre de salut de la Patrie, contre les envahisseur étrangers et la contre-révolution de l'oligarchie caipitaliste et des grands propriétaires fonciers Les créatures de l'Entente furent battues les unes après les autres par l'Armée rouge. en 192O, les principaux du pays des Soviets étaient écraaés. Staline avait joué dans la conduit des operations, un role décisif, sauvant notamnent le principal nœud de communication de la Volga : Tsaritsyne aujourd'hui Stalingrad).
Si l'Armée rouge, malgré ses défauts et insuffisances inévitables á cette époque, et malgré le travail de désorganisation de Trotsky, a vaincu, c'est parce-que :
1) La politique du pourvoir des soviets pour laquelle elle se battait, était une politique juste, conforme aux intérêts du peuple ; le peuple considérait cette politique comme étant la sienne, et la soutenait jusqu'au bout ;
2) L'Armée rouge, issue du peuple, était fidèle et dévouée jusqu'au bout à son peuple qui la soutenait comme son armée à lui. Une armée qui va contre son peuple subit nécessairement la défaite, tôt ou tard;
3) Le pouvoir des Soviets avait réusssi à alerter tout le pays pour le front.
4) Les soldats rouges, comprenant les objectifs de la guerre, se rendaient compte qu'ils étaient justes. Cette confiance fortifiait leur esprit de discipline et leur valeur combatives, et ils ont fait preuve, à tout instant, d'une abnégation et d'un héroïsme sans précédents ;
5) Le noyau dirigeant de l’Armée Rouge, à l’arrière du front, était le Partí bolchevik ;
6) L'Armée rouge a réussi former des dirigeants militaires d'un type nouvsau comme Frotinzé, Vorohilov, Boudienny, dans ses rangs combattaient des héros d'épopée tels que Tchapaèv ; l'éducation politique de l'Armée rouge a été faite par ces, hommes de la trempa des dirigeants du Parti bolchevik avec, à leur tete, Lénine et Staline; elle comptait dans sson sein les commissaire militaires qui étaient des organisateurs et des agitateurs extraordinaires
7) A l’arrrière des armées blanches,les bocheviks travaillaient dans l’illégalité l'illégalité, soulevaient les ouvriers et les paysans contre les envahisseurs et les gardes-blancs, organisaient les partisans qui disloquaient l’arrière de l’ennemi.
8° Le pays des soviets était soutenu par les ouvriers des pays agressseurs.
« Aussitôt » que la bourgeoisie internationale lève 1a main, contre nous, ses propres ouvriers la saisissent au poignet (LÉNINE.) » .
En effet, en France et en Angleterre et particulier, des Comités d'action furent fondés sous le mot d'ordre: «les pattes devant la Russie ! ». On assista à des grèves, des refus de charger le matériel de guerre destiné aux envahisseurs. Les troupes d'invasion étaient elles-même gagnées par l'esprit de solidarité avec la République Soviétique.
C'est ainsi, par exemple, que les marins français, guidés par André
Marty, s'étaient révoltés à Odessa (p ; 225). A la suite de cette révolte héroïque, Odessa dut être évacué e par les envahisseurs; André Marty avait sauvé, l'honneur du peuple français devant la jeune puissance dont l'amitié et l'alliance allaient devenir, dans la suite, la seule garantie pleinement efficace de l'indépendance et de l'intégrité de notre pays. Grâce à, André Marty, les travailleurs de l'Union Soviétique étaient sûrs, dès 1e début, qu'il y avait une autre France que 1a France sans dignité et sans avenir des hommes des trusts.
La période de la guerre civile et de l'intervention marque 1'effondrement des partís menchéviks, socialistes-révolutionnaires, anarchistes, nationalistes, qui soutenaient les envahisseurs et les gardes-blancs et que cherchaient les trotsikystes et ses sous-ordres. Ils se démasquent comme partie de la contre-révolution et de l’étranger. Ils perdent toute influence politique. Ce n'est pas unes répression polcière qui enì vient à-bout, c'est leur peuple qui les vomit pour toujours. Le Parti bolchevik triomphe définitivement.
La première agression militaire des trusts internationaux contre 1ø pays du socialisme se termine par un échec complet.
CHAPITRE VI
LE RETABLISSEMENT DF L'ECONOMIE NATIONALE (1921-1925)
La victoire une fois remrportée, 1e Parti bolchevik entreprit de rétablir l'économie nationale.
En 1920, 1a productou g1abale dans l'agriculture ne représentait plus que 1a moitié environ de 1a production d'avantgúerre, la production de la, grande industrie environ un septième.
La « N.E.P. ».
Pendant la guerre et sous l'empire de la nécessité, le gouvernement soviétique avait instauré le communism de guerre, qui comportait :
1° Le contrôle de toute l'industrie
2° Le prélèvement des excédens de la production paysanne et l'interdiction, du commerce privé du blé.
Ces mesures avaient été imposées part l'obligation de vaincre å tout prix, de briser le sabotage. Elles mécontentaient les paysans.
Une orientation plus favorable au rétablissement de l'économie devenait nécessaire, dans l’interet meme de la construction du socialisme. Ellle fut décidée sur la proposition de Lénine par le X° Congèrs du Partí (mars 1921), qui adopte la nouvelle politique économique, la « NEP.» .
Leś prélèvements étaient remplacés par un impôt en nature moins élevé et fixé d'avance. Lø commerce privé était de nouveau autorisé et les patrons privés étaient également autorisés à ouvrir de petites entreprises.
La « N.E.P. » était destinée á stímuler le relèvement de l'agriculture. Le relèvememt de 1'agriculture devait permettre 1e rétablíssemelnt de l'industrie d'Etat. Le capital privé pourrait alors être évincé. Après avoir accumulé des forces et des ressources, il serait possib1e de créer une industrie puissante, qui constituerait la base économique du socialime, et d'entreprendre l'offenssive en vue de la destruction définitirve du capitalisme.
Tel était le plan de Léníne. Ce plan comportait un recul momentané, mais moins qu'il s'agit d'un recul absolu, d'une retraite pure et simple, Lénine concevait une manoeuvre stratégique de genie, destinée à faciliter en fin de compte une grande offensive, la victoire ultérieure du socialisme, puisque ce recul garantissait une solide alliance économique des paysans et de la classe ouvrière.
Les faits ont prouvé combien le plan de Lénine était juste puisqu'il devait effectivement aboutir à la victoire du socialisme.
C'est la raison pour laquelle il fut âprement combattu par Trotsky et les troskystes.
Durant les années 1923 et 1924, le rétablissment de l'economie nationale se poursuit rapidement. L'exercice 1924-1925 rapproche l'agriculture et l'industrie soviétiques de la production d'avant-guerre. On exécutait avec bonheur le plan d'électrification conçu par Lénine. Dans l'industrie et le commerce, de sérieux succès éłaieint remportés contre le calpital privé. Le secteur socialiste de l'économie se fortifiait d'une manière décisive. La parole de Lénine: «Dans la Russie de la « NEP » sortira la Russie socialiste » ;allait se réaliser.
Vers la construction du socialisme. - La mort de Lénine.
« Le passage de la guerre civile à, l'œuvre pacifique de construction socialiste à comporté, dans les premiers temps surtout, de grandes difficultés. Les ennemis du bolchevisme, les éléments hostiles dans les rangs du P.C de l'U.R.S.S, ont mené, durant toute cette période, une lutte acharnée contre le Parti de Lénine. A la tête de ces éléments hostiles se trouvait Trotsky. Ses sous-ordres dans cette lutte furent Kamenev, Zinoviev, Boukharine. L'opposition comtpai, après la mort de Lénine, décomposer les rangs du Parti bolchevik, disloquer le Parti, lui inoculer le septisisme à l'égard de la victoire du socialisme en U.R.S.S. - Au fond, les trotskystes tentaient de créer en U.R.S.S. une organisation politique de la nouvelle bourgeoisie, un autre parti : le Parti de la restauration du capitalisue » (p. 263).
Lénine; le fondateur , du bolchevisme, est mort près de Moscon, 1e 21janvier 1924. Le Parti bolchevik se serra autour de son Comité central léniniste, autour de Staline. Il mit en déroute les trotkytes et leurs amis Zinoviev et Kamenev. Il conduisit le pays à une nouvelle étape historique : l'étape de l’indistrialisation socialiste.
Le plan d'industrialisation du XIV° Congrès.
« Transformer notre pays de pays agraire en pays industriel, capable de produire par ses propres forces l'outillage nécessaire, voilà le fond, la base de notre ligne générale. »
C'est en tows ces termes que Staline définissait la tâche bolcheviste dans son rapport au XIV° Congrès (décembre 195).
Il montra que l'industrialisation du pays assurerait son indépendance économique, reforcerait sa capacité de défense et créerait les conditions pour la victoire du socialisme en U.R.S.S.
Ce plan heurtait les espoirs que nourrissaient les truts étrangers à l'égard de la Russie. D'après eux, l’U. R. S. S. devait rester un pays agraire, produisant des mátières premières et des denrées agricoles, et demeurer, pour les produits industriels et principalement pour les machines, tributaire de l'étranger. Face à l'encerclement capitaliste, l'U.R.S.S, devait rester désarmée et iL ne pouvait être question dès lors d'achever La construction du socialisme. Le plan des capitalistes étrangers fut opposé, lors du XIV° Congrès, au plan d'industrialisation de Staline par Sokolnikov, sous-ordre de Zínoviev. Il devenait évident que les « zinovievistes» n'étaient que des trotskystes mal camouflés.
CHAPITRE VII
LA LUTTE DU PARTI BOLCHEVIK
POUR L'INDUSTRIALISATION SOCIALISTE (1926-1929)
Dans la période de rétablissement de l'économie nationale, on se préoccupait surtout de l'industrie légère. Mais l’industrialisation ne pouvait être réalisée sans la création d’une industrie lourde, puissante et moderne. Guidé par Staline le Parti bolchevik décide de la créer.
Cela nécessitait :
1 ° La création, de toutes pièces, d’industries inexistantes dans 1a Russie tsariste comme la construction mécanique, l'industrie des machincs-outils, de l'automobile, des produits chimiques, des moteurs et de l'outillage pour centrales électriques;
2° La création d'une nouvelle industrie de la défense : i1 fallait créer des usines neuves d'artillerie, d'obus, d'aviation, de tanks, de mitrailleuses etc..., pour protéger le pays du socialisme;
3° Bâtir des usines de tracteurs, de machines agricoles modernes, afin de pouvoir passer de la petite exploitation paysanne à la grande exploitation collectivisée, pour réaliser la victoire du socialisme à la campagne.
Le financement de l'industrialisation.
De tels travaux exigeaient des sommes immenses. Pour se les procurer, l'U.R.S.S., pays du socialisme, ne pouvait avoir recours, comme les pays capitalistes aux pillages des colonies et des peuples vaincus. D'autre part, les pays capitalistes lui refusaient tout crédit.
Les ressource de l'industrialisation devaient être trouvées dι l'intérieur du pays et elles furent trouvées, parce qu'en U..R.S.S., le prolétariat avait CONQUIS le pouvoir. Les ressources nécessaires furent fournies par :
1° Les bénéfices des entreprises industrielles, commerciales, bancaires, et des entreprises de transport, que n'absorbaient plus les trusts parasitaires;
2° Les économies réalisèes du faít que le gouvernement soviétique ayant annulé les dettes tsaristes, le peuple n'avait plus à payer les intérêts aux capitalistes étrangers. (Notons que le gouvernement soviètique avait offert de dédomagement tous les petits porteurs francais en leur payant 60 millions de franc-or par an, mais que le gouvernement français de 1927 refusa, pour garder un argument démagogique mensonger contre l'U.R.S.S;
3° L'aide de la paysannerie libérée des annuités qu’elle, payait en fermage aux grands propriétaires fonciers.
C'est grâce à ces ressources, qui s'accumulaient d'année en année, que purent être exécutés les grands travaux, construites les usines géantes.
Le succès de l'industrialisation.
Dès 1927, la production avait dépassé le niveau d'avant-guerre. Le secteur socialiste progressait rapidement. La part du secteur privé est tombée, entre 1924-1925 et 1926-1927 de 19 % á 14 % dans l'industrie, de 42 % à 32% dans le commerce de détail, de 9 % á 5 pour cent dans le commerce de gros,
L'offensive contre les koulaks.
La situation était différente dans l'agriculture, dont la production ne se développait pas par suite d'un morcellement extrême des exploitations.
Au XV° Congrès du Parti (décembre 19ι27), Staline montra que, pour sortir de cette situation, il fallait passer des petites exploitations paysannes dispersées aux grandes exploitations modernøs, à la culture collective de la terre basée sur une technique nouvelle, supérieure.
C'était l'idée de Léníne qui avait préconisé, avant de mourir, l’orniganisation des paysans en coopératives, d'abord pour l'écoulement des produits, puis pour la production.
Le congrès décida de dévetopper, dans toute la mesure du possitblc, la collectivisation de l'ogriculture, dans l'intérêt même de l'enrichisserment paysan, et en vue d'éliminer toutes les diifficultés et tous les caractères arriérés de la vie rurale.
Pour battres les koulaks (gros paysans), le Parti s'appuya sur les paysans pauvres et moyens.
«En réponse au refus des koulaks de vendre á l’Etat leurs excédents de blé aux prix fermes le Parti et le gouvernement prirent contre eux une série de mesures d’expetion; ils firent, jouer l'art. 107 du Code criminel, portant la confiscation par autorité de justice des excédents de blé que koulaks et les spéculateurs en cas de refus de vendre à l'Etat les exédents de blé a des prix fermes. D'autre part, on accorda aux paysans pauvres des avantages en vertu desquels ils purent disposer de 25 '% du blé confisqué aux koulaks.
« Ces mesures d'exception produisirent leur effet : les paysans se joignirent, à la lutte décisive contre les koutaks et Ceux-ci se trouvèrent isolés » (p.275).
Dès 1929, se produisit le grand tournant; l'adhésion en masse des paysans à la collectivisalion de l'agriculture au mouvement des kolkhoz.
La lutte contre les révolutionnaires trotskistes et les saboteurs.
Ces résultats furent obtenus malgré le travail décomposition et de sabotage accomplit par Trotslki et ses agents, qui, commente Żinaviev, Kamonev, Boutkharine et Bylov, voulaient empêcher l'industrialisation et soutenaient les koulaks.
« La marche du socialisme s'acompanait d'une aggravation de la lutte des classes dans le pays et d'une aggravation de la lutte au sein du Parti ; Cette lutte eut pour principaux résultats : l’écrasement de la résistance des koulaks, la dénonciation du bloc capitulars trotskiste-zinoviéviste en tant que bloic anti-sorviétique la dénonciation des capitulards de droite en tant qu'agents des koulaks, l'epuision des trotskistes hors du Parti, la reconnaissance de l'incompaiílbilíté des vues professées par les troiskistes et des opportunistes avec l'appartenance au Parti communistes de l’U.RS.S. (p.283).
Désormais, les trotskistes, battus par le Parti sur le terrain de l’idéologie et ayant perdu toute base dans la classe ouvrière, cessent d’être un courant politique pour devenir une bande d'escrocs politiques, politiciens à double face; leurs derniers représentants à l’heure, (1944), en France, sont une petite poignée d'agents avérés de ta Gestapo.
Dn même temps, le Parti eut à lutter contre le sabotage accompli par les techniciens bourgeois (procès de Chakhti), agissant sur l'ordre des anciens propriétaires, des homnes des trusts.
Staline montra aux travailleurs l'enseignement que comportaient de tels faits: la nécessité pour les Bolcheviks de se rendre maîtres de la technique, la nécessité de hâter la formation des techniciens issus de la classe ouvrière.
Le premier plan quinquennal.
Les bases de l'industrie lourde une fois créées, le Parti décida aussitôt d'entreprendre une ouevre sans précédent dans l'histoire de l'humanité:la réalisation du premier plan de cinq ans.
C'est le XV° congrès qui avait demandé aux organimes compétents de dresser le plan de l’ensemble de l'économie de l'U. R. 'S. S. La question du plan dut la question essentielle de la XVI° conférence du Parti qui s'est tenue en avril 1929.
Staline a, défini ainsi le plan :« L'objectif essentiel du plan quinquemnal, c'était de créer, dans notre pays, une industrie capable de réoutiller et de réorganiser sur la base du socialisme, non seulement l'industrie dans son ensemble, mais aussi les transports, mais aussi l'agriculture. »
Pour l’exécution du plan, le Parti mobilise la classe ouvrière et la paysannerie. Les travailleurs se mettent à l’oeuvre dans l’entousiasme, dans l'élan de l’émulation socialiste.
CHAPITRE VIII
LA LUTTE DU PARTI BOLCHEVIK
POUR LA COLLECTIVISATION DE L'AGRICULTURE (1930-1934)
« En 1930-1934, le Parti botchvik s'est acquitté de la tâche historique; la plus difficile de La révolution prolétarienne après la conquête du pouvoir : celle qui consiste à faire passer les míllíons de petits propriétaires paysans sur la voie des kolkhoz, la voie du socialisme » (p. 311).
Après l'adhésion en masse des paysans pauvres et moyens aux kolkhoz, il devenait possible de liquider les koulaks en tant que classe. Cette liquidation économique commence à la fin de l'année 1929. Mais leur moyens de production passaient non pas à l’Etat, mais au kolkhoz.
Avec la disparition de koulaks, disparaissaient les dernières sources de restauration du capitalisme et apparaissaient les conditions de nouvelles indispensableá l'instauration du socialisme.
« On voit s'écrouler et se réduire en poussière l'espoir ultime des capitalísltes de tous les pays qui rêvent de rètablir en. U.R.S.S. le capitalisme, le principe sacré de a propriété privée » Les paysans qu'ils considèrent conme un engrais destiné à préparer le terrain pour le capitalisme, abandonnent en masse le drapeau tant vanté de la « propriété privée ». Ils s'engagent dans la voie du collectivisme, dans la voiel dusocialisme. Il croule, l'espoir ultime de voir restaurer le capitalisme » (STALINE).
Les kolkhoz devaient être basés sur le principe du libre consentement, Ils ne devaient comporter que la mise en commun des principaux noyens de production. Certaines organisations, du Parti commireent deux sortes d'erreurs: ellles substituaient au principe du libre consentement la contraite, et au kolkhoz la commune, en obligeeant les paysans à mettre en commun non seulement les principaux moyens de production, mais tout. Sous la direction de Stadine, l’intervention énergique du Comité central permit de redresser ces erreurs, le dévelloppement du mouvement kolkhosien poursuivit sa marche triomphal sans entraves.
Le succès du premier plan quinquennal. - Le deuxième plan.
Dès le début de 1933, il apparut clairement que le premier plax quinquennal était exécuté avant terme, en quatre ans et trois mois.
En janvier 1934, se réunit le XVII° Congrès du Parti qui est entré dans l'histoire sous le nom de , Congrès des Vainqueurs ».
Staline montra, dans son rapport, les transformations subies par l’U.R.S.S. :
« Pendant cette période, l'U.R.S.S. s'est transformée radicalement; elle s'est débarrassée de son enveloppe arriérée et médiévale. D pays agraire, elle est devenue un pays industriel. De petite culture linidividuelle elle est devenue un pays de grande culture mécanisée. De pays obscur, illettré et inculte, elle est devenue, ou plus exactement elle devient un pays lettré, cultivé, convert d'un immense réseau d’école superieures, secondaires et primaires, ou l'enseignement est fait dans les langues des différentes nationalités de l’U. R.S.S.
Le XVII° Congrès Du ParTi définit en même temps les tâcHES du second plan quinquennal.
« Liquidation dééfinitve des éléments capitalistes, victoire sur les survivances du capitalisme dans l'économie et dans la conscience des hommes, achevement de 1a reconstruction de l'économie nationale sur une base technique moderne, assimilation de la nouvelle technique et de la conduite des entreprises nouvelles, mécanisation de l’agriculture et augmentation de son rendement.
L'encerclement capitaliste de l'U.R.S.S. et l'activité des agents de l'impérialisme.
Cependant, l'accroissement de puissance de l’U.R.S.S exaspère mes puissances impérialistes. Elles accentuent leurs tentatives de miner l’U.R.S.S. de l'intérieur.
« L'hostilité de ces Etats capitalistes à l'égard de I'U.R.S.S. s’intensifie particulièrement avec l’arrivé des fascistes en Allemagne et au Japon. En la personne de trotakistes, des zinoviévistes, le fachisme a acquis des serviteurs fidèles; ils chargent d'espionner, de pratiquer le sabotage, d'exercer la terreur, commettre ;des actes de diversion, ils veulent la défaite de l'U.R.S.S, pour pouvoir restaurer 1e capitalisme (p. 311).
Le 1er décembre 1934 Kirov, militant aimé du Parti et de la classe ouvrière, fut assassiné lâchemend d'un coup de revolver. L'assassin fut arrêté sur le lieu du crime. Il avoua être membre d'un groupe anti-soviètique contre-révolutionnaire dirigé à Léningrad par Zinoviev. Un ans plus tard il fut établi que les véritables organisateurs de l'assassinat de Kírov étaient Trotski, Zinoviev, Kamidnev et~quelques autres, qui préparaient d'autres assassinats contre les membres du Comité central.
La justice prolétarienne régie leur compte aux ennemis du peupe, agents de l'impérialisme étranger. Le Parti bolchévik entreprit une vigoureuse action pour renforer la vigilance.
Les hurlements de l'oligarchie internationale et des chefs socialiste à la Paul Faure, lors de l'exécution des agents des trust montrèrent aux travailleurs du monde entier que la justice prolétarienne avait frappé au bon endroit.
CHAPITRE IX
L'ACIIEVEMENT DE LA CONSTRUCTION DU SOCIALISME
LA CONSTITUTION STALINIENNE, (1935-1937)
Le deuxième plan quinquénal fut exécuté, comme le premier, avant terme, en quatre ans et trois mois.
« L'industrie et l’agriculture, les transports et l'armée, avaient été dotés d'une quantité immense matériel technique moderne : nouvelles machines-outils, tracteurs, machines agricoles, locomotives et bateaux, artillerie et tanks, avions et et navires de guerre. »
Staline montra que, dans cette période, la formation accélérée des cadres techniques nouveaux devenait la tâche primordiale. Et le mouvement stakonoviste mis évidence le développement de ces cadres nouveaux, absolument maîtres de la technique la plus élevés. (Voir le cours suivant.)
Grâce au mouvement stakonoviste et à l'exécution avant terme du deuxième plan quinquénal, il y eut un essor du bien-être et du développement culturel des travailleurs. L’aisance était installée, dans les kolkhoz.
La Constitution stalinienne.
Désormais, le socialisme était construit pour l'essentiel. La propriété sociale, la propriété socialiste s'affirmait comme la base inébranlable du régime socialiste dans toutes les branches de l'économie natiionale. Les anciennes classes exploiteuses avaient disparu, l'exploitation de l'homme par l'homme était supprimée pour toujours.
Telles sont les conditions dans lesquelles le VII° Congrès des Soviets (février 1935) décida de modifier la Constitution de 1924, qui avait été élaborer dans la première période, celle de la NEP, alors que le capitalisme existait encore à coté du développement du socialisme.
Ce sont les changements survenus depuis 1924 qui ont trouvé leur expression dans la nouvelle Constitution, adoptée par le VIII° Congrès des Soviets (novembre 1936).
La constitution stalienne est la Constitutuion de la victoire du soicalisme et de la démocratie totale. Nous l’analyserons dans le prochain cours.
La liquidation des espions et traîtres troskyste et boukahriniens
L’année 1937, apporta de nouvelles révélations sur les htilériens de la bande troskiste et boukahrienne. Les procès de Pialakov, Radeck et Cie, de Toukhatchevski, Iakir, puis de Boukarine, Rylov et consort établirent que ces criminels avait dès les premiers jour de la révolution d’octobre, tramé des complots avec Trosky, Zinoviev et Kemanev contre Lénine, contre le parti de l’Etat soviètique. Ce sont eux qui on organisé en 1918 l’attentat au cours duquel Lénine fut blessé, puis organisé l’assasinat de Gorki, de Kirov, comploté sans cesse l’assassinat de Staline. Les procès montrèrent que ces traites étaient, depuis longtemps, au services des puissances impérialistes et de leurs organisations d’ espionnage, qu’ils voulaient provoquer la défaite de l’Armée Rouge et démembrer l’URSS au profit de l’Allemagne et de la Pologne, du Japon anéantir les conquêtes du socialisme.
Les traitres furent exécutés. Le fascime international et les chefs socialistes à sa solde pourssérent de nouveaux hurlements de rage en voyant exterminer en URSS la cinquième colonne, qui devait faire tant de mal dans les autres pays. Le peuple soviètique approuve l’écrasement des traîtres « et passe aux affaires courantes »
L’unite morale et politique
Les élections au Soviet supréne de l’URSS eurent lieu en application de la nouvelle constitution, le 12 décembre 1937. La campagne électorale avait été extremement large , les homme du Parti se présentaient au suffrage des citoyens en un seul bloc avec les sans parti, en alliance avec eux. La consultation se déroulait au suffrage universeI, direct et secret.
Sur 94 miliions d'électeurs, plus de 91 millions (96, 8%) prirent part au scrutin, et 98,6 % des votants donnèrent leur voix au bloc des communistes et des sans parti: majorité écrasante qui n'a été atteinte qu'à titre tout à fait exceptionnel dans l’histoire du suffrage universel libre en Fra'nce (plébiscites de Nice et de la Savoie sur le rattachement à la France en 1860).
C'est ainsi que 90 millions de personnes confirmèrent par leur vote unanime la victoire du socialisme en U.R.S.S.
« L'unité morale et politique du peuple soviètique reçut en cette occasion une brillante confirmation (332).
CHAPITRE X
L'U. R. S. S., CHAMPION DE LA LIBERTE DU MONDE (1938-1944)
Le « Précis d'Histoire » du Parti comununiste bochevik de 1'U.R.S.S. à été rédigé en 1938.
Les années écoulées depuis cette dâte ont été les années de préparation inmédiate et d’exécution dela tentative hitlérienne d'asservir l'Europe et le monde. Durant cette période décisive pour 1'histoire humaine, l'Union Soviétique à fait preuve, au point de vue intérieur d'une force matérielle et morale, d’une cohésion et d'une unité sans rivales.
Au point vue extérieur, c'est grâce à elle que la France, tous les pays épris de liberté ont vu se dissiper le cauchemar de l'oppression et de l'anéantissement.
Dans ,1øs cours suivants, nous reviendrons en détail sur les grands événements de la politique internationale depuis 1938. Nous rappellerons comment l'U.R.S.S., isolée et trahie dans sa volonté de soutenir la Tchécosovaquie contre Hitler lors de 1a captitulationanglo-fraçaise de Munich, négocia néamoins, à partir d'avril 1939, avec les cabinets de Paris, et de Londres; nous prouverons que les Bonnet et Chamberlain sabotèrent cinq mois durant ces négociations; nous démontrerons la responsahilité exclusive des hommes de 1a cinquième colonne de Francé et de Grande-Bretagne dans l'impossibilité de conclure le pacte tripartite dans les actes d’août 1939, qui découleront de la nécessairement.
Aussi bien le rôle incomparable de l’URSS comme défenseur des peuples contre Hitler est-il, aujourd'hui, recounu unanimement. Tous les Français savent que le salut de leur pays ai été rendu possible avant tout par l'héroïsme de l’URSS; supportant quasi seule, pendant près de trois ans, tout le poids de l’'armé hitlérienne et des armées des pays vassaux, faute d’un second front en en occident, et, dans ces conditions, arrivant non seulement à tenir, mains à accumuler les victoires.
Les progrès de l'Armée rouge dans 1a guerre contre l'envahisseur fasciste.
A 1a fin de janvier 1943, le triomphe soviétique de Stalingrad a marqué le tournant de la guerre. Decpuis lor, le Reich hitlérien s'est rapproché de plus en plus de la catastrophe ; son effondrement est certain, il deviendra proche lejour où les AngloSaxons jetteront tous leurs moyens dans la balance, en consentant aux sacrifices et aux efforts de l'URSS faits depuis juin 1941.
Ses sacrifices et ses efforts ont donné des résultats militaires prodigieux. Les soldats de 1'Armée rouge, ses généraux, son Chef suprûme le maréchal Staline, ont fait l'Est de l'Europe le tombeau de la jeunesse allemande dévoye par 1e nazisme, le tombeau de la puissance numérique et du matériel de l’armée allemande, tombeau du prestige des capitaines de guerre allemands, le tombeau de l’invincibilité légendaire des allemands,le théatre des plus grandes débâcles militaires de l'Allemagne.
Depuis l'époque de Stalingrad, l'Armée rouge a poursuivi son effort offensif sans aucune interruption appréciable et avancé par endroits de 1.700 kilomètres en un an ; aucune armée, au cours de cette guerre, n'as soutenu des opérations offensives d'une durée comparable, même de loin..
c'est le répit ménagé par la résistance heureuse de 1'Armée rouge à Hit1er, et ensuite par ses victoire qui, seul, a pemi au Anglo-Saxons de mettre aux point leurs guerre.
Ce sont les coups destructeurs asséné par 1'Armée rouge aux agresseurs qui ont accéléré épuisement militaire de l'Italie, de 1a Finlande, de la Roumanie et de la Hongrie et prorvoqué ainsi la désagrégation cornmençante de la coalitíon hitlérienne en Europe.C'es l'exemple de l’Armée rouge et des partisans sovietiques qui a enflammé les patriotes de Yougoslavie, de Grèce, de France, d'Italie, de Belgique, de Norvège, etc... et provoqué le déveløppement grandiose du mouvement de libération nartionale dans toute une série de pays occupé, avant tout le pays du maréchal Tito.
C'est l'offensive victorieuse de l'Armée rouge qui a fait empirer radicalement « 1a situation non seulement militaire, mais éconlouníque et politique de l’Alllemagne htilérienne et l’a acculée à la plus sérieuse des crises. » (STALINE, rapport du 6 novembre 1943 au Soviet municipal de Moscou.)
C'est 1a suite ininterrompue des victoires de l'Armée rouge qui a fait empirer l'union entre l’URSSS, l'Angleterre et les Etats-Unis. Les conséquences des vicloires de l'Armée rouge ont dépassé de loin le cadre du front germano-soviètique, elles ont changé tout le cours intérieur de 1a guerre et ont eú une grande importance internationale. « Les relations entre les Alliés, la communauté de combat entre leurs armées, à l'encontre des espoirs de l'ennemi, non seulement ne se sont pas affaib1is, mais. il contraire, se sont resserrées et renforcées. » (Staline, document cité.).
C’est ce dont ont témoigné en octobre 1943 les decisions de la Conférence de Moscou tenue par les représentants dé l'Union Soviétique, des Etats-Unis et de la GrandeèBretagne, et avec encore plus d'éclat encore, celles de 1a conférence de Téhéran où Staline, Roosevelt et