ENVER HOXHA
JETONS PAR-DESSUS BORD LES THESES
REVISIONNISTES DU XXe CONGRES DU
PARTI COMMUNISTE DE L'UNION
SOVIETIQUE ET LES POSITIONS ANTIMARXISTES DU GROUPE DE KHROUCHTCHEV! DEFENDONS LE
MARXISME-LENINISME!
Discours prononcé à la réunion des 81 partis communistes et ouvriers à Moscou
Le 16 novembre 1960
EDITIONS .NAIM FRASHËRI" Tirana, 1969
AVANT-PROPOS
Dans son intervention à la Conférence des 81 partis communistes et ouvriers tenue à Moscou en novembre 1960, le camarade Enver Hoxha procéda à une analyse complète des principaux problèmes qui préoccupaient le mouvement communiste international et défendit fermement le marxisme-léninisme. Ce discours constitue un des maillons essentiels dans la lutte de principe qu'a menée le Parti du Travail d'Albanie pour démasquer le révisionnisme moderne et renforcer l'unité du mouvement communiste et ouvrier international.
Le Parti du Travail d'Albanie engagea la lutte contre les points de vue révisionnistes de la direction soviétique khrouchtchévienne dès le lendemain même du XXe Congrès du Parti Communiste de l'Union Soviétique. Si le Parti du Travail d'Albanie n'avait pas, au début, mené cette lutte directement et de façon déclarée, il n'en avait pas moins fait part au Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique de toutes ses réserves et oppositions à ces points de vue. Soucieux de ne pas fournir une arme aux ennemis du communisme, le Parti du Travail d'Albanie s'appliquait par tous les moyens à ne pas rendre publiques ses divergences avec le Parti Communiste de l'Union Soviétique. D'autre part, encore dans l'ignorance des véritables desseins nourris par le groupe de Khrouchtchev, il cherchait à aplanir les divergences surgies, par des négociations et des consultations 'empreintes d'un esprit de camaraderie. Tout en observant une attitude de principe, il espérait que les dirigeants soviétiques se rendraient compte de leurs erreurs et regagneraient la juste voie.
Mais de jour en jour, le Parti du Travail d'Albanie discernait plus nettement le véritable visage de traître des révisionnistes soviétiques. Plus leur trahison était mise au jour, plus le Parti du Travail d'Albanie accentuait l'âpreté et l'intransigeance de sa lutte contre le révisionnisme khrouchtchévien, pour le stigmatiser et le réduire à néant.
A la Rencontre de Bucarest qui eut lieu en juin 1960, le Parti du Travail d'Albanie prit ouvertement la défense des principes marxistes-léninistes et annihila les tentatives des révisionnistes khrouchtchéviens d'organiser un dangereux complot contre le Parti Communiste Chinois et l'ensemble du mouvement communiste international.
Après la Rencontre de Bucarest, la direction révisionniste soviétique s'en prit farouchement au Parti du Travail d'Albanie, afin de le contraindre à se solidariser avec sa propre ligne et son ;activité scissionniste. Dans les conditions ainsi créées, le Parti du Travail d'Albanie se convainquit encore davantage qu'il lui fallait défendre avec le plus grand courage et la plus grande fermeté sa position de principe sur toutes les questions fondamentales du mouvement communiste international. C'est précisément ce qu'il fit à la Conférence de Moscou qui se tint en novembre 1960.
Dans le discours qu'il prononça à cette Conférence, le camarade Enver Hoxha exposa ouvertement, franchement, et avec une hardiesse marxiste-léniniste le point de vue de principe du Parti du Travail d'Albanie sur les principaux problèmes du mouvement communiste international, à propos desquels avaient surgi des divergences, et critiqua sévèrement le groupe révisionniste de N. Khrouchtchev tant pour ses vues et ses actions erronées antimarxistes, que pour ses actes d'ingérence dans les affaires intérieures du Parti du Travail d'Albanie, de même que pour les brutales attaques qu'il avait déclenchées contre lui.
Le Parti du Travail d'Albanie formulait cette ferme critique de principe à l'adresse de la direction soviétique afin de préserver l'unité du mouvement communiste international et du camp socialiste, car l'unité ne peut être sauvegardée sans mettre à nu les erreurs et les pratiques étrangères à l'idéologie marxiste-léniniste, sans les dénoncer sévèrement et sans les corriger sur des bases marxistesléninistes.
A la Conférence de Moscou, les révisionnistes khrouchtchéviens firent tout leur possible pour éluder la critique de leurs points de vue révisionnistes et de leur activité scissionniste, mais en vain.
A la suite de la ferme position de principe prise par le Parti du Travail d'Albanie sur tous les problèmes qui préoccupaient le mouvement communiste international et de l'intervention de la délégation chinoise, les représentants de tous les partis participant à la réunion se virent contraints de faire connaître d'une manière ou d'une autre leur attitude. Dans ces circonstances, les révisionnistes s'efforcèrent de détourner l'attention des participants des problèmes de principe, et de se servir de cette conférence comme d'une tribune pour y lancer leurs basses attaques contre le Parti du Travail d'Albanie et le Parti Communiste Chinois. Mais cette tentative échoua également. L'attitude de principe, internationaliste du Parti du Travail d'Albanie pour la défense du marxisme-léninisme et de l'unité du mouvement communiste international fut soutenue par le Parti Communiste Chinois et par nombre de délégations d'autres partis. Les révisionnistes khrouehtchéviens se virent contraints de battre en retraite.
Le discours du camarade Enver Hoxha constituait une importante contribution à l'heureux aboutissement de la Conférence de Moscou. Grâce à la lutte résolue du Parti Communiste Chinois, du Parti du Travail d'Albanie et de certains autres partis, la Conférence de Moscou approuva la Déclaration des Partis Communistes et Ouvriers. Certes, celle-ci comportait également certaines appréciations mal fondées ainsi que des thèses erronées, sur lesquelles le Parti du Travail d'Albanie avait des vues totalement opposées, qu'il avait exprimées ouvertement au cours de la conférence même. Néanmoins, la délégation du Parti du Travail d'Albanie signa la Déclaration en se basant sur le fait que, dans les grandes lignes, le fond en était juste. Cependant, si, dans l'intérêt de l'unité, le Parti du Travail d'Albanie fit des concessions sur des questions secondaires, il n'en consentit aucune sur les questions essentielles touchant les principes fondamentaux du marxisme-léninisme. ,
Le Parti du Travail d'Albanie estimait que l'unité au sein du mouvement communiste international pouvait être établie si chaque parti appliquait fidèlement la Déclaration. Les divergences, selon lui, ne pourraient être éliminées qu'en respectant les normes qui doivent régir les rapports entre partis marxistesléninistes, sans faire publiquement connaître ces divergences aux ennemis. C'est pour cette raison, notamment, que le Parti du Travail d'Albanie ne rendit pas public, à l'époque, le discours du camarade Enver Hoxha à la Conférence de Moscou, et qu'il lutta résolument pour l'application de la Déclaration qu'il avait lui-même approuvée.
Le discours du camarade Enver Hoxha à la Conférence de Moscou montre clairement que la lutte du Parti du Travail d'Albanie, bien que déjà ouvertement engagée, n'avait pas encore pris l'ampleur et la profondeur qu'elle devait connaître par la suite, en tant que conséquence logique de l'exacerbation de la lutte entre le marxisme-léninisme et le révisionnisme moderne, et du fait de la dégénérescence de la direction révisionniste soviétique en une bande de renégats et de traîtres au socialisme. Ce document porte d'un bout à l'autre l'empreinte de la période et des circonstances dans lesquelles il a été conçu. Il est publié ici dans sa teneur originale.
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Chers camarades,
Cette Conférence des partis communistes et ouvriers est d'une grande portée historique pour le mouvement communiste international, du fait qu'elle procède à une analyse minutieuse de la situation politique internationale, qu'elle dresse le bilan des succès et des erreurs que nous avons pu enregistrer sur notre voie, qu'elle nous aide à définir plus clairement la ligne qu'il nous faudra suivre à l'avenir afin de remporter de nouveaux succès pour le plus grand bien du socialisme, du communisme et de la paix.
L'existence du camp socialiste avec à sa tête l'Union Soviétique est désormais une réalité. Le mouvement communiste dans l'ensemble s'est élargi, renforcé et aguerri. Les partis communistes et ouvriers sont devenus dans le monde entier une force colossale qui conduit l'humanité en avant vers le socialisme et vers la paix.
Comme le souligne le projet de déclaration élaboré, notre camp, le camp du socialisme, est bien plus fort que le camp de l'impérialisme. Le socialisme se renforce et grandit dé jour en jour, alors que l'impérialisme s'affaiblit, se décompose. Par tous les moyens dont nous disposons et de toutes nos forces nous devons nous employer à accélérer ce processus. Nous y parviendrons à la condition de demeurer indéfectiblement fidèles au marxisme-léninisme et de le mettre correctement en oeuvre. Sinon, nous ne ferons que freiner ce processus, car nous avons à affronter des ennemis féroces qu'il nous faut vaincre et réduire à néant, nous avons à affronter l'impérialisme, celui des Etats-Unis en tête.
Nous voulons la paix, alors que l'impérialisme, lui, ne la veut pas et qu'il se prépare à une troisième guerre mondiale. Nous devons lutter de toutes nos forces pour éviter une nouvelle guerre et faire triompher dans le monde une paix juste et démocratique. Nous n'atteindrons oe but que lorsque nous aurons contraint l'impérialisme à désarmer.
L'impérialisme ne déposera pas les armes de son propre gré. Croire à une telle possiblité revient à se leurrer soi-même et à duper les autres. Nous devons donc opposer à l'impérialisme la puissance colossale du camp socialiste, sa puissance économique, militaire, morale, politique et idéologique, et en même temps les forces unies des peuples du monde entier, afin de saboter de toutes les manières possibles la guerre que préparent les impérialistes.
Le Parti du Travail d'Albanie n'a pas caché et ne cachera pas à son peuple cette situation et la menace que l'impérialisme fait peser sur l'humanité éprise de paix. Nous pouvons vous assurer que le peuple albanais qui hait la guerre, n'a pas été troublé par cette franche mise en garde lui venant de son Parti; il n'est pas tombé dans le pessimisme, et n'a pas non plus marqué le pas en ce qui concerne la construction du socialisme. Il voit clairement ses perspectives d'avenir et travaille avec une entière confiance, sans jamais relâcher sa vigilance, en tenant d'une main la pioche et de l'autre le fusil.
Notre point de vue est que l'impérialisme, l'impérialisme américain en tête, doit être démasqué sans merci, politiquement et idéologiquement, et qu'en aucun cas les flatteries, les cajoleries à l'égard de l'impérialisme ne sont admissibles. Nous ne pouvons lui faire aucune concession de principe. Les tactiques et les compromis de notre part doivent, pour être admissibles, aider notre cause et non pas celle de l'ennemi.
Devant un ennemi féroce, la garantie de la victoire de notre cause réside dans* notre unité parfaite, qui sera assurée en éliminant les profondes divergences idéologiques surgies et en basant cette unité sur les fondements du marxisme-léninisme, sur l'égalité, la fraternité, l'esprit de camaraderie et d'internationalisme prolétarien. Notre Parti estime que non seulement aucune faille idéologique ne doit nous diviser, mais que nous devons au contraire avoir une attitude politique unique sur toutes les questions. Notre tactique et notre stratégie, à l'encontre de nos ennemis, doivent être élaborées par tous nos partis et se fonder sur les principes marxistes-léninistes, sur de justes critères politiques adaptés aux situations concrètes et réelles.
Le camp socialiste, ayant à sa tête la glorieuse Union Soviétique, est devenu une force colossale sous tous les aspects, par son potentiel économique et culturel, comme par son potentiel militaire. Nos succès, la force de notre camp, ont pour fondement la puissance morale, politique, économique, culturelle et militaire colossale de l'Union Soviétique. L'Union Soviétique a enregistré d'immenses succès dans l'industrie, l'agriculture, l'enseignement et la culture, dans les domaines scientifique et militaire. Ces succès constituent pour les autres pays du camp socialiste un appoint incommensurable qui les aide à remporter à leur tour de grands succès.
Le projet de déclaration élaboré souligne à juste titre que la force immense et inépuisable du camp socialite, l'Union Soviétique en tête, constitue le facteur décisif du triomphe de la paix dans le monde, que c'est une force morale, politique et idéologique qui inspire les peuples du monde luttant pour s'affranchir du joug des colonisateurs buveurs de sang, des griffes de l'impérialisme et du capitalisme, et qui par la grande force de son exemple et de l'appui économique qu'elle leur prête, aide et inspire les autres peuples à gagner la bataille pour s'affranchir complètement du capitalisme exploiteur.
C'est pour cette grande raison que l'Union Soviétique et le camp socialiste sont devenus le coeur des peuples du monde entier et la source de leurs espérances, leur force, leur soutien moral, politique et économique, leurs défenseurs sûrs et dévoués contre les menaces des agresseurs fauteurs de guerre, américains, anglais, français, et de leurs alliés.
Tous les peuples du monde aspirent à la liberté, à l'indépendance, à la souveraineté nationale, à la justice sociale, à la culture, à la paix, et ils luttent pour se les assurer. Ces aspirations sacrées ont été et sont étouffées par les capitalistes, les féodaux et les impérialistes; aussi est-il naturel que ces peuples mènent une lutte des plus âpres contre les capitalistes, contre les féodaux, contre les impérialistes. Il est également naturel que les peuples du monde se cherchent des alliés dans cette lutte pour l'existence qu'ils livrent à leurs bourreaux. Leurs grands, puissants et fidèles alliés sont seuls l'Union Soviétique et le camp socialiste.
Aussi; dans la lutte pour la paix, pour le désarmement, pour le progrès social dans la monde, le camp du socialisme n'est pas seul face au camp impérialiste, mais allié étroitement à tous les peuples progressistes du monde, alors que les impérialistes, eux, se trouvent isolés face au camp socialiste.
Nous vivons à une époque où l'on assiste à l'effondrement total du colonialisme, à la liquidation de ce fléau qui tendait à supprimer les peuples de la face du globe. Des Etats nouveaux voient le jour en Afrique, en Asie. Des pays où régnaient le capital, le fouet et le fusil, secouent le joug de la servitude, et les peuples prennent leur destin dans leurs propres mains. Cela s'est réalisé et se réalise grâce à la lutte de ces peuples et à l'appui moral que leur prêtent l'Union Soviétique, la, Chine populaire et les autres pays du camp socialiste.
Des traîtres au marxisme-léninisme, des agents de l'impérialisme et des intrigants du type de Josip 'Broz Tito, s'efforcent de mille manières, en ourdissant des plans diaboliques, tels que la création d'uné troisième force, de désorienter les peuples et les jeunes Etats, de les détacher de leurs alliés naturels, de les lier directement à l'impérialisme américain. Nous devons tendre toutes nos forces pour réduire à néant les plans de ces valets de l'impérialisme.
Nous assistons actuellement à la désagrégation de l'impérialisme, à sa décomposition, à son agonie. Nous vivons et nous luttons à une époque caractérisée par le passage irrésistible du capitalisme au socialisme. On voit se confirmer tous les enseignements géniaux de Marx et de Lénine, enseignements qui ne sont nullement surannés comme le prétendent les révisionnistes.
L'impérialisme mondial essuie des coups sévères qui montrent clairement qu'il n'en est plus à son "âge d'or", lorsqu'il faisait la loi ou et quand il le voulait. Si l'initiative lui a maintenant échappé, il ne l'a pas abandonnée de gaîté de coeur. Cette initiative ne lui a pas été arrachée que par des mots ou des discours, mais à l'issue d'un long processus de révolutions et de combats sanglants, que le capitalisme a lui-même suscités contre le prolétariat, contre la force des peuples qui se dressaient pour détruire le monde de la faim et de la misère, le monde de la servitude. Cette page glorieuse a été ouverte par la grande Révolution socialiste d'Octobre, par la grande Union Soviétique, par le grand Lénine.
Même maintenant qu'il sent venir la mort, qu'il voit se dresser devant lui des adversaires puissants et résolus, comme l sont le camp socialiste et sa grande alliance avec tous les peuples du monde, l'impérialisme mondial, l'impérialisme américain en tête, rassemble, organise et arme ses forces d'assaut. Il se prépare à la guerre. Qui ne voit pas cela, est aveugle. Qui le voit, mais le dissimule, est un traître au service de l'impérialisme.
Le Parti du Travail d'Albanie estime qu'en dépit des difficultés auxquelles nous nous heurtons pour instaurer la paix dans le monde, réaliser le désarmement et régler les autres problèmes internationaux, il n'y a pas lieu d'être pessimistes. Seuls nos ennemis qui subissent défaite sur défaite peuvent et doivent être pessimistes. Nous avons été, nous sommes et nous serons victorieux, et c'est pourquoi nous avons été et restons optimistes, et nous sommes convaincus que nos efforts seront couronnés de succès.
Nous estimons toutefois que l'optimisme excessif, non réaliste, loin d'être bénéfique, est même nuisible. Qui nie, qui minimise notre grande force économique, politique, militaire, morale, qui n'a pas foi en elle, celui-là est un défaitiste et ne mérite pas de porter le nom de communiste. Mais de même, qui est grisé par notre force, qui sous-estime l'adversaire, qui s'imagine, que l'ennemi a perdu tout espoir, qu'il est devenu inoffensif et entièrement à notre merci, celui-là n'est pas réaliste et ne fait que duper, endormir les gens, endormir les peuples, face à ces situations complexes et pleines de dangers, qui exigent de tous une très grande vigilance, qui exigent la montée du mouvement révolutionnaire des masses et non pas son déclin, son relâchement, sa désagrégation, et sa décomposition. Notre peuple fort expérimenté dit bien : "L’eau dort, mais l'ennemi est toujours en éveil."
Regardons les faits bien en face. L'impérialisme mondial, avec à sa tête son détachement le plus agressif, l'impérialisme américain, oriente soi. économie vers la préparation de la guerre. Il s'arme jusqu'aux dents. L'impérialisme américain -équipe l'Allemagne de Bonn. le Japon et tous ses alliés et satellites de toutes les armes existantes. Il a organisé et il perfectionne les organisations militaires d'agression, il a créé et il crée des bases militaires aux quatre coins du monde, tout autour du camp socialiste. Il augmente ses stocks d'armes nucléaires., il refuse de désarmer, il refuse de cesser les essais d'armes nucléaires, il travaille fébrilement à inventer de nouveaux moyens d'extermination massive. Et pourquoi fait-il tout cela? Pour préparer une partie de plaisir? Non! pour nous faire la guerre, pour anéantir le socialisme et le communisme, pour asservir les peuples.
Le Parti du Travail d'Albanie estime que s'exprimer et juger différemment signifie se leurrer soi-même et duper les autres. Nous ne serions pas des communistes si nous perdions courage dans l'adversité. Nous, communistes, nous haïssons la guerre, et nous nous battrons jusqu'au bout pour annihiler les plans diaboliques et belliqueux qu'ourdit l'impérialisme américain, mais s'il nous déclare la guerre, nous devrons porter à l'impérialisme un coup écrasant pour qu'il soit balayé à jamais de la surface de la terre.
Devant les menaces de guerre atomique que lance l'impérialisme mondial, conduit par l'impérialisme américain, nous devons être parfaitement préparés économiquement, politiquement, moralement, et militairement, pour faire front à toute éventualité.
Nous devons chercher à éviter une guerre mondiale, car elle n'est pas inéluctable, mais nous serions impardonnables de nous bercer d'illusions et de nous laisser surprendre, car la loyauté a toujours été étrangère à nos ennemis; en eût-il été autrement, ils n'auraient pas été nos ennemis. Nos ennemis sont et resteront des ennemis, et des ennemis perfides. Qui se fie à l'ennemi perdra tôt ou tard la partie.
Pour éviter la guerre, il nous faudra déployer de gros efforts, lutter par tous les moyens. La politique de l'Union Soviétique, de notre camp socialiste, a été et demeura une politique de paix. Toutes les propositions du gouvernement soviétique et de ceux de nos pays de démocratie populaire dans l'arène internationale, ont visé à la détente internationale, au règlement de toutes les questions demeurés en suspens par voie de négociations et non par la guerre.
La politique pacifique de l'Union Soviétique et des pays du camp socialiste a beaucoup contribué à mettre à nu les visées agressives de l'impérialisme, à mobiliser les peuples contre les fauteurs de guerre, à intensifier leur glorieux combat contre les oppresseurs impérialistes et leurs instruments. L'exemple de l'héroïque Cuba, de la lutte du peuple japonais et des événements de Corée du Sud et de Turquie, témoignent, on ne peut mieux, de l'influence de cette politique.
Néanmoins, de nombreux problèmes concrets mis sur le tapis, telles notamment les propositions sur le désarmement, sur une conférence au sommet, etc., n'ont pas été réglés, et leur règlement est systématiquement saboté par les impérialistes américains.
Quelles conclusions devons-nous en tirer? Le Parti du Travail d'Albanie estime que l'impérialisme et, au premier chef, l'impérialisme américain n'a changé ni de peau, ni de nature. Il est agressif et il demeurera tel même s'il ne lui reste qu'une dent dans la gueule. Agressif par nature, il est capable de précipiter le monde dans une guerre. Aussi, pour notre part, ainsi que nous l'avons souligné à la commission de rédaction, nous insistons pour qu'il soit bien expliqué aux peuples qu'il n'y aura de garantie absolue contre une guerre mondiale que lorsque le socialisme aura triomphé dans le monde entier ou pour le moins dans la plupart des pays du monde. Les Américains ne cachent pas leur jeu; loin d'accepter de désarmer, ils intensifient leur armement, ils préparent la guerre, aussi devons-nous être vigilants.
Nous ne devons faire aucune concession de principe à l'ennemi, ne nous faire aucune illusion sur l'impérialisme, car en croyant arranger les choses nous ne ferions que les aggraver. L'ennemi, non seulement s'arme et prépare la guerre contre nous, mais il mène aussi une propagande effrénée pour empoisonner et désorienter les esprits. Il dépense des millions de dollars pour stipendier des agents et des espions, des millions de dollars pour organiser dans nos pays des activités d'espionnage, de diversion et des attentats. L'impérialisme américain a donné et donne des milliards de dollars à ses fidèles agents, à la bande de traîtres de Tito. Toutes ces menées ont pour but d'affaiblir notre front intérieur, de nous diviser, de débiliter et de désorganiser nos arrières.
On discute beaucoup de la question de la coexistence pacifique, et d'aucuns disent à ce sujet de telles absurdités qu'ils vont même jusqu'à prétendre que la Chine Populaire et l'Albanie sont contre la eoexistente pacifique. J'estime qu'il convient de réfuter une bonne fois de tels points de vue nuisibles et erronés.
Il ne peut y avoir d'Etat socialiste, de communiste qui soit contre la coexistence pacifique, qui soit contre la paix. Le grand Lénine a, le premier, posé le principe de. la coexistence pacifique des pays à systèmes sociaux différents, comme une nécessité objective, tant qu'il existera, dans le monde, à la fois des pays socialistes et -des pays capitalistes. Notre Parti du Travail, fidèle à ce grand principe de Lénine, a toujours estimé et il estime toujours que la politique de coexistence pacifique répond aux intérêts fondamentaux de tous les peuples, qu'elle répond à l'objectif du renforcement ultérieur des positions du socialisme; aussi ce principe de Lénine est-il à la base de toute la politique extérieure de notre Etat populaire.
La coexistence pacifique entre les deux systèmes -opposés, ne signifie pas, comme le prétendent les révisionnistes modernes, qu'il convient de renoncer à la lutte de classes. Au contraire, la lutte de classes doit se poursuivre, la lutte politique et idéologique contre l'impérialisme, contre l'idéologie bourgeoise et l'idéologie révisionnistes, doit s'intensifier toujours davantage. Tout en luttant conséquemment pour l'instauration de la coexistence pacifique léniniste, sans faire aucune concession de principe à l'impérialisme, il convient de développer plus avant la lutte de classes dans les pays capitalistes, ainsi que le mouvement de libération nationale des peuples des pays coloniaux et dépendants.
Selon notre point de vue, les partis communistes et ouvriers des pays capitalistes doivent lutter pour que s'instaure la coexistence pacifique entre leurs pays, encore dominés par le système capitaliste, et nos pays socialistes. Une telle action renforce les positions de la paix, affaiblit les positions du capitalisme dans chacun de leur pays et apporte plus généralement un soutien à la lutte de classe dans ces pays. Mais ce n'est pas là leur seule tâche. Il faut que dans ces pays se développe, croisse et se renforce la lutte de classe et que les masses travailleuses, guidées par le prolétariat de chaque pays, leur parti communiste en tête, et en alliance avec tout le prolétariat mondial, rendent l'existence impossible à l'impérialisme, sapent les bases de son appareil de guerre et de son économie, lui arrachent de vive force le pouvoir 'économique et politique pour s'acheminer vers la destruction de l'ancien pouvoir et instaurer le nouveau pouvoir du peuple. Cela le feront-elles par la violence ou par la voie pacifique et parlementaire?
Cette question était claire et il était inutile que le camarade Khrouchtchev vienne l'embrouiller au XXe Congrès comme il l'a fait pour la plus grande satisfaction des opportunistes. Pourquoi fallait-il parodier de la sorte les thèses si claires de Lénine et de la Révolution socialiste d'Octobre? Le Parti du Travail d'Albanie a toujours eu une claire compréhension des enseignements de Lénine à ce sujet et il leur est toujours resté fidèle. Jusqu'à présent, aucun peuple, aucun prolétariat ni aucun parti communiste ou ouvrier, ne s'est emparé du pouvoir sans violence et sans effusion de sang.
Certains camarades s'écartent en fait de la réalité lorsqu'ils prétendent qu'ils ont pris le pouvoir sans effusion de sang; ils oublient que la glorieuse Armée Soviétique a versé des flots de sang pour eux durant la Seconde Guerre mondiale.
Notre Parti estime qu'en cette matière nous devons nous préparer, et .nous préparer avec soin pour les deux voies, mais surtout pour la prise du pouvoir par la violence, car si nous nous préparons bien pour cette éventualité, nous renforçons nos chances de succès pour l'autre. La bourgeoisie vous permet bien de discourir, mais elle monte enysuite un coup de force fasciste et vous écrase, du fait qu'on n'a préparé ni les cadres de choc, ni le travail dans la clandestinité, ni les lieux où se mettre à l'abri et travailler, ni les moyens de combat. Nous devons prévenir cette tragique éventualité.
Le Parti du Travail d'Albanie s'est battu, se bat et se battra pour la coexistenoa pacifique sur la voie marxiste-léniniste telle que nous l'enseigne Lénine et qu'elle est définie par le Manifeste de Moscou pour la paix. Il a toujours été, il est et il sera pour le désarmement général et il luttera activement pour la mise en oeuvre de ce désarmement. En aucun cas et pas un instant le Parti du Travail l'Albanie ne cessera de combattre politiquement et idéologiquement les menées de l'impérialisme et du capitalisme ainsi que l'idéologie bourgeoise, il ne cessera de livrer une lutte acharnée, continue et intransigeante, au révisionnisme moderne et au révisionnisme titiste yougoslave en particulier. Il se peut que certains camarades nous accusent, nous Albanais, d'être obstinés, emportés, sectaires, dogmatiques et de tout ce qu'on voudra, mais nous réfutons ces fausses accusations et leur déclarons que nous ne bougerons pas de nos positions car ce sont des positions marxistes-léninistes.
On prétend que nous voulons la guerre et que nous sommes opposés à la coexistence. Le camarade Kozlov nous a même placés, nous Albanais, devant l'alternative suivante: soit la coexistence, telle que lui la conçoit, soit une bombe atomique des impérialistes sur l'Albanie, une bombe qui réduirait le pays en cendres et ne laisserait aucun Albanais vivant. Le peuple albanais ne s'était jamais jusqu'ici entendu proférer une telle menace atomique même par un représentant de l'impérialisme américain. Mais voilà que cette menace lui vient d'un membre du présidium du Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique, et à qui celui-ci l'adressait-il? A un petit peuple héroïque qui a lutté pendant des siècles contre des ennemis farouches et innombrables et qui ne s'est jamais incliné, à un petit peuple qui a combattu avec un héroïsme sans pareil les hitlériens et les fascistes italiens, il l'adresse à un peuple qui est lié comme les doigts de la main à la glorieuse Union Soviétique, il l'adresse à un parti qui témoigne une fidélité conséquente et indéfectible au marxisme-léninisme et au Parti Communiste de l'Union Soviétique. Mais, camarade Frol Kozlov, vous vous êtes grossièrement mépris, vous ne pouvez nous intimider ni nous plier à votre volonté égarée et nous ne confondons en rien le glorieux Parti de Lénine avec vous et votre comportement si hostile et éhonté envers le peuple albanais et le Parti du Travail d'Albanie. Le Parti du Travail d'Albanie appuiera toutes les propositions justes et pacifiques de l'Union Soviétique et des pays du camp socialiste, ainsi que des autres pays épris de liberté, et luttera pour les voir mettre en oeuvre.
Le Parti du Travail d'Albanie tendra toutes ses forces, usera de tous ses droits et s'acquittera de toutes ses obligations afin de consolider l'unité du camp socialiste, son unité marxiste-léniniste. Il serait absurde de penser que la petite Albanie socialiste puisse se détacher du camp socialiste et vivre en dehors de ce camp, en dehors de la fraternité de nos peuples socialistes. Son appartenance au camp socialiste, l'Albanie ne l'a pas reçue en cadeau, mais c'est notre peuple luimême et le Parti du Travail d'Albanie qui l'ont conquise par leur sang versé, par leur labeur, par les sacrifices qu'ils ont consentis, par lé système de gouvernement qu'ils ont instauré et par la voie marxiste-léniniste qu'ils suivent. Mais que personne ne se figure que l'Albanie, parce qu'elle est un petit pays, et le Parti du Travail d'Albanie, parce qu'il est un petit parti, obéiront à qui que ce soit, s.'ils sont convaincus que la voie qu'on leur indique est erronée.
Comme je l'ai dit plus haut, le Parti du Travail d'Albanie estime que notre camp socialiste qui poursuit un objectif unique et qui est guidé par le marxisme-léninisme, doit aussi avoir une stratégie et une tactique qui lui soient propres et que celles-ci doivent être élaborées en commun par nos partis et nos Etats du camp socialiste. Au sein de notre camp nous avons créé certaines formes d'organisation du travail, mais il est juste de dire que celles-ci sont demeurées en quelque sorte purement formelles, ou plutôt, qu'elles ne fonctionnent pas de façon collégiale. Tels sont notamment les organismes du Traite de Varsovie et ceux du Conseil Economique d'Entraide. Comprenons-nous bien. Nous ne soulevons pas ici la question de savoir si nous devons également être consultés ou non. Bien entendu, personne ne peut nous dénier le droit d'être consultés, mais pour l'être il faut que- nous nous réunissions. Nous soulevons la question en principe et nous affirmons que ces formes d'organisation doivent fonctionner régulièrement, que c'est là qu'il faut poser les problèmes, prendre les décisions et en contrôler l'exécution.
Le développement et le renforcement de l'économie des pays socialistes ont toujours été une des premières préoccupations de nos partis et de nos gouvernements, un des facteurs déterminants de la puissance invincible du camp socialiste.
L'édification du socialisme et du communisme progresse impétueusement dans nos pays. Cela est dû aux grands efforts de nos peuples et aux bienfaits de l'assistance mutuelle que s'accordent nos pays. La coordination des plans économiques de nos pays et le Conseil Economique d'Entraide -ont joué un rôle important dans ce sens.
Jusqu'à présent, la République Populaire d'Albanie n'a jamais accordé d'aide à personne, d'abord parce que notre pays est pauvre et ensuite parce que personne n'a sollicité notre appui. Mais dans les limites de justes normes, nous avons fait et nous faisons tous nos efforts pour aider tant soit peu par nos exportations les pays amis et frères. Nous avons été aidés par nos amis et en premier lieu par l'Union Soviétique. Nous avons été aidés par l'octroi de crédits et l'envoi de spécialistes
sans lesquels il eût été fort difficile à notre pays et à notre économie de se développer à des rythmes aussi rapides.
De cette aide généreuse de l'Union Soviétique et des autres pays de démocratie populaire, le Parti du Travail d'Albanie et le Gouvernement de la République Popolaire d'Albanie ont tiré le meilleur profit pour le plus grand avantage du peuple albanais. Notre peuple sera à jamais reconnaissant de cette aide aux peuples soviétiques, au Parti Communiste de l'Union Soviétique et au Gouvernement Soviétique, aux peuples, aux partis et aux gouvernements des pays de démocratie populaire. Cette aide, nous l'avons conçue, nous la concevons et la concevrons non pas comme une aumône, mais comme une aide fraternelle, comme une aide internationaliste.
Notre peuple, en tant que peuple qui a connu un extrême dénuement, qui a combattu avec héroïsme, qui a été massacré et spolié, avait pleinement le droit de solliciter l'aide de ses amis et de ses frères, plus grands et économiquement plus riches que lui. Et ses amis avaient le devoir internationaliste de lui venir en aide. Aussi faut-il réfuter toute conception ténébreuse et antimarxiste qui pourrait éventuellement se manifester quant au caractère et aux fins de cette aide. Les pressions économiques sur le Parti du Travail d'Albanie, sur notre Gouvernement et sur notre peuple sont vouées à l'échec.
Je voudrais soulever ici la question de l'aide des pays économiquement plus puissants aux pays ayant une économie plus faible, comme c'est le cas du nôtre, et proposer par ailleurs que cette aide soit accrue. Le peuple albanais ne compte nullement se croiser les bras et attendre la bouche ouverte qu'on le nourrisse. Ce n'est pas son habitude. Notre peuple n'a pas davantage la prétention que le niveau de vie dans notre pays atteigne d'un seul coup celui de maints pays de démocratie populaire, mais il n'en demeure pas moins que l'aide qui doit lui être accordée pour le développement ultérieur de ses forces productives doit être plus eonsidérab.e. Nous estimons que les pays économiquement puissants du camp socialiste doivent accorder des crédits aux pays capitalistes neutres également, et aussi aux peuples à peine affranchis du colonialisme, lorsque les gouvernements de ces pays capitalistes s'opposent à l'impérialisme, qu'ils appuient la politique pacifique du camp socialiste et qu'ils n'entravent ni ne contrecarrent la lutte légitime des forces révolutionnaires, mais ce qu'il faut avant tout, c'est considérer plus attentivement les besoins des pays du camp socialiste et satisfaire ces besoins. Certes, l'Inde a besoin de fer et d'acier, mais l'Albanie en a besoin plus qu'elle et avant elle, l'Egypte a besoin d'une industrie énergétique et- d'ouvrages d'irrigation, mais l'Albanie socialiste en a besoin plus qu'elle et avant elle.
Sur bien des problèmes politiques primordiaux, les points de vue à l'intérieur de notre camp socialiste ont été et sont identiques. Or, du fait que la voie des consultations collégiales n'est pas devenue une pratique régulière, on a souvent observé que des pays de notre camp socialiste prennent des initiatives politiques, à propos de quoi nous devons dire, bien que nous ne soyons pas en principe contraires à la prise d'initiatives, que celles-ci portent souvent atteinte à d'autres pays du camp socialiste. Certaines de ces init!atives ne sont pas justes, en particulier quand celles-ci doivent être prises collectivement par les membres du Traité de Varsovie.
Telle est l'initiative du gouvernement bulgare, qui a informé le gouvernement grec, sans faire aucun cas de l'Albanie, que les pays de démocratie populaire des Balkans sont disposés à désarmer si le gouvernement grec accepte également de le faire. A notre point de vue, cette initiative fut erronée, car même si la Grèce souscrivait à une telle proposition, le gouvernement albanais, lui, ne l'accepterait jamais. L'Albanie adhère à la proposition soviétique faite par Nikita Khrouchtchev en mai 1959,2 mais non pas à la proposition bulgare qui tend à désarmer les pays des Balkans, sans toucher à l'Italie. Les camarades bulgares auraient-ils oublié que l'Italie bourgeoise et fasciste a attaqué à plusieurs reprises l'Albanie au cours de ce siècle?
Est-il permis aux camarades bulgares d'agir comme ils l'ont fait encore en une autre occasion, sans nullement consulter le gouvernement -albanais auquel ils sont liés par un traité d'alliance défensive, lorsqu'ils ont proposé au gouvernement grac de conclure avec lui un traité d'alliance et de non agression, et ce en un temps où la Grèce maintient l'état de guerre avec l'Albanie, et nourrit des visées territoriales à son égard? Il nous semble dangereux que de telles actions soient menées de façon unilatérale.
Cette juste et légitime opposition de notre part a pu induire les camarades bulgares à conclure que nous, Albanais, n'avons pas une juste conception de la coexistence, que nous voulons la guerre, etc. Ce sont là des points de vue erronés.
Des actions analogues ont également été le fait des camarades polonais aux Nations Unies, lorsque le camarade Gomulka a présenté unilatéralement devant l'Assemblée Générale une proposition de la Polcgne en faveur du maintien du statu quo en ce qui concerne le stationnement des force, militaires dans le monde et, précisément. contre la création de nouvelle--s bases militaires, mais pour le maintien des bases existantes, contre l'installation de nouvelles rampes de lancement de fusées, mais pour le maintien des rampes existantes, pour le maintien du secret de la bombe atomique. par les Etats qui fabriquent de ces bombes et contre la transmission de ce secret à d'autres Etats. Une telle proposition, à notre sens, est contraire aux intérêts de notre camp. Qu'on n'installe plus de rampes de lancement de fusées? Mais à qui cette interdiction s'adresserait-elle et dans quels pays s'appliquerait-elle? Tous les alliés de l'OTAN, y compris l'Italie, l'Allemagne occidentale et la Grèce, sont pourvus de fusées. Qu'on ne révèle pas le secret de la bombe atomique? Mais à qui? L'Angleterre, comme la France ou l'Allemagne occidentale, en ont connaissance. Il est bien clair que si une telle proposition était acceptée, nous, les pays de démocratie populaire, serions obligés de ne pas installer de rampes de lancement de fusées et aucun pays du camp socialiste, l'Union Soviétique exceptée, ne pourrait posséder la bombe atomique.
Nous demandons pourquoi la Chine communiste ne devrait pas avoir la bombe atomique. Nous estimons qu'elle doit la posséder et lorsque la Chine disposera de la bombe atomique et de fusées on verra bien alors quel sera le langage de l'impérialisme américain, on verra bien si l'on continuera à dénier à la Chine ses droits dans l'arène internationale, on verra bien si les impérialistes américains oseront brandir leurs armes comme ils le font aujourd'hui.
On pourra demander si la possession et la possibilité de se servir de la bombe permettraient à la Chine d'acquérir ces droits en dépit de l'action contraire des Etats-Unis. Non, la Chine, tout comme l'Union Soviétique, ne fera jamais usage de cette arme, si nous ne sommes pas attaqués par ceux qui ont l'agression et la guerre dans le sang. Si l'Union Soviétique ne possédait pas la bombe atomique, l'impérialisme nous tiendrait un autre langage. Nous ne serons jamais les premiers à employer les armes atomiques, nous sommes contre la guerre, nous sommes pour la destruction des armes nucléaires, mais nous avons besoin de la bombe pour nous défendre. "La crainte est la meilleure gardienne des vignes", dit un adage de notre peuple. Les impérialstes doivent nous craindre et même nous craindre beaucoup.
Le Parti du Travail d'Albanie, se fondant sur le marxisme-léninisme et sur la Déclaration des partis communistes et ouvriers et le Manifeste pour la paix de Moscou a suivi en ce qui concerne les questions de politique internationale et les problèmes importants de l'édification du socialisme, une juste ligne marxiste-léniniste. Dans les relations internationales, la ligne de notre Parti a été conforme à la politique du camp socialiste et a suivi l'orientation de la politique pacifique de l'Union Soviétique.
Le Parti du Travail d'Albanie a considéré et ne cessera de considérer l'Union Soviétique comme le sauveur de notre peuple, et sa grande expérience comme universelle et indispensable à tous les partis. Le Parti du Travail d'Albanie a suivi, a appliqué et fait sienne sans réserve cette grande expérience dans tous les domaines et il lui doit de grands succès. Nous avons remporté des succès dans la création et le renforcement de notre industrie, dans la collectivisation de l'agriculture, dans le développement de l'instruction et de la culture, qui connaissent chez nous un grand essor, dans la construction de notre Etat et de notre Parti. Notre Parti s'est d'ores et déjà acquis une maturité et une expériencee considérables dans ces domaines d'activités.
Notre Parti a éduqué et ne cessera d'éduquer notre peuple dans un esprit d'attachemerft et de grande fidélité à l'égard des peuples de l'Union Soviétique et du Parti Communiste de l'Union Soviétique. Cet attachement est trempé et il le sera chaque jour davantage car il est imprégné du sang versé au combat; car il a crû sur les fondements du marxismeléninisme et de l'internationalisme prolétarien. Nous avons aimé et nous aimons les hommes soviétiques •de tout notre coeur, et c'est avec la même ferveur qu'ils ont aimé et qu'ils aiment le peuple et le Parti du Travail d'Albanie. C'est une amitié de peuples, une amitié de partis marxistes-léninistes; aussi s'•épan•ouira-telle à jamais dans les siècles. C'est là la ferme conviction des communistes albanais et cette conviction, ils l'ont inculquée au peuple albanais et ils ne cesseront de la cimenter en lui. Nous l'avons déjà dit et nous le répétons, sans cette amitié il n'aurait pu y avoir de liberté pour notre peuple. C'est là le fruit du léninisme.
Le Parti du Travail d'Albanie et notre petit peuple ont toujours été préoccupés par les grands problèmes du moment. Notre République Populaire a été et est toujours géographiquement encerclée par des Etats capitalistes et par les révisionnistes yougoslaves, et il nous a fallu être très vigilants, engager des hommes et des fonds considérables pour assurer la défense de nos frontières, pour défendre la liberté et la souveraineté de la patrie contre les tentatives sans nombre des impérialistes, de leurs satellites et de leurs valets.
Nous sommes un petit pays et un petit peuple, et nous avons énormément souffert, mais aussi beaucoup lutté. La liberté dont nous jouissons aujourd'hui personne ne nous en a fait cadeau, nous l'avons conquise au prix du sang versé.
Nous avons appris à connaître et nous connaissons de mieux en mieux nos ennemis impérialistes, leurs menées contre le camp socialiste et contre notre pays en particulier, aussi n'avons-nous eu et n'avonsnous aucune illusion de les voir changer de nature et de modifier leurs visées à l'encontre des peuples, de notre camp et de l'Albanie socialiste en particulier. Notre Parti a été et reste toujours un défenseur de la paix et il se battra inlassablement, aux côtés de l'Union Soviétique, de la Chine populaire, des autres pays du camp socialiste et de tous les peuples progressistes pour défendre la paix. Mus par cet objectif sacré, le Parti du Travail d'Albanie et notre Gouvernement ont appuyé de toutes leurs forces la politique pacifique du Parti Communiste de l'Union Soviétique, du Gouvernement Soviétique et de tous les pays du camp socialiste. En tout point, sur toutes leurs propositions, nous avons été solidaires avec eux.
Les impérialistes américains et anglais nous ont accusé et nous accusent d'être "intraitables et belliqueux". C'est compréhensible, car le peuple albanais a écrasé leurs tentatives réitérées de l'asservir et a anéanti leurs agents qui ont comploté contre le Parti du Travail d'Albanie et notre régime de démocratie populaire.
La bande de Tito, celle des monarchofascistes chauvins grecs et les dirigeants de Rome nous ont accusé et nous accusent d'être "des fauteurs de guerre, de perturber la paix dans les Balkans", car nous leur avons cassé et nous leur casserons toujours les reins, sans la moindre hésitation, leurs objectifs ayant été et demeurant toujours de démembrer l'Albanie à leur profit, d'asservir notre peuple.
Il nous semble superflu de réaffirmer à cette réunion que la guerre est étrangère à nos pays socialistes, à nos partis marxistes-léninistes, mais la question se pose de savoir pourquoi les impérialistes et leurs agents accusent la Chine et l'Albanie d'être -des fauteurs de guerre et soidisant hostiles à la coexistence pacifique.
Prenons le cas de l'Albanie. A qui l'Albanie ferait-elle la guerre et pourquoi? Il serait ridicule de nous attarder à répondre à cette question. Ce qui est vrai c'est que ceux qui nous lancent cette accusation ont besoin eux-mêmes de camoufler leurs visées agressives à l'encontre de l'Albanie.
Rankovié souhaiterait nous voir faire de nos frontières des auberges à deux portes, par où entrent et sortent sans visa agents et armes yougoslaves, italiens ou grecs, pour nous apporter la "culture du poignard entre les dents pour que Tito réalise son rêve de faire de l'Albanie la septième république de Yougoslavie, ou pour que la bourgeoisie réactionnaire italienne mette à exécution pour la troisième fois ses visées spoliatrices à l'encontre de l'Albanie, ou encore que les monarchofascistes grecs réalisent leur rêve insensé de s'emparer de l'Albanie du Sud. Comme nous les en avons empêchés et nous les en empêcherons toujours, on nous accuse d'être des "fauteurs de guerre". Ils savent fort bien que s'ils touchent à nos frontières, ils auront la guerre avec nous et avec tout le camp socialiste.
Leur objectif a donc été et reste de nous isoler de notre camp et de nos amis, et, parce que nous ne leur ouvrons pas nos frontières pour qu'ils puissent venir paître librement sur notre territoire, ils nous accusent d'être "violents et belliqueux", d'être hostiles à la coexistence. Mais l'ironie du sort veut qu'il se trouve des camarades qui se laissent tromper par ce manège des révisionnistes et ajoutent foi à ces calomnies dirigées contre le Parti du Travail d'Albanie. Bien entendu, nous sommes opposés à une coexistence dans l'intérêt de laquelle nous, Albanais, devrions faire des concessions territoriales et politiques à Sophocle Venizelos. Non, les temps sont révolus à jamais, où le territoire d'Albanie était considéré comme un objet de marchandage. Nous sommes opposés à une coexistence avec l'Etat yougoslave, qui impliquerait l'extinction de la lutte idéologique et politique contre les révisionnistes yougoslaves, contre ces agents de l'impérialisme international, contre ces traîtres au marxisme-léninisme. Nous sommes opposés à une coexistence avec les Anglais ou les Américains, dans l'intérêt de laquelle nous devrions reconnaître, comme ils le réclament, la validité des anciennes concessions politiques, diplomatiques et commerciales que leur avaient accordées le régime du roi Zog.
En conclusion générale, le Parti du Travail d'Albanie est pleinement convaincu que notre grande cause, la cause de la victoire du socialisme et de la paix, triomphera. Les forces unies du camp socialiste, l'Union Soviétique en tête, du mouvement communiste et ouvrier international et de tous les hommes et peuples épris de liberté, sont en mesure, par une action plus résolue, de contraindre les impérialistes à accepter la coexistence pacifique, afin d'éviter la guerre mondiale. Mais en même temps nous ne devons cesser de renforcer notre vigilance révolutionnaire, pour que nos ennemis ne puissent jamais nous prendre au dépourvu. Nous sommes convaincus que nous l'emporterons dans cette noble lutte pour la paix dans le monde et le triomphe du socialisme. Le peuple albanais et le Parti du Travail d'Albanie s'emploieront, comme ils l'ont fait jusqu'ici, à contribuer de toutes leurs forces au triomphe de notre cause commune. Comme toujours, nous irons de l'avant, en unité d'airain avec tout le camp socialiste, avec la glorieuse Union Soviétique, avec tout le mouvement communiste et ouvrier international.
Chers camarades,
L'unité du mouvement communiste et ouvrier international constitue le facteur décisif pour la réalisation du noble objectif qu'est le triomphe de la paix, de la démocratie, de l'indépendance nationale et du socialisme. Ce point est souligné de façon particulière tant dans la Déclaration de Moscou de 1957, que dans le projet de déclaration préparé pour la présente réunion. La Déclaration de 1957 indique que "les partis communistes et ouvriers assument une responsabilité historique particulièrement lourde pour les destinées du système socialiste mondial et du mouvement communiste international. Les partis communistes et ouvriers participant à la Conférence déclarent qu'ils consolideront inlassablement leur unité et leur collaboration fraternelle pour affermir plus encore la communauté des Etats socialistes, renforcer le mouvement ouvrier -international, et servir la cause de la paix et du socialisme." Il convient de dire que, particulièrement dans les derniers temps, dans le mouvement communiste internatioanl et les relations de quelques partis entre, eux, se sont fait jour de profondes divergences idéologiques et politiques, dont l'accentuation ne peut que porter préjudice à notre grande cause. Aussi le Parti du Travail d'Albanie estimet-il, que, pour pouvoir aller de l'avant, unis, vers de nouvelles victoires, il nous faut condamner les erreurs et les manifestations négatives relevÉes jusqu'ici dans notre action, et y remédier.
Nous voulons nous arrêter ici sur la question de la réunion de Bucarest, où notre Parti, comme on le sait, n'exprima pas son point de vue relativement aux divergences apparues entre le Parti Communiste de l'Union Soviétique et le Parti Communiste Chinois, mais se réserva, dès lors, le droit de le faire à cette réunion des représentants des partis communistes et ouvriers. Le Parti du Travail d'Albanie fut accusé à l'époque par les camarades soviétiques et par certains camarades des autres partis frères de tous les maux de la terre, mais personne ne s'est avisé de réfléchir un moment et de se demander pourquoi ce parti avait adopté une telle attitude contre l'ensemble du courant, pourquoi ce parti qui est toujours resté fidèle jusqu'au bout au marxisme-léninisme et à la Déclaration de Moscou, était subitement accusé d'être prétendument "hostile au marxisme-léninisme et à la Déclaration de Moscou", pourquoi ce parti si étroitement lié à l'Union Soviétique et au Parti Communiste de l'Union Soviétique, se dressait tout d'un coup contra la direction de l'Union Soviétique.
A présent que tous les camarades ont en main tant les matériaux d'information soviétiques que ceux du Parti Communiste Chinois, qu'ils réfléchissent eux-mêmes sur ce sujet. Pour notre part, nous avons lu et étudié aussi bien les documents soviétiques que les documents chinois, nous avons discuté attentivement ces documents avec les cadres actifs de notre Parti et nous venons ainsi à cette réunion avec le point de vue unanime de notre Parti.
Comme on le sait, le 24 juin dernier, à l'occasion du Congrès du Parti des Travailleurs de Roumanie, inopinément et sans le moindre préavis, du moins en ce qui concerne notre Parti, sur l'initiative des camarades de la direction du Parti Communiste de l'Union Soviétique, fut organisée la Rencontre de Bucarest. Celleci, au lieu de servir, conformément à l'accord conclu par les lettres du 2 et du 7 juin,4 à un "échange d'idées" et à fixer la date de l'actuelle conférence, s'occupa d'une tout autre question, de l'accusation idéologique et politique lancée contre le Parti Communiste Chinois, sur la base de la "lettre d'information soviétique". Sur la base de cette lettre, totalement ignorée d'eux quelques heures avant la réunion, les délégués des partis communistes et ouvriers frères qui se trouvaient à Bucarest rest pour une autre question et qui n'étaient pourvus d'aucun mandat (du moins en ce qui concerne la délégation da notre Parti) de leurs partis pour discuter, et encore moins pour décider, d'une question si importante du communisme international, ces délégués, donc, devaient se prononcer en faveur des points de vue du CC du PCUS. Il ne pouvait même être question d'une discussion sérieuse de cette lettre qui contenait de si gravas accusations contre un autre parti marxiste-léniniste, alors qu'il n'était pas permis non seulement aux délégués, mais encore et surtout aux directions des partis ccmmunistes et ouvriers de l'étudier sous tous les aspects et qu'il n'était pas donné à la partie accusée le temps voulu pour présenter, elle aussi, sous les mêmes formes que la partie accusatrice, ses points de vue. Le fait est que la direction soviétique avait pour première préoccupaticn de faire rapidement approuver ses accusations à l'encontre du Parti Communiste Chinois et de le faire condamner à tout prix.
Cétait cette question qui préoccupait le camarade Khrouchtchev et les autres camarades soviétiques à Bucarest et non pas les questions de politique internationale intéressant notre camp et le monde entier en général et qui ont surgi à la suite de l'échec de la conférence au som
met de Paris.
Notre Parti serait entièrement d'accord pour que se réunisse une telle conférence, et toute autre confèrence, avec n'importe quel ordre du jour qui pourrait être fixé, mais à la condition qua ces conférences soient régulières, qu'elles reçoivent l'approbation de tous les partis, que l'ordre du jour en soit clairement et préalablement défini, qua soient fournis aux partis communistes et ouvriers les matérieux nécessaires, pour se préparer et pour que les bureaux politiques des partis, puissent, le cas échéant, obtenir l'approbation des plenums de leurs comités centraux pour les décisions qui pourraient être éventuellement prises à ces conférences. Les conférences doivent donc se dérouler conformément aux normes léninistes qui régissent les rapports entre partis communistes et ouvriers, elles doivent se dérouler sur un pied de complète égalité entre les partis, dans un esprit de camaraderie communiste, internationaliste et de haute morale communiste.
La Rencontre de Bucarest ne respectait pas ces normes, aussi notre Parti, bien qu'il ait participé à cette réunion, l'a dénoncée et il la dénonce comme une conférence irrégulière qui a enfreint les normes léninistes.
Nous estimons que la Rencontre de Bucarest a très mal servi la cause du mouvement communiste international, la cause de la solidarité internationale des travailleurs, la cause du renforcement de l'unité du camp socialiste, la cause du règlement marxiste-léniniste des ' divergences de caractère idéologique qui peuvent surgir au sein des partis communistes et ouvriers et qui portent préjudice au marxisme-léninisme. La responsabilité doit en retomber sur les camarades de la direction du Parti Communiste de l'Union Soviétique qui organisèrent cette rencontre, qui l'ont conçue sous ces formes et qui y ont appliqué ces normes non marxistes.
Leur dessein était de faire condamner le Parti Communiste Chinois par le mouvement communiste international pour des erreurs et des fautes imaginaires. C'est là la profonde conviction du Comité Central du Parti du Travail d'Albanie, une conviction qu'il s'est acquise par l'étude des faits, sur la base des matériaux soviétiques et chinois dont dispose maintenant le Parti du Travail d'Albanie, sur la base d'une analyse - minutieuse que celui-ci a faite de l'évolution de la situation internationale et des positions officielles du Parti Communiste de l'Union Soviétique et du Parti Communiste Chinois.
Le Parti du Travail d'Albanie est unanime à penser que les camarades soviétiques se sont lourdement trompés à Bucarest, en dénonçant injustement le Parti Communiste Chinois pour avoir soiciisant dévié du marxisme-léninisme, pour s'être soi-disant écarté -de la Déclaration de Moscou de 1957, en accusant le Parti Communiste Chinois d'être "dogmatique", "sectaire", d'être "pour la guerre", "contre la coexistence pacifique", de convoiter "une place privilégiée" au sein du camp socialiste et du mouvement communiste international, etc.
Les camarades soviétiques ont également commis une lourde erreur en profitant du grand attachement des communistes pour l'Union Soviétique et le Parti Communiste de l'Union Soviétique, pour tenter d'imposer aux autres partis communistes et ouvriers leurs points de vue erronés à l'égard du Parti Communiste Chinois.
Le Parti du Travail d'Albanie s'est clairement rendu compte dès les premiers moments, dès que les camarades soviétiques entreprirent fiévreusement et de façon inadmissible les camarades de notre délégation à Bucarest, qu'ils cherchaient, par des arguments spécieux et des pressions, à attirer la délégation du Parti du Travail d'Albanie dans le piège qu'ils montaient, à la rallier à leurs points de vue erronés.
Ce qui était important pour le camarade Khrouchtchev, (et cela le camarade Antropov en a fait part au camarade Hysni Kapo) c'était de savoir "si nous nous rallierions ou non à la partie soviétique". Ce souci, le camarade Khrouchtchev l'exprima également sous d'autres formes au cours de ses interventions contre notre Parti à la Rencontre de Bucarest. Cela fut également confirmé à plusieurs reprises par l'attitude injustifiée et inamicale de la direction soviétique et du personnel de l'Ambassade Soviétique à Tirana, après la Rencontre de Bucarest, attitude dont je parlerai plus loin. Les camarades dirigeants soviétiques ne faisaient aucun cas du point de vue d'un parti marxiste-léniniste, comme notre Parti, ce qui importait pour eux, c'est qu'il se ralliât à la position prise par le Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique à Bucarest.
Le Parti Communiste de l'Union Soviétique qui organisa la- Rencontre de Bucarest n'a nullement prévenu le Parti du Travail d'Albanie qu'à l'occasion du Congrès du Parti des Travailleurs de Roumanie, le Parti Communiste Chinois serait accusé de prétendues fautes graves dans la ligne suivie. Ces attaques furent pour le Parti du Travail d'Albanie tout à fait inopinées. Or, nous apprenons maintenant que les autres partis du camp socialiste, à l'exception du Parti du Travail d'Albanie, du Parti Communiste Chinois, du Parti du Travail de Corée, du Parti des Travailleurs du Vietnam, étaient au courant qu'une rencontre serait organisée à Bucarest en vue de mettre la Chine en accusation. S'il en a été ainsi, il est alors bien clair que l'affaire devient très sérieuse et revêt la forme d'une fraction de caractère international.
Néanmoins, notre Parti ne fut pas pris au dépourvu et la vigilance ne lui a jamais fait défaut. Cela, il le doit au fait qu'il respecte constamment les normes léninistes dans ses rapports avec les autres partis, qu'il éprouve un profond respect marxiste. pour le Parti Communiste de l'Union Soviétique, pour le Parti Communiste Chinois et pour tous les autres partis communistes et ouvriers, qu'il observe le principe de l'égalité entre les partis, principe que doivent respecter les autres partis également à l'égard du Parti du Travail d'Albanie, indépendamment de sa petitesse numérique.
A la Rencontre de Bucarest, notre Parti a vu dès le début, que toutes ces normes étaient violées. C'est pour cette raison qu'il a adopté l'attitude que l'on sait, l'attitude qu'il estimait et qu'il estime la seule juste face à l'évolution des événements.
Certains dirigeants des partis frères nous ont qualifiés de "neutralistes", certains nous ont accusés "de nous être écartés de la juste ligne marxiste-léniniste" et ces dirigeants sont allés jusqu'à
entreprendre au sein de leurs partis de discréditer le nôtre. Nous rejetons toutes ces menées avec mépris, car ce ne sont là que calomnies, pratiques malhonnêtes incompatibles avec la morale, communiste.
Nous demandons à ceux qui ont entrepris ces actions blâmables contre le Parti du Travail d'Albanie, si un parti a ou non le droit d'exprimer librement son opinion, telle qu'il se l'est lui-même formée? Quelle opinion le Parti du Travail d'Albanie a-t-il exprimée à Bucarest? Nous avons exprimé notre fidélité au marxisme-léninisme et cette fidélité est attestée par toute la vie et la lutte du Parti du Travail d'-Albanie; nous avons exprimé notre fidélité à l'égard des décisions de la Déclaration de Moscou et du Manifeste pour la paix de 1957 et cette attitude est illustrée par la ligne suivie avec conséquence par le Parti du Travail d'Albanie ; nous avons exprimé notre attachement à l'unité du camp du socialisme et notre détermination à la défendre, et ces sentiments sont confirmés par toute la lutte du Parti du Travail d'Albanie; nous avons exprimé notre attachement, notre fidélité au Parti Communiste de l'Union Soviétique et aux peuples _soviétiques, et ces sentiments trouvent leur manifestation dans toute la vie du Parti du Travail d'Albanie. Nous nous sommes refusés à juger les "erreurs" du Parti Communiste Chinois et encore moins à "condamner" le Parti Communiste Chinois sans tenir compte dans cette appréciation des points de vue du Parti Communiste. Chinois sur les questions qui étaient soulevées faussement, hâtivement, et de manière antimarxiste, contre lui. Nous avons conseillé que cette question d'importance vitale et extrêmement grave pour le communisme international fût réglée avec pondération, sang-froid et dans un esprit de camaraderie. Voilà quel fut tout notre "crime" pour lequel nous a été lancée la pierre. Mais nous pensons que la pierre qui a été brandie pour nous frapper est retombée sur la tête même de ceux qui la lançaient. Les jours qui passent ne feront que confirmer le bien-fondé de l'attitude du Parti du Travail d'Albanie.._
Pourquoi le camarade Khrouchtchev et les autres camarades soviétique se-sont ils tant hâtés d'accuser le Parti Communiste Chinois de façon mal fondée et sans faits à l'appui? Est-il permis à des communistes et en particulier aux principaux dirigeants d'un si grand et glorieux parti que le Parti Communiste de l'Union Soviétique de commettre un acte aussi blâmable? Ils peuvent donner leur réponse à ce sujet, mais le Parti du Travail d'Albanie a lui aussi parfaitement le droit de donner son opinion.
Le Parti du Travail d'Albanie estime que non seulement la Rencontre de Bucarest a constitué une initiative complètement erronée, mais que l'erreur commise a été consciemment approfondie. La Rencontre de Bucarest ne doit nullement être laissée dans l'oubli, mais être sévèrement condamnée comme une tache dans le mouvement communiste international.
Il ne fait pas le moindre doute que de grandes divergences idéologiques se sont fait jour et se sont développées entre le Parti Communiste de l'Union Soviétique et'- le Parti Communiste Chinois. Ces divergences auraient dû être depuis longtemp&& aplanies:. par la voie marxiste-léniniste entre les deux partis.
Dans le document chinois, le Parti (Communiste Chinois affirme que ces divergences de principe sont apparues au lendemain même du 20e Congrès du Parti Communiste de l'Union Soviétique et que les questions controversées ont été soulevées par les camarades chinois. Certains de ces points de vue ont été pris en considération par les camarades soviétiques, d'autres ont été réfutés.
Le Parti du Travail d'Albanie estime que si ces divergences n'étaient pas réglée. entre les deux partis, il fallait alors chercher à organiser une réunion des partis communistes et ouvriers, qui se verrait soumettre ces questions, qui en discuterait et où chaque parti prendrait position à leur sujet. Il n'est pas juste que ces questions n'aient pas été soulevées, et la responsabilité en retombe sur les camarades soviétiques qui avaient connaissance de ces divergences et qui n'en firent pas cas, convaincus qu'ils étaient de la justesse de leur ligne et de son "inviolabilité", ce qui, à notre sens, est un point de vue idéaliste et métaphysique.
Si les camarades soviétiques étaient véritablement convaincus du bien-fondé de leur ligne et de leur tactique, pourquoi n'organisèrent-ils pas en temps utile une réunion de ce genre pour y régler ces divergances? Les questions soulevées étaient-elles de si peu d'importance, alors qu'il s'agissait notamment de la condamnation de Joseph Staline, de la contre-révolution hongroise, de la forme de la prise du pouvoir, sans parler de bien d'autres questions fort importantes qui surgirent par la suite? Non, il ne s'agissait pas du tout de questions sans importance. Tous, nous avons nos points de vue sur ces problèmes, car ils nous intéressent tous en communistes que nous sommes, et si tous nos partis ont assumé une responsabilité devant leurs peuples, ils sont aussi responsables devant le communisme international.
Pour pouvoir condamner le Parti Communiste Chinois pour des fautes et des péchés imaginaires, le camarade Khrouchtchev et d'autres dirigeants soviétiques avaient grand intérêt à présenter ces questions comme s'il s'agissait là de divergences entre la Chine et l'ensemble du mouvement communiste international, mais quand il s'est agi de questions du genre de celles que nous venons d'évoquer, le camarade Khrouchtchev ou les camarades de son proche entourage, ont pris sur eux de les juger et 'de les trancher tout seuls, estimant inutile leur discussion collégial--par une réunion des représentants de tous les partis, en dépit de l'important caractère international de ces questions.
La contre-révolution hongroise se produisit, mais on fit le silence sur les questions qui la concernaient. Pourquoi cette tactique des camarades soviétiques qui consiste à couvrir les choses quand ils le jugent de leur intérêt, alors que, dans le cas contraire, non seulement ils organisent des réunions comme celle de Bucarest, mais ils font tout leur possible pour imposer aux autres le point de vue selon lequel la Chine s'en tient à une ligne qui va à l'encontre de celle de tous les partis communistes et ouvriers du monde"?
Les camarades soviétiques ont également fait une tentative de ce genre auprès de nous. Au mois d'août dernier, la direction soviétique adressa à notre Parti une lettre dans laquelle elle nous proposait. "afin que de l'étincelle des divergences ne jaillît point la flamme", une rencontre des représentants de nos deux partis pour que notre Parti se range aux côtés de l'Union Soviétique, contre le Parti Communiste Chinois, et que nos deux partis se rendent en un front uni à la conf érence actuelle. Bien entendu, le Comité Central de notre Parti n'accepta pas un telle proposition et, dans sa réponse officielle, il considéra cette façon d'agir comme n'étant nullement marxiste, comme une action fractionnelle dirigée contre un troisième parti frère, contre le Parti Communiste Chinois. Il va sans dire que cette attitude juste et de principe de notre Parti ne fut pas du goût de la direction du Parti Communiste de l'Union Soviétique.
Il est absolument hors de doute que ces questions sont d'une importance primordiale, et qu'elles nous concernent tous de très près mais pour le Parti du Travail d'Albanie, il ne fait guère de doute non plus que les questions soulevées à Bucarest contre la Chine l'étaient à des fins tendancieuses et qu'elles avaient pour but de condamner le Parti Communiste Chinois et de l'isoler de l'ensemble du mouvement communiste international.
Le Parti du Travail d'Albanie considérait une telle action comme scandaleuse et inadmissible, non seulement parce qu'il n'était pas convaincu qu'il y eût lieu de l'entreprendre, mais parce qu'il soupçonnait à juste titre qu'on entreprenait, par une voie non marxiste, une action contre un grand et glorieux parti comme le Parti Communiste Chinois, qu'on organisait sous le couvert d'une accusation de dogmatisme contre la Chine, une attaque contre le marxisme-léninisme et les principes de la Déclaration et du Manifeste pour la paix de Moscou.
A la Rencontre, le Parti Communiste: Chinois fut accusé de bien des fautes. Cela devait figurer dans le communiqué. Pourquoi n'en a-t-il rien été? Si les accusations étaient fondées, pourquoi a-t-on hésité et publié un communiqué qui ne traduisait pas les objectifs de la Rencontre? Pourquoi n'y était-il pas fait mention du "grand danger de dogmatisme" qui, prétendument, menaçait le communisme international?
Non, camarades, la Rencontre de Bucarest est indéfendable, elle contrevenait aux principes, elle avait des visées tendancieuses dont la principale était, selon le jugement du Parti du Travail d'Albanie, en accusant le Parti Communiste Chinois de dogmatisme, de dissimuler certaines fautes graves que se sont permis de commettre les camarades dirigeants soviétiques dans l'application de la ligne.
Les camarades soviétiques avaient besoin de l'appui des autres partis sur ces questions. Aussi tentèrent-ils de les prendre par surprise. Les camarades soviétiques atteignirent à moitié leur objectif et obtinrent que ces partis examinent la question de la condamnation à prononcer contre la Chine, par une prochaine "conférence internationale du communisme". Les partis communistes et ouvriers, à l'exception du Parti du Travail d'Albanie et de quelques autres partis communistes, et ouvriers, furent saisis cades graves erreurs commises dans l'observance de la ligne par le Parti Communiste Chinois", il leur fut fait part de la condamnation "unanime" prononcée à Bucarest contre la Chine, et on s'employa à accréditer cette opinion auprès de chacun de ces partis et parmi chacun de ces peuples. A certaines de ces réunions de parti, on dénonça également le Parti du Travail d'Albanie.
Après la Rencontre de Bucarest, le Comité Central du Parti du Travail d'Albanie décida, à juste titre, de n'examiner en son sein que le communiqué, d'informer le Parti qu'entre le Parti Communiste de l'Union Soviétique et le Parti Communiste Chinois, s'étaient fait jour des divergences de principe qui devaient être discutées et réglées à la future conférence convoquée pour novembre à Moscou. Et c'est ce qui fut fait.
Mais cette attitude de notre Parti ne plut guère aux camarades de la direction du Parti Communiste de l'Union Soviétique; et nous eûmes tôt fait de nous en apercevoir. Au lendemain même de la Rencontre de Bucarest, une attaque soudaine, en opposition avec les principes, et qui prit la forme d'une ingérence brutale et de pressions multilatérales, fut lancée contre notre Parti et son Comité Central. L'assaut fut donné par Khrouchtchev, à Bucarest, puis repris par le camarade Kozlov à Moscou. Les camarades du Bureau Politique de passage dans la capitale soviétique furent entrepris afin de se dresser contre la direction de notre Parti, sous prétexte que "la direction du Parti du Travail d'Albanie avait trahi l'amitié qui unissait l'Albanie et l'Union Soviétique, que "la ligne que suivait la direction du Parti du Travail d'Albanie, était essentiellement "tortueuse", que "l'Albanie devait décider si elle se rallierait aux 200 millions (c'est-à-dire à l'Union Soviétique) ou aux 650 millions (c'est-à-dire à la Chine Populaire) et enfin que "l'Albanie, isolée, état en péril, qu'il suffisait d'une seule bombe atomique jetée par les Américains pour l'anéantir ccmplètement elle et toute sa population", et il leur fut fancé d'autres menaces de ce genre. Il est tout à fart évi-Cent que l'objectif poursuivi était de provoquer une scission dans la direction de notre Parti, d'en éliminer les éléments qui, selon leur .jugement. faisaient obstacle à leur entreprise tortueuse et déloyale.
Ce travail de scission eut pour résultat de faire capituler la camarade Liri Belishova, membre du Bureau Politique du Comité Central du Parti du Travail d'Albanie, devant les flagorneries des dirigeants soviétiques, devant leurs menées de chantage et d'intimidation, et de la mettre en opposition ouverte avec la ligne de son parti.
La tentative faite par les camarades soviétiques dans leur lettre adressée au Comité Central du Parti Communiste Chinois pour présenter la question comme si en Albanie on condamnait les amis de l'Union Soviétique, est fallacieuse. Les véritables amis de l'Union Soviétique et de son Parti Communiste, les amis fidèles des peuples soviétiques, sont et seront toujours le million et demi d'Albanais et le Parti du Travail d'Albanie qui a forgé et cimenté cette amitié trempée dans le sang, et non pas les capitulards, les scissionnistes et déviationnistes de tout genre.
Mais ee n'est pas seulement à Moscou que les camarades soviétiques tentèrent de susciter des doutes quant au bienfondé de l'attitude de notre Parti à Bucarest. Des tentatives encore plus pressantes furent faites à Tirana également par des fonctionnaires de l'Ambassade Soviétique, l'ambassadeur en tête.
Comme je l'ai dit plus haut, avant la Rencontre de Bucarest, les liens qui nous unissaient aux camarades soviétiques étaient des plus étroits, des plus sincères et des plus fraternels que l'on pût imaginer. Nous n'avions aucun secret, fût-ce de parti, fût-ce d'Etat, pour les camarades soviétiques. Cette attitude avait été décidée par notre Comité Central. Et ces liens reflétaient les vifs sentiments d'attachement et de dévouement du peuple albanais pour le peuple soviétique, ces sentiments que notre Parti a trempés par son sang versé.
Et ces sentiments sacrés du Parti du Travail d'Albanie et de notre peuple, certains éléments malsains, l'ambassadeur soviétique en tête, les ont foulés aux pieds. Profitant de ces liens amicaux et de la confiance des cadres, ils se mirent fièvreusement et intensément à attaquer la ligne marxiste-léniniste du Parti du Travail d'Albanie, cherchèrent à scinder notre Parti, à semer la panique et la confusion dans ses rangs, à séparer le Parti de sa direction, et les choses en arrivèrent au point que l'ambassadeur soviétique à Tirana incita les généraux de notre armée à dresser l'Armée populaire d'Albanie contre la direction du Parti -du Travail d'Albanie et de l'Etat albanais. Mais ils sont tombés sur un os, car l'unité de notre Parti est une unité d'airain. Nos cadres. trempés dans la Lutte de libération nationale et dans la lutte à mort menée contre les révisionnistes yougoslaves, ont défendu à la manière marxiste leur parti héroïque, et ils savent fort bien faire la distinction entre le Parti Communiste de l'Union Soviétique, le Parti de Lénine d'une part et ses scissionnistes de l'autre, ils savent fort bien sauvegarder et cimenter leur attachement et leur dévouement à l'Union Soviétique. Et, en fait, ils remirent à leur place ces dénigreurs.
Les fonctionnaires de l'ambassade soviétique à Tirana, l'ambassadeur en tête, usant de pratiques inadmissibles et antimarxistes, réussirent à attirer le président de la Commission de Vérification du Parti du Travail d'Albanie, qui, quinze jours plus tôt, s'était déclaré solidaire de la ligne suivie par le Comité Central du Parti du Travail d'Albanie à Bucarest, dans les griffes de ces intrigants, à l'écarter entièrement de la voie du marxisme-léninisme et à le mettre en opposition flagrante avec la ligne de son parti. Il est clair que ces agissements blâmables de ces camarades soviétiques visaient à scinder la direction du Parti du Travail d'Albanie, à la séparer des masses du Parti. Et cela pour nous punir du crime" que nous avions commis à Bucarest, de ce que nous nous étions permis d'exprimer librement notre point de vue, tel que nous l'estimions juste.
Les fonctionnaires de l'ambassade soviétique à Tirana allèrent encore plus loin sur cette voie. Ils entreprirent les Albanais qui avaient fait leurs études en Union Soviétique pour les monter contre la direction albanaise, espérant trouver en eux des contingents qui se prêteraient à leurs sinistres desseins. Mais les Albanais, qu'ils aient ou non terminé leurs études en Union Soviétique, ont toujours aimé et ils aimeront toujours l'Union Soviétique et le Parti Communiste de l'Union Soviétique d'un amour ardent et sincère et ils savent bien que les basses méthodes employées par les fonctionnaires de l'ambassade soviétique à Tirana sont tout à fait étrangères à l'Union Soviétique pat au Parti Communiste de l'Union Soviétique. Les Albanais sont les fils de leur peuple, les fils de leur parti, ce sont des marxistes-léninistes, des internationalistes.
Nous pourrions citer bien d'autres exemples qui illustrent cette attitude, mais pour ne pas accaparer trop de temps à cette importante réunion je me contenterai de citer deux autres cas caractéristiques. Les pressions sur notre Parti se poursuivirent également ici à Moscou lors des travaux de la commission chargée de rédiger le projet de déclaration qui nous a été présenté; en effet les camarades sovitiques nous disaient alors que nous devi-ons porter nos regards en avant et non pas en arrière. Ces jours-là, à Moscou, au cours d'une réunion élargie des chefs d'état-major des pays signataires du Traité de Varsovie, le maréchal Malinovsky, membre du Comité Central et ministre de l'Union Soviétique, attaqua ouvertement le peuple albanais, le Parti du Travail d'Albanie, le Gouvernement albanais et notre direction. Cette attaque inamicale et publique ressemblait fort à l'attaque de diversion de l'ambassadeur soviétique à Tirana qui cherchait à monter notre armée populaire contre la direction de notre Parti et de notre Etat. Mais tout comme l'ambassadeur soviétique, le maréchal Malinovsky se trompe lourdement. Nul ne peut espérer arriver ainsi à ses fins et encore moins rompre l'amitié qui unit notre peuple et les peuples de l'Union Soviétique. La juste lutte du Parti du Travail d'Albanie contre ces activités de sape ne fait que consolider l'amitié sincère qui unit notre peuple à ceux de l'Union Soviétique et au glorieux Parti Communiste de l'Union Soviétique. Cette amitié ne peut non plus être altérée par les étonnantes déclarations du maréchal Gretchko, commandant en chef des armées du traité de Varsovie, qui, non content de dire à notre délégation militaire qu'il serait prétendument difficile de satisfaire les besoins de notre armée en certains armements indispensables et qui devaient nous être fournis aux termes des accords conclus, nous a aussi déclaré ouvertement "vous ne faites partie du Traité de Varsovie que pour un certain temps", laissant entendre par là qu'il aurait décidé de nous en exclure. Mais une telle décision n'est heureusement pas du ressort du camarade maréchal.
En octobre de l'année en cours, le camarade Khrouchtchev, avec le plus grand sérieux, a déclaré aux camarades chinois que "nous traiterons l'Albanie comme la Yougoslavie". Nous faisons part de ces déclarations à cette réunion du communisme international, afin de montrer jusqu'à quel point on a poussé les choses, de quelle manière on se comporte à l'égard d'un petit pays socialiste. Quel est le -crimecommis par le Parti du Travail d'Albanie pour que notre pays soit traité comme la Yougoslavie titiste? Aurions-nous trahi le marxisme-léninisme, edmme l'a fait la clique de Tito? Ou bien aurions-nous quitté le camp socialiste pour nous mette à la remorque de l'impérialisme américain comme s'y est mis le révisionnisme yougoslave? Non, et tout le mouvement communiste international en témoigne, en fait foi aussi toute l'activité concrète, politique, idéologique et économique, de notre Parti et de notre Etat tout au long de la Lutte de libération nationale et des seize années qui se sont écoulées depuis la libération de notre patrie, en témoigne le Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique lui-même, qui déclare dans sa lettre en date du 13 août 1960, adressée au Comité Central -du Parti du Travail d'Albanie : "Les rapports entre le Parti du Travail d'Albanie et le Parti Communiste de l'Union Soviétique, fondés sur les principes de l'internationalisme prolétarien, ont toujours été véritablement fraternels. L'amitié qui unit nos partis et nos peuples n'a jamais été assombrie par aucun désaccord ou écart. Les positions du Parti du Travail d'Albanie et du Parti Communiste de l'Union Soviétique sur toutes les questions les plus importantes du mouvement communiste et ouvrier international et de politique extérieure ont toujours coïncidé".
Alors en quoi consiste notre faute? Notre seul "rime" est de ne pas avoir accepté, à Bucarest, que soit injustement blâmé un parti communiste frère comme l'est le Parti Communiste Chinois, notre seul "crime" est d'avoir ouvertement, dans une réunion communiste internationale (et non pas en le criant sur les toits), osé nous opposer à l'action injustifiée du camarade Khrouchtchev, notre seul "crime" est d'être un petit parti, le parti d'un petit pays, d'un pays pauvre, qui, selon les conceptions du camarade Khrouchtchev doit se contenter d'applaudir, d'approuver, mais ne pas exprimer son opinion. Or cette conception n'est pas marxiste, et elle est inadmissible. Le droit de dire notre mot nous a été conféré par le marxisme-léninisme et ce droit, personne ne peut nous en priver, quelles que soient les pressions politiques ou économiques exercées contre nous, quelles que soient les menaces qu'on nous lance ou les épithètes dont on nous gratifie. A cette occasion nous aimerions demander au camarade Khrouchtchev: "Pourquoi cette déclaration, ne nous l'a-t-il pas faite à nous, mais à un représentant d'un parti tiers? Ou bien le camarade Khrouchtchev pense-t-il que le Parti du Travail d'Albanie n'a pas ses propres points de vue, qu'il a fait cause commune avec le Parti Communiste Chinois au mépris des principes et que, de ce fait, on peut discuter des affaires de notre parti avec les camarades chinois? Non, camarade Khrouchtchev, vous persistez dans vos erreurs et vous avez une très mauvaise opinion de notre Parti. Le Parti du Travail d'Albanie a ses points -de vue et il en répond devant son propre peuple, comme devant le mouvement communiste et ouvrier international.
Nous sommes contraints d'informer cette réunion que la direction soviétique est passée, en fait, des menaces de traiter l'Albanie comme la Yougoslavie titiste à des actions concrètes. Cette année, notre pays a été frappé d'une série de calamités naturelles. Ce fut d'abord un violent tremblement 'de terre, puis, en octobre, de graves inondations, mais surtout, par la suite, une terrible sécheresse, pas une goutte de pluie n'étant tombée sur l'Albanie pendant quatre mois. La population était menacée de famine. Les faibles réserves du pays furent consommées. Notre Gouvernement demanda d'urgence à l'Union Soviétique de lui acheter du blé en lui exposant la très grave situation du pays. Cela se produisit après la Rencontre de Bucarest. Nous dûmes attendre 45 jours pour recevoir une réponse de l'Union Soviétique, alors que nous n'avions de vivres que pour deux semaines. Au bout de 45 jours, et à la suite de nos sollicitations réitérées, le Gouvernement soviétique, au lieu des 50.000 tonnes de blé que nous lui avions demandées, ne nous en accorda que 10.000; ce qui équivalait aux besoins de la population pour quinze jours, et encore cette quantité ne devait nous être livrée qu'en septembre-octobre. C'était là une pression ouverte exercée contre notre Parti pour le plier à la volonté des camarades soviétiques.
En ces journées difficiles, nous pûmes constater bien des choses. Comment l'Union Soviétique qui vend du blé au monde entier, n'en avait-elle pas 50.000 tonnes pour les fournir au peuple albanais, un peuple frère, fidèle au peuple soviétique, au marxisme-léninisme et au camp socialiste, en un temps -où, pour des raisons qui ne lui étaient pas imputables, il était menacé de famine? Le camarade Khrouchtchev nous avait dit un jour: "Ne vous inquiétez pas à propos de votre pain, chez nous les rats seuls, mangent autant de blé que vous en consommez". En Union Soviétique, les rats, donc, continuaient de se nourrir, mais le peuple albanais, lui, devait mourir de faim tant que la direction du Parti du Travail d'Albanie ne se serait pas soumise à la volonté de la direction soviétique. Cela est terrible, camarades, mais vrai. Le peuple soviétique ne pardonnera jamais, s'il l'apprend, cette façon ,d'agir de ses dirigeants, car ce comportement n'est ni marxiste, ni inteernationaliste, ni amical. Il n'est guère amical non plus de la part de ceux-ci de refuser un accord de clearing pour cet achat de blé, et de nous obliger à sortir de notre banque nationale notre petite réserve d'or pour acheter en Union Soviétique le maïs nécessaire à la subsistance de notre population.
Ces actions sont liées entre elles; elles ne sont pas fortuites. Ces jours derniers en particulier, les attaques du camarade Khrouchtchev contre notre Parti du Travail ont atteint leur paroxysme. Vous, camarade Khrouchtchev, déclariez le 6 novembre que "les Albanais se comportent avec nous comme Tito". Vous avez dit aux camarades chinois: "Nous avons perdu l'Albanie, et vous, Chinois, l'avez gagnée". Et vous avez finalement affirmé que le Parti du Travail d'Albanie était un maillon faible du mouvement communiste.
Que sont ces accusations monstrueuses, ces comportements de "marchand" à l'égard de notre Parti, de notre peuple et d'un pays socialiste, que l'on perdrait ou gagnerait comme une mise au jeu? Que sont ces jugements portés sur un parti frère, qui serait selon vous un maillon faible du mouvement communiste international? Il nous paraît évident que c'est notre juste attitude de principe, l'audace que nous avons de ne pas souscrire à vos actions injustifiées et de les blâmer, qui vous poussent à attaquer notre Parti, à pratiquer toutes sortes de pressions sur lui, à proférer même les monstruosités les plus inouïes à son adresse. Il n'y a dans cette attitude rien d'amical, rien de communiste. Vous nous comparez aux révisionnistes yougoslaves. Or tout le monde sait bien comment notre Parti s'est battu et se bat contre les révisionnistes yougoslaves. Ce n'est pas nous qui agissons comme les Yougoslaves, mais bien vous, camarade Khrouchtchev, qui employez contre notre Parti des méthodes étrangères au marxisme-léninisme. Vous considérez l'Albanie comme une marchandise négociable que quiconque peut acquérir ou céder. Il fut un temps, il est vrai, où l'Albanie était considérée comme telle, c'était lorsque certains croyaient qu'il dépendait d'eux qu'elle existe ou non, mais ce temps-là est révolu depuis que les idées du marxisme-léninisme -ont triomphé dans notre pays. Et vous, vous avez fait revivre cet état de choses en prétendant que vous "aviez perdu" l'Albanie et que quelqu'un d'autre "l'avait gagnée", en décidant que l'Albanie n'était plus un pays socialiste, ce qui ressort de la lettre que vous nous avez remise le 8 novembre, et dans laquelle notre pays n'est pas défini comme un pays socialiste.
Que l'Albanie avance dans la voie du socialisme et qu'elle fasse partie du camp du socialisme, ce n'est pas vous, camarade Khrouchtchev, qui en décidez, cela ne dépend pas de votre bon vouloir. Cela, c'est le peuple albanais, avec à sa tête son Parti du Travail, qui l'a décidé, par sa lutte, et il n'est' pas de force au monde qui puisse l'écarter de cette voie.
Quant à votre jugement selon lequel notre Parti du Travail serait le maillon le plus faible du camp socialiste et du mouvement communiste international, nous répondons que les vingt années d'histoire de notre Parti, la lutte héroïque de notre peuple et de notre Parti contre les occupants fascistes, les seize années qui se sont écoulées depuis la Libération et au cours desquelles notre Parti et notre petit peuple ont tenu tête à toutes les tempêtes, prouvent bien le contraire. Entourée d'ennemis, comme une île au milieu des flots, la République Populaire d'Albanie a résisté vaillamment à toutes les attaques et provocations des impérialistes et de leurs valets. Tel un roc de granit, elle a tenu et elle tient haut levé le drapeau du socialisme sur les arrières de l'ennemi. Camarade Khrouchtchev, vous avez levé la main contre notre petit peuple et son Parti, mais nous sommes convaincus que le peuple soviétique qui _ a versé son sang pour la liberté de notre peuple également, que le grand Parti de Lénine, n'approuveront pas votre action. Nous avons pleinement foi dans le marxisme-léninisme, nous sommes certains que les partis frères, qui ont envoyé leurs représentants à cette réunion, considéreront et jugeront cette question dans un parfait -esprit de justice marxiste-léniniste.
Notre Parti a toujours considéré le Parti Communiste de l'Union Soviétique comme le parti père, parce que c'est le parti le plus ancien, le glorieux parti des bolchéviks, il l'a tenu pour tel à cause de son expérience universelle, de sa grande maturité. Mais notre Parti n'a jamais accepté et il n'acceptera jamais qu'un dirigeant soviétique, quel qu'il soit, lui impose ses propres conceptions, des conceptions que, pour sa part, il juge erronées.
La direction soviétique a regardé cette importante question de principe de façon erronée, idéaliste et métaphysique; elle s'est monté la tête à la suite des succès colossaux remportés par les peuples soviâtiques et le Parti Communiste de l'Union Soviétique, et elle enfreint les principes marxistes-léninistes, elle se juge infaillible, elle estime parfaits et immuables toute décision, toute action, tout propos et tout geste de sa part. Les autres, eaux, peuvent se tromper, les autres sont blâmables, elle pas. "Nos décisions sont sacrées,elles sont inviolables." "Nous ne pouvons faire aucune concession au Parti Communiste Chinois, aucun compromis avec lui", disaient les dirigeants du Parti Communiste de l'Union Soviétique à nos représentants. Alors pourquoi nous ont-ils convoqués à Bucarest? Assurément afin de nous faim voter les yeux fermés les points de vue de la direction soviétique. Et une telle manière d'agir serait marxiste? Une telle attitude serait normale?
Peut-on admettre des actes de diversion de la part d'un parti contre un autre parti pour briser l'unité de celui-ci, renverser sa direction ou celle d'un autre Etat? Jamais de la vie ! Les dirigeants soviétiques ont accusé le'camarade Staline d'être soi-disant intervenu auprès des autres partis pour leur imposer les points de vue du Parti bolchévik; nous pouvons témoigner que jamais le camarade Staline n'a agi de la sorte envers nous, qu'il s'est comporté en toute occasion à l'égard du peuple aloanais et du Parti du Travail d'Albanie comma un grand marxiste, comme un internationaliste éminent, comme an camarade, un frère et un ami sincère du peuple albanais. En 1945, lorsque notre peuple était menacé de famine, le camarade Staline dérouta les navires chargés de céréales destinées au peuple soviétique, qui souffrait pourtant lui-même à l'époque d'une pénurie de vivras, pour les envoyer aussitôt au peuple albanais. Tout au contraire, la direction soviétique actuelle s'est permis des actions indignes.
De telles pressions économiques sontelles admissibles? Est-il admissible que le peuple albanais soit menacé comme il l'a été par la direction soviétique après la Rencontre dea Bucarest? En aucune manière. L'Union Soviétique nous a aidés en toute circonstance, généreusement, par des crédits et de mille manières. L'Albanie nouvelle n'eût pu être édifiée sans l'aide qui lui a été prêtée avant tout par 1'Uni-on Soviétique, puis par les autres pays de démocratie populaire.
A dire la vérité, nous sommes très reconnaissants à l'Union Soviétique, au Parti Communiste de l'Union Soviétique et au Gouvernement soviétique, de l'important appui qu'ils ont accordé à notre pays pour lui permettre d'édifier son industrie, de mettre sur pied son agriculture, en un mot d'améliorer les conditions d'existence de notre peuple et d'accélérer la construction du socialisme en Albanie. Nous considérons que cette aide offerte à notre petit peuple, qui était plongé avant la guerre dans une misère profonde et générale, à un peuple dont le pays fut gravement dévasté durant la Seconde Guerre mondiale mais qui, sans plier le genou, et sous la glorieuse conduite du Parti Communiste d'Albanie, combattit héroïquement jusqu'à sa libération, que cette aide-là, donc, est une aide internationaliste.
Or, pourquoi l'attitude de la direction soviétique à notre égard a-t-elle changé après Bucarest, au point de laisser le peuple albanais souffrir de la faim? Et les dirigeants roumains ont agi de même, refusant d'envoyer, dans le cadre d'un accord de clearing, le moindre grain de blé à notre peuple, alors que la Roumanie exporte des céréales aux pays capitalistes, et que nous étions, pour notre part, contraints d'acheter du maïs contre devises aux producteurs français.
Quelques mois avant la Rencontre de Bucarest, le camarade Dej invita expressément une délégation de notre Parti à discuter avec elle des perspectives de développement de l'Albanie. C'était là une préoccupation louable et marxiste. Le camarade Dej dit à notre Parti: "Nous, les autres pays de démocratie populaire, ne devons plus discuter de l'importance des crédits à accorder à l'Albanie, mais c'est l'Albanie elle-même qui doit décider de construire telles et telles fabriques, d'élever le niveau de ses moyens de production, quant aux millions de roubles que de telles réalisations pourront nécessiter, peu importe." Et le camarade Dej ajouta même: "Nous en avons parlé aussi avec le camarade Khrouchtchev et il est d'accord avec nous".
Mais vint la Rencontre de Bucarest et notre Parti adopta l'attitude que l'on sait. Les camarades rcumains oublièrent ce qu'ils avaient dit et choisirent la voie qui consistait à laisser le peuple albanais souffrir de la faim.
Nous avons auparavant fait part officiellement de ces questions au Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique, nous ne les avons pas soulevées et n'en avons pas discuté publiquement, nous n'en avons chuchoté à l'oreille de personne et nous les révélons pour la première fois à une réunion de partis, comme l'est la Conférence d'aujourd'hui. Pourquoi donc soulevons-nous ces questions? Notre but est de mettre un terme à ces manifestations négatives, qui loin de la renforcer, affaiblissent au contraire notre unité. Nous sommes mus par le désir de voir raffermir les relations et les liens marxistesléninistes entre les partis communistes et ouvriers et entre les Etats socialistes, de manière que soient balayées toutes les manifestations pernicieuses qui ont pu jusqu'à présent se faire jour. Nous sommes optimistes et fermement convaincus que les camarades soviétiques, de même que les autres camarades, comprendront correctement nos critiques. Elles sont sévères, mais franches et cordiales, et elles visent à renforcer nos relations. Notre Parti et notre peuple, indépendamment des attitudes injustes' et malveillantes que l'on observe à notre égard, et que nous espérons voir cesser dans l'avenir, cimenteront encore plus leur attachement et leur dévouement infinis aux peuples soviétiques, au Parti Communiste de l'Union Soviétique, aux peuples et aux partis communistes et ouvriers du camp socialiste, un attachement et un dévouement qui auront toujours pour fondements ' les enseignements marxistes-léninistes.
Notre Parti ne conçoit l'amitié que fondée sur la justice, le respect réciproque et les principes marxistes-léninistes. Cela est dit en toutes lettres dans la Déclaration de Moscou de 1957, c'est également ce que souligne le projet de déclaration qui nous est présenté. Nous déclarons avec la plus profonde conviction que le Parti du Travail d'Albanie et le peuple albanais combattront résolument comme ils l'ont toujours fait jusqu'ici pour raffermir les relations entre les membres du camp socialiste, pour renforcer son unité et le mouvement communiste international.
Le peuple albanais est prêt à se jeter au feu pour défendre ses vrais amis et il n'en est aucun qu'il place avant l'Union Soviétique. Ce ne sont pas là des paroles creuses qui ne sortent que de ma bouche, je ne fais qu'exprimer ici les sentiments de mon peuple et de mon Parti et on doit bien se dire que si nous aimons l'Union Soviétique et le Parti Communiste de l'Union Soviétique, ce n'est pas pour les beaux yeux de qui que ce soit, ou pour flatter _quelqu'un, mais parce que sans l'Union Soviétique il n'y aurait pas aujourd'hui de vie libre dans le monde, et l'on verrait régner le fascisme et la terreur capitaliste. Voilà pourquoi nous aimons l'Union Soviétique et le Parti du Grand Lénine et nous leur resterons à jamais fidèles.
Chers camarades,
La Déclaration de Moscou de 1957 tout comme le projet de déclaration qui nous est soumis constatent que le révisionnisme constitue aujourd'hui le principal danger dans le mouvement communiste et ouvrier international. La Déclaration de 1957 souligne à juste titre que la source
intérieure du révisionnisme est la persistance de l'influence bourgeoise, alors que la capitulation face à la pression de l'impérialisme constitue sa source extérieure. La