[ Presse Révolutionnaire ]

 

 

LYON COMMUNISTE,le premier journal communiste de la région lyonnaise, parait le 24 Avril 1920,Hebdomadaire.

Créer par des membres du Comité pour la IIIem Internationale, la fédération socialiste (SFIO) du Rhône soutenaient l'initiative, notamment et en accordant une subvention de 150 Frs au journal, en échange de la publication des communiqués et des comptes-rendus des congrès du Parti.

Le but du journal est de soutenir l'adhésion de la SFIO à l'Internationale. Adhésion qui est acquise au Congrès de Tours à la fin de l'année, et donne naissance au PCF. Les principaux collaborateurs en sont outres Pierre Dumas, Charles Rappoport (collaborateur extérieur),Georges Levy, Félix Métral etc...

Dans l'éditorial du premier numéro, le Samedi 24 Avril 1920,Pierre Dumas (secrétaire de la rédaction et également administrateur- gérant) dit: " Son titre est à lui seul un programme" et plus loin " de la doctrine, une étude critique des faits et des hommes, voila l'essence même de la rédaction de notre journal".

A la date du 29 Mai, le journal est diffusé en plus de la vente militante dans une quinzaine de kiosque sur la région lyonnaise. Dans le numéro 12 du 10 Juillet 1920,il publie le compte rendu sténographique du discours de Charles Rappoport au Congrès de Strasbourg afin de répliquer à la brochure reproduisant le discourt de Frossard qui se situait alors à l'aile droite des "reconstructeurs".

La diffusion du journal n'est pas celle attendue. Le 18 Juillet lors du 2eme Congrès Régional du Comité pour l'Internationale Pierre Dumas fait une intervention à ce sujet: "Pierre Dumas insiste sur la nécessité d'intensifier la propagande sous toutes ses formes, en particulier la presse.

Il faut diffuser les journaux et brochures et les militants de la région ont pour devoir de s'intéresser spécialement à "Lyon- Communiste" . Dans le compte rendu de ce même congrès le bureau informe " Une commission est désignée qui recueillera toutes suggestions utiles et rapportera prochainement devant la commission exécutive un résumé.

Bon travail positif, qui se traduira, nous en avons la conviction, par un recrutement fécond et une recrudescence de l'idéal communiste dans notre région".

Le N°15 du 31 Juillet 1920,annonce qu'il deviendra "l'organe officiel de l'Union Régionale du Sud-Est du Comité de la IIIem Internationale".

Sa diffusion est assurée par le Comité Régional et ses sections, il sera distribué à partir de cette date "presque exclusivement par abonnements".

Cette décision a été prise au cours d'une réunion rassemblant le noyau (cellule) de "Lyon -Communiste" et une commission désignée par le Congrès Régional de l'Internationale Communiste. Il ne dispose toujours que d'une quinzaine de kiosque le vendant.

Le N° 16 du 7 Août 1920,est le premier N° comportant la mention "Organe du Comité de la IIIeme Internationale (Union Régionale du Sud-Est) annonce dans le N° 18 du 4 Septembre qu'il change d'adresse et que le siège est transféré au 102 rue d'Anvers à Lyon (France).

Le 9 Septembre, le journal explique que: "afin d'intéresser un plus grand nombre de militants et parce que Lyon -Communiste soit réellement l'organe de toute une région, nous satisfaisons dès notre prochain numéro à la demande de certains camarades ,Lyon- Communiste s'intitulera désormais le Communiste du Sud -Est, il ne paraîtra plus que deux fois par mois (les 2eme et 4eme Dimanche)".

Le Communiste du Sud-Est parait à partir du 7 Novembre 1920, son gérant est Henri Michon (secrétaire administratif du Comité de la IIIeme Internationale -Union Régionale du Sud-Est),il reprend la numérotation de Lyon- Communiste, et il consacre son numéro au " 3eme Anniversaire de la République Communiste de Russie".

Les rubriques sur les départements de l'Ain, Ardèche, Saône et Loire et le Jura apparaissent ou sont développées.

La rédaction est principalement composé outre d'Henri Michon de: F.Métral,Mic,Georges Lévy, L.Gullino,Nochim. Le N° 24 du Dimanche 28 Novembre 1920 publie le compte rendu du 3eme Congrès de la IIIeme qui s'est déroulé à Lyon le Dimanche 21 Novembre 1920.

Lors de la séance de l'après midi, présidé par Pouzadoux, Métral, secrétaire à la propagande, déclare que: "il avait été décidé entendu que tous les militants feraient les plus considérables efforts pour que vive "Lyon -Communiste" devenu l'organe du comité: malheureusement, ces efforts n'ont pas été suffisant et Lyon -Communiste, puis le "Communiste du Sud-Est", malgré sa prospérité et son influence morale croissante vont disparaître faute de moyens pécuniers".

Lors de la même intervention, il annonce que Pierre Dumas (ancien secrétaire),crée le "Cri du Peuple" ,dont l'objectif est d'être à la fois un journal d'informations de la vie ouvrière et sociale de la région. Les abonnés du "Communiste du Sud-Est", ne sont pas lésé puisque le "Cri du Peuple" reprend leurs abonnements.

Dans la même séance Pierre Dumas dit qu'avec l'accord des syndicats révolutionnaires de la région, son journal paraîtra sur 4 pages. La rédaction sera composée de militants des différentes organisations révolutionnaires de la région. Il se fixe l'objectif de faire du journal un quotidien quand le nombre de lecteurs atteindra le chiffre de 10.000,il pense y arriver dans les mois qui suivront.

Michon avait déclaré qu'il pensait que Pierre Dumas en créant le cri du peuple avait voulu nuire au communiste du sud-est, Dumas s'en défend en disant qu'il ne pense pas que deux organes révolutionnaires sur Lyon puissent se nuire: "s'il ont chacun un but bien défini (un journal de diffusion et un journal doctrinal). Le communiste du Sud-Est paraitre jusqu'au 1 Février 1921.

La collection ne comporte pas le N° 1 du Cri du Peuple qui serait parut fin novembre (le N°2 est daté du 4 Décembre), le directeur en est bien sur P.Dumas,le Gérant: A.Chabanon,les articles sont signés par: J.Accary,.A.Bailly,Marc-Albert, F.Métral,Louis Riboulet, Delers, Georges Lévy (député du Nord),Rémond (rubrique littéraire), D.Drinsky ,P.Dumas,R.Rousset,Paul Vaillant-Couturier (député),A.Vincent,Raffin-Dugens,Georges Faivre, L.O.Frossard. L'on trouve les rubrique suivantes: Cri Syndical, Cri Régional, La Revue des Spectacles, Le Soliloque Communiste de "Jean-Pierre" Homme du Peuple Lyonnais, Vie des Fédérations, Isère, Vie Economique et Sociale.


Dans le N° 3 du Samedi 11 Décembre 1920,le Cri du Peuple annonce la création d'un librairie dans ces termes: "Nous fondons, pour soutenir le journal et faciliter la propagande par la brochure et le livre, une librairie sous forme coopérative".

Début Janvier 1921,le journal à près de 500 abonnés, l'objectif étant d'arriver à la fin du mois à 1000.Il est à noter qu'à la même époque, le parti avait gardé le nom de Parti Socialiste, mais avec mention SFIC (Section Française de l'Internationale Communiste). Dans le N° 9 du 22 Janvier 1921,il se félicite dans un article intitulé "le socialisme continu" de la scission du congrès de Tours affirmant qu'elle "n'aura sur la vie des fédérations que des bienfaisants effets".

Pour le département du Rhône, il constate que, hormis Villeurbanne et les VIem et VIIem arrondissement de Lyon, "la scission ne paraît pas importante".

Il affirme également qu'il faut: "maintenir, sans faiblesse, comme sans témérité vaine, le parti dans l'axe du discourt de Frossard" devenu avec Marcel Cachin leader du ralliement à la IIIeme Internationale.

En ce qui concerne la presse ce dernier demandait au congrès de Tours que les minorités puissent s'exprimer dans des "journaux spéciaux" (internes) mais pas dans les journaux grand public. Dans le même numéro il publie également l'information suivante: "la semaine prochaine, le cri du peuple sera vraisemblablement, du fait de la carence du "Droit du Peuple" ,l'organe officieux de la Fédération Socialiste (SFIC) et de l'Union des Syndicats de l'Isère".

Le 9 juillet la 4eme page publie une affiche: Votez Merlin, candidat communiste (membre du Comité Directeur de la Fédération Communiste du Rhône) pour les élections municipales complémentaires du 7em arrondissements.

A partir du N° 40 DU 27 Août 1921,il porte comme sous titre: " Hebdomadaire d'Extrême -Gauche".

Le N° 42 du 10 Septembre 1921,explique que le cri du peuple reprend sa liberté et ne serait plus l'organe officieux ou officiel de la Fédération Communiste du Rhône, tout en demeurant aux côtés du parti et en affirmant qu'il reste un: "organe révolutionnaire ,journal de lutte de classe ! que ses rédacteurs et directeurs demeurent sous le contrôle de leurs organisations et que jamais "le cri du peuple" ne tolérera ,que paraissent dans ses colonnes quelques articles qui puissent porter la moindre atteinte au mouvement révolutionnaire dans la région".

Il publie également à la demande de cette même fédération le texte suivant: "Par décision du 1 septembre 1921,le comité directeur de la fédération communiste du Rhône se décharge de son contrôle la rédaction et l'administration du " Cri du Peuple", qui redevient l'organe indépendant qu'il était à son origine".

Le dernier numéro ( N° 46 du 8 Octobre 1921) est consacré aux élections de Villeurbanne ou est candidat Jules GrandClément, violemment attaqué par les socialistes en raison de son adhésion au parti né à TOURS.

 

TRAVAIL

L'inter fédération communiste du Sud-Est publie à partir du 8 Avril 1922 un journal dont le titre est " Travail". Le journal est édité par les fédérations de la Drôme et du Rhône du Parti Communiste.

Dans le N° 1 , le journal souhaite être rejoint par les autres fédérations de la région.

Mais il ne sera diffusé que par les deux fédérations fondatrice du journal.

L'éditorial du premier numéro est d'ailleurs signé par le secrétaire fédéral du Rhône ( P.Merlin).

Lors du congrès de la Fédération du Parti Communiste du Rhône qui ce déroule à Oullins, Georges Champeaux ( rédacteur en chef de "Travail") à la séance du 24 Septembre 1922 fait une intervention dans laquelle il affirme que: " tous les journaux communistes sont mal rédigé parce qu'ils ne s'adressent qu'aux communistes" y compris en ce qui concerne "Travail", mais il est tenu de suivre les décisions du comité directeur.

Il est contre le mot d'ordre de l'Internationale de " Front Unique " et écrit dans le N°8 de "Travail": " Allez aux masses à dit Moscou.

 

Et tous les militants ont répétés en chœur " allons aux masses". Mais bien peu les ont rencontrées et il ne pouvait en être autrement. Qu'est- ce en effet les "masses" sinon la morne cohue des indifférents, de ceux qui ne font pas de politique et ne se dérange même pas le jour des élections. La masse , la foule...:un monstre formidable avec des pieds kilométrique et un cerveau de hanneton; gavé de bêtises et repu de lâcheté, ce monstre dort depuis longtemps et pour toujours...";

En 1923, il quitte le Parti Communiste, après l'interdiction, aux membres du PCF,qui fut faite d'être également membre de la Franc-maçonnerie .


Georges Faivre, remplace Georges Champeaux à son poste.

On Retrouvera Georges Champeaux pendant l'occupation parmi les laudateurs de la collaboration.

Lors de la grève du Syndicat du Livre en Janvier 1923, le journal ne parait pas le 13 Janvier ce que la rédaction et la direction regrettent, malgré qu'il ai proposé de payer les deux typos au nouveau tarif. Ce qui aurait permis de soutenir leurs luttes, mais également de combattre la politique de Poincarré.

Le N° du 20 Janvier est publier malgré la continuation de la grève par l'Association Typographique Lyonnaise après un accord réalisé avec le Syndicat du Livre.

Le dernier numéro ( N°59) de cette série est publiée le 26 Mai 1923.

L'éditorial commence par cette phrase " Travail se meurt ! Travail est Mort " et plus loin " mais c'est un cri d'allégresse, car Travail disparaît en beauté".

En effet il disparaît pour laisser la place, au " Supplément Quotidien et Gratuit de l' Humanité", jusqu'a maintenant le Parti Communiste n'avait pas pu avoir dans la région d'autres ambition éditoriales qu'hebdomadaires.

Ce supplément, ancêtre direct de "l ' Humanité Rhône-Alpes", ne parut que six mois ( 6 Juin / 30 Novembre 1923 ),il permit le développement des luttes menés par le Parti Communiste sur la Région Lyonnaise. Il connu une progression sensibles des ventes .

Restructuré en " Humanité des Alpes à l'Océan", qui prit le relais le jour même de sa disparition, il est publié à Nîmes, puis devenant "L'Humanité du Midi" au 1 Mai 1925.

Mais lors des congrès nationaux et fédéraux tenus à Oullins ( Rhône ) et Villeurbanne ( Rhône ) en 1924, il fut durement critiqué. On lit par exemple dans le rapport moral du congrès fédéral: " le journal n'est pas exempt de critiques. Les unes touchent la rédaction lyonnaise, d'autres celle de Nîmes, d'autres encore doivent logiquement toucher le principe même du journal et les conditions dans lesquelles il fût lancé". Le 30 Novembre 1925 cessa l'expérience, pour plusieurs années, d'un quotidien communiste sur la région lyonnaise.

Le fait est que les effectifs ne s'élevaient au 11 Juillet 1925 qu'a 4.200 membre, 275 cellule et 9 rayons, ce qui pourrait peut être, en partie, expliqué les difficultés rencontrer dans la diffusion.

Le Cri du Peuple, est de nouveau édité à partir du 6 Novembre 1925 le sous titre en est" organe hebdomadaire des ouvriers et paysans de la région lyonnaise publié par le Parti Communiste", il est imprimé à Nîmes.

Lors de sa conférence le rayon de Lyon (1 Février 1926), indique dans sa résolution que: "le rayon de Lyon est fermement partisan de la suppression pure et simple du Cri du Peuple en attendant "l'huma" quotidienne".

Malgré l'opposition, du rayon de Lyon, il parait jusqu'au 21 Mai 1927. Le 8 Juin dans un rapport interne le parti communiste français recommande de prendre comme responsable légaux des camarades "soit mutilés à 100 %,soit âgés de plus de 70 ans", afin d'atténuer les risque de condamnations à des peines de prisons.

L'Humanité (édition parisienne) est diffusée sur le Rhône en 1927 avec une moyenne journalière de 30.025 exemplaires. L'on retrouve un journal à parution irrégulière intitulé : "Réveil Communiste", sous titré: "bulletin intérieur des groupes d'avant gardes communistes", à partir de Novembre 1927,publié à Lyon de format 36x28,puis 33x25, le dernier numéro daté de Février 1928 est imprimé à Marseille.

Il faudra attendre le 18 Février 1928,pour voir dans les kiosques lyonnais réapparaître un organe régional représentant les idéaux communistes.

Après l'échec de "l'Humanité du Midi" , il est décider de reprendre le titre " " Travail" (organe hebdomadaire de la région lyonnaise, édité par le Parti Communiste (SFIC),puis organe de la région lyonnaise du Parti Communiste, dont le gérant est Antoine Croizat.

Il est à noter que la quatrième page est édité sous le contrôle de la 6em Union Régionale des Syndicats Unitaires la rubrique est intitulé "L'Action Ouvrière". Ce journal couvrait l'Ardèche et la Drôme.

En juin 1928, Antoine Croizat, père d'Ambroise Croizat est arrêté et inculpé (il est alors âgé de 62 ans) au titre de gérant du journal pour "provocation de militaire à la désobéissance est incarcérer à la prison de Clairveaux.

Au 30 Juin 1928, le tirage est de 8.000 exemplaires pour une ventes au numéro de 6.000 ET 900 abonnés, pour environ 4.700 adhérents dans la région lyonnaise (Lyon- St Etienne- Givors- Villefranche -Monceau les mines- Macon- Roanne -St Claude- Oyonnax -Tarare), alors qu'il n'était que de 3.000 en 1926.

Le 7 Septembre de la même année, pour augmenter les ventes et sauvegarder l'existence du journal des mesures sont prises par les directions du journal et du parti, notamment:

Abonnement obligatoire pour les membre de la Fédération du Rhône, ventes: devant les usines, chantiers, réunions, souscriptions, concours d'abonnements, il décide également de développer une page de " correspondance ouvrière" qui permettrait d'être plus proches de la vie quotidienne des lecteurs et devait par contrecoups dynamiser les ventes. Afin de pouvoir publier plus d'informations, il passe sur grand format en Avril 1929.

En janvier 1930, Antoine Croizat est libéré, mais le camarade qui lui avait succédé comme gérant: Emmanuel Brun, est concoqué devant le juge d'instruction.

La plupart de ses condamnations sont motivés par des articles traitant des brimades des soldats et officiers dans les casernes, la lutte anti-militariste et pacifiste menés par les journaux du PCF.

Dans le numéro du 18 Janvier 1930 de "Travail", un article est consacré à la presse communiste et aux journaux d'usines du parti, le bureau régional proposer de centraliser à Lyon les hebdomadaires régionaux "Travail" et "Le Cri du Peuple", "Travail " ayant trois éditions ( Rhône, Saône et Loire , Ardèche) et deux éditions pour le " Cri du Peuple". En décembre 1931 "Travail" n'atteint qu'environ 12.000 lecteurs dont 2.000 abonnés.

Il disparaît, lui aussi, suite à des problèmes financiers, le 23 Juillet 1932,le journal aurait pu survivre, malgré ses 4.000 frs de dettes, s'il avait encaissé les 8.000 frs que lui devait ses débiteurs.

Dès Décembre 1932, la région lyonnaise du Parti Communiste décide de publier un nouveau journal pour combler le vide laissé par " Travail", ce journal portant le titre de: "La Voix du Peuple".

A partir du 6 mai 1933 (N°22), il dépasse les ventes de " Travail", alors que ce dernier couvrait deux départements et que le parti communiste avait dans le Rhône 1.629 adhérents.

Le 17 Juin 1933, il publie de larges extraits du Manifestes du Congrès Ouvrier Européen Antifascistes de Paris. Dans ce même numéro est créer une nouvelle rubrique " La voix du Peuple Illustrée" comportant photos et dessins caricaturaux. La " Voix" est plus illustrée, mieux présentée et également plus poches de la vie locale que son prédécesseur, les ventes progressent très régulièrement.

Le 7 Octobre 1938, il devient le plus fort tirage des périodiques du Sud-Est.

Jacques Richard (gérant du journal et passementier de profession) est poursuivi suite à un article paru le 15 Juillet 1933 dénonçant les brimades des soldats dans les casernes, thème qui avait déja permit de poursuivre les journaux communistes.

Il défend Dimitrov et appelle à des actions de solidarité envers ce dernier, accusé faussement d' être responsable de l'incendie du parlement allemand par les nazis.

Le 8 Septembre 1934, il publie le Manifeste du Parti Communiste pour les Elections Cantonales, élections qui se déroulent le 7 Octobre 1934.

A cette élection le parti double ses voix dans le département du Rhône ( 18.576 voix contre 8.295 en 1931, + 124 %). Le 16 Janvier 1935, le journal annonce la mort de celui qui est son gérant, Jules Grandclément, l'enterrement de ce dernier verra se rassembler 25.000 personne pour lui rendre hommage, la " Voix" titre "GRANCLEMENT... INFATIGABLE LUTTEUR POUR LE COMMUNISME".

Dans la nuit du Jeudi au Vendredi 7 Mars 1935, des centaines de communistes sont arrêtés dans la région, 600 gardes mobiles sont envoyés à Vaise le Vendredi Matin.

Les vendeurs du journal sont à partir de 1935, souvent attaqué, notamment devant le "Progrès" (rue de la République), par les "croix de feu" dirigés par le fils du chef de la sûreté (police politique) Foex.

Les protestations et les demandes de protections par la police ne servent bien sur à rien.

 Un n° spécial est tiré à l'occasion des élections municipales de Mai 1935 il est tiré ) 80.000 exemplaires, la section de Villeurbanne en commande à elle seule 10.000.

Le PCF fera de nouveaux progrès électoraux dans la région en prenant la direction de Vénissieux et de Vaulx en Velin. La " Voix" annonce le 10 Juin que Georges Lévy est le directeur politique d'un hebdomadaire intitulé " Banderossa" (dont je ne connais aucun exemplaire).

Le 13 Juillet 1935, le journal passe à une présentation sur 7 colonnes permettant dans un format identique de mettre plus d'informations.

Le 26 Septembre 1935, le journal publie une Plate Forme d'Action Commun du Parti Socialiste et du PC donnas le véritable départ du Front Populaire.

Les organisations syndicales CGT et CGT-U signe un accord au terme duquel les deux syndicats fusionnent à la date du 1 Janvier 1935 "une cartes, un timbre".

Les croix de Feu lyonnaises qui n'en sont pas à une provocation près louent en Octobre 1935 un local situé en face de l'imprimerie et de la rédaction de "La Voix du Peuple".

Le journal à partir du mois d'Octobre 1935 à un tirage moyen se situant entre 7.000 et 8.500 exemplaires par mois avec des "pointes" à 10.000 exemplaires en Novembre 1935 et Janvier 1936.

Durant la guerre d'Espagne le journal ainsi que toute la presse communiste apporte son soutien sous diverses formes aux républicains espagnols.

En Août 1937, il parait deux, puis trois éditions, et devient "le plus fort tirage des périodiques du Sud-Est (sous titre du journal) à partir du 7 Octobre 1938

Il à alors entre 3.000 et 4.000 abonnés.

Durant l'été 1938 les ventes diminuent pour n'atteindre que 16.000 exemplaires. En Octobre de la même année, les ventes remontent à 23.000,mais cette remonté est principalement du à deux facteurs: des ventes de masses et la disparition du "Travailleur Alpin" sur l'Isère, la Savoie et les Hautes-Alpes.

Concernant la presse communiste dans le département du Rhône le préfet Bollaert écrit dans son rapport mensuel du 18 Juin 1939: "La presse communiste dans notre région accuse un déclin sensible que les dirigeants voudraient bien enrayer. Métral à reconnu que la "Voix du Peuple" connaissait de grosses difficultés".

Le dernier numéro porte la date du 24 Août 1939, le préfet en interdit la publication suite à l'interdiction du parti communiste et de sa presse et aux instructions d'un télégramme du ministère de l'intérieur daté du 31 Août 1939.

Le Parti Communiste sera interdit le 29 Septembre 1939. La presse communiste se réfugie alors dans l'ombre protectrice de la clandestinité.

En Mars 1940, Fredo (pseudonyme de Pierre Georges, le futur colonel Fabien), donne à Louis Bailly (un militant de la Croix-Rousse, quartier des "canuts" à Lyon) la mission d'organiser une imprimerie clandestine. Pour ce faire, il s'installe comme réparateur de vélos à la Croix-Rousse.

L'imprimerie est installée dans l'arrière-boutique, elle édite entre autres: "L'Avant-Garde" pour le Sud-Est. Elle sera découverte par hasard en Avril 1941.

A partir du dernier trimestre 1940, la diffusion régulière de "l' Humanité" et d'"Avant-Garde" (mais aussi de tract et d'affiches), reprend grâce aux imprimeries que la Parti Communiste et la Jeunesse Communiste à installé sur Lyon et qui desservent l'ensemble du Sud-Est.

Malheureusement, l'une des principales imprimeries de "l'Humanité" sera découverte en Octobre 1940, suite à une enquête approfondie, à l'initiative de Cussonac, chef de la sureté à Lyon.

Joannés Chabert ( ancien rédacteur en chef de la Voix du Peuple), est arrêté le 24 Décembre 1940. Incarcéré à la prison Saint Paul à Lyon, il y organise et diffuse aux prisonniers deux périodiques " En Avant" diffusé dans le batiment C et "Le Lien" à l'intérieur du batiment H. Il cherchait à respecter dans la mesure de ses moyens le mot d'ordre: "Transformer les prisons en écoles" .

L'organe régional du PCF du Rhône reparaît pour la première fois illégalement, et ronéotype, pour le 1er Mai 1941 dans lequel il lance les mots d'ordre: du Pain, des Augmentations de Salaires et le retour des libertés ouvrières.

Seulement 6 numéros de la Voix du Peuple durant la clandestinité, sont connue, mais comme tous les autres organes de la résistance beaucoup de lacunes existent dans les archives et nuisent à une bonne connaissance de l'histoire de la presse de cette période.

Le 14 Juillet 1941, parait un nouveau n° de la Voix du Peuple la numérotation comporte le N°4,il commémore l'anniversaire de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

L'on trouve trace d'un numéro publié en Juin 1942 (après le 6). En Janvier 1942,sort un numéro spécial, imprimé et sous-titré "organe de la région lyonnaise du Parti Communiste" et comportant un encart à gauche du bandeau indiquant:

MOURIR EN TRAVAILLANT OU VIVRE EN COMBATTANT
(mot d'ordre des canuts croix-roussiens en 1831)

En Septembre 1941,un journal communiste est édité dans la région de Lyon avec " La Voix des Vignerons du Beaujolais" (organe de défense paysanne, édité par le parti), le N° de Septembre est présenté comme un numéro spéciale vendanges.

D'un format de 31x21, il est ronéotypé et d'une pagination réduite à 2 pages, (comme cela sera souvent le cas pour l'ensemble de la presse de la résistance).

Le titre le plus connu parmi les autres publications de la résistance est le journal satirique: "Le Père Duchesne", édité par " Franc-Tireur" auquel ont participé à la rédaction: Yves Farges, Georges Altman, Nöel Clavier, Albert Bayet et Elie Péju.

Le journal indique 151em années, reprenant la datation du journal publié par Hébert pendant la Révolution Française. Ne dit-il pas dans sa profession de foi:

"Prête-nous ta voix populaire et furieuse, PERE DUCHESNE de la révolution ,rappelle-nous les injures et imprécations ! Nous n'en aurons jamais assez contre le tyran des peuples, ses hordes, ses suppôts, ses vendus, étrangleurs de liberté, tueurs de république, fusilleurs et bourreaux...Chaque jour il était "bougrement en colère" le PERE DUECHESNE. C'est pourquoi il doit renaître aujourd'hui, car la France a besoin d'être bougrement en colère...".

Les seuls trois numéros conservés sont ceux d'Avril, Mai et Septembre 1943,il était imprimé chez Juan et Bessey, Rue Chapolin à Lyon (Rhône).

Le Patriote Lyonnais (organe du Front National de Lutte de la Région Lyonnaise) est de cette période, mais il est plus difficile à dater la sortie du premier numéro, le plus ancien conservé étant le N° du 1er Janvier 1943, il était multigraphié.

Les journaux de la résistance, numérotaient et/ou dataient, souvent de manière fantaisiste les exemplaires tirés, pour échapper à la répression. Journal mensuel, il parait encore en Février (N°19) ,Mai, Juin, Juillet 1944,un numéro spécial est également édité à l'occasion du 14 Juillet 1944 (N°20,21,22,23).

Le premier numéro légal est publié le 8 Septembre 1944, son format varie en fonction du rationnement en papier. Installé Rue Bellecordière, à Lyon, son dernier numéro sortit des presses le 29 Juin 1945 (N°208).

Le titre est maintenu jusqu'en décembre 1958 à St Etienne. Il est dirigé par Madeleine Braun avec un tirage d'environ 37.000 exemplaires, date à laquelle il fusionnera avec la République de Lyon et les Allobroges. En juin est publié un N° spécial de: "Vaincre" (organe régional de la jeunesse communiste du Rhône), journal ronéotypé de trois pages d'un format de 27 x 21.Le 5 Sept 1944, l'arrêté N°58 signé par Yves Farge devenu commissaire de la république est publié au journal officiel Rhône-Alpes.

Le numéro 15 du 25 sep 44,est d'un format de 29.7 x 42.5 au lieu du format de 43 x 60. Dès le numéro suivant, il revient à l'ancien format. Le numéro du 26 sept annonce, reprenant le numéro de la veille de l'humanité quotidienne l'adhésion de Paul Langevin au Parti Communiste. Entre le N°20 du 30 sept et le 1 octobre 1944,les éditions du Week-end, sont édité sur grand format (43x60),dès le N° 37 du 4 Octobre, ils réunissent 20.000 francs de souscriptions.

Le 11 nov. 1944 l'édition spéciale commémorant l'Armistice de 1918,tire à plus de 105.000 exemplaires.

Une des grandes préoccupations du journal est d'obtenir de pouvoir tirer sur grand format et sur 2 pages quotidiennement de 43x60, comme les journaux de la région parisienne, puis de Marseille ceux-ci ayant obtenu ce droit depuis quelques temps, avec un prix de vente identique à Paris, seule solution pour obtenir une trésorerie saine.

Le N° spécial NOEL du samedi 23/dimanche 24 Décembre 44,est l'un des plus important tirage du journal avec 142.680 exemplaires sur grand format et 4 pages.

Il est illustré par Emmanuel Cochard qui publie également une brochure de 8 pages édité par le journal et intitulé "Hitler" ,il s'agit de dessins caricaturaux à tirage limité. L'on trouve également dans ce numéro un conte de Nöel " Le Nöel de Jeannette", écrit par Marie-Louise Barron.

En décembre 1944 ,Alexandre Henry devient le rédacteur en chef.

Le 31 Décembre la souscription atteint 637.349,50 Frs. A partir du 27 janvier 1945, Joanny Berlioz (conseiller municipal entre 1944 et 1946,déja conseiller municipal avant guerre, est nommé administrateur de la "Voix du Peuple".

Par manque de papier le journal revient à 4 pages, il proteste accusant les autorités de censure. De nouvelles restrictions de papier le contraint à ne plus être publié le mercredi, à partir du 1 Février 1945, suite à un arrêté du ministre de l'information, concernant l'ensemble de la presse de la région Rhône-Alpes.

Le dernier numéro quotidien est du 22 mars 1945,le déficit atteignant: 2.000.000 de francs par mois, il redevient comme avant guerre un hebdomadaire, il averti ses adversaires politiques qu'une t'elle situation satisferaient: "ne triomphez pas, messieurs de la réaction, car les communistes peuvent essuyer des défaites et des échecs, ils ne se considèrent jamais comme vaincus:

"Demain mieux trempés, aguerris par l'expérience, ils redoubleront d'ardeur et ils vaincront car on ne fait pas tourner à rebours la roue de l'histoire". Auguste Hugonnier (député à l'assemblée constituante, futur gérant du journal),succède à Alexandre Henry à la place de rédacteur en chef le 19 Décembre 1945. Le 5 mai de la même année il connaît encore des restrictions de papier, il est de nouveau contraint de réduire sa pagination à 4 pages.

David Grünblatt (dit Marcel Verneuil) devient en avril 1947 rédacteur en chef du journal, il était jusque là chef des informations locales. Il écrira dans la VOIX DU PEUPLE jusqu'en 1950, puis devient rédacteur en chef de " La République". La Voix du Peuple à pour directeur de publication à partir de 1948: Gabriel Brunet.

L'hebdomadaire du PCF annonce le jeudi 5 mai 1955 qu'il fait place à l'Humanité dimanche à partir du 14 mai, sur pages lyonnaises sont annoncé (départemental et locale) dans un format de 58 x 43. Ces pages dont le nombres varie de 2 à 6, seront intitulé " La Voix du Lyonnais", le nom perdurera jusqu'a la mutation de Robert Hue, ou elle disparaîtra.

 

"Demain mieux trempés, aguerris par l'expérience, ils redoubleront d'ardeur et ils vaincront car on ne fait pas tourner à rebours la roue de l'histoire". Auguste Hugonnier (député à l'assemblée constituante futur gérant du journal),succède à Alexandre Henry à la place de rédacteur en chef le 19 décembre 1945. Le 5 mai de la même année il connaît encore des restrictions de papier, il est de nouveau contraint de réduire sa pagination à 4 pages.

David Grünblatt (dit Marcel Verneuil) devient en avril 1947 rédacteur en chef du journal, il était jusque là chef des informations locales. Il écrira dans la VOIX DU PEUPLE jusqu'en 1950, puis devient rédacteur en chef de " La République".

La Voix du Peuple à pour directeur de publication à partir de 1948: Gabriel Brunet.

L'hebdomadaire du PCF annonce le jeudi 5 mai 1955 qu'il fait place à l'Humanité-Dimanche à partir du 14 mai, sur pages lyonnaises sont annoncé (départemental et locale) dans un format de 58 x 43. Ces pages dont le nombres varie de 2 à 6, seront intitulé " La Voix du Lyonnais", le nom perdurera jusqu'a la mutation de Robert Hue, ou elle disparaîtra.

TEXTE DE L'ARRETE du 5 Septembre 1944 :


YVES FARGE y autorise:

"Mr Loch, représentant du PCF est la société d'exploitation du journal " La Voix du Peuple" à reparaître.

La Voix du Peuple (organe de la région lyonnaise du parti communiste français),il l'imprimerie est situé 12 rue de la Charité à Lyon, il parait sur deux pages. Le comité de rédaction est composé de : Raymond Guyot (député de la seine, président fédéral de la jeunesse communiste du rhône,membre du comité central du PCF), Bert (dirigeant du comité de défense et d'action paysanne du Rhône),la trésorerie relevant de la responsabilité de CH.Daynat.



DIVERS ARTICLES

LYON-COMMUNISTE (Editorial)
Son nom est à lui seul un programme. Négligeant les compétitions et les attaques personnelles, le journal de combat du prolétariat lyonnais sera le trait d'union nécessaire entre l'extrême gauche et socialiste.

De la doctrine, une étude critique des faits et des hommes, voilà l'essence même de la rédaction de notre organe. Les dernières grèves, où nos camarades ouvriers, manœuvrés par la presse bourgeoise, ne pouvaient pas faire entendre leurs voix, les débats de la Fédération Socialiste, critiqués, déformés, ridiculisés par la même presse toute à la dévotion des politiciens capitalistes ont indiqué clairement à la classe ouvrière son devoir.

Malgré les difficultés sans nombres, qui se sont dressées devant nous, malgré les sacrifices financiers énormes, auquel nous avons souscrit, LYON-COMMUNISTE paraît.

Internationaliste et révolutionnaire, il mérite l'appui de tous les militants.

Pour le défenseur de la classe ouvrière lyonnaise, contre les grands aboyeurs d'une bourgeoisie décadente, les travailleurs lyonnais donneront le coup d'épaule indispensable.

Lire et faire lire LYON-COMMUNISTE, c 'est servir la cause du Peuple.

Pierre Dumas, Dimanche 28 Novembre 1920


RAIL ROUGE
L'embusqué
Bien peigné, portant beau, l'on voit surgir tous les jours aux même heures que les employés de bureau, un homme jeune, qui est ajusteur. Cet homme sur certains tableaux, est porté comme travaillant aux Tenders, alors qu'en réalité il est tout simplement secrétaire et dessinateur de M. le Chef de Dépôt.

Il semble, camarades, nous qui restons très souvent après l'heure, que l'on pourrait, au besoin, se servir de ce monsieur.

Ceci serait tout naturel, vu qu'il manque de bras, au dépôt de Vaise. Nous aurons le plaisir d'y revenir, s'il a lieu
8 décembre 1924
LE RAIL ROUGE (journal d'entreprise)
Berger " le dompteur"
"Il rit jaune lorsque quelqu'un lui parle du RAIL ROUGE,de celui qui s'occupe malgré lui de sa tête de "boule-dogue".Il fulmine, il parle à tort et à travers, contre nous, contre ses chefs directs.

" Nous sommes à dompter", "Nous lui en voulons parce qu'il ne peut pas avaler le U", dit il. Pauvre idiot ou illuminé !.

"Cela n'arriverait pas si M.Darlier (ou Barlier difficilement lisible sur l'article original ) n'était pas si bonasse, si bête", dit-il. Pauvre ingrat ou toqué !.

Le U de C.G.T.U. qui te crève, nous nous en glorifions, mais sache bien, c'est le C (de Communiste ) qui te tient dans ses dents et ne te lâche que pour te crier : C.U.-C.U ,lorsque tu te vante d'avoir reçu l'excuse des Communistes Photographes

La cellule Communiste 18 Février 1928


VIENNE - SERVICE DE LA VOIRIE
M.D...à l'avenir, tâcher d'être plus poli à l'égard de vos cantonniers. "Fainéant", dite vous, mais si vous croyez que le poste que nous occupons est une sinécure, il y a des postulants qui montreront autant de compétence que vous en avez montré au " déraillement du 9 Novembre 1924" , car n'importe lequel de vos cantonniers (communiste, révolutionnaire etc...),comme vous les qualifiez, n'aurait pas interrompu la circulation de 21h30 à 10h30 du lendemain pour trois traverses mise à mal, alors que la voie étaient déblayée depuis 2h30 du matin et le trafic aurait pu reprendre au plus tard à 5 heures du matin. Donc, par votre faute, il a été effectué cinq heures de pilotage. Croyez moi, Monsieur D...,à l'avenir, montrez plus d'égard à vos cantonniers un peu de savoir vivre et qualifiez-les comme il convient...de bons travailleurs, mais qui gagnent bien péniblement leurs maigres salaires

Vos cantonniers
(communistes, révolutionnaires etc...)
le 6 Aout 1928

 

LES JOURNAUX DE CELLULES DE QUARTIERS
ET D'ENTREPRISES DANS RHONE ( France)

Le premier journal de cellule dont j'ai trouvé trace est le "Trolley Rouge", journal des ouvriers et employés des O.T.L ( socièté de transports en commun de Lyon,ancêtre des actuels T.C.L), il date de Février 1923, et il presente comme autre particularité d'avoir, contrairement à beaucoup de journaux de ce type,une durée de vie assez longue puisque qu'il durera plusieurs années (il sera scindé en deux en 1926: Dépot Parmentier, Dépot de la Rue d' Alsace).

Fin 1924/Début 1925, il existe sur le département du Rhône 39 journaux de cellules dont 10 journaux d'entreprises.

L'un des thêmes qui revient le plus souvent est l'anti-militarisme (conditions des appelés,Guerre du Maroc) traité par les divers types de journaux de cellules : de quartiers,d'usines et de casernes.

Dans certains types d'entreprises,il s'agit de véritables séries nationales.

Par exemple dans les chemins de fer,dans ces cas les journaux sont tous d'un même modèle avec des titres similaires,voir identiques. Néanmoins le contenu est adapté aux dépôts concernés.

Mais dès le mois de Mars 1925,le chiffre des journaux de cellules chute à 4, ce chiffre changera sensiblement dans l'année (6 en Octobre/ Novembre), au total 22 journaux d'entreprises seront édités en 1925.

Il faut attendre les élections municipales des 3 et 10 Mai 1925 (Bloc Ouvrier et Paysan), pour trouver trace de journaux de cellules locales dans le département. La plupart des cellules édiditrices, comportent entre 20 et 40 adhérents et n'ont pas de locaux propres, mais se réunissent dans des arrières salle de cafés...

Au 11 Juillet 1925, le Parti Communiste dans le rhône disposait de 4.200 membres,275 cellules et 9 rayons ,de 4 permaments: 2 secrétaires,1 dactylo et 1 secrétaire M.O.E.

L'Oeil de Perrache, qui sort régulièrement tous les quinze jours est considéré par la direction régionale du parti comme l'un des plus actifs et des mieux conçus.

Cette même direction reprochant à la plupart des autres journaux d'usines de ne pas aborder les problèmes internes des entreprises concernées et de publier des articles de " haute politique", de faire trop " tracts".

Le Parti Communiste Français éditera une brochure intitulé: " Les journaux d' entreprises", mais il ne semble pas que cette brochure destinée aux responsables de ces publications ait eu d'influence sur le contenu et la forme des journaux de cellules d'entreprises.

La majorité des journaux de cellules ou d'entreprises ont une durée de vie éphèmere, de plus beaucoup de cellules profitent du fait que le financement du numéro 1 des journaux d'entreprises, soit pris en charge par l'organisme régional du parti, pour ne sortir qu'un seul numéro.

La direction prendra rapidement la décision de ne plus prendre en charge le premier numéro que s'il est suivi d'autres numéros.

Début 1926, le parti communiste compte: 39 journaux d'entreprises dont 22 à Lyon, 17 de Quartiers, 14 de Villages.

Il existe également des journaux en langues étrangères, mais la direction de la région admet elle-même " ne rien en connaitre", et de fait à part des annonces dans le "Cri du Peuple" de " Bandera Rossa ", nous ne disposons pas d'élements suffisants pour une analyse de ces journaux.

En 1927, la situation parait s'être stabilisée à une vingtaine de journaux d'entreprises pour 4.700 adhérents au parti, auquel il convient d'ajouter 450 personnes ayant la carte de sympatisants.

Dans les grandes entreprises, le tirage des journaux peut aller jusqu'a 1.500 par numéro, tel Berliet, ou la cellule du Parti Communiste compte 67 membres pour 6.000 ouvriers, le journal de cette cellule paraitra même durant huit mois, mais disparaitra suite à la répression qui s'abattra après l'affaire Sacco/Vanzetti, mais la cellule de Berliet se reconstitura et le journal reparaitra au bout de deux mois de suspension.

Au début des années 30, le Parti Communiste Français à 20/25 cellules d'entreprises pour environ 80/85 cellules locales, dans le Lyonnais. C'est également à cette même période, que l'on trouve les premières traces, dans le Rhône, de journaux spécifiquement destinés aux appelés sous les drapeaux, que cela soit dans l' armée de terre ou dans l'aviation, avec notamment la base aérienne de Bron. Si l'on rapproche le nombres de cellules d'entreprises du nombre de journaux d'entreprises, l'on obtient 38.5 % de cellules d'entreprises disposant de journaux.

Le pourcentage des journaux d'entreprise par rapport aux cellules d'entreprises est pour la même période de 13.8 % au niveau national. Le parti communiste dans le Rhône obtient donc des résultats suppérieur de 24.7 % à la moyenne nationale.

Néamoins, il existe de nombreuses disparités dans le département , au 1 Aout 1930, sur les 30 journaux d'entreprises, aucun n'est édité dans les grandes entreprises de Lyon, le PCF ne disposant d'aucune cellule sur la Ville.

Dans le numéro du 18 Janvier 1930 de " Travail", le bureau régional du PCF trouve en ce qui concerne les journaux de cellules d'entreprises, qu'il ne fait pas suffisament de rapport avec les revendications des travailleurs, de même il trouvait que ces journaux paraissaient de manière trop irrégulière pour être vraiment fructueux et leur contenu politique " variable", ce texte est à raprocher des critiques faites en 1925.

Mais suite aux évènements de 1934 et de la répression qui s'ensuit, le parti communiste perd de son influence, dans le Rhône il n'a plus que l12 cellules d'entreprises, soit environ la moitié moins, la situation des cellules de quartiers semble ne pas avoir trop souffert durant cette même période.

Cette situation durera jusqu'au front populaire ou l'on assistera à une véritable explosion du parti communiste , en Octobre 1937, il existe 249 cellules dans le lyonnais, contre 24 en 1935.

Le cellule locale de la Guillotière (quartier de Lyon), édite en 1932, un journal destiné aux Usines Automobiles Berliet de la Guillotière,elle demande à Benoit Franchon que "le journal de cellule, soit transmis à une cellule similaire en Union Soviètique, pour mener l'agitation et l'organisation parmi les ouvriers de l'usine d'automobiles Berliet" (Lettre de Benoit Frachon du 20 Aout 1932, à l'Internationale à Moscou ).

En 1935, la cellule de la Guillotière, devenue une Section, tire un journal "La Guillotière Populaire" qui atteindra en Septembre 1936 les 4.000 exemplaires, d'autres sections de Lyon ont un développement similaire, dut à " l'effet front populaire", les tirages des journaux atteignent souvent les 3.000 ou 4.000 exemplaires. Il faut relativiser ces chiffres, par exemple les ventes de Gerland Ouvrier ( quartier de Lyon) sont d'environ 1.200 pour un tirage de 3.500.

Dans les journaux qui suivent l'interdiction de la presse communiste en Aout 1939, des journaux de cellules, qualifiés de "tracts défaitistes", par la police sont saisis ( 27 et 28 Aout), avec des registres de bons de livraisons.

De ces rapports de polices, il ressort que les tirages sont d'environ 250 à 500 exemplaires, et ont été diffusé par un nombre de militants réduit ( 1 à 3 ). Dès l'interdiction le parti communiste, qui avait anticipé en organisant un appareil clandestin ( qui fonctionnera difficilement), les militants distribuant des journaux de cellules sont arrêtés ( Henri Favoriti le 27 Aout 1939 à Oullins). Le 2 Septembre 1939, Grünblatt ( dit Verneuil ) qui parallèment à ses études à la faculté de Lettres Classiques, était employé à la mairie communiste de Vénissieux) , avec Marie et Dutrievoz édite une " Humanité" clandestine à Vénissieux ( rhône ), dont l'éditorial à pour thême: "Nous n'avons pas de leçons à recevoir des munichois". G Roudil aurait pris cette décision.

Ce numéro de l'humanité avait été imprimé sur le matériel de la mairie de Vénissieux et E.Rolland ( maire de Vénissieux) en avait assuré la diffusion sur les même lieux ou il diffusait habituellement la " Voix du Peuple " et "L'Humanité, avant l'interdiction de la presse communiste ( le parti communiste ne sera interdit " que " le 26 septembre 1939 ).

Au Etats - Unis ( nom d'un quartier de Lyon ), Georges Revel, secrétaire de la Section Montplaisir, avec quelques militants diffuseront également durant la même période des tracts en les jetant dans la rue, mais également dans les entreprises et en particulier à la REP. A l'époque, Georges Revel était membre de la direction clandestine et plus particulièrement chargé d'un secteur compreant: le 7eme arrondissement de Lyon, Vénissieux et Saint Fons.

Il faudras attendre Septembre 1941, pour voir réapparaitre des journaux de cellules, avec " La Voix du Vignoble Beaujolais", mais la guerre, puis l'occupation ne permettent généralement pas d'éditer des journaux de cellules et les journaux clandestins sont généralement destinés à une zone d'influence plus large.

Des tracts sont préférés, dans biens des cas, car moins lourds à gérer.

En conclusion, il faut considérer les journaux de cellules ou de sections, qu'il soient d'entreprises ou locaux, comme une stratégie de propagande souvent plus efficace que les tracts,influences d'autant plus réelle et importante que ces journaux, parlent spécifiquement des entreprises ou des quartiers auquels, ils sont déstiné et qu'il ont une régularité et une durée de vie longue

Cette étude,n'a pas la prétention d'être, autre chose, q'une porte ouverte à des travaux plus approfondis, sur la presse communiste du Rhône,j'espère qu'elle y participera.

NOTES:
Les journaux d'entreprises sont la conséquence directe de la création d'organisation de base dans le monde du travail suite aux décisions de l'Internationale Communiste,d'appeler à la "bolchévisation" des partis commuistes.

LA région Lyonnaise comprenait: LYON/SAINT ETIENNE/GIVORS/VILLEFRANCHE/MONCEAU LES MINES/MACON/ROANNE/SAINT CLAUDE/OYONAX/TARARE ( au 14 Aout 1926, ce découpage variera suivant les périodes).

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