Joseph Staline
Les fauteurs de guerre ont peur
d’une entente avec l’Union Soviétique
Nous publions le texte d'une importante interview accordée par le généralissime STALINE au rédacteur en chef de la " Pravda ", organe central du Parti Communiste (bolchevik) de l'U.R.S.S.
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Voici le texte des questions et des réponses :
1ère question. — Comment appréciez-vous le résultat de la discussion au sein du Conseil de Sécurité de la question relative à la situation à Berlin, ainsi que la conduite des représentants anglo-américains et français dans cette affaire ?
Réponse. — Je les considère comme une manifestation de la nature agressive de la politique des milieux dirigeants anglo-américains et français.
2e question. — Est-il vrai qu'au mois d'août de cette année on était arrivé à un accord entre les quatre puissances sur la question de Berlin ?
Réponse. — Oui, c'est vrai. On sait que, le 30 août dernier, on était arrivé, à Moscou, à un accord entre les représentants de l'U.R.S.S., des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, en vue de prendre des mesures simultanées pour lever les restrictions apportées aux transports, d'une part, et introduire à Berlin le mark allemand de la zone soviétique comme monnaie unique d'autre part. Cet accord n'affectait le prestige de personne, il tenait compte des intérêts des parties et garantissait la possibilité d'une collaboration ultérieure. Mais les gouvernements des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ont désavoué leurs représentants à Moscou et ont déclaré cet accord comme non existant, c'est-à-dire qu'ils l'ont violé en décidant de remettre la question au Conseil de Sécurité, où les Anglo-Américains disposent d'une majorité assurée.
3e question. — Est-il vrai que, récemment, au cours des pourparlers non officiels, lors de la discussion à Paris de cette question, au sein du Conseil de Sécurité, on était arrivé une fois encore à un accord au sujet de la situation à Berlin, avant même que cette question ait fait l'objet d'un vote au sein du Conseil de Sécurité ?
Réponse. — Oui, c'est vrai. Le représentant de l'Argentine, M. Bramuglia qui, en même temps, était président du Conseil de Sécurité, et qui, au nom des autres puissances intéressées, poursuivait les négociations non officielles avec le camarade Vychinsky, avait, en effet, entre les mains, un projet concerté en vue de la solution de la situation à Berlin, mais les représentants des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ont, à nouveau, déclaré cet accord non existant.
4e question. — Ne pourrait-on pas en expliquer les raisons ?
Réponse. — Cela s'explique par le fait que les promoteurs de la politique agressive aux Etats-Unis et en Angleterre ne se croient pas intéressés à assurer un accord ou une collaboration avec l'Union Soviétique. Ils n'ont besoin ni d'un accord ni d'une collaboration, mais de " conversations " sur un accord ou sur une coopération afin de faire échec à cet accord et de rendre l'Union Soviétique responsable de l'échec en tentant de prouver ainsi l'impossibilité d'une collaboration avec l'U.R.S.S.
Les fauteurs de guerre craignent pis que tout les accords et la coopération avec l'U.R.S.S., étant donné que la politique de coopération avec l'U.R.S.S. compromet les positions des fauteurs de guerre et rend sans objet la politique agressive de ces messieurs.
C'est pourquoi, justement, ils mettent en échec les accords déjà réalisés, désavouent leurs représentants qui ont élaboré ces accords avec l'U.R.S.S. et, en violation de la Charte de l'O.N.U., portent la question devant le Conseil de Sécurité où ils ont une majorité assurée et où ils peuvent démontrer tout ce qu'ils veulent.
Le tout pour montrer l'impossibilité d'une coopération avec l'U.R.S.S., montrer qu'une nouvelle guerre est indispensable et ainsi préparer les conditions au déclenchement de ce conflit.
La politique actuelle des dirigeants anglo-américains est bien une politique d'agression et de fomentateurs de guerre.
5e question. — Et comment faut-il apprécier la conduite des représentants des six Etats au sein du Conseil de Sécurité : de la Chine, du Canada, de la Belgique, de l'Argentine, de la Colombie et de la Syrie ?
Réponse. — Ces messieurs appuient apparemment la politique d'agression, la politique de déclenchement de la guerre.
6e question. — A quoi tout cela peut-il aboutir ?
Réponse. — Cela ne peut aboutir qu'à un échec honteux des instigateurs d'une nouvelle guerre. Churchill, principal instigateur d'une nouvelle guerre, est déjà parvenu à perdre la confiance de sa nation et des forces démocratiques du monde entier. Le même sort attend tous les autres instigateurs de guerre. Les peuples se souviennent encore trop des horreurs de la récente guerre et les forces de l'opinion publique, qui sont en faveur de la paix, sont trop puissantes pour que les disciples de Churchill en matière d'agression puissent l'emporter sur eux et les faire tourner du côté d'une nouvelle guerre.
(Cahiers du communisme, novembre 1948, p.1199-1201.)